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> Christiane Moatti (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253010359
Éditeur : Le Livre de Poche (1976)


Note moyenne : 3.41/5 (sur 156 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Au début des années vingt, le jeune archéologue Claude Vannec, en quête d'une rapide fortune, s'est embarqué pour l'Indochine dans l'espoir de découvrir et de revendre quelques-uns des inestimables bas-reliefs ornant les temples de l'antique route royale khmère, aujourd... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par mduquet, le 16 novembre 2012

    mduquet
    J'essaie de diversifier mes lectures, mais je ne suis probablement pas outillé dans la vie pour m'attaquer à ce style littéraire? J'ai pourtant lu des classics dans ma jeunesse de lycéen et su les apprécier.
    Il s'agit d'un roman d'aventure se déroulant en région asiatique dangereuse dans les année 20. Après une quarantaine de pages je commençais à entrevoir un filet où l'auteur veut nous amener. Mais je suis constamment perdu dans le réçit et doit revenir en arrière pour comprendre la signification. Les longues descriptions ne mon jamais autant anesthésié, cette lourdeur poètique n'apporte rien dans un réçit d'aventure. Mais ça sait mon avis de néophyte.
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 19 août 2012

    brigittelascombe
    "La vie est une matière, il s'agit de savoir ce qu'on en fait" énonce André Malraux dans son roman existentialiste La voie royale (Prix Interallié 1930) écrit après avoir lui-même réalisé des recherches archéologiques au Cambodge en 1923 (époque colonialiste) et s'être lancé dans un trafic d'oeuvres d'art alors qu'il était ruiné. Son épouse Clara ( voir l'excellente biographie Clara Malraux de Dominique Bona) lui a évité la prison.
    Le thème: "La voie royale, la route qui reliait Angkor au bassin de la Menam", bien que recouverte d'une végétation touffue, est ponctuée de temples brahmaniques en ruine dont les sculptures sont convoitées par le jeune Claude Vannec, féru d'archéologie, "chargé de mission", dont les tampons officiels couvrent la cupidité.
    L'accompagne dans cette expédition, Perken, un homme mûr dont l'expérience (du terrain et de la domination des indigènes) n'a d'égale que la perversion sulfureuse qui de par son "dégoût du monde" rappelle à Claude (qui l'admire sans le juger) son grand-père. Une même obsession de la mort les unit. Mais l'enfer dans lequel plonge leur groupe n'est-il pas la mort? Y survivront-ils?
    J'ai apprécié l'entrée dans cet "autre univers" menaçant où la lente "désagrégation des choses", leur métamorphose (ex: les arbalètes sont comparées à des mandibules) atteint peu à peu les êtres (ex: "la longue fourmilière des corps penchés; le "jacassage") mettant à jour leur bestialité, les descriptions imagées très fortes, la montée des émotions (la surexcitation des chercheurs de trésors laisse place, peu à peu, à la terreur face à la sauvagerie des guerriers armés jusqu'aux dents) qui deviendra un "langage de chair". La voie royale, sanguinolente comme une douloureuse blessure, purulente comme une plaie surinfectée ne sera-telle pas en définitive pour Claude Vannec cette voie royale des rêves, qui mène à l'inconscient, chérie de Freud? En effet, dans cette voie royale qui remue et ne peut laisser indifférent, l'homme en essayant de trouver un sens à son existence en étant "plus qu'un homme dans un monde d'homme" (cf: La Condition Humaine prix Goncourt 1933) se rendant compte de sa propre petitesse, ne nait-il pas à lui-même face à autrui?
    André Malraux, génial poète, philosophe,écrivain,homme militant et épris d'art a décrit ici avec avec une féroce lucidité, une sobriété touchante, un récit amer d'aventure et de tragédie intérieure.
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    • Livres 4.00/5
    Par KettuWater-fox, le 24 mai 2014

    KettuWater-fox
    Roman bâtard. Roman d'aventure oui et dans les deux sens du terme. Je m'explique?
    L'aventure telle qu'on l'entends dans un roman: une aventure dans une forêt tropicale à la recherche d'un trésor; on y a droit et plutôt bien. On a cette ambiance pesante, poisseuse, humide, irritante. J'ai eu la vague impression que des insectes fourmillaient sur mes jambes et dans mes cheveux, j'ai senti l'odeur de l'humus, le gluant des feuilles mortes. Oui ça m'a mise dans tous mes états. Peu de livres m'ont ainsi donné l'impression "d'y habiter". Je repense à "La montagne morte de la vie" de Michel Bernanos par exemple.
    L'aventure au sens littéral mais aussi l'aventure intérieure. La réflexion sur soit, l'humanité et surtout! Surtout sur la mort. D'ailleurs ce livre regorge de phrases extrêmement pointues, de toute beauté sur ce thème. Pour n'en citer que quelques unes:
    "Ce n'était pas sa jeunesse qui revenait à lui, ainsi qu'il l'attendait, mais des êtres disparus, comme si la mort eût appelé les morts..."
    "Ce n'est pas pour mourir que je pense à ma mort, c'est pour vivre."
    "La mort est là, comprenez -vous, comme... comme l'irréfutable preuve de l'absurdité de la vie..."
    Donc nous nous retrouvons, moi et mon cerveaux atrophié, devant un bouquin si riche si dense, complètements perdus. Parfois j'ai dû m'y reprendre à deux, trois fois pour comprendre ce que je lisais. C'est vrai que le style d'écriture n'est pas facile. Les dialogues sont assez confus, parfois on ne sait même pas qui parle, qui dit quoi et on devine quelques lignes plus tard ce qui force un retour en arrière. Cette lecture est fatigante mais enrichissante. Je me suis sentie grandie d'avoir lu ce livre .
    On ne s'attache pas particulièrement aux personnages. Ils sont outils et non amis. On sent réellement une distance entre eux et le narrateur qui est pourtant omniscient. Ça donne l'impression au lecteur qu'il est quelqu'un de froid, un observateur professionnel dont les sentiments son protégés par une sorte de mur invisible, ou tout simplement dont les sentiments sont inexistant. Sentimentale comme je suis, j'avoue que ça m'a beaucoup perturbée.
    Conclusion:
    Un roman qui m'a bousculé tout en me faisant décoller de mon confortable fauteuil. Je le conseil aux lecteurs avertis qui n'ont pas peur des textes un peu tortueux.
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    • Livres 3.00/5
    Par olivberne, le 09 juin 2012

    olivberne
    C'est un long chemin vers l'enfer, vers la jungle inextricable, un chemin sombre et sans fin, comme le livre. Malraux raconte sa propre expérience de chercheur de trésor en Indochine, qui lui valut des soucis avec la justice, car il était en fait trafiquant d'oeuvres d'art (il finira ministre de la culture!). C'est un livre qui va débuter son style, il est imparfait et assez long à lire. Pour les amoureux de Malraux, des descriptions de la jungle et du marché de l'art à l'époque.
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    • Livres 3.00/5
    Par Joannes, le 03 juin 2014

    Joannes
    Ce court roman de 200 pages présente des thèmes séduisants et relativement peu abordés en littérature francophone : la jungle indochinoise et l'expérience de colons européens sur ces territoires. Claude Vannec, jeune "archéologue-pilleur" breton rencontre sur un paquebot Perken "mercenaire aventurier" danois. Ils décident de faire marche commune en direction du nord d'Angkor-Vat à la recherche de temples et de ruines khmer oubliées.
    La lecture est toutefois ardue, l'identification des personnages, des enjeux et des lieux n'est jamais évidente. Par exemple, le lien qui unit Perken à Grabot (autre personnage clé du roman) n'est jamais clairement décrit. Les motivations des personnages, en particulier de Perken restent également assez obscures : pourquoi un Danois cherche-t-il au risque de sa propre vie, à protéger de la colonisation une région du Siam ?
    Résolument pessimiste, ce livre hanté par le thème de la mort et de l'isolement de l'individu présente également une ponctuation que j'ai trouvé singulière.. L'usage répété des points virgules et des deux points (:) complique souvent la compréhension. Sorte de prélude au Voyage au bout de la nuit qui sortira 2 ans plus tard, La voie royale ne parvient pas à nous séduire comme le fait l'ouvrage de LF Céline.
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Citations et extraits

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  • Par norkhat, le 06 janvier 2010


    L’unité de la forêt, maintenant, s’imposait ; depuis six jours Claude avait renoncé à séparer les êtres des formes, la vie qui bouge de la vie qui suinte ; une puissance inconnue liait aux arbres les fongosités, faisait grouiller toutes ces choses provisoires sur un sol semblable à l’écume des marais, dans ces bois fumants de commencement du monde.

    Quel acte humain, ici, avait un sens ? Quelle volonté conservait sa force ? Tout se ramifiait, s’amollissait, s’efforçait de s’accorder à ce monde ignoble et attirant à la fois comme le regard des idiots, et qui attaquait les nerfs avec la même puissance abjecte que ces araignées suspendues entre les branches, dont il avait eu d’abord tant de peine à détourner les yeux.

    À sa surface, la lumière parcourue de longs frissons se décomposait en moire ; elle le pénétrait jusqu’à la stupeur, chacune de ses ondes venant mourir, tiède et souple sur sa peau en sueur ; il sombra dans une rêverie voilée de grandes tâches de sommeil.
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  • Par ceanothus, le 27 novembre 2012

    Depuis quatre jours la forêt.
    Depuis quatre jours, campements près des villages nés d’elle comme leurs bouddhas de bois, comme le chaume de palmes de leurs huttes sorties du sol mou en monstrueux insectes ; décomposition de l’esprit dans cette lumière d’aquarium, d’une épaisseur d’eau. Ils avaient rencontré déjà des petits monuments écrasés, aux pierres si serrées par les racines qui les fixaient au sol comme des pattes qu’ils ne semblaient plus avoir été élevés par des hommes mais par des êtres disparus habitués à cette vie sans horizon, à ces ténèbres marines. Décomposée par les siècles, la Voie ne montrait sa présence que par ces masses minérales pourries, avec les deux yeux de quelque crapaud immobile dans un angle des pierres. Promesse ou refus, ces monuments abandonnés par la forêt comme des squelettes ? La caravane allait-elle atteindre le temple sculpté vers quoi la guidait l’adolescent qui fumait sans discontinuer les cigarettes de Perken ? Ils auraient dû être arrivés depuis trois heures… La forêt et la chaleur étaient pourtant plus fortes que l’inquiétude : Claude sombrait comme dans une maladie dans cette fermentation où les formes se gonflaient, s’allongeaient, pourrissaient hors du monde dans lequel l’homme compte, qui le séparait de lui-même avec la force de l’obscurité. Et partout des insectes.
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  • Par Raeghar, le 10 mars 2012

    Il releva la tête vers Savan : leurs regards se rencontrèrent et il vit, comme le chef eût parlé, qu'il était pour lui un condamné. Pour la seconde fois, il rencontrait sa mort dans le regard d'un homme; il éprouva furieusement le désir de tirer sur lui, comme si le meurtre seul eût pu lui permettre d'affirmer son existence, de lutter contre sa propre fin.

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  • Par Raeghar, le 05 mars 2012

    (Perken) La vie est une matière, il s'agit de savoir ce qu'on en fait - bien qu'on n'en fasse jamais rien, mais il y a plusieurs manières de n'en rien faire... Pour vivre d'une certaine façon, il faut en finir avec ses menaces, la déchéance et les autres : le revolver est alors une bonne garantie, car il est facile de se tuer lorsque la mort est un moyen...

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  • Par brigittelascombe, le 19 août 2012

    Ce n'est pas pour mourir que je pense à ma mort, c'est pour vivre.

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Vidéo de André Malraux

André Malraux, ronde de morts .
André Malraux, hanté par la Corrèze et le Limousin : hommage à Jean Moulin lors du transfert des cendres du héros de la résistance au Panthéon, le 19 décembre 1964. Montage d'Antoine Perraud pour Mediapart.








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