> Carole Cavallera (Traducteur)

ISBN : 2710330903
Éditeur : Quai Voltaire (2009)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Fable pudique, baroque et pleine d'humanité. Le compagnon de voyage a pour cadre l'Italie de 1943. Après le renversement de Mussolini et le chaos que provoque la signature de l'armistice, les hommes de troupe, désormais sans ordres et sans chefs, décident de rentrer che... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par SEcriture, le 09 avril 2010

    SEcriture
    Le compagnon de voyage est une œuvre inédite de Cruzio Malaparte. Avant cette lecture en partenariat avec les Editions de la Table Ronde, je ne connaissais point l'auteur. Cela m'a donc ravie de découvrir une « nouvelle tête ». J'ai littéralement fondue devant les photographies présente au début et à la fin du livre : on devrait voir cela plus souvent, ça permet de « rencontrer » l'auteur, de le visualiser en train d'écrire son roman, comme si on le regardait à travers la fenêtre d'un train en marche, furtivement, simplement.

    L'histoire en elle-même n'est pas bien compliquée : un soldat qui ramène le corps de son lieutenant chez sa maman à la fin de la guerre. le fond n'est donc pas palpitant, mais la forme... un régal !

    Un contraste saisissant caractérise parfaitement le style frai et puritain de l'auteur : (page 27) « Peu à peu, le vent balaie le rideau de fumée et de brouillard, le soleil illumine la campagne déserte, la mer encore incertaine dans la brume des explosions, le terrain jonchés de cadavres. »
    Pour nous plonger encore plus dans cette atmosphère du « calme d'après la tempête », l'auteur utilise le présent de l'indicatif ; on s'y croirait, dans ces champs déserts, cette brume acariâtre, ces villes vidées de leurs occupants par la guerre.
    Un style magique donc et qui mène à bien cette belle histoire.

    Le point fort de cette "fable", ce sont les personnages touchants et sincères.
    Calusia, le bon gros gentil, honnête et courageux (bel homme de surcroît). Concetta, jeune, vive et insouciante, pleine de fraîcheur et de gaîté mais qui a était quelque peu dégouttée de la vie par les nonnes. Mariagulia, la grande et belle paysanne, triste mais courageuse. Et enfin (ne l'oublions pas) le lieutenant Eduardo qui occupe une des places centrales du roman et qui apporte un côté sinistre, plus obscur que les autres (rappel du contraste précédemment évoqué).

    Derrière cette morne attitude de façade, on trouve des moments drôles : l'épisode des Anglais nus dans la mare et bourrés comme des coins, ou la scène du « ding-dong » des deux américains.

    Cependant, la fin nous rappelle la triste face de la vérité : Calusia, seul face aux gendarmes pour défendre le corps de son lieutenant, puis ensuite aidé par les villageoises pour éloigner les gendarmes. Fidèle à jamais.
    La scène terriblement émouvante de la mère m'a profondément touchée.

    En bref : « Fable pudique, baroque et pleine d'humanité », je dis OUI ! Un grand OUI ! Cette « fable » est pleine de douceur et de sensibilité, d'amitié et d'entraide dans ce monde atroce qu'est la guerre. A lire.
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    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 13 mai 2010

    mimipinson
    Nous sommes en pleine débâcle de l'armée italienne, en 1943. Au sud du pays Calusia fait le serment devant son lieutenant au bord du trépas, de ramener son corps à sa famille à Naples. C'est l'histoire d'une amitié, d'une fidélité d'un homme pour un homme dont ce très beau livre est l'objet. A travers une Italie en plein chao, Celusia, va coute que coute faire route vers Naples. Il fera des rencontres, vivra des aventures durant son parcours.
    J'ai vécu son voyage, comme un devoir de loyauté à son Lieutenant, mais aussi comme un sens qu'il donne à sa vie.
    Ce roman est court, trop court peut être. L'écriture est sans artifices sans décorum. La description du climat ambiant est, certes succincte, mais, justement tout l'intérêt de cet ouvrage n'est-il pas justement ailleurs ?
    Je suis infiniment heureuse d'avoir pu gouter à cette écriture, et découvrir cet auteur. Je remercie les éditions de la table ronde et Partage Lecture d'y avoir contribué.
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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 28 décembre 2010

    Couperine
    Je ne connaissais pas du tout Curzio Malaparte bien qu'en ayant entendu parler, notamment pour ce célèbre livre qu'est la peau. Belle découverte avec Le compagnon de voyage qui me donne envie de lire cet auteur. le style, léger, est très agréable à lire. L'histoire est une invitation à la réflexion, réflexion sur la liberté notamment, mais également sur la fraternité. Cette dernière valeur, soulignée ici dans un contexte de guerre, est à prendre au sens général. On suit le périple de ce pauvre Calusia de bout en bout, partageant avec lui ses émotions, sa détresse et ses petits bonheurs. Fidèle à sa parole, celui-ci va essayer de ramener le corps de son lieutenant, Edouardo Cafiero, à la mère de celui-ci, à Naples. Bien que le contexte de la guerre soit présent, et c'est inévitable, on l'oublie presque. le lecteur est charmé par cette poésie qui se dégage de cette écriture.
    Un livre très court à lire absolument !
    Un grand merci au site Blog-o-Book ainsi qu'aux éditions Folio pour cette belle découverte.

    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,malaparte-curzio,12..
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    • Livres 5.00/5
    Par Jemlyre, le 01 mai 2010

    Jemlyre
    Quelle belle découverte que ce livre !
    Le style est simple, léger et humble comme le héros.
    Impossible de lâcher le livre avant d'en avoir terminé la lecture. Je l'ai lu en quelques heures avec énormément de plaisir et j'en garde un souvenir agréable.
    Je connaissais l'auteur de nom mais n'avais jamais lu aucun de ses livres.
    En découvrant la façon d'être de Calusia, je n'ai pas pu m'empêcher de me demander combien d'hommes lui ressemblent actuellement ? Est-ce juste une impression ou le sens de l'honneur, du sacrifice et la droiture font effectivement de plus en plus défaut à nos semblables ?
    Il a tenu sa promesse de ramener la dépouille de son supérieur à sa mère et s'est refusé de profiter de l'innocence et du jeune âge de la demoiselle rencontrée au début du livre malgré que celle-ci semblait avoir des sentiments pour lui et malgré la tentation de la chair dans la maison abandonnée.
    Sans oublier la pudeur dont il fait preuve face à celle qui répond à son « idéal de femme ».
    Le principal sujet de « Le compagnon de voyage » reste à mon sens la guerre et ses conséquences sur le peuple italien. En filigrane, quelques réflexions sur la politique notamment quand ils s'agit de savoir qui sont les « vrais voleurs ».
    Le parcours de l'auteur me semble très utile à lire pour mieux le comprendre lui et ses écrits.
    L'ambiance dans la demeure de la mère du supérieur de Calusia est à méditer et la façon dont il leur a présenté la dépouille est limite sadique, ne correspondant a priori pas de l'idée que l'on se fait de lui tout au long du livre. J'ai longtemps réfléchi là-dessus. Qu'en pensez-vous ?

    Contrairement à d'autres lecteurs, je trouve que ces quelques pages sont suffisantes. C'est comme un album photo avec quelques éléments sur cette époque là . A nous de continuer à réfléchir...
    PS: Très belle couverture qui donne envie de lire !


    Lien : http://partage-lecture.over-blog.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par iti1801, le 12 janvier 2011

    iti1801
    Pour ma première participation au partenariat dominical de Blog-O-Book, on m'a envoyé cette œuvre de Curzio MALAPARTE, que je ne connaissais absolument pas. C'était donc l'occasion rêvée de découvrir un nouvel auteur italien (en effet, à ma grande honte ma connaissance des écrivains de la péninsule – les seuls que j'ai lu devrai-je plutôt dire – se résume à Dino BUZZATI et Primo LEVI). D'autant plus que le résumé du site titilla ma curiosité :
    Dans l'Italie de 1943, après le renversement de Mussolini et le chaos provoqué par la signature de l'armistice, le nouveau régime, dirigé par le général Badoglio, ne peut contenir des hommes qui, sans ordres et sans chefs, décident de rentrer chez eux tandis que les troupes alliées débarquent sur les côtes sud.
    Malheureusement, je suis resté sur ma faim… (comme ce fut le cas pour ma première participation à l'Opération Masse Critique ; ce qui n'augure que du bon à venir alors !)
    Pourtant l'histoire est on ne peut plus intéressante : on suit l'odyssée du soldat Calusia qui a promis à son lieutenant de le ramener chez lui coûte que coûte, pour que sa famille l'enterre. C'est lui Le compagnon de voyage. Compagnon silencieux qu'il devra transporter dans un cercueil improvisé de la Calabre jusqu'à Naples dans un pays perdu, en déroute qui porte les stigmates de la défaites et qui montre chaque fois un peu plus les ravages de la guerre sur les populations civiles. On est loin d'un Voyage au bout de la nuit, mais quand même, on se rend compte que ce sont toujours les mêmes qui payent. (...)

    Lien : http://www.iti1801.net/blog/2011/01/12/le-compagnon-de-voyage/
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 28 décembre 2010

    Ils s'arrêtent sur une place, près du squelette d'un autocar sans roue et sans moteur et, après s'être occupé de l'âne, Calusia s'étend sur un peu de paille que la femme a ramassée çà et là. Pendant qu'elle prépare quelque chose à manger, il la regarde admiratif. Puis elle s'approche de Roméo, détache le matelas de sa croupe et le pose sur sa tête avec le geste antique de la paysanne.

    "Qu'est-ce-que tu fais ? lui demande Calusia en se soulevant les coudes.

    - Je m'en vais, répond Mariagiulia. tu n'as plus besoin de moi maintenant...

    - non, tu... tu... dois pas partir ! bégaie Calusia. Pourquoi veux-tu me quitter ?

    - Tu es arrivé à Naples, répond la femme. J'ai souvent pensé à m'en aller, mais je voulais t'aider à ramener ton lieutenant mort à sa mère.

    - Co... comment le sais-tu ? bégaie Calusia.

    - Je le sais depuis longtemps... tu en parles presque toutes les nuits, dans ton sommeil.

    - Ne t'en va pas, dit Calusia. On a tellement souffert ensemble... Et puis, la famille de mon lieutenant est riche, c'est une famille noble, ils habitent un palais... tu verras, ils vont nous dire de rester avec eux, dans leur palais, toi et moi...

    - Non, toi peut-être, pas moi, ils ne voudront pas de moi.

    - Je dirai que tu es la fiancée de mon frère, dit Calusia.

    - Ton frère ! Comment il s'appelle, ton frère ? Tu ne m'as jamais dit son prénom.

    - Il s'appelle... il s'appelle Giovanni, balbutie Calusia. C'est un brave garçon... il t'aimera, il t'épousera..."

    La femme le regarde en silence et Calusia rougit.

    - Toi aussi tu es un brave garçon, dit Mariagiulia en lui passant la main dans les cheveux. Je n'ai pas envie de te quitter, mais je dois m'en aller... adieu, Calusia...

    - Non, je ne veux pas te laisser partir, s'écrie Calusia en la prenant par le bras. Tu es seule, tu n'as personne, tu ne sais pas où aller... et puis, et puis je dois t'avouer...

    - Ne me dis rien. Je sais déjà.

    -Mon frère est mort à la guerre... en Albanie... je t'ai menti, parce que je n'avais pas le courage..."

    La femme garde le silence, elle continue à lui passer la main dans les cheveux.

    " - J'osais pas te faire comprendre que je t'aime... beaucoup."
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  • Par iti1801, le 12 janvier 2011

    Cet exode féminin est peut-être le phénomène le plus intéressant de cette triste période : si les hommes fuyaient la misère antique, l'oisiveté obligatoire du Sud, l'injustice, les abus, avec l'espoir d'une nouvelle vie de travail et de bien-être, il ne faut pas croire que les femmes étaient portées par l'espérance, si on peut l'appeler par ce nom, d'un commerce immonde. Elles fuyaient pour la plupart la misère, l'esclavage, la faim, l'angoisse : elles partaient à la recherche d'un pays plus riche, plus ordonné, plus juste, plus civil que le pauvre village qu'elles abandonnaient.
    Depuis toujours la défaite représente pour les populations misérables, malheureuses, une sorte de merveilleuse et terrible occasion de liberté, de vie nouvelle plus aisée et plus digne.
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  • Par Pchabannes, le 23 janvier 2011

    “Le plus grand Malaparte est en effet dans ces pages poétiques et rapides : tantôt il se presse, faufile les scènes, comme on dit en couture, les couds à peine d’un bout de chemin esquissé ; tantôt il s’arrête, et son œil cinématographique suggère un combat estompé dans la brume, passe au plan serré pour dénoncer les trafiquants qui achèvent d’affamer le peuple, puis au plan large, presque lyrique, pour l’arrivée du cortège dans une ville de Naples bruissante de prières et de cris d’enfants. Ainsi progresse Le compagnon de voyage , au fil des stations d’une longue procession, celle de la Passion du peuple des perdants, des vaincus de l’Histoire, des frères Malaparte.”
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  • Par Pchabannes, le 23 janvier 2011

    “Mais le combat ne montre rien de sa dure réalité : hommes et choses sont estompés par la brume argentée de l’aube marine, la fumée des explosions, le brouillard artificiel que les avions laissent tomber du ciel pour dissimuler et protéger les opérations de débarquement.”
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  • Par Couperine, le 24 décembre 2010

    Pourquoi n'avez-vous pas défendu votre pain contre les voleurs ? Quand un peuple perd la guerre, les voleurs le dévorent vivant.
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