ISBN : 2070127389
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.38/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
Une voiture quitte les rives de l’océan pour Paris à travers la nuit et des nappes de jazz qui s’échappent d’un autoradio.

A son bord, deux hommes. Mister est un pianiste de jazz. Un black amoureux de Trane et de Lady Day. Bob, son complice, son frère de ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 21 janvier 2011

    nadejda
    «En d'autres temps, d'autres lieux, elle aurait été la jeune femme accoudée au demi-queue qui ne le quittait pas des yeux pendant qu'il jouait.
    .....
Mais ni ces temps ni ces lieux n'avaient jamais existé. N'existeraient jamais.
Parmi les restes calcinés, on avait pu identifier son corps grâce à une couronne en or. Fondue.»
    Le corps calciné de Vera Nad a été retrouvé, et les deux coupables, ceux qui l'ont brûlée vive, arrêtés. Tout paraît bouclé. Mais pour Mister, un grand noir qui fonctionne à l'intuition, pianiste de jazz au club du Dauphin vert, il y a une autre vérité plus complexe, plus terrible et il va en compagnie de Bob son ami, chauffeur de taxi, "maniant pas moins de dix sept langues", agrégé de philo, et féru de jazz, partir à la recherche de cette vérité qui va effectivement s'avérer effrayante.
    Ce qui fait que l'on ne quitte pas ce livre avant d'être arrivé au bout, c'est l'attachement immédiat pour les personnages que ce soit Bob, Mister, Vera, et d'autres, tels Miroslav qui joue de la guitare et chante dans le métro, accompagné de son aïeul aveugle. C'est leur quête gratuite de la vérité , leur fragilité face aux forces du mal auxquelles ils s'attaquent. Ils ne pourront pas en venir à bout mais leur existence fait que ce monde de violence, qui est le nôtre, en devient plus supportable, que tout n'est pas complètement désespéré. Et puis il y a la langue, l'écriture pleine de poésie de Marcus Malte qui enchante et ... le jazz qui irrigue l'ensemble.

    «Les derniers accords s'estompèrent. le son décrut progressivement jusqu'à n'être plus qu'un sifflement ténu. Puis plus rien.
Mister dressa un index. 
--- les harmoniques... dit-il

    Miroslav leva les yeux aux plafond, s'attendant peut-être à en voir surgir des créatures extraterrestres.
    --- Harmeûniques ? C'est quoi, harmeûniques ?
    --- Les notes derrière les notes, dit Mister. Les notes secrètes. Les ondes fantômes qui se multiplient et se propagent à l'infini, ou presque. Comme des ronds dans l'eau. Comme un écho qui ne meurent jamais.
    ..... Ce qui reste quand il ne reste rien, dit Mister. C'est ça, les harmoniques." 

    Même si ce livre n'atteint pas la complexité virtuose de Garden of Love cela reste un très beau moment de lecture, une lecture dont on ne se détache pas aussitôt. C'est avec plaisir que l'on s'en rejoue un petit morceau en ouvrant au hasard et il y a toujours une phrase qui vous saute à la figure, qui avait échappé à la première lecture et que l'on a envie de noter.
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    • Livres 3.00/5
    Par alaiseblaise, le 11 avril 2011

    alaiseblaise
    les harmoniques: «Les notes derrière les notes. Les notes secrètes. Les ondes fantômes qui se multiplient et se propagent à l'infini, ou presque. Comme des ronds dans l'eau. Comme un écho qui ne meurt jamais. Ce qui reste quand il ne reste rien. C'est ça, les harmoniques. Pratiquement imperceptibles à l'oreille humaine, et pourtant elles sont là, quelque part, elles existent.»
    C'est Mister qui parle. Pianiste de jazz, cacheton dans la cave d'un club parisien, le «Dauphin vert».
    Vera Nord, la belle qu'il aimait, est retrouvée morte, brûlée vive dans un entrepôt désaffecté. La police classe, range, vite fait, bien fait dans le tiroir du fond: «règlement de compte entre petits dealers de rue».
    le tempo est donné.
    Mais Mister, obsédé par le souvenir de Vera, ne veut pas en rester là.
    Vera, la rescapée du massacre de Vucovar, en ex-Yougoslavie, échouée sans papier à Paris, qui rêve de jouer Shakespeare.
    Accompagné de son inséparable pote, Bob le chauffeur de taxi philosophe, ils vont dangereusement remonter, dérouler le temps à bord d'une antique 404 déglinguée remplie à ras bord de disques de jazz.
    Sur fond de guerre serbo-croate, de crapulerie politique et de swing, les deux acolytes improvisent. Sur leur partition, ils vont rencontrer toute une gamme de personnages hauts en couleur: un artiste peintre géant et manchot, un accordéoniste aveugle, un guitariste de rue qui massacre les Beatles, un... mais je ne vais pas tout vous raconter...
    Les paroles et la musique sont bien ficelées. Ca roule. Mister et Bob sonnent juste aux oreilles du lecteur même si certains airs sont convenus, voire attendus. Mais d'autres sont plus enlevés, voire élevés.
    Un bon polar, bien rythmé, qui se laisse écouter le temps d'une ballade de Billie Holiday... «Strange fruit», pourquoi pas...
    Du coup, j'ai ressorti tous mes disques de jazz qui prenaient la poussière: Miles Davis, Charlie Parker, Charles Mingus... Une bonne cure de jouvence!
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    • Livres 3.00/5
    Par PierreF, le 01 mars 2011

    PierreF
    Ce roman est très sympathique, à l'image de nos héros, deux justiciers n'ayant rien à perdre ni à gagner, et ne cherchant qu'à trouver la vérité : Bob chauffeur de taxi qui est la personne raisonnable du couple avec les pieds sur terre et Mister pianiste qui est le rêveur utopique. Nos deux comparses vont pédaler dans la semoule, vont nager dans la boue pour, au bout du compte perdre un peu plus les illusions qui les aidaient à rêver mais sûrement pas à vivre.
    Si le roman repose entièrement sur eux, il ne faut pas oublier l'intrigue, fort bien menée, qui nous plonge dans tout ce que ce monde peut trouver de dégueulasse. Si certains indices tombent du ciel, et font avancer l'ensemble, j'ai lu ce livre rapidement et avec beaucoup de plaisir. Et Marcus Malte nous décrit une belle brochette de pourris, entre mercenaires et politiques, pour nous montrer ces horreurs perpétrées par ces horribles personnages avec suffisamment de tact pour ne pas arriver à la conclusion bateau : « tous des pourris ! » ou « la guerre, c'est pas bien !».
    Le message passe bien grâce aussi au talent de Marcus Malte. le style est fluide, très agréable à lire, le rythme est lent, les phrases mélodiques et cet ensemble fait penser à une ambiance jazzy (bien que je n'y connaisse pas grand-chose). Certains passages sont même empreints de poésie, surtout ceux qui décrivent la mer (au début) ou la nuit à Paris. J'ai aussi particulièrement apprécié les chapitres consacrés à Vera ainsi que l'absence de violence dans la narration alors que l'intrigue reste prenante du début à la fin.
    Le seul bémol qui m'empêche de mettre un coup de cœur pour ce roman est d'avoir eu l'impression d'avoir une intrigue aidée par moments par des petits coups de pouce pas forcément justifiés. Ceci dit, c'est un livre que j'ai lu avec beaucoup de plaisir, sans jamais m'ennuyer et qui est d'un très bon niveau. Mais c'est quand même du Marcus Malte, alors c'est normal, mais Garden of Love m'a paru meilleur.

    Lien : http://black-novel.over-blog.com/article-les-harmoniques-de-marcus-m..
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    • Livres 3.00/5
    Par kathel, le 17 avril 2011

    kathel
    Quinze ans après Le Doigt d'Horace et Le lac des singes, Marcus Malte retrouve Mister, le pianiste de jazz sensible, qui refuse de laisser refermer le dossier de la mort de Vera Nad. Cette jeune fille venait chaque semaine l'écouter dans la boîte de nuit où il jouait, touchée par les harmonies que ce noir baraqué réussissait à tirer de son piano. Mais Vera Nad, qui avait connu le pire à Vukovar, devait encore affronter le mal pour finir dans un coin sordide de la capitale, brûlée vive. Cela Mister ne l'accepte pas, et surtout que le dossier soit si vite classé, deux petits dealers ayant avoué le meurtre. le duo formé de Mister et de son ami Bob, chauffeur de taxi lettré, va tenter de comprendre, en commençant par le cours de théâtre que fréquentait Vera.
    Quand un poète vous conte une histoire policière… le style a plus d'importance que l'histoire elle-même. Non que l'intrigue ait à rougir de quelque défaut que ce soit, mais pour ma part, je me suis davantage laissé emporter par la musique des mots. le personnage de Mister aussi est pour beaucoup dans le charme qui se dégage de ce roman, et le charme est une qualité assez peu associée au genre policier pour que cela soit noté. Mister, grand sentimental, que les injustices rendent malade, part en quête de vérité pour la mémoire de Vera Nad. Les personnages qu'il rencontrera seront, au fond de leurs âmes, plus noirs et cyniques les uns que les autres, même et surtout dans les hautes sphères du pouvoir. le monde de l'art, théâtre, musique, peinture, sert de décor à l'enquête, quant aux souvenirs de Vukovar, ils sont presque entièrement empreints de désespoir.
    Bref, il ne faudrait pas que je vous en dévoile trop, lisez ce roman, laissez vous séduire par sa mélodie chaleureuse, ses touches d'humour, découvrez Marcus Malte si ce n'est pas déjà fait. Pour ceux qui connaissent déjà, je trouve ce dernier roman moins dérangeant que Garden of Love, plus classique peut-être de facture, mais tout aussi réussi.

    Lien : http://lettres-expres.over-blog.com/article-marcus-malte-les-harmoni..
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    • Livres 4.00/5
    Par valeriepascual, le 15 septembre 2011

    valeriepascual
    Difficile d'ajouter quelque chose de nouveau par rapport à tout ce qui a déjà été écrit !
    Peu connaisseuse mais amatrice de jazz, je suis rentrée facilement dans le roman par ce biais-là, par le rythme des phrases, par le rythme des héros aussi,tout ça est en parfaite harmonie. L'intrigue est forte, même si la chute laisse un peu à désirer. Une jeune femme ayant vécu l'enfer pendant la guerre en Europe centrale, amatrice de jazz et venant souvent écouter Mister, mastar noir et pianiste, est retrouvée brûlée vive. Mister ne crois pas à l'explication officielle et va à la rencontre de la vérité aidé par son ami Bob, chauffeur de taxi et philosophe. Il se brûlera les ailes dans cette quête.
    J'ai aimé les personnages bien campés, l'univers musical, les conversations qui parfois dérivent vers l'absurde. L'intrusion de la guerre en ex-Yougoslavie est brutale et pourrait à tout moment rompre les harmoniques,mais Marcus Malte connait sa partition et reste sur le fil de son rasoir.
    En un mot, une lecture que je ne regrette pas !
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Citations et extraits

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  • Par nadejda, le 23 janvier 2011

    «Les derniers accords s’estompèrent. le son décrut progressivement jusqu’à n’être plus qu’un sifflement ténu. Puis plus rien.
Mister dressa un index. 
--- Les harmoniques... dit-il

    Miroslav leva les yeux aux plafond, s’attendant peut-être à en voir surgir des créatures extraterrestres.
    --- Harmeûniques ? C’est quoi, harmeûniques ?
    --- Les notes derrière les notes, dit Mister. Les notes secrètes. Les ondes fantômes qui se multiplient et se propagent à l’infini, ou presque. Comme des ronds dans l’eau. Comme un écho qui ne meurent jamais.
    ..... Ce qui reste quand il ne reste rien, dit Mister. C’est ça, les harmoniques." 

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  • Par nadejda, le 23 janvier 2011

    Oui, c'est ainsi qu'elle le comprenait.
    Ceux-là changeaient la hideur en beauté. De la matière brute de la souffrance ils faisaient jaillir tendresse et espoir.
    Sinon, comment expliquer Monk ? Comment expliquer Lester Young et Chet Baker ? Commet expliquer que les ténèbres puissent engendrer pareille lumière ? Comment sur un tel champ de boue pourrait fleurir la fille aux gardenias ?
    Lentement, morceau par morceau, standard après standard, son jeune esprit s'était refait à l'idée qu'il y avait peut-être une toute petite possibilité de continuer à vivre. Simplement continuer.
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  • Par kathel, le 17 avril 2011

    Elle aimait les ballades. Les airs nostalgiques. Ceux qu’on peut fredonner les lèvres closes et laisser dérouler, ceux qu’on peut étirer à sa guise, à sa propre mesure, le temps qu’il faut. Ceux qui réchauffent durablement.
    Il semblait qu’elle eût vécu plus d’automnes que d’étés. Ne parlons pas de rose poussant sur le fumier mais plutôt d’un pur rayon de soleil qui force l’opaque et âcre nuage d’après bombardement pour venir se poser sur l’arbre aux branches dénudées.
    Dans un silence de mort.
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  • Par Onclepaul, le 24 janvier 2011

    "C’est un arriviste. Un affairiste. Un menteur, un hypocrite, un égoïste, un manipulateur, un pervers. Méprisant avec les faibles, servile avec les puissants. Il n’a aucun scrupule. Aucune morale."
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