Il y avait Césaria. La vie de Césaria, le bruit de ses talons sous les réverbères, les chasseurs autour d'elle et le chant sacré à l'intérieur. Il y avait Milan Klovisevitch, dit Clovis. Roi déchu. Trahi. Dix ans de tau... > voir plus
Marcus Malte, ah Marcus Malte. Une plume incroyable. Un folio policer. Enfin, c'est ce que je croyais... Un roman noir, mais pas un roman policier. Une déception... qui n'a pas duré. Car c'est Marcus Malte!
Des pages crues, renfermant une violence contenue. le tout dans un style électrique, rude et doux à la fois. Des mots qui écorchent, de la poésie brute aussi.
Un roman noir. Noir comme la vengeance et comme la mort qui emplissent Clovis. Un homme trahi cherchant à se venger après avoir passé 10 ans en prison. Il y a pourtant une lueur pour Clovis. Cette lueur a pour nom Césaria. Un homme-femme, un transexuel dont "la foi lui est entrée dans le coeur comme une dent de requin le jour où sa mère est morte". Une héroïne bousculée par la vie et qui prend les armes pour s'en construire une. Cette arme c'est son corps. Une enveloppe troublante, sensuelle qui fait perdre la tête à beaucoup. Même à Clovis, ex-taulard tendu vers un seul but: la vengeance.
Une rencontre improbable, un amour qui ne s'explique pas, un désespoir latent, une violence qui explose au fil des pages. Un récit fait d'osbcurité et d'étincelles. Un roman noir où l'on prend plaisir à se perdre.
Césaria s'est trouvée en travelo. Elle vit harmonieusement entre ses quelques clients de passage et Dieu. Après dix ans de prison, Clovis sort et n'a qu'une obsession : se venger de celui qui l'a balancé. Ce ne serait que les ingrédients classiques d'un polar si l'amour inattendu et inimaginable entre ses deux personnages n'explosait pas les cadres du récit qui vire au noir et précipite les destins vers une impasse sombre. Comme tout amour romanesque, le leur s'affermit des obstacles, des accidents et des impossibilités. Clovis a du mal à accepter d'aimer un homme même merveilleusement devenue femme. L'intensité de leurs désespoirs et la violence des péripéties font basculer leurs sentiments dans la folie puis dans la mort. Ce roman noir est une tragédie antique d'une grande force.
Avec Carnage, constellation, Marcus Malte a écrit un roman plein de finesse, de sensibilité, d'humanisme, abordant un sujet que tant d'autres auraient traité avec cynisme ou obscénité. Quelques pages d'anthologie parsèment ce livre qui font presque oublier qu'il y a aussi une histoire, celle de Clovis d'avant la prison, et ce qui se passe après sa libération. le héros, c'est Césaria. Son parcours plein d'embûches pour muer d'homme en femme, les affres, les douleurs physiques et mentales qu'elle ressent, ses petites joies, ses petits bonheurs, ses peines, en font un livre qui ne s'oublie pas. Un livre de la misère humaine, marginale mais profonde