ISBN : 202098265X
Éditeur : Editions du Seuil (2011)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 60 notes) Ajouter à mes livres
Le Chinois est un livre gigogne, un thriller qui relie adroitement un meurtre collectif, une saga familiale et des réflexions sur le développement économique – assorti d’une volonté d’expansion – de la Chine moderne.
En janvier 2006, 19 membres d’une même famill... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Bibliolibra, le 30 mars 2012

    Bibliolibra
    Quelle claque ce roman! Un bon petit pavé de 550 pages qui m'en a littéralement mis plein la figure.
    A la base je ne connaissais pas Henning Mankell. C'est un ami, fou de la série 'Kurt Wallander', qui a éclairé ma lanterne sur cet auteur. Ainsi, lorsqu'un beau matin je l'ai vu, là, dans son chariot des nouveautés à la bibliothèque, je n'ai pas hésité une seconde. La lecture du résumé n'a fait qu'accroître mon intérêt pour ce livre qui s'est avéré par la suite être une véritable tuerie. Dans tous les sens du terme et sans vouloir faire de mauvais jeu de mot.
    Je ne vais pas m'attarder sur le résumé de l'histoire en tant que tel car où est l'intérêt pour celui qui ne l'a pas encore lu que de lire un résumé complet (comme je le vois trop souvent malheureusement) qui révèle les phases fatidiques de l'histoire? En passant, je déconseille à toute personne souhaitant lire ce roman de lire le résumé façon 'liste de course' sous la rubrique 'résumé éditeur' concernant ce livre qui tue toute perspective de suspense et gâche l'effet que l'auteur s'efforce de créer... Mieux vaut s'en tenir au résumé de la quatrième de couverture qui ici se trouve sous la rubrique 'résumé membres'.
    Trève de blablaterie et venons-en à l'essentiel, à savoir mon avis!
    Alors là, voilà un polar comme je les aime. Haletant, vibrant, mystérieux. D'entrée de jeu l'auteur nous plonge dans un univers froid, sinistre et isolé. Il nous glisse vers ces meurtres à 'pas de loup' si je puis dire. Des pas de loup qui fermeront par ailleurs la boucle de toute cette histoire.
    L'auteur joue dès le départ avec son lecteur en multipliant les personnages. Il trie les informations, sélectionne les actions. Il mène le lecteur d'une main de maître tout au long de cette histoire qui au delà de ses allures policières requiert des facettes inattendues (politique, culturel, historique, touristique...) mais d'une importance, et d'un intérêt, inégalables.
    Je me suis réellement extasiée devant cette écriture 'Mankellienne' qui ne manque pas d'apports politico-culturels notamment concernant la Chine (mon pays de prédilection) et l'Afrique. La Suède également avec son système juridique et ses paysages forestiers à n'en plus finir. J'ai bu chaque page de son roman comme une mamie lirait le tout nouveau Françoise Bourdin ou Danielle Steel. Tout dans ce livre a été pensé, réfléchi, organisé. Rien n'a été écrit au hasard. Chaque page a son importance, d'où mon incompréhension lorsque je lis sur certaines critiques que certains passages sont trop longs...
    En revanche, je suis d'accord avec certains compatriotes critiques pour dire que la fin est à mon grand regret... un peu décevante. Après une telle claque on s'attend à ce que la joue nous brûle pendant encore un bon moment, mais avec cette fin c'est comme si l'auteur s'était mis des gants bien molletonnés avant de nous en mettre une, amortissant inévitablement la chute. Dommage.
    Quoi qu'il en soit, je pense garder de ce roman un excellent souvenir. Il m'a enrichie, m'a subjuguée et bien plus encore...

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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Eric75019, le 01 novembre 2011

    Eric75019
    Le premier Mankell de l'après Wallander !
    Dans ce nouveau roman, Henning Mankell est plus que jamais dans la dénonciation politique, avec le risque d'en faire cette fois un peu trop. L'ennemi mortel est tout désigné, et il vient bien sûr de Chine.
    Tout commence pourtant à la manière d'un policier classique, bon, à l'exception peut-être de la dimension du carnage : un dix-neuf-uple meurtre a été commis dans un petit village isolé, coincé entre un lac et une forêt du nord de la Suède. Un loup facétieux a semé la pagaille dans l'agencement des cadavres, à la grande consternation des enquêteurs qui n'en reviennent pas d'une telle sauvagerie. Il y a néanmoins quelques survivants, mais ceux-ci n'ont rien vu ni rien entendu, le mystère reste total. La première partie – la découverte de la scène de crime et le démarrage de l'enquête – est époustouflante. La suite malheureusement parvient moins bien à convaincre.
    La construction du roman, en plusieurs parties un peu étanches, impose le grand écart entre la Suède de 2006 et la Chine de 1863, on devine que le flot d'hémoglobine prend sa source dans de très lointaines contrées et à une époque très reculée. Mais là n'est pas le problème. Une juge de Helsinborg, Birgitta Roslin, mène une enquête parallèle à titre privé, plutôt couronnée de succès comparée au piétinement des investigations officielles. Or les ficelles utilisées par Henning Mankell sont plutôt grosses. La ficelle la plus énorme prend la forme d'un mystérieux ruban rouge, retrouvé sur les lieux du drame et montré à la télé. Il n'en faut pas plus à notre enquêtrice amateur pour retrouver la trace de l'assassin dans le restaurant chinois où il a déjeuné, dans l'hôtel où il a passé la nuit, et miracle, cet hôtel pourtant miteux est pourvu d'un matériel high-tech de vidéosurveillance dernier cri, et l'assassin oublie malencontreusement dans sa corbeille à papier des documents, curieusement mis de côté par l'hôtelier. Comme si cela ne suffisait pas, Birgitta découvre pilepoil une lettre de 1896 et des carnets anciens en ouvrant par hasard un tiroir chez l'une des dix-neuf victimes, et ce journal lui est gracieusement prêté par les enquêteurs, bien qu'elle l'ait dans un premier temps subtilisé sur la scène de crime !
    Un voyage à Pékin sert de prétexte pour dénoncer les excès du capitalisme à la chinoise et de la mondialisation en marche. En fait, la plupart des personnages du roman sont des allégories : Birgitta Roslin est la digne représentante du vieillissant modèle social suédois ; Hong Qiu représente la Chine communiste idéalisée, faisant la promotion de la solidarité et de l'entraide entre les peuples ; son frère Ya Ru symbolise au contraire la Chine cynique et ultralibérale, sans scrupules et prête à tout pour conquérir le monde.
    Or Mankell nous met en garde : la colonisation du monde par la Chine a déjà commencé, à partir de l'Afrique, et l'Europe va suivre. Plusieurs allusions évoquent les restrictions budgétaires et le service public suédois mis à mal (le manque d'effectifs dans la police et dans la justice suédoise, etc.) Et si Ya Ru symbolise la Chine provocante, agressive, et même, selon Mankell, animée par un certain esprit de vengeance, l'anéantissement de Hesjövallen, petit village tranquille aux dix-neuf cadavres, symbolise évidemment la destruction des emplois en Suède, sous les coups de sabre d'une économie chinoise envahissante, mondialisée et revancharde.
    Un roman assez démonstratif, sacrifiant parfois la crédibilité de l'enquête policière à la théorie du complot. On aurait aimé un final renouant avec la maestria mankellienne à l'œuvre dans la première partie.
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    Critique de qualité ? (16 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Onclepaul, le 26 octobre 2011

    Onclepaul
    Bizarrement, je ne sais pas si vous réagissez comme moi, je possède des à-priori en ce qui concerne la littérature, et principalement celle qui englobe les pays nordiques. Par exemple, Henning Mankel, encensé par bien des critiques et chroniqueurs, ne m'attirait pas particulièrement et je n'avais pas l'intention de me plonger dans son univers. Trop d'éloges, trop de louanges. Et la possibilité de lire Le Chinois, grâce à Babelio et les éditions du Seuil, constituait pour moi comme un pensum obligé. Et j'avoue qu'au début je rechignais, relisant les phrases plusieurs fois avant de pouvoir m'en imprégner la substance. Et puis d'un seul coup la magie a opéré, comme un voile de brume qui se déchire.
    Un photographe qui pense réussir de bonnes photos dans le nord de la Suède arrive dans un petit village qui parait désert. Mort même, car aucun de ses habitants daigne répondre lorsqu'il frappe aux portes des habitations. Un village fantôme qui bientôt livre son secret. Il aperçoit à travers une fenêtre une jambe qui traine à terre. Il fracture l'huis et se trouve devant un cadavre. Il appelle immédiatement les secours, mais cette rencontre inopinée lui est fatale. Alors qu'il quitte le village à bord de son véhicule, il décède d'une crise cardiaque. Arrivés sur place les policiers et les secours ne peuvent que constater une véritable hécatombe. Dix-neuf personnes ont été tuées, égorgées, coupées en deux, et autres blessures mortelles infligée par un couteau ou une épée. Dix-neuf cadavres dont celui d'un gamin, qu'un couple de rescapés ne connaissait pas.
    Vivi Sundberg, une policière imposante et expérimentée, est en charge de l'enquête et procède aux premières constations, tandis que son supérieur, un jeune qui n'a jamais mis les mains dans le charbon assiste à une conférence. Les journalistes sont soigneusement écartés, mais de redoutables chasseurs d'infos sont aux aguets.
    En compulsant la liste des défunts, Vivi est interloquée par un lien existant entre toutes ces personnes. Ils portent les noms de Andrén, Andersson, Magnusson. Seul le gamin reste sans identité. Un policier découvre non loin, dans la neige, un ruban rouge.
    Beaucoup plus au sud du pays, la juge Birgitta Roslin est surprise en lisant un journal. Une photo représente l'une des maisons du drame, or cette maison, elle l'a connait. Sa mère orpheline y a été élevée, et Birgitta se rend immédiatement dans ce petit village de Norrland. La policière Vivi lui permet de découvrir l'intérieur de cette maison et en fouillant Birgitta aperçoit dans un tiroir des lettres et des carnets. Sur l'un des carnets, écrit d'une patte de mouche tremblotante, figure le nom de Nevada. Or cet état des USA lui rappelle quelque chose, un massacre qui s'est déroulé quelques temps auparavant. Malgré l'interdiction de la policière, Birgitta s'introduit de nuit dans la maison et s'empare des papiers qui l'intriguent au plus au point. Elle dépouille tout ce fatras à l'hôtel et se rend compte qu'entre les lettres et le carnet intime, signé d'un certain J.A. Andrén, existent des divergences. L'homme était dans les années 1860 contremaître dans une société chargée de la construction d'une ligne de chemin de fer. Mais elle doit rendre son larcin à Vivi qui s'est aperçue de la disparition des écrits. Elle retourne chez elle mais cette histoire la poursuit. Fatiguée, mise au repos forcé avec en poche un congé de maladie, elle repart pour le nord. Elle mange dans un restaurant chinois dans une petite ville sise non loin du lieu du massacre. Elle découvre que la lampe posée sur sa table possède des rubans, mais il en manque un, et elle suppose qu'il s'agit alors du ruban découvert dans la neige. Elle interroge la serveuse qui se souvient qu'en effet la veille du drame un client chinois avait mangé à cette même place. En face un hôtel minable se dresse et elle s'adresse au propriétaire qui confirme la présence d'un Chinois dans son établissement. Mieux, il possède un enregistrement vidéo de l'homme dont on peut voir nettement le visage. Elle fait part de ses découvertes à Vivi et au procureur Robertsson, mais ceux-ci ne semblent pas vraiment intéressés par ses découvertes. D'ailleurs ils sortent de leur chapeau, ou plutôt de leur képi, un suspect, un coupable vivant dans un village proche.
    La deuxième partie du roman, qui en comporte quatre, intitulée Négros et Chinetoques (1863), qui aurait pu être à lui seul le sujet d'un roman, concerne les aventures des trois jeunes frères chinois, expulsés de chez eux par la volonté d'un contremaître de leur âge, et qui sont obligés de quitter leur province. Leurs parents maltraités se sont pendus. Ils se rendent à Canton et se font enlever, deux d'entre eux car le troisième, malade, est assassiné, et emmenés à bord d'un navire à destination de l'Amérique. San et Guo Si survivent malgré les privations, ce qui n'est pas le cas de tous les passagers embarqués de force, et quelques mois plus tard ils participent dans le Nevada à la construction d'une ligne de chemin de fer. Mais le contremaître, un certain J.A., est un homme ignoble, répugnant, raciste, qui n'hésite pas à humilier, à sacrifier les hommes qui travaillent sous sa coupe. San parviendra, après de multiples et avilissants périples à s'affranchir du joug de cet homme. Mais ses déboires ne sont pas terminés, car rentré en Chine, après une traversée à bord d'un navire sur lequel voyagent également deux missionnaires, San connaitra encore de nouvelles désillusions.
    Cette deuxième partie éclaire non seulement le lecteur grâce aux extrapolations qu'il peut envisager sur les événements qui se sont produits dans le petit village, mais surtout jette un regard sur des pratiques opérées par les Blancs envers des ouvriers considérés comme des esclaves. Noirs, Chinois, mais aussi Irlandais, sont ravalés au rang de bêtes de somme, les exactions sont nombreuses, et pourtant personne ne s'élève, ou ne peut s'élever, contre les abus que ces travailleurs subissent. Cette histoire dans l'histoire me fait penser à Une étude en rouge (republié sous le titre Ecrits dans le sang chez Anatolia) de Conan Doyle, dont la genèse de l'intrigue réside dans un voyage au pays des Mormons. Mais le rigorisme obsessionnel des missionnaires est également mis en exergue, le fondamentalisme, le traditionalisme, l'intolérance de ces religieux est aussi dénoncé, ainsi que leur fourberie onctueuse.
    Verdict : Il me semble, j'en suis même persuadé, que si l'occasion m'est donnée de découvrir un autre roman d'Henning Menkel, je le lirai avec plaisir.


    Lien : http://mysterejazz.over-blog.com/
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Skorpionnan, le 05 novembre 2011

    Skorpionnan
    Un petit hameau de Hudiskvall, au nord de la Suède, s'emmitoufle doucement dans l'hiver et la neige. Ne vivent là que quelques familles, une trentaine de personnes. Une trentaine de cadavres surtout, car tous ont été systématiquement exécutés en une nuit. A coups de sabre, quelqu'un a transformé ce hameau en cimetière. le choc est immense.
    Birgitta Roslin est juge. La cinquantaine, elle se débat avec la surcharge de travail et son couple qui sombre dans l'ennui. En congés forcés pour cause de surmenage, elle décide de s'intéresser à cette affaire, les parents adoptifs de sa mère, enfant, faisant partie des victimes. Laissant les autorités locales se focaliser sur un maniaque qui s'est dénoncé, elle continue ses recherches et presque incidemment lève le voile sur une histoire beaucoup plus large.
    De l'Amérique à l'Europe, de l'Asie à l'Afrique, elle suit un chemin de vengeance et de pouvoir. Un chemin qui passe par les hautes sphères, un chemin chinois.
    Avis
    Ce livre commence comme un policier classique : la découverte du massacre, l'enquête de police et l'implication fortuite de la juge Roslin. La tâche rouge est centrée sur un petit village de l'Europe du Nord. Puis l'histoire se complexifie, s'étale dans le temps et l'espace.
    L'auteur remonte aux racines de l'évènement, parfois de façon inattendue. C'est l'occasion pour lui de parcourir l'Ouest américain, la Chine impériale, ou Londres et Pékin actuels. le roman policier devient alors roman d'aventures, puis thriller politique et économique, avant que tout ne se mêle dans une nasse resserrée.
    C'est ce qui fait toute la force de ce livre, ce mélange des genres. Mankell excelle dans tous les registres. Il sait trouver les accents justes, épiques, quotidiens ou paranoïaques. J'ai particulièrement apprécié l'épopée des trois frères, véritable roman dans le roman.
    Les atmosphères sont tangibles et vraiment réussies, fortes et naturelles. On change de décor facilement selon le bon vouloir de l'auteur. du « Fargo » en suède au « Soleil rouge » en Amérique, le ton et le style sont parfaitement maîtrisés et on se laisse emporter dans cette histoire de presque 600 pages sans jamais se lasser ni se perdre. Jamais de décalage malgré les changements parfois brutaux, les mots s'imposent facilement et efficacement. Bien que pouvant parfois sembler décousu ou partir dans tous les sens, les qualités de narrateur et d'observateur de Mankell ramènent toujours l'intérêt. Les liens et les indices semés tout au long des différents épisodes donnent envie de poursuivre pour savoir comment tout cela va s'agencer, se connecter. le lecteur ne se sent jamais floué. La composition finale est très réussie et réaliste.
    Le seul regret est qu'une fois fini, on aurait aimé continuer encore dans cette fiction qui le temps de la lecture est devenue notre réalité.
    Conclusion :
    Un roman foisonnant, aussi ciselé et prenant dans toutes ces histoires qui n'en forment qu'une pour nous tenir en haleine et nous emporter.
    Ma note : 17/20 Coup de cœur.
    Ce livre a été lu dans le cadre du Jury Seuil policiers/Babelio et j'en remercie le site et l'éditeur.
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    • Livres 3.00/5
    Par Seraphita, le 03 novembre 2011

    Seraphita
    « Neige gelée, grand froid. le cœur de l'hiver. » (p.11). En ces premiers jours de janvier 2006, un silence glacial s'est abattu sur Hesjövallen, un petit village suédois. C'est ce que va découvrir fortuitement un homme de passage qui photographie des villages fantômes et des hameaux en train de se dépeupler. L'objet de ses photographies résonne tragiquement – absurdement ? – avec le drame qui s'est abattu sur le village : la plupart de ses habitants ont en effet été sauvagement assassinés. le meurtrier a cependant laissé une épitaphe dans la neige : un ruban de soie rouge. Un fil ténu, dont va s'emparer Birgitta Roslin – juge suédoise – pour essayer de tricoter une vérité. C'est vers une piste chinoise que ses pas la mènent…
    J'ai eu le plaisir de découvrir ce policier nordique grâce à Babelio et à son opération : « Jury policiers Seuil/Babelio ». Un grand merci pour cette belle opportunité qui m'a permis de lire le dernier Henning Mankell, auteur suédois de renom, dont j'avais déjà lu d'autres policiers, notamment de la série des Kurt Wallander.
    Contrasté : c'est le mot qui me semble résumer ce livre et qui m'est apparu aux 2/3 de ma lecture. « Le Chinois » m'a semblé jouer sur les contrastes entre divers pays, divers continents, au niveau historique, culturel, mais aussi climatique. Henning Mankell transporte son lecteur d'une contrée à une autre : la Suède, tout d'abord, pays du froid et théâtre d'un massacre sans précédent : c'est ainsi que s'ouvre l'ouvrage. La Chine, ensuite. Puis les Etats-Unis avec le désert du Nevada. L'Afrique qui frappe les protagonistes par sa chaleur dense. Enfin, Londres et son quartier chinois : Chinatown. Contraste géographique, donc, mais Henning Mankell joue aussi avec le contraste des époques : la première partie est contemporaine et suédoise. La deuxième nous emmène vers la Chine du 19ème siècle. L'auteur nous conte l'histoire de 3 frères emmenés contre leur gré aux Etats-Unis pour participer à la construction de voies de chemin de fer dans le désert du Nevada. La narration m'a semblé changer du tout au tout, donnant l'impression d'un conte initiatique, au ton un peu naïf. Mais ce changement d'époque donne tout son sens à la suite. Contraste, enfin, au niveau des histoires qui s'entremêlent : le meurtre collectif du début, en Suède, l'histoire dramatique des 3 frères chinois qui deviennent esclaves aux Etats-Unis, l'histoire d'un homme puissant et dangereux dans la Chine actuelle. L'histoire d'une juge suédoise, Birgitta Roslin, fil conducteur de l'intrigue qui s'empare du seul indice laissé par le(s) meurtrier(s).
    Contrasté : ce mot s'applique aussi à mon avis sur ce policier nordique. J'ai beaucoup aimé la première partie suédoise où j'ai retrouvé ce que j'avais aimé dans des Mankell lus précédemment (« La Cinquième femme », « L'homme qui souriait », par exemple) : le froid, le silence glacial qui inaugurent un drame, un suspens qui avance pas à pas, des indices ténus, la quête d'une vérité qu'on pressent mais qui file toujours entre les doigts, des personnages qui se cherchent, se questionnent, hésitent, doutent… La deuxième partie (Chine, puis Etats-Unis, 19ème siècle) m'a surprise au niveau du changement de style narratif : si l'histoire est captivante, le ton un peu naïf m'a déplu. Dans la troisième puis la quatrième partie, j'ai trouvé que certains passages étaient longs, notamment quand l'auteur raconte l'histoire de la Chine et sa politique actuelle : je n'aime pas trop, dans les romans, ce genre de considérations. Mais d'autres lecteurs peuvent aimer ces propos qui visent sans doute à ce que s'opèrent des prises de conscience. Dans la toute fin, le suspens revient, Birgitta Roslin est de nouveau le personnage central et se confronte au « Chinois ». Dans l'épilogue, une boucle est bouclée : « L'automne approchait dans le Norrland. Lentement, on s'y préparait pour un long hiver » (p. 557)
    Un policier intéressant, bien écrit, qui m'a semblé cependant un peu inégal. Ainsi s'achève, avec ce policier nordique, ma participation au jury Policiers Seuil / Babelio. Un grand merci aux Editions du Seuil et à Babelio pour cette belle opportunité !
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Critiques presse (6)


  • Telerama , le 23 novembre 2011
    Le romancier dédaigne trop longtemps son enquête et ses personnages, avant de se rattraper dans les dernières pages, bouclant vite fait son intrigue en deux coups de fusil.
    Lire la critique sur le site : Telerama
  • Actualitte , le 03 novembre 2011
    Bref, un roman policier visionnaire qui interroge froidement sur la société moderne de plus en plus inégalitaire et les grandes puissances qui menacent les plus pauvres d'entre nous. Un roman policier pour sauver l'Afrique d'une nouvelle puissance coloniale : la Chine. Plus qu'un roman policier, un livre utile et courageux qui ne laissera pas le lecteur-citoyen indifférent.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • LesEchos , le 25 octobre 2011
    On espère juste que Mankell nous a envoyés si tôt sur une fausse piste pour nous surprendre au dernier acte. En attendant, il nous impose un laborieux cours de géopolitique sur les séquelles du maoïsme et les coulisses de la « Chinafrique ».
    Lire la critique sur le site : LesEchos
  • Lexpress , le 17 octobre 2011
    Certes, on ne cesse de répéter, à juste titre, que ce genre est ancré dans le réel, qu'il livre comme un miroir de la société contemporaine, mais la fiction doit rester le point d'appui. Si Mankell retombe sur ses pieds pour boucler une conclusion plus "policière", Le Chinois reste un livre bancal en dépit de son savoir-faire et de ses louables principes.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Bibliobs , le 12 octobre 2011
    Dans un roman crépusculaire et extralucide, l'auteur des «Chaussures italiennes» dévoile à ciel ouvert ses obsessions et ses terreurs d'imperturbable guetteur occidental. Il voit venir la déchéance, celle de ses héros, mais aussi la nôtre. Sans Kurt Wallander, l'écrivain des grands froids nous entraîne dans un thriller vertigineusement prophétique. Le Mal viendra-t-il du pays de la Grande Muraille? Une thèse à vous glacer le sang.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lexpress , le 11 octobre 2011
    Dans son dernier roman, Henning Mankell imagine une histoire à deux intrigues : un assassinat en 2008 et un Chinois envoyé de force aux Etats-Unis en 1863.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 20 mai 2012

    Le loup commence à manger. Comme la viande n’est pas encore gelée, c’est facile. Il est affamé. Après avoir arraché une chaussure en cuir, il mordille le bas de la jambe, tout près du pied.
    Il a neigé pendant la nuit, puis plus rien. Tandis que le loup mange, quelques légers flocons recommencent à tomber sur le sol glacé.
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  • Par Eric75019, le 01 novembre 2011

    - On a trouvé la jambe, dit-il. Le chien l'a repérée à une cinquantaine de mètres, à couvert.
    Il désigna l'orée du bois. Vivi Sundberg eut l'impression qu'il voulait ajouter quelque chose.
    - Eh bien ?
    - Je crois qu'il vaut mieux que vous veniez voir.
    Il se détourna alors pour vomir. Sans prendre le temps de l'aider, elle se précipita vers la forêt. A deux reprises, elle glissa et s'étala dans la neige.
    Une fois sur place, elle comprit ce qui avait tant choqué le policier. La jambe avait par endroits été dévorée jusqu'à l'os. Le pied était complètement arraché.
    Elle aperçut Ytterström et le maître-chien à côté de leur trouvaille.
    - Un cannibale ? dit Ytterström. C'est ça qu'on cherche ? On l'a dérangé en plein repas ?
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  • Par Bibliolibra, le 30 mars 2012

    "Pour survivre, l'amitié doit être entretenue et mise à l'épreuve. Les amours de jeunesse ne rouillent peut-être jamais. Les amitiés de jeunesse, si."
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  • Par Seraphita, le 03 novembre 2011

    Ceci est un roman : ce que j’écrit est ancré dans la réalité, sans pourtant être dans tous ses détails une transcription fidèle de la réalité. […]
    J’écris en d’autres termes ce qui aurait pu se passer, et non ce qui s’est réellement passé. C’est le fondement même de la fiction.
    Même dans un roman, les détails doivent être empreints d’exactitude. Qu’il s’agisse des oiseaux présents dans le ciel de Pékin, ou de la possibilité pour un magistrat de disposer dans son bureau d’un canapé fourni par le ministère de la Justice.
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  • Par verobleue, le 29 décembre 2011

    Avez-vous déjà vu un théâtre ou un cirque plein d'enfants? Ils crient de joie. Pas forcément à cause du spectacle mais parce qu'ils se retrouvent avec mille autres enfants dans une salle de théâtre ou sous un chapiteau. Pas de professeurs, pas de parents. Ils sont maîtres du monde. Si on est assez nombreux, on peut se convaincre de n'importe quoi.
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    Henning Mankell et Kurt Wallander

    Deux hommes sont retrouvés morts sur un canot, exécutés d'une balle dans le cœur. Les corps sont identifiés : des criminels lettons d'origine russe liés à la mafia.

    •   Meurtriers sans visage (1994)
    •   Les Chiens de Riga (2003)
    •   La Lionne blanche (2004)
    •   L'Homme qui souriait (2005)
    •   Le Guerrier solitaire (1999)
    •   La Cinquième Femme (2000)
    •   Les Morts de la Saint-Jean (2001)
    •   La Muraille invisible (2002)
    •   Avant le gel (2005)
    •   L'Homme inquiet (2010)

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