ISBN : 2070365026
Éditeur : Gallimard (1973)


Note moyenne : 4.28/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres

" Tu aimerais, dis, une petite fille à trois dollars, disais-je à Jack. - Shut up, Malaparte. - Ce n'est pas cher après tout, une petite fille pour trois dollars. Un kilo de viande d'agneau coûte bien plus cher. Je suis sûr qu'à ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 21 juillet 2010

    Lencreuse
    Malaparte, accompagné des "grands" libérateurs américains, promène un regard terriblement lucide sur l'Italie du frais après-guerre. De Naples à Rome, il dénonce les ravages d'une guerre et d'un peuple qui, après la soumission, a connu la Libération mais aussi et surtout la pauvreté et la faim et toutes les horreurs qu'elles peuvent traîner dans leur sillage.
    Bien difficile de faire une "critique" de ce livre brûlot. Parce que ce n'est pas évident de le résumer, parce que les émotions que provoque la lecture sont complexes et finalement, je m'en rends compte, difficilement exprimables. On y trouve des scènes terribles, des métaphores flamboyantes, il y a de la beauté et de l'horreur et beaucoup de beauté dans l'horreur elle-même. Il y a la vieille Europe malade face à la saine Amérique, les vaincus face aux « vainqueurs ». Malaparte est un érudit, sensible à l'art et cet amour de l'art, notamment de la peinture transpire tout au long du récit. Sans jamais être pesante, cette omniprésence de l'art donne un relief particulier aux « horreurs » du quotidien, à ces petits arrangements avec les consciences qu'engendre la faim, aux ignominies devenues la norme d'un peuple libéré certes, mais à jamais vaincu. la peau évoque cette période dont on parle finalement peu, - même dans les livres d'histoire - de la sortie de la guerre. Dans les films, on crie « Vive la liberté ! » et les filles embrassent les soldats au son des flonflons. Dans la réalité, les pays et les hommes sont ravagés et la guerre laisse encore longtemps des traces.
    On rencontre des livres parfois sur lesquels il est bien difficile de faire de la prose, même si on les a aimés - peut-être parce qu'on les a aimés d'ailleurs !
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par TRIEB, le 17 août 2011

    TRIEB
    la peau-CURZIO MALPARTE
    Les sentiments inspirés par la victoire, la défaite, la révolution, la mort, sont d'une nature aléatoire ; ils nous demeurent largement insaisissables, et peu susceptibles d'un éclairage univoque .C'est ce que décrit avec une grande force lyrique Malaparte dans son ouvrage « la peau », récit de la libération de la péninsule italienne par les troupes alliées en 1943.
    Jouant en permanence sur l'ambigüité de la situation de l'Italie, son pays natal, successivement allié de l'Allemagne nazie puis retournant ses alliances après la chute du régime de Mussolini, Malaparte fait justice du simplisme historique : « Avant la libération, les peuples d'Europe souffraient avec une merveilleuse dignité. Ils luttaient le front haut, ils luttaient pour ne pas mourir. Et les hommes (…) s'accrochent (…) à tout ce qui constitue la partie vivante, éternelle de la vie humaine .Ils luttent pour sauver leurs âmes .Mais après la libération, les hommes avaient dû lutter pour vivre. C'est une chose humiliante, horrible que de lutter pour vivre. »
    Les notions de vainqueurs et de vaincus sont soumises à de pertinentes interrogations et remises en cause, dont l'acuité augmente tout au long de l'ouvrage : « Au cours de cette glorieuse guerre, soyons justes, ce n'est pas seulement aux Italiens qu'il était arrivé de tourner le dos à l'ennemi, mais à tous : Anglais, Américains, Allemands Russes, Français, Yougoslaves, à tous vainqueurs et vaincus. »
    Les descriptions des combats sont accompagnées de fréquents recours à l'histoire antique, à l'onirisme, ce qui fait de ce récit l'un des plus significatifs dans le domaine des romans inspirés des événements de la seconde guerre mondiale .
    La dernière réplique du roman ,« Tu ne voudrais pas me faire croire, dit Jimmy, que le Christ a perdu la guerre ?
    -C'est une honte de gagner la guerre, dis-je à voix basse» résume la profondeur des interrogations décrites dans ce récit de très grande qualité dont l'appel à la réflexion sur ces notions est d'une grande force.
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    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par vincentf, le 31 mars 2012

    vincentf
    La plongée dans le corps de la guerre est vertigineuse. Les peaux s'entassent, les morts et les vivants s'amoncèlent. Naples grouille. Dans le chaos d'une fin de guerre qui n'est qu'une presque-libération, Malaparte éclaire de mots crus l'horreur familière et les chairs torturées, les enfants que l'on vend, les petites filles servies sur un plateau d'argent, les christs en croix qui crachent sur la lâcheté d'un homme perdu, les héros pédérastes qui acouchent de statuettes, les femmes qui exhibent aux doigts vainqueurs de fausses touffes blondes, les peaux écrasées qui deviennent étendards; il radote la guerre et la fantasme; la foule se fait grande dame, monstre et putain; le vent noir pousse au silence et à la mort; les vieux rites renaissent, désespérés et sublimes, dans les cendres d'une éruption du Vésuve, retour sans fin d'un enfer de Dante sur la terre des vivants qui, parce les morts sont trop nombreux, n'ont gagné la guerre que provisoirement.
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    • Livres 3.00/5
    Par eternel, le 21 août 2011

    eternel
    Moins prenant que "Kaputt", "la peau" n'en reste pas moins intéressant pour suivre la fin de la guerre en Italie sous le regard de Malaparte. Qu'on adhère ou pas, sa connaissance des tenants et aboutissants de ce conflit et de tous les hommes et femmes qui font cette guerre du haut au bas de l'echelle sociale et de toutes les parties concernées (Allemands, Fascistes, partisans, Américains et Alliés), rend la lecture agréable. Les anecdotes rendent le conflit plus réel et proche de nous et on reste parfois sans voix devant la cruauté des hommes.L'eau cependant continue de couler sous les ponts.
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    • Livres 3.00/5
    Par eternel, le 21 août 2011

    eternel
    Moins prenant que "Kaputt", "la peau" n'en reste pas moins intéressant pour suivre la fin de la guerre en Italie sous le regard de Malaparte. Qu'on adhère ou pas, sa connaissance des tenants et aboutissants de ce conflit et de tous les hommes et femmes qui font cette guerre du haut au bas de l'echelle sociale et de toutes les parties concernées (Allemands, Fascistes, partisans, Américains et Alliés), rend la lecture agréable. Les anecdotes rendent le conflit plus réel et proche de nous et on reste parfois sans voix devant la cruauté des hommes.L'eau cependant continue de couler sous les ponts.
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