> Bertrand Marchal (Éditeur scientifique)
> Yves Bonnefoy (Préfacier, etc.)

ISBN : 2070327167
Éditeur : Gallimard (1992)


Note moyenne : 3.75/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
Né à Paris en 1842, bureaucrate, puis professeur d'anglais en province, Stéphane Mallarmé regagne Paris en 1871 où il devient le chef de file de la génération symboliste et l'ami des peintres impressionnistes. Il est mort à Valvins (en Seine-et-Marne) en 1898.
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Citations et extraits

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  • Par magdala, le 21 mai 2012

    et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
    qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
    passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
    neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.
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  • Par Taltan, le 28 août 2011

    Toast funèbre

    O de notre bonheur, toi, le fatal emblème !

    Salut de la démence et libation blême,
    Ne crois pas qu'au magique espoir du corridor
    J'offre ma coupe vide où souffre un monstre d'or !
    Ton apparition ne va pas me suffire :
    Car je t'ai mis, moi-même, en un lieu de porphyre.
    Le rite est pour les mains d'éteindre le flambeau
    Contre le fer épais des portes du tombeau :
    Et l'on ignore mal, élu pour notre fête
    Très-simple de chanter l'absence du poète,
    Que ce beau monument l'enferme tout entier :
    Si ce n'est que la gloire ardente du métier,
    Jusqu'à l'heure commune et vile de la cendre,
    Par le carreau qu'allume un soir fier d'y descendre,
    Retourne vers les feux du pur soleil mortel !

    Magnifique, total et solitaire, tel
    Tremble de s'exhaler le faux orgueil des hommes.
    Cette foule hagarde ! elle annonce : Nous sommes
    La triste opacité de nos spectres futurs.
    Mais le blason des deuils épars sur de vains murs,
    J'ai méprisé l'horreur lucide d'une larme,
    Quand, sourd même à mon vers sacré qui ne l'alarme,
    Quelqu'un de ces passants, fier, aveugle et muet,
    Hôte de son linceul vague, se transmuait
    En le vierge héros de l'attente posthume.
    Vaste gouffre apporté dans l'amas de la brume
    Par l'irascible vent des mots qu'il n'a pas dits,
    Le néant à cet Homme aboli de jadis :
    « Souvenir d'horizons, qu'est-ce, à toi, que la Terre ? »
    Hurle ce songe ; et, voix dont la clarté s'altère,
    L'espace a pour jouet le cri : « Je ne sais pas ! »

    Le Maître, par un oeil profond, a, sur ses pas,
    Apaisé de l'éden l'inquiète merveille
    Dont le frisson final, dans sa voix seule, éveille
    Pour la Rose et le Lys le mystère d'un nom.
    Est-il de ce destin rien qui demeure, non ?
    O vous tous ! oubliez une croyance sombre.
    Le splendide génie éternel n'a pas d'ombre.
    Moi, de votre désir soucieux, je veux voir,
    A qui s'évanouit, hier, dans le devoir,
    Idéal que nous font les jardins de cet astre,
    Survivre pour l'honneur du tranquille désastre
    Une agitation solennelle par l'air
    De paroles, pourpre ivre et grand calice clair,
    Que, pluie et diamant, le regard diaphane
    Resté-là sur ces fleurs dont nulle ne se fane,
    Isole parmi l'heure et le rayon du jour !
    C'est de nos vrais bosquets déjà tout le séjour,
    Où le poète pur a pour geste humble et large
    De l'interdire au rêve, ennemi de sa charge :
    Afin que le matin de son repos altier,
    Quand la mort ancienne est comme pour Gautier
    De n'ouvrir pas les yeux sacrés et de se taire,
    Surgisse, de l'allée ornement tributaire,
    Le sépulcre solide où gît tout ce qui nuit,
    Et l'avare silence et la massive nuit.
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  • Par Orphea, le 11 juillet 2010

    Brise marine

    La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
    Fuir ! là-bas fuir ! Je sens que des oiseaux sont ivres
    D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
    Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
    Ne retiendra ce cœur qui dans la mer se trempe
    Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
    Sur le vide papier que la blancheur défend,
    Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
    Je partirai ! Steamer balançant ta mâture
    Lève l’ancre pour une exotique nature !
    Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
    Croit encore à l’adieu suprême des mouchoirs !
    Et, peut-être, les mâts, invitant les orages
    Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
    Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots…
    Mais, ô mon cœur, entends le chant des matelots !
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  • Par Orphea, le 11 juillet 2010

    Le vierge, le vivace et le bel aujourd’hui
    Va-t-il nous déchirer avec un coup d’aile ivre
    Ce lac dur oublié que hante sous le givre
    Le transparent glacier des vols qui n’ont pas fui !

    Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui
    Magnifique mais qui sans espoir se délivre
    Pour n’avoir pas chanté la région où vivre
    Quand du stérile hiver a resplendi l’ennui.

    Tout son col secouera cette blanche agonie
    Par l’espace infligée à l’oiseau qui le nie,
    Mais non l’horreur du sol où le plumage est pris.

    Fantôme qu’à ce lieu son pur éclat assigne,
    Il s’immobilise au songe froid de mépris
    Que vêt parmi l’exil inutile le Cygne.
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  • Par Orphea, le 09 octobre 2010

    Apparition

    La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
    Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
    Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
    De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
    - C'était le jour béni de ton premier baiser.
    Ma songerie aimant à me martyriser
    S'enivrait savamment du parfum de tristesse
    Que même sans regret et sans déboire laisse
    La cueillaison d'un Rêve au cœur qui l'a cueilli.
    J'errais donc, l'œil rivé sur le pavé vieilli
    Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
    Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
    Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
    Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
    Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
    Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.
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