Février 1991. Un canot pneumatique s'échoue sur une plage de Scanie. Il contient les corps de deux hommes exécutés d'une balle dans le cœur. L'origine du canot est vite établie: de fabrication yougoslave à l'usage des Soviétiques et de leurs pays satellites. Les corps s... > voir plus
Deuxième aventure ou enquête de Kurt Wallander qui nous emmène en Lettonie, et notamment à Riga, au début des années 90, c'est à dire avant les évènements qui ont fait, que les pays baltes, puissent profiter d'une situation, je pense un peu plus stable, notamment depuis l'adhésion à l'union européenne en 2004.
On se prend vraiment au jeu, et on a presque envie d'accompagner Wallander dans ses enquêtes et ses déboires, tellement l'auteur réussit à nous rendre le personnage attachant, loin des héros récurrents et intouchables que l'on peut parfois connaitre chez d'autres auteurs. Non, Wallander est un flic, un vrai, avec ses soucis de vie personnelle, professionnelle.
L'intérêt de ce roman réside dans le fait de nous éclairer sur ce qu'était la Lettonie...avant. Je souhaite bien évidemment qu'il y a eu une évolution positive, même si je reste convaincu, qu'on ne remplace pas un régime par un claquement de doigt. Ce périple à Riga ferait même passer l'enquête de départ au second plan.
Peu importe, et je sais que sur ma liste de lectures à venuir, figure déjà le troisième tome des aventures de Kurt.
Ce roman m'a réconcilié avec Mankell. Mon premier essai avait été plutôt décevant (c'était "L'homme qui souriait"). Mais les introspections longues et répétitives du commissaire Wallender qui m'avaient un peu rebuté lors de ma précédente lecture, m'ont paru moins lourdes cette fois-ci et conféraient (comme cela était sans doute voulu par l'auteur) un côté très humain, très humble et fragile à cet enquêteur. le fait qu'il se fasse balader par ceux qu'il essaie de coincer rend le personnage encore plus pitoyable et donne envie de continuer à le suivre dans ses péripéties. Par ailleurs, l'ambiance de fin de guerre froide et de chute du communisme en Lettonie m'a beaucoup plu : Mankell rend très bien l'impression d'oppression, la sensation d'être observé, suivi, menacé sans cesse ; de même qu'il restitue aussi parfaitement la pauvreté du pays à l'époque (le roman a été écrit en 1991). Agréable surprise, donc.
Dans une petite ville suédoise, le commissaire Wallander est confronté à un cas singulier : deux hommes sont retrouvés morts, nus et enlacés dans un canot de sauvetage qui dérivait aux abords de la Scannie. L'enquête qui s'en suit paraît difficile pour ces policiers peu habitués à une telle violence, qui voient entrer en scène sans explication le commandant Liepa, policier en provenance de Lettonie, origine suspectée des deux morts. Si les barrières culturelles nous sont bien décrites alors entre ce commandant letton issu de la capitale et la brigade suédoise de la petite ville d'Ystad, elles deviennent formidables lorsque notre commissaire est appelé à Riga, capitale lettone dont il ignore tout, suite à la mort du commandant Liepa assassiné dès son retour de Suède. L'auteur parvient à faire transparaître l'inquiétude de l'étranger face aux habitudes violentes, obscures mais aussi injustes d'un pays déchiré entre indépendantistes et pro-soviétiques. le style est parfait, humain et réaliste, crédible et incroyable à la fois. Un magnifique voyage à la découverte d'une société lettone sous le regard d'un auteur suédois. Une approche tout aussi passionnante des différences culturelles entre Suédois et Lettons, que le lecteur peut rapprocher de sa propre culture française. Mankell signe ici un livre inhabituel, allié à un excellent travail de traduction, qui donne la curiosité d'aller davantage à la rencontre des cultures des Etats baltes. Pour moi, le livre de l'année !
Je n'irai pas jusquà dire que c'est un roman dispensable mais ce n'est certes pas par celui-là qu'il faut debuter pour apprehender ce qui fait le charme de l'esprit Mankellien...
Afin d'elucider un double assassinat , Wallander se verra travailler en collaboration avec un major Letton , Liepa de son p'tit nom , major qui ayant fait chou blanc en Scanie , sera assassiné de retour au pays ce qui poussera le pugnace representant de l'ordre Suedois a enqueter hors de son perimetre habituel..
Et c'est là que le bat blesse ! Oubliées ces depressives representations de la Scanie hivernale , aux oubliettes les errances du solitaire inspecteur entrecoupées de rares elans de tendresse familiaux. . Comme dirait Delarue : y a comme un manque!! J'ai pas eu ma dose de noirceur et de desabusement ! Dommage... les chiens de riga , à la niche !!
Tout ce qu'on attend d'un bon roman policier. du suspens. Les doutes de l'enquêteur, qui n'a rien d'un super héros. du glauque. Les bas-fonds d'un pays inconnu, avec ses traîtres, ses ripoux, ses victimes innocentes. Plonger dans la Lettonie d'avant l'indépendance, c'est pour Wallander et pour le lecteur, découvrir par dessous la dictature, sa corruption, l'absence de liberté de parole et de mouvement, les rêves d'en sortir. L'ambiance inquiétante du roman saisit. Contre son gré, un inspecteur suédois désabusé, se retrouve, parce qu'il tombe vaguement amoureux de la jolie veuve d'un major letton assassiné, au coeur d'un trafic politico-maffieux, qu'il parvient, un peu par hasard et beaucoup par entêtement, à dénoncer. L'errance à travers Riga, sous le regard des chiens, s'achève dans la mélancolie. Baiba ne le suivra pas en Suède.
Tout comme les 2 autres états baltes...nous voulons reconquérir la liberté perdue après la seconde guerre mondiale. Mais la liberté naît dans le chaos, M. Wallender, au milieu de monstres qui nourrissent des intentions terrifiantes. C'est une illusion, une illusion catastrophique, de croire qu'on puisse être simplement pour ou contre la liberté. La liberté a de nombreux visages.... Une autre illusion consiste à croire qu'on peut passer en douceur d'une dictature brutale à quelque chose qu'on pourrait appeler démocratie.
Ce fut en traversant un parc dont il ne se rappelait plus le nom qu'il contata tout à coup que Riga était une ville pleine de chiens. Pas seulement la meute invisible, non. Des chiens réels et ordinaires, que les gens promenaient, avec lesquels ils jouaient. Il s'arrêta pour en contempler deux, un berger allemand et un autre de race indéterminée, qui venaient de se jeter l'un sur l'autre. Leurs propriétaires tentaient de les séparer en leur criant dessus; soudain ils se mirent à s'insulter. Le berger allemand appartenait à un homme âgé, l'autre à une femme d'une trentaine d'années. Wallander eut l'impression d'assister à un règlement de compte par procuration. Les contradictions s'affrontaient dans ce pays comme dans un combat de chiens. Et l'issue n'était jamais connue d'avance.
La réponse du major Liepa le surprit:
- Je suis croyant. Je ne crois pas en Dieu, mais cela ne m'empêche pas d'avoir la foi, comme un au-delà du paysage limité par la raison.
Le marxisme lui-même renferme une grande part de foi, bien qu'il prétende être une science et non une idéologie. Ceci est ma première visite à l'Ouest. Jusqu'ici je n'ai pu me rendre qu'en Union Soviétique, en Pologne et dans les autres pays baltes. Ici je constate une abondance apparemment illimitée de biens matériels. Mais cette différence entre nous cache peut-être une ressemblance. Une pauvreté commune - bien qu'elle n'ait pas le même visage.
Votre abondance nous fait défaut, votre liberté de choix nous fait défaut. Mais dans ce pays, il me semble deviner une autre pauvreté.
Celle de ne pas avoir à lutter pour sa survie.
Pour moi, cette lutte a une dimension religieuse.
Le major Liepa avait précisé qu'ils appartenaient à la minorité russe du pays. Wallander savait vaguement que la population russe, présente en Lettonie depuis son annexion par l'Union soviétique, s'opposait au mouvement indépendantiste.
- Les Russes ne représentent que 15% de la population en Lettonie. Mais depuis la seconde guerre, ils nous dominent à tout point de vue.
L'implantation de citoyens russes est l'une des méthodes peut-être la plus efficace, du communisme de Moscou pour asservir notre pays.
Deux hommes sont retrouvés morts sur un canot, exécutés d'une balle dans le cœur. Les corps sont identifiés : des criminels lettons d'origine russe liés à la mafia.