> Éric Boury (Traducteur)

ISBN : 2070128334
Éditeur : Gallimard (2010)


Note moyenne : 3.19/5 (sur 26 notes) Ajouter à mes livres
De lourds muages noirs s’amoncellent dans le ciel zébré d’éclairs au moment où le Per se quitte le port de Grundartangi en Islande en direction du Surinam. À son bord, neuf membres d’équipage qui, tous, semblent avoir emporté dans leurs bagages des secrets peu reluisant... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ph_hugot, le 26 avril 2011

    ph_hugot
    Thriller ou roman catastrophe? c'est la question que l'on peut se poser en refermant ce roman qui donnera le mal de mer aux marins les plus aguerris. A moins que Noir océan ne soit un huit clos car quand neuf membres d'équipage au passé ou présent sombre se retrouve en pleine mer en direction du Surinam, et que tous les moyens de communication sont en panne, la sensation d'étouffement est omniprésente.
    Magnifiques portraits de vieux ou jeunes loups de mer : un commandant qui laisse à terre une femme à la dérive et qui projette de changer de vie une fois à destination, Jonas qui embarque sur le cargo les mains encore pleine de sang, Saeli le matelot perclus de dettes…tous ont leurs secrets.
    Ils espéraient peut-être fuir pour quelques semaines cette réalité, ils se trouvent confrontés à la culpabilité, l'angoisse et la solitude. Alors qu'à l'extérieur les éléments se déchaînent, sur le navire, une mutinerie se prépare et une tempête intérieure secoue vite l'équipage. Peu à peu chacun va sombrer dans la folie, alors que cramponnée à mes draps, tanguant à chaque vague, je me demandais, page à page qui survivrait à pareil voyage.
    Stéfan Mani, auteur islandais ( qui ne recèle pas que Bjork comme artiste talentueux), excelle aussi bien à décrire les noirceurs de l'âme que cet élément indomptable qu'est la mer. Suspense oppressant garanti, j'étais presque contente d'être sur la terre ferme en refermant le livre.
    Un énorme coup de cœur pour ce roman noir
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    • Livres 3.00/5
    Par yokai, le 07 novembre 2011

    yokai
    Neuf hommes embarquent depuis l'Islande sur un cargo direction le Surinam. Chacun, ou presque, emporte avec lui pour ce périple un lourd fardeau ou de profondes blessures. Contrairement à un équipage classique, tous les marins n'ont pas le même intérêt à ce que le voyage aille à son terme. Les ambitions personnelles et les conflits d'ordre professionnel vont venir bousculer l'ordre des choses et compliquer une traversée qui ne s'annonçait pas sous les meilleurs auspices.
    Le mal est éternel et toutes les bonnes choses ont une fin ...
    Autant vous dire que l'on est très loin de la croisière s'amuse. C'est un univers totalement masculin, un récit de mer noir comme de l'encre à tel point que tout semble se dérouler dans la pénombre. Les évènements s'enchaînent à une vitesse incroyable et le destin de ces hommes semble tomber de Charybde en Scylla. On est happé par le récit et il est difficile de lâcher ce roman. Dans la grande tradition des Huis clos, la tension est palpable en permanence. Attention cependant aux amateurs d'enquêtes car il s'agit ici d'un thriller et non d'un roman policier classique. le pouvoir des forces de l'ordre semble bien dérisoire lorsque que l'on se trouve à plusieurs miles de toute côte habitée démuni face à une mer déchainée.
    La narration est inventive et l'auteur utilise parfois une technique consistant à décrire la même scéne vécue au travers de points de vues différents (par des personnages différents). Pour que le lecteur se repère, il se sert de balises textuelles, des phrases qui marquent l'esprit, retranscrites à l'identique qui permettent au lecteur de se recaler dans le temps et dans l'espace. Cette technique est très intéressante car elle n'est pas utilisée systématiquement mais avec à propos afin de souligner certains passages. J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre même si j'ai été un peu déçu par la fin — mais ce ne sera peut-être pas l'avis de tout le monde. Dans les remerciements, l'auteur rend un hommage à Sartre, Lovecraft et Jim Morrisson. L'univers de Lovecraft est plusieurs fois évoqué de manière claire, la voix de Jim Morrisson est présente grâce à la cassette tournant en boucle dans le mess par contre Sartre ... Peut-être pour le Huis clos ?
    Pour ceux qui voudraient en savoir plus je suis tombé sur une analyse très complète.

    Lien : http://www.aubonroman.com/2011/02/noir-ocean-par-stefan-mani.html
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    • Livres 2.00/5
    Par mimipinson, le 18 avril 2012

    mimipinson
    Chronique pour un livre que je voulais lire depuis sa parution…..et qui me laisse quelque peu perplexe, interrogative, avec le sentiment de ne pas tout compris, en particulier la fin ! Gênant, vous ne trouvez pas ?
    L'ambiance de ce livre est assurément islandaise : froide, glaciale même, humide, sombre, sinistre (les « Boum, boum, boum… » qui émaillent le texte en sont un exemple). Je ne le souviens pas avoir eu l'impression de jour dans ce livre. Les rares scènes, au début, sont toutes des scènes de nuit, où les éléments se déchainent.
    En mer, j'en avais froid au os, tellement le climat tempétueux, au propre comme au figuré, était omniprésent.
    9 marins prennent place à bord d'un navire de commerce.9 personnalités complexes, au nom compliqué souvent assorti d'un surnom. Tous nos personnages nous sont présentés dès le début, sous des points de vue différents. C'est le point positif de ce roman : la construction, les visions différentes des choses, et des personnes selon la position de l'auteur.
    le moins que l'on puisse dire c'est qu'aucun n'est propre sur lui. Un climat de suspicion règne sur la bateau, une mutinerie se met en place, le Démon est là, est pris pour quelqu'un d'autre…
    Les conditions de navigation se détériorent, le tempête se lève, les esprits s'échauffent.
    C'est long, c'est lent. C'est angoissant, oppressant. Cela manque d'action. On imagine assez mal comment les choses vont se terminer…elles se terminent sans que je puisse dire comment.
    Alors quoi ? Roman noir, plus que policier. Roman noir qui manque d'effet coup poing. Un roman noir dans lequel j'ai fini comme le bateau : en perdition, mais contrairement au capitaine, je n'avais ni sextant, ni boussole.
    Je n'ai ni aimé, ni détesté ; j'ai tout simplement encore faim !!! Et un bon policier/triller /roman noir, est un ouvrage qui doit me rassasier !!!


    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.fr/2012/04/noir-ocean.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Aproposdelivres, le 18 mai 2012

    Aproposdelivres
    Neuf hommes vont embarquer sur le cargo islandais Per se et prendre la mer pour le Surinam. Il y a par ordre d'apparition Sæli premier matelot, Ási le cuisinier, Jóhann le Géant chef mécanicien,Rúnar maître d'équipage, Jón dit le Président commandant, Jónas commandant en second, Guðmundur Berdsen le capitaine du cargo Per se, Óli Johnsen, dit le Soutier, mécanicien et Jón Karl embarqué malgré lui sur le bateau.
    Dès le début, l'ambiance est lourde à bord. Certains ont eu vent de menaces de licenciement sur l'équipage après ce voyage. Ils ont prévu à mi-voyage de manifester leur mécontentement en simulant une panne. Chaque membres de l'équipage a ses petits secrets, ils laissent à terre, famille, dettes...
    (...)
    J'ai beaucoup aimé les descriptions de ce voyage en mer, le lecteur ressent très bien l'état de la mer, les bruits du bateau, la vie à bord. Plongée dans ma lecture, j'avais très souvent l'impression d'être à bord. C'est à la fois palpitant et stressant...
    Le lecteur se demande à tout moment comment ce voyage va-t-il pouvoir se conclure et l'imagination de l'auteur nous offre quelques rebondissements inattendues...
    La fin m'a laissé un peu sur ma faim, en effet elle est plus suggérée que clairement posée, elle laisse faire l'imagination du lecteur... Et après ce long voyage, c'est un peu frustrant...

    Lien : http://aproposdelivres.canalblog.com/archives/2012/04/17/24010951.html
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  • Par akahama, le 11 avril 2012

    akahama
    Premières pages énigmatiques, histoires qui se croisent, se rejoignent, multiplication des points de vue… Stefán Máni met au service de son récit un véritable talent narratif. Noir océan a parfois des allures de jeu de piste où le lecteur se repère à des phrases clés qui lui sont répétées, des paroles de chansons des Doors qui tombent souvent à propos, et une imagerie diabolique abondamment sollicitée. Ces balises sont jetées comme autant de bouées aux pauvres marins que nous sommes, perdus dans l'ouragan qui dévaste l'équipage. Des relations complexes, des psychés retorses, des secrets, la détresse des hommes fait et défait en permanence les affinités au sein de cette équipe battue par la tempête. Les éléments qui se déchaînent, le navire qui lâche, et c'est la catastrophe. La bombe à retardement, car, c'en est une, explose sous le coup des angoisses individuelles et collectives, la confiance est perdue, la conscience aussi.
    Plus qu'un roman policier, Noir océan est avant tout un drame, celui d'hommes pris dans la tourmente, au sens propre comme au figuré, empêtrés dans l'hostilité et le soupçon, gouvernés par le désespoir et la peur de perdre le nord… le sens de leur existence.
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Citations et extraits

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  • Par glycine, le 05 mars 2011

    Même si tous les individus en question ne sont pas forcément en proie à des errements philosophiques, à des doutes sur leur santé mentale et sur celle de leurs compagnons, même s'ils ne se faufilent pas tous dans la nuit en s'accusant constamment de trahison, de fausseté ou de négligence, certains possèdent l'un de ces traits de caractère et d'autres les ont tous sans exception. Il se trouve que ce sont justement eux qui sont chargés de diriger le bateau et de s'occuper du moteur ! Et pour noircir encore un peu le tableau, le navire n'a même pas l'air de fonctionner correctement, il est privé de communications avec l'extérieur, les radars l'ont perdu ou il a perdu son radar, enfin, bref, un machin du genre ! Et y a plus de téléphone !
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  • Par Dahlianoir, le 11 avril 2012

    Il les reconnaît ces deux-là, aussi bien comme types qu'en tant qu'individus. Elles habitent dans la rue voisine de celle où Jon Karl vit avec sa famille. Elles habitent dans la rue voisine de chaque quartier des grandes villes de ce monde. Deux copines d'à peine seize ans qui viennent de découvrir les paradis artificiels, le suçage de quéquette, leur pouvoir d'attraction et qui vivent dans l'étrange illusion que la jeunesse est éternelle, que le centre commercial de Kringlan est l'univers, que leur chatte en est le coeur et que la vie n'est rien d'autre qu'un nuage de chewing-gum rose avec lequel on peut faire des bulles jusqu'à éclatement.
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  • Par benne, le 15 avril 2010

    À la poupe, le château incline ses six étages, surplombant l'abîme de l'oubli, telle une maison hantée dont les fenêtre vides scruteraient le néant.
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  • Par glycine, le 05 mars 2011

    Mieux vaut être armé et paré à toute éventualité sur ce satané rafiot où les marins se faufilent dans les coursives avec des fusils démontés dès qu'ils s'imaginent qu'il n'y a personne pour les voir.
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  • Par glycine, le 05 mars 2011

    Les coups du destin ne sont que des chimères engendrées par des esprits supersticieux.
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