> Christine Le Boeuf (Traducteur)

ISBN : 2742763163
Éditeur : Actes Sud (2006)


Note moyenne : 4.06/5 (sur 48 notes) Ajouter à mes livres
Qu'elle soit constituée de quelques livres ou de volumes par milliers, qu'elle obéisse à une classification rigoureuse ou aléatoire, qu'elle soit de Montaigne ou d'Alexandrie, qu'on veuille la détruire (comme, si près de nous, à Sarajevo, à Kaboul, à Bagdad) ou l'ériger... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Alcapone, le 30 novembre 2011

    Alcapone
    La Bibliothèque, la nuit est le résultat des questionnements d'Alberto Manguel sur notre besoin immémorial et irrépréssible de conserver toutes les informations du monde de façon exhaustive. Il sait bien que cela est impossible et l'histoire le prouve à maintes reprises, mais alors pourquoi continuons-nous à vouloir croire à cette chimère ? L'auteur renonce à apporter des réponses mais il tente de comprendre au travers de multiples exemples, cette entreprise d'emblée vouée à l'échec. Ponctuant son ouvrage de références et d'anecdotes passionnantes, l'auteur nous fait voyager dans l'histoire des bibliothèques du monde. Ainsi, qu'elle soit publiques ou privées, circulaires ou rectangulaires, anciennes ou modernes, composées de livres de poche ou de livres de collection, physiques ou virtuelles, les bibliothèques sont le fidèle reflet de nos préoccupations. Lieu de mémoire, temple du savoir, symbole de prestige, ou encore gage de richesse, les bibliothèques outrepassent pourtant toutes ces fonctions réunies et incarnent véritablement "notre expérience indirecte du monde."p.30. Aussi, ne nous méprenons pas : les bibliothèques ont bien plus de choses à nous apprendre sur nous que ce que nous ne voulons bien le croire...
    Nous invitant dans l'intimité de sa bibliothèque personnelle, Alberto Manguel nous confie que cet ouvrage aurait dû s'intituler Voyage autour de ma chambre, titre déjà été trouvé par Xavier de Maistre. Il décide alors d'intituler son essai La Bibliothèque, la nuit en référence à son plaisir de se retrouver la nuit dans sa bibliothèque. Misant sur notre intérêt commun pour les bibliothèques et leurs univers secrets, Manguel nous initie avec érudition aux arcanes de la bibliothéconomie. Passant en revue les plus grands de ce monde qui ont contribué à l'édification de cette insitution tels que Callimaque, Dewey, Carnegie ou encore Zumarraga, l'auteur étudie le sujet avec méthode. Obéissant aux caprices de l'homme, les bibliothèques se sont forgées d'après l'auteur, une identité fondée sur différents concepts : la bibilothèque envisagée comme un mythe, un ordre, un espace, un pouvoir, une ombre, une forme, un hasard, un cabinet de travail, une intelligence, une île, une survie, un oubli, une imagination, une identité, une demeure...
    Cet essai est un extraordinaire voyage au coeur de la mémoire collective et individuelle de l'homme. Truffé de références en tous genres, La Bibliothèque, la nuit se lit pourtant comme un roman. Malheureusement il tellement dense qu'il est difficile d'en retranscrire toute la richesse. Appréciable pour sa clarté et ses sources documentées, cet ouvrage n'est ni élitiste, ni pédant. Il est à lire par tous ceux qui s'intéressent au sujet.
    Lire le commentaire complet sur Livres à 100 à l'Heure.

    Lien : http://livresacentalheure-alcapone.blogspot.com/2011/11/la-bibliothe..
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    • Livres 4.00/5
    Par Labyrinthiques, le 29 août 2010

    Labyrinthiques
    Comme le souligne le Matricule des Anges, il faudrait oser réinventer un genre pour qualifier ces nouveaux types d'Essais qui allient avec brio l'érudition d'un encyclopédiste (plus de 80 illustrations et gravures ainsi qu'un énorme index agrémentent l'ouvrage) et la subjectivité assumée d'un homme passionné par son sujet ; la clarté et la précision d'un propos esthétique et l'errance d'un « je » dans le labyrinthique dédale de sa bibliothèque. Car A. Manguel, après un opus sur Une histoire de la lecture, nous livre ici autre chose qu'un de ces Essais universitaires qui visent à observer de manière froide et scientifique l'objet de son étude. A mi-chemin entre l'essai savant et la rêverie, celle oscillant entre fascination esthétique et tentation mystique, comme le montre l'extrait ci-dessus.
    Revenant sur l'expérience de sa propre bibliothèque, une vieille grange qu'il aménagea près de Châtellerault pour ranger ses 30 000 ouvrages, Manguel se penche sur des problématiques concrètes rencontrées : comment classer, comment ranger ? Comment agrandir à l'infini son espace ? Quelle forme pour la bibliothèque idéale ? Partant de sa bibliothèque il en arrive à la bibliothèque universelle, celle d'Alexandrie, de Montaigne, de Borges, des bibliothèques nationales, de la vôtre et de la mienne. Il aborde la bibliothèque sous toutes ses coutures, comme objet historique, depuis les premières bibliothèques sumériennes jusqu'à l'avènement de l'internet; comme objet idéologique qui peut se révéler source de progrès ou d'obscurantisme, comme lieu imaginaire et mystique. le profusion et la pertinence des anecdotes éclairent cet ouvrage qui devient par la force des choses, plus qu'un essai philologique, un véritable conte qu'on prendrait plaisir à écouter au coin du feu, ou sur de moelleux coussins d'une bibliothèque (si si dans la bibliothèque jeunesse, il y en a !)…

    Lien : http://www.labyrinthiques.net/2008/11/27/la-bibliotheque-la-nuit-alb..
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    • Livres 4.00/5
    Par IzaBzh, le 17 août 2010

    IzaBzh
    Essai du très érudit et intéressant Alberto Manguel sur l'histoire des bibliothèques à travers les âges et à travers le monde, qu'elles soient personnelles, publiques, nationales, persécutées, voire même imaginaires.
    Il faut quand même être intéressé par les livres, par les bibliothèques, par l'histoire pour lire cet ouvrage, mais quand c'est le cas, quel régal !
    Ce n'est absolument pas ennuyeux, très vivant, bourré d'anecdotes, d'illustrations, de portraits d'auteurs, de bibliothécaires passionnés, de libraires, un véritablement foisonnement - mais aussi ordonné qu'une bibliothèque ;)
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    • Livres 5.00/5
    Par soukee, le 31 mars 2010

    soukee
    La Bibliothèque, la nuit est un essai d'Alberto Manguel, écrivain, traducteur et éditeur argentin, paru aux éditions Actes Sud en janvier 2009.
    Après Une histoire de la lecture, Alberto Manguel nous livre ici une réflexion sur les bibliothèques, privées ou publiques, immenses ou composées de quelques titres, classées selon un ordre précis ou de façon arbitraire, bref, une réflexion sur tout rassemblement de livres en un endroit donné.
    Il mêle à sa réflexion des anecdotes personnelles, fait des détours historiques et nous donne l'exemple de bibliothèques connues ou encore celles d'auteurs célèbres, comme Jorge Luis Borges, qu'il a beaucoup côtoyé.

    J'ai adoré ce livre, ayant l'impression de m'immiscer dans les plus grandes bibliothèques du monde et de fouiner dans celles de certains auteurs pour comprendre comment ils classaient leurs livres et en apprendre un peu plus sur leurs habitudes de lecteurs.
    Manguel nous livre ici une merveille de réflexion sur les bibliothèques, dans la droite lignée de son essai précédent sur la lecture, un essai à la fois documenté et très accessible, accompagné de nombreuses photos et illustrations.
    La traduction de Christine le Boeuf, qui avait déjà traduit Une histoire de la lecture permet au lecteur de se plonger facilement dans cet essai et de se laisser porter par les réflexions de Manguel.
    Je vous préviens, on ne regarde plus sa propre bibliothèque du même oeil ensuite ! Et on s'interroge sur sa propre manie de classification !!

    Lien : http://bouquinbourg.canalblog.com/archives/2009/11/15/15808723.html
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    • Livres 5.00/5
    Par papillon_livres30, le 25 avril 2010

    papillon_livres30
    J'ai aussi adoré ce livre sur les bibliothèques, très intéressant et très instructif.
    Un livre divisé en 16 chapitres qui résument les principales caractéristiques d'une bibliothèque, illustrées à travers de nombreuses histoires de bibliothèques d'hommes plus ou moins célèbres de tous les temps. L'auteur nous entraîne aussi dans des réflexions critiques autour du livre et de l'lélectronique. Par ailleurs, il semble préférer avoir accès à sa bibliothèque la nuit, pour son caractère mystérieux et intime, et parce qu'aussi il peut en user à sa fantaisie, par rapport aux bibliothèques publiques.
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Citations et extraits

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  • Par gteisseire, le 27 avril 2008

    Ce qui fait d’une bibliothèque un reflet de son propriétaire, c’est non seulement le choix des titres, mais aussi le réseau d’associations qu’implique ce choix. Notre expérience se construit sur l’expérience, nos souvenirs sur d’autres souvenirs. Nos livres se construisent sur d’autres livres qui les modifient ou les enrichissent, qui leur confèrent une chronologie différente de celle des dictionnaires de littérature. Je suis aujourd’hui, après tout ce temps, incapable de trouver seul la trace de ces connexions. J’oublie, ou je ne sais même pas, quelles sont les relations entre beaucoup de ces livres. Si je pars dans une direction – les récits africains de Margaret Laurence me remettent en mémoire La Ferme Africaine d’Isaac Dinesen, qui me fait à son tour penser à ses Sept contes gothiques, lesquels me ramènent à Edgardo Cozarinsky (qui m’a fait découvrir l’œuvre de Dinesen) et à son livre et son film sur Borges et, plus loin encore, aux romans de Rose Macaulay, dont nous avons discuté un après-midi déjà lointain à Buenos Aires, surpris l’un et l’autre que quelqu’un d’autre les connût -, je perds alors les autres fils de cette toile complexe et je me demande comment, à la façon d’une araignée, j’ai réussi à en lancer un à travers la distance apparemment incommensurable qui sépare, par exemple, les Tristes d’Ovide des poèmes d’Abd Al-Rahman, exilé de son Espagne natale en Afrique du nord.
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  • Par nadejda, le 05 décembre 2010

    Il se peut que les livres ne changent rien à nos souffrances, que les livres ne nous protègent pas du mal, que les livres ne nous disent pas ce qui est bien ou ce qui est beau, et ils ne nous mettent certes pas à l'abri du sort commun qu' est la tombe.
    Mais les livres nous offrent une multitude de possibilités : possibilité d'un changement, possibilité d'une illumination. Il se peut qu'il n'existe aucun livre, si bien écrit qu'il soit, qui puisse alléger d'une once la douleur des tragédies d'Irak ou du Rwanda, mais il se peut aussi qu'il n'existe aucun livre, si atrocement écrit qu'il soit qui ne puisse apporter une épiphanie au lecteur qui lui est destiné.
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  • Par bibliophage, le 23 février 2010

    Comme la plupart des amours, l'amour des bibliothèques s'apprend. Nul ne peut savoir d'instinct, lorsqu'il fait ses premiers pas dans une salle peuplée de livres, comment se comporter, ce qu'on attend de lui, ce qui est promis, ce qui est autorisé. On peut se sentir horrifié - face à ce fouillis, cette ampleur, ce silence, ce rappel moqueur de tout ce qu'on ne sait pas, cette surveillance - et un peu de cette sensation écrasante peut demeurer encore après qu'on a appris les rites et les conventions, qu'on s'est fait une idée de la géographie et que les indigènes se sont révélés amicaux.
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  • Par nadejda, le 05 décembre 2010

    Ce qui fait d'une bibliothèque un reflet de son propriétaire, c'est non seulement le choix des titres mais aussi le réseau d'associations qu'implique ce choix. Notre expérience se construit sur l'expérience, nos souvenirs sur d'autres souvenirs.
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  • Par IzaBzh, le 17 août 2010

    Selon Colette, [Paul] Masson venait la voir dans sa villa au bord de mer et sortait de ses poches une écritoire portative, un porte-plume réservoir et une petite liasse de fiches vierges.
    « Qu’est-ce que tu fais, Paul ? lui demanda-t-elle un jour.
    - Je travaille, répondit-il. Je travaille de mon métier. Je suis attaché au catalogue de la Nationale, je relève des titres.
    - Oh… Tu peux faire cela de mémoire ?
    - De mémoire ? Où serait le mérite ? Je fais ieux. J’ai constaté que la Nationale est pauvre en ouvrages latins et italiens du Xve siècle… En attendant que la chance et l’érudition les comblent, j’inscris les titres d’œuvres extrêmement intéressantes, qui auraient dû être écrites… qu’au moins les titres sauvent le prestige du catalogue…
    - Mais… puisque les livres n’existent pas ?
    - Ah ! dit-il, avec un geste frivole, je ne peux pas tout faire !
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Alberto Manguel lecture par Jean-François Rousseau .
Lecture de "La Fiancée de Frankenstein" d'Alberto Manguel (éd. L'Escampette) par Jean-François Rousseau (extrait).© Centre du livre et de la lecture en Poitou-Charentes - octobre 2009











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