> Agneta Segol (Traducteur)
> Pascale Brick-Aïda (Traducteur)

ISBN : 2020799073
Éditeur : Editions du Seuil (2005)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 16 notes) Ajouter à mes livres
« Le ciel était dégagé après les violentes pluies et la lune était pleine le soir où je posai Nelio sur le matelas sale. Là où à l’aube, neuf jours plus tard, il allait mourir. » Une nuit, dans une ville africaine, un homme est assis sur le toit d’un théâtre et contempl... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par lehane-fan, le 16 février 2012

    lehane-fan
    Henning Mankell partage sa vie entre la Suede et l'Afrique . de son pays d'origine , il en a tiré l'excellente série policiere des Wallander , flic à l'ancienne , désabusé , exerçant ses talents de fin limier dans une Scanie inhospitaliere au possible . de son pays d'adoption , Mankell livrera des romans beaucoup plus intimes tout en conservant cette plume magistrale toujours prompte à disséquer , analyser et spéculer sur la nature humaine .
    José Antonio Maria Vaz est boulanger . Il travaille pour Dona Esméralda , une femme sans age au caractere plus qu'affirmé. Son rituel , se rendre sur le toit d'un théatre , son boulot achevé , afin de communier avec cette ville sans nom , aussi étouffante et sombre que ces nuits d'été récidivantes qui l'engloutissent inlassablement . de toutes ces nuits sans heures , il en est neuf qui resteront indélébiles . Neuf nuits passées au chevet de Nélio , jeune orphelin de dix ans retrouvé le corps criblé de balles . Neuf nuits rémanentes durant lesquelles le gamin mourant confessa une vie aussi breve qu'éprouvante , se livrant et se délivrant coeur et ame à José , dorénavant dépositaire d'un testament spirituel d'une apreté et d'une tristesse ténébreuses .
    Mankell excelle donc dans divers domaines . Ses polars m'avaient plus que convaincu . Je découvre une nouvelle facette de ce Suédois prolifique et le moins que l'on puisse dire , c'est que j'en ressors enthousiaste en diable ! L'orphelin Africain , sujet porteur mais casse gueule . Sans tomber dans le misérabilisme , Mankell dresse le portrait d'un Nélio que la brutalité d'un pays gangréné par la drogue , couplé à une fatalité aussi fidele qu'un huissier de justice envers son débiteur , auront fait grandir et périr bien avant l'heure . Nélio a dix ans mais s'exprime déja comme un vieux sage . Son coeur d'enfant n'a que trop souffert le martyre , ses yeux d'enfant n'ont que trop pleuré la perte violente et définitive de proches , d'amis , de parents . C'est un parcours chaotique , brutal , excessif et pourtant , sans nul doute , terriblement commun dans un tel contexte , sur un continent ou la violence et la loi du plus fort regnent en maitres incontestés . Sa famille est attaquée . Décimée . Il en réchappe miraculeusement pour échouer dans cette grande ville dont il ne connait rien ni personne . Vif d'esprit , il s'acclimate rapidement et se lie d'amitié avec l'un des nombreux groupes d'orphelins pullulant dans la cité . Leur quotidien : la mendicité . le partage est de mise au sein de cette petite troupe de laissé-pour-compte . D'un naturel honnete , droit et genereux , Nélio passera rapidement du statut de petit nouveau à celui de chef incontesté . La suite , à vous de la découvrir . Une seule certitude , à la fin de ce bouquin , sa disparition vous laissera comme un grand vide . Nélio , au-delà de l'individu , cristallise l'ensemble de ces gamins livrés à eux-memes et fait réfléchir quand à la condition et la survie d'une telle population vouée , somme toute , à etre dans l'instant plus que dans la vie pour finalement disparaitre dans l'indifférence et l'anonymat le plus complet à un age ou les projets d'avenir devraient etre de mise...La famine taraude le corps et l'ame mais bien moins que ce perpétuel besoin d'amour , que ce sempiternel questionnement identitaire . Tour à tour poete , lyrique et exalté , Mankell n'occulte en rien le tragique destin de ces jeunes sursitaires mais assene son histoire avec une franchise et une pudeur admirables . Comment ne pas éprouver d'empathie pour ce digne gavroche Africain au verbe haut , qui se sait partir et l'accepte comme étant le terminal inéluctable et logique d'une éphémere vie de misere et de souffrances . Mankell a visé juste et fort ! Nélio va me manquer...
    Comedia infantil , véritable testament d'une jeunesse Africaine sacrifiée .
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    Critique de qualité ? (22 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par nanougo44, le 05 mars 2012

    nanougo44
    Je viens de quitter Nélio. Ou c'est lui qui vient de me quitter, même si je pense que ce gamin ne peut vous quitter complètement.

    Nélio est un enfant adopté par la rue. Il a dix ans mais ne ressemble en rien aux autres enfants de son âge. Il a dix ans, ou peut-être quatre-vingt-quatorze...
    Il a quitté son village contrains de fuir la violence, la barbarie pour sauver sa vie. Témoin de l'exécution horrible de membres de sa famille par des bandits venus pillés son village. Refusant de tuer un frère pour devenir un homme, il a quitté l'enfance et l'innocence en quittant les siens ou ceux qui lui restaient, en choisissant de rester maître de son destin, en suivant les évènements hasardeux de la vie.
    Ce hasard va l'amener à découvrir la ville, celle qui vit sans vous voir, celle qui vous happe et vous engloutie, une de ces villes d'Afrique ravagées par la violence, la misère, la pauvreté, la guerre, les conflits ethniques et l'injustice. Il se fera assez rapidement accepté par une bande de gamins mendiants et en deviendra leur chef en gardant toujours pour priorité de profiter de toutes les choses que leur offre la vie, aussi infimes qu'elles soient et d'essayer de réaliser leurs rêves.
    Un respect presque évident va s'installer pour Nélio qui, malgré son jeune âge, semble détenteur d'un pouvoir étrange et d'une sagesse infinie.
    Une histoire poignante qu'il va raconter à José Antonio Maria Vaz, un boulanger qui l'a trouvé blessé par balles sur la scène d'un théâtre. Il lui faudra neuf nuits de souffrances et de souvenirs pour transmettre son histoire à José, pour lui raconter sa vie si courte mais déjà si remplie, qui ouvrira les yeux sur sa propre vie en regardant ceux de Nélio se refermer.
    Entre impuissance et poésie, ce livre reflète avec beaucoup d'émotion et de tendresse, la vie des enfants des rues, des laissés-pour-compte de ces villes d'Afrique ou d'ailleurs qui tentent de survivre tant bien que mal sans connaître les vraies joies de l'enfance et de la jeunesse.
    A savoir:
    "Plus de 100 millions d'enfants survivent dans le dénuement et la détresse
    Au moins 120 millions d'enfants (de 5 à 14 ans) dans le monde sont exploités au travail. Nombreux sont ceux qui travaillent dans des emplois dangereux où ils sont exposés à des risques d'accidents graves
    Des milliers d'enfants participent aux conflits armés, en sont victimes ou en subissent les conséquences
    Beaucoup d'autres sont soumis aux trafics et abus sexuels
    D'autres encore sont exploités dans le trafic des drogues illicites
    En Afrique subsaharienne, la population suivant le cycle d'enseignement primaire n'a que récemment atteint 71 pour cent, malgré un bond en avant considérable qui a débuté en 2000. Près de 38 millions d'enfants en âge de fréquenter l'école primaire ne sont pas scolarisés dans cette région"
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    • Livres 3.00/5
    Par clarinette, le 03 juillet 2008

    clarinette
    C'est l'histoire de Nelio racontée par José Antonio Maria Vaz. Nelio est un petit orphelin dont la famille a été sauvagement massacrée par des bandits. Au terme d'un long périple, il arrive dans une grande ville africaine au bord de l'océan Indien. Enfant des rues comme il en existe des millons dans le monde, Nelio est aussi un enfant exceptionnel doté d'une grande sagesse et d'une grande maturité, à l'instar de Daniel dans Le fils du vent. C'est aussi un enfant qui a dû tuer pour survivre.
    Dans ce roman, Henning Mankell se fait le porte-parole de ces enfants abandonnés des leurs et la société. Il décrit parfaitement, sans tomber dans le misérabilisme et le pathos, leurs terribles conditions de survie : la misère, la violence, la faim... On comprend que la vraie misère réside plus dans l'absence d'identité, le fait qu'ils sont devenus invisibles au yeux d'un monde qui les ignore.
    L'histoire de Nelio m'a bouleversée...
    la suite sur http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-1537725.html
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    • Livres 5.00/5
    Par toto, le 23 mars 2010

    toto
    Comment un romancier suédois, plus connu pour ses polars en Scanie, a t'il pu écrire un livre sur les enfants misérables des villes en Afrique?
    Mais il a réussi un coup de maître.
    Livre dur, mais plein d'espoir dans la vie et la mort.
    Ce livre me fait penser au Nouveau Testament
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par toto, le 23 mars 2010

    -Si tu demandais à Tristeza, à Alfredo ou un des autres ce qu'ils désirent plus que tout dans la vie, quelle serait leur réponse, à ton avis?
    Au bout d'un moment, Nelio répondit
    - Il y en aurait plusieurs.
    - Je n'en suis pas aussi sûr que toi, dit Cosmos. Y a -t-il quelque chose qui l'emporterait sur tout le reste? Une maman, un ventre plein, des vêtements, des voitures, de l'argent?
    Nelio continua à réfléchir en silence.
    - Une carte d'identité, finit il par dire. Un papier avec une photographie qui prouve que tu es celui que tu es et personne d'autre.
    -Je savais que tu trouverais, dit Cosmos. Voila ce dont on rêve. une carte d'identité. Mais pas pour savoir qui nous sommes. Nous le savons très bien. Mais pour avoir un papier qui nous donne le droit d'être ce que nous sommes.


    Finalement, l'unique chose que la vie nous offre gratuitement, à nous les pauvres, aux gens comme Nelio et moi, c'est la mort.
    Nous sommes forcés de consommer la vie à l'état brut. Et après...il n'y a plus que la mort qui nous attend.
    Il ne nous est jamais donné d'envisager le lendemain sans crainte. Nous n'avons jamais le temps de préparer la joie ou d'astiquer nos souvenirs pour les faire briller.
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  • Par lehane-fan, le 16 février 2012

    Finalement , l'unique chose que la vie nous offre gratuitement , à nous les pauvres , aux gens comme Nélio et moi , c'est la mort .
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  • Par clarinette, le 03 juillet 2008

    "Moi qui porte le nom de Jose Antonio Maria Vaz, j'attends la fin du monde debout sur un toit en terre rouge brûlée par le soleil. La nuit sous le ciel étoilé des Tropiques est suffocante et humide. Je suis sale et fiévreux. Mes vêtements en lambeaux semblent vouloir se détacher de mon corps décharné. J'ai de la farine dans les poches et elle pour moi plus précieuse que l'or. Il ya un an, j'étais encore quelqu'un, j'étais boulanger, alors qu'à présent je ne suis plus personne. Je ne suis plus qu'un mendiant qui passe ses journées à errer sous le soleil brûlant, et ses nuits interminables à attendre sur le toit vide d'une maison."
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  • Par nanougo44, le 05 mars 2012

    Le monde ne peut être reproduit que sur de mauvaises cartes, ajouta Abu Cassamo. Il n'est pas imaginable de faire une carte parfaite d'un monde aussi négligé que le nôtre.
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  • Par nanougo44, le 05 mars 2012

    Voila ce dont on rêve. une carte d'identité. Mais pas pour savoir qui nous sommes. Nous le savons très bien. Mais pour avoir un papier qui nous donne le droit d'être ce que nous sommes.
    Citation de qualité ? (7 votes positifs)









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