> Agneta Segol (Traducteur)
> Pascale Brick-Aïda (Traducteur)

ISBN : 2020812665
Éditeur : Editions du Seuil (2005)


Note moyenne : 3.4/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
En 1875, Hans Bengler, jeune entomologiste, quitte la Scanie pour le désert du Kalahari. Il pense y dénicher un insecte rare, mais c'est un enfant orphelin qu'il ramène en Suède. Objet de curiosité et de répulsion, le petit Daniel ne rêve que de retrouver son désert et ... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par christianebrody, le 21 mars 2012

    christianebrody
    XIXième siècle, en Suède, Hans Bengler, abandonnant ses études universitaires et toutes prétentions de carrière médicale, se tourne vers l'entomologie. Les insectes pullulent et il y doit bien en exister un qui ne soit pas encore répertorié, un qui pourrait le rendre célèbre. Et surtout riche.
    Décidé à réaliser son rêve, après quelques tergiversations, son choix s'arrête sur le désert de Kalahari, région encore peu connue et mal documentée. Qu'importe tout cela, il finance son expédition en revendant l'argenterie familiale, une avance sur le maigre héritage que son vieux père syphilitique n'a pas encore dilapidé.
    Après une interminable traversée, le voilà au Cap, symbole de sa future renommée. Face à l'étonnement et l'incompréhension que suscite sa démarche auprès de ses compatriotes, il s'entête, finit par dénicher son insecte et un petit garçon, enfermé dans une cage, le seul rescapé d'une chasse à l'homme. Sa collection terminée, il rentre avec Daniel, son fils adoptif à qui il souhaite offrir une meilleure existence, une vie plus civilisée loin de la barbarie.
    Le retour au pays ne se passe pas comme prévu. Inquiet et redoutant la pauvreté, il s'engage à donner une série de conférences dans tout le pays, exposant ses insectes et Daniel. Lors d'une représentation, il rencontre Ina Myrén, célibataire, modiste, correspondante pour un grand quotidien national. L'entrevue tourne court et force Hans Bengler à fuir la justice de son pays. Dans sa cavale, il abandonne Daniel aux bons soins d'un couple de fermiers contre un rémunération puis disparaît.
    Daniel/Molo, enfant silencieux, brutalement arraché à sa terre, se tourne vers son monde intérieur, s'envole vers un monde peuplé de souvenirs d'antan, de rêves tout en s'efforçant de plaire à Père qu'il devine angoissé et craintif. Enfant docile, respectueux des règles sociales, reconnaissant des bienfaits qu'on lui prodigue, il n'en décide pas moins d'apprendre à marcher sur l'eau; il doit rejoindre le désert, continuer l'œuvre de Kiko (son père), se rapprocher de Be ( sa mère). Objet de surprises ou de répulsions, mutique, mû par le besoin impérieux de retourner chez lui, guidé par ses rêves, trouvera-t-il en Sanna, une jeune simple d'esprit, l'alliée indispensable pour le stratagème qu'il élabore, toutes les nuits, sur cette terre si loin de la mer?
    Le couple père/fils dans ce livre rappelle celui de David Vann dans Sukkwan Island. S'il est facile de détester celui de David Vann, celui de Henning Mankell est à notre image, un être très politiquement correct au final. Hans Bengler, produit d'une certaine éducation/instruction, digne représentant d'une certaine société, infatué par l'idée qu'il se fait de lui-même est incapable de comprendre que son action est non seulement stupide mais dangereuse. Aucune empathie pour autrui, totalement égoïste et égocentrique, sans réelle épaisseur, il agit par sensiblerie jamais par sensibilité. Son ignorance crasse de la nature humaine, sa vanité le poussent à agir en dépit du bon sens. Sa lâcheté naturelle ne l'aide pas. Difficile de lui trouver des excuses quand l'auteur s'acharne à le démolir car même aux yeux d'êtres hautement antipathiques, il parvient à le diminuer, le rendant ridicule, minuscule devant ces hommes qui ont tant vécu, ces hommes qui n'ont plus aucune illusion sur la nature humaine et encore moins sur les bons sentiments de Hans Bengler.

    Le fils du vent aborde les thèmes du déracinement, des difficultés d'adaptation en terre étrangère, les différences culturelles impossibles à combler/à réduire, la religion, la peur de l'autre, les balbutiements scientifiques sur le classement des races. le ton dépassionné sert plutôt bien cette histoire. On ne ressent pas cette colère qui est montée en soi à la lecture de Sukkwan Island. Henning Mankell se positionne plus comme un historien-philosophe, il dissèque une certaine société pétrie de bonnes intentions, pas forcément méchante mais prisonnière d'un mode de pensée, en la personne de cet entomologiste et se fait l'avocat pour le droit et le respect à vivre le monde différemment. L'écriture m'a plu. Elle est limpide, directe. C'est un très bon conteur. Bonne pioche.
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    • Livres 3.00/5
    Par lilicrapota, le 21 juillet 2009

    lilicrapota
    1875. Hans Bengler se rend en Afrique à la recherche d'un insecte inconnu, y trouve un petit garçon orphelin qu'il décide de ramener en Scanie. Il tente de l' « éduquer », lui apprendre sa langue ainsi que les usages du pays, avant de vouloir gagner sa vie grâce à lui en le « montrant » (à cette époque les noirs étaient inconnus du peuple suédois), et finalement il le laissera dans une famille, avant de repartir pour l'Afrique.
    Le garçon, Molo, rebaptisé Daniel, ne cessera de rêver et d'être habité par les voix de ses parents défunts. Il ne pensera qu'à rentrer chez lui, voulant même apprendre à marcher sur l'eau, ne se confiant ni ne se fiant à personne, à quelques rares exceptions près. Il finira par mourir dans ce pays qu'il ne connaît pas.
    Le livre dépeint très justement le fossé existant entre deux cultures, l'ignorance, les fausses interprétations et donne à montrer, à travers le manque d'intérêt total que ressent Bengler pour son fils adoptif à qui il n'a même jamais demandé comment il s'appelait, le ressenti de ce petit garçon noir par le filtre de sa culture et de ses croyances ; mais parce qu'elles sont si éloignées de la façon de penser suédoise, elles en deviennent inconcevables (pas seulement incompréhensibles) et Molo fait figure de fou ou d'attardé alors que tous ses actes sont justifiés (par ses croyances à lui car lorsqu'il tue Sanna, la jeune fille qui fut son amie mais qu'il considèrera comme une traitresse)…
    Ce qui est assez surprenant c'est que le style laisse peu de place aux sentiments : les descriptions y sont plutôt concises, les faits sont exposés plus que les états d'âme, c'est un style qui m'a semblé vouloir me tenir un peu « à l'écart » ; et pourtant impossible de ne pas s'attacher à ce garçon, de ne pas être troublé par les phénomènes qu'il projette (les esprits de ses ancêtres, la maladie qui est un trou puant de son corps, l'antilope gravée dont son père lui a laissé la garde…) et de ne pas rester interdite par l'étrangeté de sa fin…
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    • Livres 5.00/5
    Par joedi, le 30 août 2011

    joedi
    En 1875, Hans Bengler, jeune entomologiste, quitte la Scanie pour le désert du Kalahari. Il rentrera au pays avec des insectes mais surtout avec un jeune garçon orphelin, né de parents africains. Hans Bengler, qui se fait appeler "père" et a renommé le petit garçon « Daniel » s'en même s'inquiéter de son patronyme de naissance, l'entraîne de bourgade en ville, à la recherche de la notoriété. Nous touchons aux thèmes chers à Henning Mankell, l'Afrique où il vit la plupart du temps, les émotions qui habitent les humains et dans ce récit, celles causées par le déracinement d'un orphelin.
    On découvre, dans chaque page de ce roman, la grande humanité de Henning Mankell.
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    • Livres 4.00/5
    Par yv1, le 07 octobre 2010

    yv1
    Roman non policier d'Henning Mankell : un beau conte philosophique sur le thème de l'enfant sauvage, qui est aussi un hommage à l'Afrique. (4ème de couverture). Les personnages sont crédibles, torturés, complexes. Juste ce qu'il faut pour faire un beau roman. le contraste entre les paysages de l'Afrique et de la Suède à cette époque est édifiant et donne de l'intérêt en plus au livre, surtout qu'il renforce le mal-être de Daniel, l'enfant recueilli, qui ne rêve que de retrouver le sable, le soleil et la mer (toute allusion à une chanson connue est mal venue).
    Le début du livre, le périple de Hans Bengler dans le désert est un peu long, mais dès que les choses sont mises en place, ce livre devient passionnant et très beau. On se prend à espérer pour ce jeune garçon qu'il retrouve un jour son cher désert, mais là, je vous laisse l'insoutenable suspense et le plaisir de lire ce formidable roman.

    Lien : http://lyvres.over-blog.com/article-33686056.html
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    • Livres 5.00/5
    Par rhea59, le 12 septembre 2011

    rhea59
    Après le livre " Les chaussures italiennes" qui m'a littéralement scotché! Le fils du vent est un beau roman , hommage à l'Afrique. Je le recommande vivement
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Citations et extraits

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  • Par joedi, le 27 août 2011

    Qu'est-ce qu'un être humain ? écrivit Bengler en haut de la première page. C'était une question sans réponse. Dieu était insaisissable. Il était un mystère. Les textes sacrés n'étaient que des labyrinthes et des énigmes qui en cachaient d'autres. On ne pouvait trouver de réponse qu'à ce qui pouvait être prouvé, à ce qui pouvait être déduit à partir d'observations.
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  • Par joedi, le 29 août 2011

    Ce n'était pas la mort elle-même qui lui faisait peur, mais le temps dont elle disposerait et qui serait plus long encore si on l'enterrait dans la terre grasse à côté du temple de Hallén. Kiko et Be ne le retrouveraient jamais. Que pouvait-on imaginer de pire qu'être enterré parmi des inconnus ? Avec qui parlerait-il ? Qui l'accompagnerait pendant ses longues promenades à travers le désert ?
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