Wallander a réalisé ses rêves : vivre à la campagne avec son chien. Et il est devenu grand-père d'une petite Klara. Sa fille Linda vit avec le père de l'enfant, incroyable mais vrai, un financier aristocrate. le beau-père de Linda, ancien officier de marine haut gradé, disparaît après avoir évoqué avec Wallander la guerre froide et les sous-marins russes dans les eaux territoriales suédoises. [...] Soupçons d'espionnage. Au profit de la Russie ? Des États-Unis ? Wallander mène une enquête parallèle à celle de la police de Stockholm et des services secrets.
Merci à Babelio qui, dans le cadre de Masse Critique, m'a permis de lire ce roman en collaboration avec les Éditions Points.
Puisque je ne fais pas toujours forcément les choses "dans l'ordre", j'aurai découvert pour la première fois
Henning Mankell et son personnage Kurt Wallander… dans l'ultime aventure de ce dernier.
L'homme inquiet est double en réalité : d'une part, il s'agit de celui qui a disparu, Håkan von Enke, le "beau-père" de Linda, la fille de Wallander, un septuagénaire que le policier a rencontré quelques fois mais avec qui il n'a pas eu le temps de se lier (si tant est qu'il puisse se lier véritablement avec quelqu'un). D'autre part, Wallander lui-même se sent foncièrement inquiet : il vieillit et se remet en question même si, de l'extérieur, il est presque impossible de s'en rendre compte.
Pour diverses raisons, Wallander se retrouve en congé et en profite pour enquêter sur la disparition de l'autre grand-père de sa petite-fille. Il progresse à son rythme, sans précipitation aucune, d'autant qu'il n'est pas mandaté par les autorités. Ses intuitions le guident ; il se demande pourtant si les années qui s'écoulent ne risquent pas de le laisser de plus en plus dépourvu.
Difficile de démêler le vrai du faux lors de cette enquête, ou plus exactement, de voir derrière les apparences. Wallander va beaucoup voyager au cours de ces investigations, tâchant de peindre par petites touches le portrait du disparu et de son épouse, sur fond de trahison éventuelle, alors que la guerre froide paraît tellement loin…
À côté de ces recherches informelles, le commissaire est préoccupé par sa santé : son diabète se rappelle à son bon souvenir et surtout, de temps à autre, il est sujet à des absences, des espèces de trou noir qui ne durent jamais bien longtemps mais le terrifient et le laissent pantelant.
J'ai beaucoup apprécié le cheminement personnel du policier qui, à mon sens, acquiert autant d'importance que l'enquête elle-même, si pas davantage. le temps qui passe le préoccupe, surtout qu'il est devenu grand-père depuis peu ; les relations avec sa fille sont parfois houleuses : chacun aime profondément l'autre mais n'a jamais appris à l'exprimer.
Côté écriture, j'ai aimé la plume de Mankell qui déroule de manière fluide le fil des mots. Même si ce sera à rebours, je découvrirai avec plaisir d'autres enquêtes de Wallander : après celui (ceux) qui s'inquiétai(en)t,
L'homme qui souriait m'attend d'ores et déjà dans ma PAL.
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