Kurt Wallander #3.
Et l'un des meilleurs romans de la série à mon avis.
Si dans "
les chiens de riga", notre commissaire avait fait le voyage jusqu'en Lettonie, ici l'intrigue suédoise va se dérouler en parallèle à des faits qui ont lieu en Afrique du Sud. Mankell connaît bien le pays, et plus encore le Mozambique voisin où il vit en partie.
Son roman se passe avant la fin de l'Apartheid, alors que Mandela n'avait pas encore était élu président.
Un groupe de nationaliste boers vont vouloir mettre le pays à feu et à sang en assassinant le dirigeant de l'ANC. Pour cela, ils engageront un tueur à gages noir, et ce afin d'envenimer les conséquences du meurtre.
Ce tueur doit s'entraîner loin du pays pour ne pas être repéré et c'est ainsi qu'il se retrouvera en Suède.
Son instructeur, ancien du KGB, homme sans foi, tuera une femme sans réelle raison, crime qui déclenchera une série d'événements au coeur desquels se placera Wallander.
Mankell parvient à merveille à lier la petite et la grande histoire, portant sa réflexion sur le pouvoir et la folie des hommes.
Notre policier est plus que jamais perturbé par son existence, essayant de maintenir les liens qui l'attachent à son père et à sa fille, ayant sans cesse à l'esprit Baiba Liepa, cette femme rencontrée dans le roman précédent en Lettonie, et dont il est tombé amoureux.
Henning Mankell développe magistralement son intrigue, plaçant son lecteur un cran au dessus des personnages, puisqu'il en connaît davantage que ceux-ci, ce qui nous amène constamment à nous demander comment tout cela pourra être débrouillé.
La fin est volontairement ouverte en ce qui concerne la situation politique sud-africaine.
Il est également intéressant de voir combien cette libération du pays ne fut pas sans difficultés, y compris du côté des noirs dont certains voyaient d'un mauvais oeil une future cohabitation.