,

> Anna Gibson (Traducteur)

ISBN : 2757803700
Éditeur : Points (2007)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 121 notes) Ajouter à mes livres

Le jeune policier Stefan Lindman est sous le choc : il vient d'apprendre qu'il a un cancer, et que son ancien collègue Herbert Molin a été torturé à mort. Pour tromper son angoisse, il part à l'autre bout de la Suède enquêter sur le meurtre de Molin. Que signifi... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (24)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par Eric75019, le 05 mars 2011

    Eric75019
    Henning Mankell délaisse provisoirement son commissaire favori et vieillissant pour donner ici toute sa place à un nouvel enquêteur : Stefan Lindman. Et, n'en déplaise aux inconditionnels regrettant déjà le commissaire Kurt Wallander, on peut affirmer tout de go que Stefan Lindman s'en sort haut la main ! Beaucoup plus jeune, celui-ci insuffle me semble-t-il un regain de dynamisme et une détermination sans faille dans le déroulement de l'enquête. Pourtant, jusqu'au bout, il hésite et temporise en se demandant s'il ne va pas tout plaquer pour faire du tourisme au soleil, car (c'est dit dès la 4ème de couverture, donc je ne trahis rien en l'écrivant) il vient d'apprendre qu'il a un cancer et qu'il n'a peut-être que quelques mois à vivre. Ouf ! On est quand même chez Mankell, l'optimisme et la fraîcheur juvénile de l'inspecteur peuvent donc laisser place à un certain désenchantement, voire à un état dépressif et une baisse de forme physique nuisant à l'efficacité de l'enquête ! Pour Stephen Lindman, en congés et dans l'attente de son traitement, cette enquête est surtout le moyen d'oublier son cancer et d'échapper à l'angoisse d'une thérapie qu'il redoute.
    Stephen Lindman, nouvel héros mankellien donc, évolue dans l'univers de Wallander, même si ce dernier n'apparaît pas. L'inspecteur Stephen Lindman demandera sa mutation pour le commissariat d'Ystad dans Avant le gel, où il se liera d'amitié avec Linda, la fille de Kurt Wallander (bien que publiée avant Le retour du professeur de danse en France, l'histoire racontée dans Avant le gel est située chronologiquement après). de plus, sous la forme d'un clin d'œil qui n'aura pas échappé aux fans de Mankell, une allusion au Guerrier solitaire apparaît au détour de l'interrogatoire d'un témoin.
    Sur la forme et la construction du roman, nous sommes comme toujours assez vite informés de l'identité du coupable (il faudra tout de même attendre la deuxième partie qui met en scène le criminel). Pourtant, le mystère reste épais car un second crime vient obscurcir le canevas désormais classique, et sur ce second crime, nous ne saurons pratiquement rien avant le dénouement final.
    Sur le fond, ce livre est une dénonciation en règle, comme souvent chez Mankell, d'une dérive de la société suédoise actuelle, ici, la résurgence des organisations néonazies. Mankell rappelle que la Suède a joué un rôle ambigu au cours de la seconde guerre mondiale, affichant une fausse neutralité, et que beaucoup de suédois revendiquaient une sympathie non déguisée pour les thèses hitlériennes, certains allant même jusqu'à s'engager dans l'armée allemande. Ce thème semble fasciner de nombreux auteurs scandinaves, la Norvège ne faisant pas exception à la règle (voir Rouge-Gorge de Jo Nesbo qui développe une problématique semblable). Et les démons du passé sont encore bien présents, même s'ils restent provisoirement cachés sous la surface. La métaphore du nid de cloportes, citée plusieurs fois, est à ce titre édifiante.
    Tous les ingrédients sont réunis pour faire de ce polar un excellent thriller, parfaitement adaptable à l'écran, mixant de manière intelligente l'action et la réflexion. Scénario en béton, description des lieux et des décors, personnages attachants et profondément humains, mystère et suspense renouvelés, intérêt historique, dénonciation politique : il existe de nombreuses raisons d'aimer ce livre. Avec son sens particulier des anecdotes, Mankell, on le savait déjà, ose tout, il arrive ici à surprendre encore (et je ne donnerai aucun exemple, m'enfin !). le maître est de retour, entrez vous-même dans la danse !
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par annie, le 26 août 2008

    annie
    Probablement l'un de mes préféré.
    C'est le fond du roman qui retient l'attention malgré les qualités de l'intrigue, l'acuité des portraits. Henning Mankell, en situant son récit sur les terres qui l'ont vu naître (sûrement pas un hasard), pose un regard sur le passé récent de la Suède et éclaire quelques passages oubliés de son histoire.
    On y découvre, au détour des années 30/40, un pays séduit par l'idéologie de l'Allemagne voisine, on y balaie sa neutralité prudente communément admise, on y rappelle sa participation active à la machine de guerre allemande à travers sa production d'acier...
    L'idéologie nazie n'avait pas que des opposants en Suède, loin de là !.. Mais Henning Mankell va plus loin dans son "introspection". Pour lui, ces idées d'un autre temps sont toujours vivantes, même dans son propre pays, longtemps considéré comme le modèle social européen.
    - Je m'étais toujours représenté les petits fachos comme des types rasés, avec des rangers. En fait, ils peuvent avoir n'importe quelle tête. La tienne par exemple

    Résumé
    Décembre 1945. Dans l'Allemagne vaincue, un passager solitaire descend d'un avion militaire britannique et se rend à la prison de Hameln. Là, il procède à la pendaison de criminels de guerre nazis. Mais l'un d'eux a échappé à son sort.
    Octobre 1999, dans le nord de la Suède, Herbert Molin, un policier à la retraite, est torturé à mort. Dans sa maison isolée, les empreintes sur le parquet semblent indiquer que le tueur a esquissé un tango sanglant avec sa victime. Ici, ce n'est plus le commissaire Wallander qui mène l'enquête.
    Au même moment, à l'autre bout de la Suède, le jeune policier Stefan Lindman apprend deux mauvaises nouvelles : il a un cancer et son ancien collègue a été assassiné. Pour tromper son angoisse, il décide de partir dans le Härjedalen et d'enquêter lui-même sur ce meurtre. Or, les ombres d'un passé très noir se sont réveillées. Elles ont frappé. Elles vont frapper encore et encore. Stefan a peur. Mais il est jeune, malade. Il ignore combien de temps il lui reste à vivre. Il n'a rien à perdre.
    les premières lignes :
    Le 12 décembre 1945, peu après quatorze heures, l'avion décolla de la base militaire des environs de Londres. Il faisait plutôt froid et une pluie fine tombait sur la piste, où des bourrasques irrégulières s'engouffraient dans la manche à air ; puis le calme revenait. L'appareil, un bimoteur Bristol Blenheim, avait déjà servi lors de la bataille d'Angleterre, à l'automne 1940. Plusieurs fois touché par des chasseurs allemands et contraint à des atterrissages, il avait toujours pu être réparé et renvoyé au combat. Depuis la fin de la guerre, on l'employait essentiellement à des opérations de transport de vivres et de matériel à l'intention de troupes anglaises stationnée dans l'Allemagne vaincue (...).
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par nescio667, le 02 juin 2008

    nescio667
    Stefan Lindman est policier. Nous l'avons déjà rencontré dans ‘Avant le gel', la première enquête de Linda Wallander, dans laquelle il jouait un petit rôle. Il n'a pas encore 40 ans, mais il a déjà un cancer. De la langue. C'est la seule chose à laquelle il arrive à penser. Cette foutue boule sous son palais. Même la sollicitude de sa compagne Elena n'arrive pas à calmer ses angoisses. le temps que les analyses soient terminées, il se prépare à vivre l'enfer, incapable de se concentrer sur autre chose que cette lancinante question ‘combien de temps me reste-t-il ?'. C'est la mort de son ancien collègue Herbert Molin qui va le tirer de sa léthargie. Celui-ci a été torturé dans sa petite maison perdue dans les bois, là-bas, dans le fin fond de la Suède. Bien qu'il n'ait aucune légitimité pour enquêter en-dehors de Boras, sa ville, Lindman décide d'effectuer le voyage dans le Härjedalen, la contrée que Molin avait choisie pour ses vieux jours. Très vite, il se rendra compte qu'il ne connaissait pas le vieil homme et que le passé de Molin devait être assez lourd à porter. Mais ce qui va le plus toucher Stefan, ce sont d'autres découvertes imprévues. Et qui le touchent de près, puisqu'elles concernent son propre père, un homme de la même génération que celle de Molin.
    Inutile de le cacher, puisque le fait apparaît très clairement dès les premières pages du livre, le cadre de l'enquête de Lindman, c'est la Seconde Guerre mondiale et, plus précisément, l'attitude de certains suédois durant cette période, attitude qui continue à faire des émules autour de Stefan. Imprégné de sa maladie, co-habitant avec son cancer, Lindman, va trouver dans cette enquête de quoi détourner son attention : peut-être y a-t-il là quelque chose de pire que son cancer ? Quelque chose de plus dangereux que cette maladie et qui mérite qu'il s'y attaque de toutes les forces qui lui restent ? Cette enquête, il ne va pourtant pas cesser de vouloir l'abandonner. Sans arrêt, ses collègues et sa compagne lui demandent : quand rentres-tu ? Et de répondre à chaque fois : ‘demain' ou ‘après les obsèques'. Et pourtant, il ira bien jusqu'au bout, à l'image de Wallander, l'autre personnage de Mankell qui, lui aussi, s'interrogeait sans cesse sur le pourquoi de ses enquêtes et qui, malgré tout, les menait toutes à bien. Comme lui, Lindman est animé par une force qu'il ne comprend pas lui-même, une pulsion qui le pousse à aller jusqu'au bout de ce qu'il a entrepris, au-delà des difficultés et de la répulsion que lui inspirent certains agissements sur lesquels il enquête. Comme s'il y avait là une promesse muette. Celle d'une vie qui ne s'arrêterait pas si facilement ?
    Une fois encore, Mankell touche à l'essentiel et, même s'il se défend de vouloir donner des leçons, au travers de ses personnages campés tout en finesse et d'une intrigue encore une fois passionnante, c'est à penser qu'il nous incite. Et à garder les yeux ouverts.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par BMR, le 06 août 2007

    BMR
    C'est avec Henning Mankell que nous avions découvert les polars polaires, bien avant la naissance de ce blog et il est juste qu'une place de choix lui soit enfin octroyée.
    Polar noirOn vient de parler récemment de Mankell dans un autre genre, le roman social, avec Tea Bag.
    Nous voici de nouveau au rayon polars, avec Le retour du professeur de danse (et c'est en poche).
    La série des enquêtes de l'inspecteur Kurt Wallander est terminée (et c'est pas plus mal car, autant les premiers épisodes étaient excellents, autant les derniers de la série nous avaient un peu déçus) puisque c'est l'inspecteur Stefan Lindman qui reprend avantageusement le flambeau.
    En toile de fond de son enquête : le passé (... mais aussi le présent) peu reluisant de la Suède qui collabora avec les nazis pendant la guerre, ce qui ne pouvait manquer de nous rappeler un autre polar lu récemment, un danois, La femme de Bratislava de Leif Davidsen.
    L'inspecteur Lindman est malade, atteint d'un cancer, et cela rappelle encore un autre polar (un suédois) dont on avait parlé en mai : Retour à la grande ombre, de Hakan Nesser.
    Beaucoup d'échos donc, suscités par le retour de ce professeur de danse.
    Mankell peaufine des dialogues pleins de sens et se confirme comme un maître dans l'art du non-dit, particulièrement dans ce roman qui met en scène plusieurs personnages intéressants autour de Stefan Lindman, comme ce Giuseppe, policier du grand nord suédois, ou Elena, l'amie de Lindman, et d'autres encore (du coup, à côté de ces portraits soignés, un ou deux protagonistes du drame manquent presque un peu d'épaisseur, comme si Mankell hésitait à fouiller du côté obscur de la force, c'est dommage).
    Du côté de l'intrigue, on devine tout très rapidement (le prof de danse, ancien nazi, a été rattrapé par son passé et l'une de ses anciennes victimes qui lui fait faire quelques derniers pas de tango macabres) mais bien entendu avec Mankell, si l'on devine tout, c'est que l'on ne sait rien, et il vous faudra donc dévorer le bouquin jusqu'à ses dernières pages pour comprendre le fin mot de cette histoire où le néo-nazisme sait rester discret et ne pas alourdir le récit.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par joedi, le 07 juillet 2011

    joedi
    Stefan Lindman, jeune policier apprend qu'il a un cancer mais aussi qu'un ancien collègue a été torturé et assassiné. Il prend un congé et part enquêter sur la mort de son ancien collègue, Herbert Molin. Il est intégré « officieusement » à l'équipe chargée de l'affaire.
    Comme dans plusieurs de ces romans, Henning Mankell nous ramène à l'époque d'Hitler, certains Suédois ayant rallié les tortionnaires allemands.
    Lindman découvre, avec stupeur et horreur que son ancien collègue à la retraite, Molin, a participé aux atrocités des soldats d'Hitler.
    le meurtre de Molin serait une vengeance et n'est que le début d'autres drames et crimes.
    Comme dans tous ces romans, Henning Mankell est toujours fin psychologue.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (10 votes positifs)

> voir toutes (17)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par BMR, le 06 août 2007

    [...] - Je suis parti de Boras parce que je suis malade. J'ai un cancer. Je suis en attente de commencer une radiothérapie. J'avais le choix entre Majorque et Sveg. J'ai choisi Sveg parce que je voulais comprendre ce qui était arrivé à Herbert Molin. Maintenant je me demande si j'ai bien fait.
    Giuseppe hocha la tête. Ils restèrent une minute silencieux.
    - Les gens veulent toujours savoir d'où je tiens mon prénom, dit enfin Giuseppe. Toi, tu ne m'as pas posé la question. Parce que tu pensais à autre chose. Je me suis demandé ce qui te préoccupait à ce point. Tu as envie d'en parler ?
    - Je ne sais pas. En fait, non. Je voulais juste que tu saches.
    - Alors je ne t'interrogerai pas.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par toto, le 01 avril 2010

    Doucement, s'intima Stefan. Ne pas trop en dire, ni trop peu. Trouver les mots justes. Il veut savoir s'il a une part de culpabilité dans cette mort. Bien sur que oui. En tuant Herbert Molin, il a retourné une pierre. Les cloportes, pour parler comme Giuseppe, ont filé dans toutes les directions et, maintenant, ils veulent se réfugier sous la pierre. Ils veulent que quelqu'un remette la pierre au même endroit - là où elle était avant que la grande angoisse ne se propage dans la forêt..
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par Eric75019, le 05 mars 2011

    - Vous étiez parents ?
    - Non. Mais j'ai un frère à qui il est également arrivé malheur.
    - L'ancien ministre ?
    - C'est cela. Je lui avais pourtant déconseillé de faire de la politique. Surtout dans la mesure où ses opinions étaient ridicules.
    - Il était social-démocrate.
    Wetterstedt le regarda droit dans les yeux.
    - J'ai dit que ses opinions étaient ridicules. Comme tu le sais peut-être, il a été tué par un fou. On a retrouvé son corps sous un bateau, sur une plage des environs d'Ystad. Je ne lui rendais jamais visite. Nous n'avions plus aucun contact depuis vingt ans.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par wictoria, le 05 décembre 2008

    Chaque nuit, je savais que quelqu'un allait mourir, mais qui ? Le voisin ? Ou moi ? Je me souviens qu'à mon idée, c'était le Mal en personne qui se déchaînait. Ce n'étaient pas des avions, là-haut dans le noir, mais des diables aux pieds griffus qui lâchaient des bombes sur nous. Plus tard, longtemps après, alors que j'étais déjà dans la police, j'ai compris qu'il n'y avait pas de gens mauvais - mauvais dans leur âme, si vous voyez ce que je veux dire. Mais que certaines circonstances pouvaient faire surgir la cruauté.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par BMR, le 06 août 2007

    [...] Sur la table de cuisine, une thermos attendait déjà, à côté d'une assiette de brioches à la cannelle recouverte d'un torchon. Wigren apporta une deuxième tasse et l'invita à s'asseoir.
    - On n'est pas obligés de parler, dit-il de façon inattendue. C'est possible de boire un café avec un inconnu en se taisant.
    Ils burent leur café et mangèrent une brioche chacun. L'horloge au mur sonna le quart. Stefan se demanda ce qu'avaient bien pu faire ensemble les gens de ce pays avant l'arrivée du café.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)









Acheter sur Amazon

Faire découvrir Le retour du professeur de danse par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (244)

> voir plus

Quiz

    Henning Mankell et Kurt Wallander

    Deux hommes sont retrouvés morts sur un canot, exécutés d'une balle dans le cœur. Les corps sont identifiés : des criminels lettons d'origine russe liés à la mafia.

    •   Meurtriers sans visage (1994)
    •   Les Chiens de Riga (2003)
    •   La Lionne blanche (2004)
    •   L'Homme qui souriait (2005)
    •   Le Guerrier solitaire (1999)
    •   La Cinquième Femme (2000)
    •   Les Morts de la Saint-Jean (2001)
    •   La Muraille invisible (2002)
    •   Avant le gel (2005)
    •   L'Homme inquiet (2010)

    10 questions - 28 lecteurs ont répondu
    Thème : Henning Mankell

    Créer un quiz sur ce livre.