> Rémi Cassaigne (Traducteur)

ISBN : 2757811541
Éditeur : Points (2009)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 64 notes) Ajouter à mes livres
Automne 1914. La Suède, malgré sa neutralité, craint d'être entraînée dans la guerre, car les flottes allemande et russe s'affrontent au large de ses côtes. Le capitaine Lars Tobiasson-Svartman reçoit la mission de sonder les fonds de la mer Baltique et de chercher une ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 19 février 2012

    le_Bison
    Mes plus belles émotions de Henning Mankell ne me sont pas parvenues par l'intermédiaire de son fameux inspecteur Wallander. Pourtant, je l'aime bien ce flic, un peu solitaire, un peu mélomane. En sa compagnie, j'y ai découvert une Scanie telle qu'aucun office du tourisme n'aurait pu vous la décrire. Il m'a même fait voyager jusqu'à Riga et même au-delà, en Afrique du Sud.
    Mais aujourd'hui, je suis plongé, immergé même dans l'eau glaciale de la Suède, aux prémices de la première guerre mondiale. le héros ne s'appelle plus Kurt Wallander, mais le capitaine Lars Tobiasson-Svartman, sondeur des Profondeurs de la mer Baltique.
    « Profondeurs » est un roman pour les amoureux des bateaux, les amoureux de la mer et de ses Profondeurs, les amoureux tout court. Une profonde histoire d'amour et de déchirement sur un ilot de terre, solitaire et abandonné, à l'aube de la première guerre mondiale. Je ne vous cacherai pas que c'est le meilleur Mankell que j'ai lu. La beauté de la mer, la beauté des sentiments, la désolation des lieux... Ce n'est pas un polar comme à son habitude, c'est juste une profonde et émouvante histoire d'amour dans les Profondeurs de la mer Baltique !
    Le capitaine Lars Tobiasson-Svartman m'a profondément ému, j'ai envie de devenir marin rien que pour vivre une telle aventure, perdu et reclus seul sur un ilot désertique entouré de glace et de vents marins.
    « La mer est un rêve qui ne rend pas les armes. »
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    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par pile, le 03 décembre 2011

    pile
    En 1914 en Mer baltique, un hydrographe en mission secrète pour l'armée suédoise découvre qu'un îlot réputé désert est en fait habité par une jeune femme seule…
    Comme Tea-Bag (2001) et Les chaussures italiennes (2006), Profondeurs (2004) d'Henning Mankell n'est pas un roman policier et ne fait donc pas intervenir son célèbre commissaire Wallander. Mais il s'agit bien cette fois d'un roman que l'on pourrait qualifier de noir, car il a en fait bien des points communs avec les romans policiers.
    Profondeurs s'ouvre sur le bref récit dune tentative d'évasion d'un hôpital psychiatrique. Nous sommes alors en 1937. La femme qui a tenté de s'échapper s'appelle Kristina Tacker. Elle a 57 ans et n'a pas prononcé une parole depuis 12 ans. Mais après ce premier chapitre, Henning Mankell nous entraîne 23 ans plus tôt, au début de la Première guerre mondiale, au moment où Lars Tobiasson-Svartman quitte sa femme Kristina pour une mission secrète sur un bateau de la marine suédoise. En tant qu'hydrogaphe, il est chargé de trouver des voies navigables nouvelles qui ne sont pas encore repérées sur les cartes. La Suède est alors un pays neutre, mais des navires russes et des navires allemands ont été repérés dans les eaux territoriales suédoises, ce qui laisse redouter une attaque en Mer baltique…
    Dés le début de Profondeurs, le personnage de Lars Tobiasson-Svartman n'a rien de sympathique. le tour de force d'Henning Mankell est justement de nous captiver pour cet homme, ce spécialiste des mesures sous-marines qui va découvrir ses propres abîmes intérieurs. C'est en lui en effet qu'il va explorer des zones inconnues, celles de la passion et du mensonge. Et de mensonges en mensonges, il va glisser inexorablement vers la folie criminelle. Superbe et glauquissime roman !
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par BMR, le 18 avril 2010

    BMR
    Après les très très remarquabLes chaussures italiennes (candidat à notre best-of 2010, rappelons-le) et Tea-bag, voici Profondeurs, un autre roman du suédois Henning Mankell que l'on connaissait surtout par ses polars.
    Profondeurs nous raconte une très étrange histoire à l'aube de la guerre de 1914 : celle du capitaine Lars Tobiasson-Svartman de la marine de guerre suédoise. Je cite le patronyme en intégralité puisque Lars tient beaucoup à ces deux noms accolés : celui de sa mère (Tobias...) étant supposé le protéger de celui de son père ...
    Le capitaine Lars se montre un personnage assez peu sympathique : il ment continuellement, s'emporte facilement et peut se mettre à frapper, voire pire encore.
    Il ment à tout le monde : à sa femme, à sa maîtresse, à ses collègues et à l'Amirauté. Difficile de s'attacher à ce drôle de bonhomme. Enfin, drôle, c'est une façon de parler.
    Un bonhomme un brin obsessionnel, obnubilé par les distances qu'il estime ou mesure avec précision : il est hydrographe, chargé de tracer des routes secrètes dans l'archipel suédois de la Baltique pour les bateaux à l'aube de la grande guerre. Obsédé par les distances donc, à commencer par celles qu'il prend soin de maintenir entre lui et les autres.
    Notre hydrographe est obnubilé par les Profondeurs qu'il devine ou mesure en mer pour tracer ses routes, obsédé au point de dormir avec sa sonde en guise de nounours.
    Au cours de ces missions en mer ou sur la glace, le capitaine Lars fera la rencontre d'une femme à demi perdue sur une île de pêcheur. Il en tombera aussi obsessionnellement amoureux qu'il l'était de sa sonde marine et finira par errer de mensonge en mensonge entre son épouse de Stockholm et cette femme sur son île glacée.
    Une histoire presque kafkaïenne avec, en arrière-plan, la description sans concession d'une Marine suédoise où, malgré la neutralité affichée, les officiers ont bien du mal à cacher leurs sympathies pour la flotte du Kaïser qui ne va pas manquer de mettre la pâtée à ces arrogants britanniques.
    De tout cela on se doute qu'il ne sortira rien de bon : certains sombreront dans la folie, d'autres sombreront tout court dans les Profondeurs des eaux glacées et le Monde lui-même sombrera peu à peu dans l'horreur des années de guerre.
    Évidemment quelques parallèles sont évidents entre l'officier de marine Lars et le chirurgien Fredrik Welin des Chaussures italiennes : deux hommes perdus sur leur île, tenant soigneusement "les autres" à l'écart et que seuls la glace et le froid relient au monde ...
    On avait quand même trouvé le roman des Chaussures beaucoup plus abouti et surtout plus agréable à lire, ne serait-ce que parce qu'il était un peu moins pessimiste que ces sombres Profondeurs.
    Pour celles et ceux qui aiment les histoires de marin, même givrés.

    Lien : http://bmr-mam.over-blog.com/article-bouquin-profondeurs-48838491.html
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par mimipinson, le 30 novembre 2010

    mimipinson
    Profondeurs, au pluriel….un titre quelque peu énigmatique ; une couverture à dominante sombre, un rivage désert, une barque en premier plan…………..voilà qui est bien intrigant.
    Profondeurs, comme celles de la mer dont le Capitaine Lars Tobiasson-Svartman, est chargé par son état-major de répertorier afin de permettre aux navires de guerre de circuler en toute sécurité.
    Nous sommes à la veille de la première guerre mondiale, la Suède est neutre, mais se tient prête face à la marine Russe, et à la marine Allemande.
    Le capitaine est amené à partir en mission secrète afin de mener à bien sa mission. La mort rôde, elle est partout.
    Il règne une ambiance froide, glaçante, humide, hostile. L'auteur s'attarde sur les longues nuits suédoises, et les hivers extrêmes. Les hommes boivent, trompent leur ennui comme ils peuvent.
    Le capitaine n'est pas en reste ; il s'invente une autre vie, vit une double vie.
    Profondeurs, que le capitaine a inexorablement creusées après sa rencontre avec Sara Frederika ; comme l'abîme dans laquelle s'enfonce inexorablement le capitaine, sa femme. Son imagination, ses mensonges l'entraineront dans les Profondeurs océaniques et dans les Profondeurs de l'âme humaine
    Une fois n'est pas coutume, c'est pour un livre à ambiance que j'aurai un gros coup de cœur. En dépit d'une quatrième de couverture inappropriée et trop révélatrice, ce livre m'a véritablement happée, au point qu'il m'a été difficile de le lâcher. J'ai trouvé l'écriture concise, les phrases courtes, et efficaces. Les chapitres sont courts, et le livre bien équilibré en dix parties. Tous ces éléments en rendent la lecture agréable, et lui donne un rythme soutenu.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Sandre, le 07 juin 2009

    Sandre
    « Je ne vous aime pas, Lars Tobiasson-Svartman. »


    J'ai d'abord rencontré votre femme. Enfermée dans un hôpital psychiatrique. Folle. Muette. Vite rattrapée après sa tentative de fuite.

    Puis, très vite, vous apparaissez. Vingt-trois ans plus tôt. Vous êtes hydrographe. Vous sondez les fonds de la mer Baltique, à l'aube de la Grande Guerre, pour y tracer les passages secrets qu'emprunteront les bâtiments militaires.

    Pas de distance. Ce « il » livre bien vos pensées et votre regard.

    Je peux situer très précisément le moment où vous avez commencé à me faire peur. Il a fallu que j'apprenne le point de vue d'un autre, qui, lui, vous avait rencontré, avait vu vos yeux, vos gestes, votre sourire, pour que je cesse de vouloir m'identifier, pour que votre personnalité commence à se brouiller et que je recule, comme devant un gouffre. « J'ai embarqué un mirage », avait écrit le lieutenant Jakobsson avant de mourir.

    J'ai commencé à craindre pour cette femme que vous aviez découverte lors d'une promenade en canot, vivant seule dans sa cabane, sur une île rocheuse et glacée.

    Malgré l'existence de cette épouse laissée à Stockholm, je n'avais d'abord pas perçu autre chose en vous que la puissance, peut-être légitime, du désir.

    Puis vous n'avez cessé vos allers-retours entre votre vie de convenances et cette femme et son île, que vous possédiez à nouveau après une longue marche sur la glace.

    Une longue marche dans votre âme glacée, une découverte progressive de l'abîme que vous cachiez en vous et vous révélez à vous-même. Un abîme de mensonges et de faux-fuyants.
    Désireux de posséder les deux femmes, les deux mondes, les deux personnalités que vous avez créées, ne pouvant vous résoudre à la vérité, vous tuez même. Vous vous découvrez assassin, le pire d'entre tous, celui qui prémédite son acte. Vous êtes prêt à recommencer.

    Vous semblez vous découvrir en même temps que se déroule votre lente chute en enfer. Vous semblez à la fois perdu, impuissant et méthodique.

    Vous rêviez de trouver un point où votre sonde ne rencontrerait pas le fond marin. C'est en vous qu'a véritablement eu lieu la recherche.

    Je connaissais son roman « Tea bag » et surtout ses excellents polars, tous ses Wallender.
    Et j'ai découvert un autre Mankell, un de plus. Dans cette peinture de la noirceur de l'âme, il n'a jamais été aussi proche de Dostoïeski, qu'il dit admirer.


    Lien : http://quedesromans.over-blog.com
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Citations et extraits

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  • Par sabina, le 20 mai 2012

    Ses tout premiers souvenirs étaient des distances: entre lui et sa mère, entre lui et son père, entre le sol et le plafond, entre l'inquiétude et la joie. Sa vie entière se résumait à des distances à mesurer, toujours à la recherche de nouvelles distances: une façon de conjurer le sort, de dompter les mouvements du temps et de l'espace. Aussi loin qu'il pouvait s'en souvenir, la solitude avait toujours été pour lui une seconde peau.
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  • Par sabina, le 20 mai 2012

    Puis il vit que c'était un filet qui s'était détaché. Il emprisonnait des poissons morts et un canard. Ce filet était pour lui une image de liberté: une prison détruite, avec quelque détenus morts et un canard. Ce filet pour lui une image de la liberté....la liberté est toujours en fuite, pensa t' il.
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  • Par BMR, le 18 avril 2010

    [...] Le lendemain, il marcha dix kilomètres sur la glace. Ce qui le conduisit par-delà la fosse de Bockskär jusqu'aux rochers d'Hökbada, où il installa son campement pour la nuit.
    À l'origine son intention était de marcher droit sur Halsskär; mais une fissure dans la glace l'avait forcé à faire un détour par le nord. Hökbada n'était qu'un groupe de rochers escarpés et inhabités. Avant la tombée de la nuit, il eu le temps de s'y construire un abri, un toit de branches et de mousse jeté sur une anfractuosité rocheuse. Il fit du feu et ouvrit une conserve de viande. Quand il se glissa dans son sac de couchage, le vent était encore faible. Le froid s'étaita douci pendant la journée. Il estima la température à moins trois degrés. Une fois la nuit tombé et le feu éteint, il tendit l'oreille pour écouter la mer. L'entendait-il se briser contre le bord de la banquise ? la glace tenait-elle jusqu'à Halsskär ? Était-ce la mer ou le silence de ses pensées qu'il percevait ?
    À plusieurs reprises il crut entendre des coups de canon, d'abord un grondement lointain, puis une onde de choc qui s'évanouissait dans les ténèbres.
    Personne en sait où je suis, pensa-t-il. Au coeur de l'hiver, dans ce monde glacé, j'ai trouvé une cachette que personne ne pourrait même imaginer.
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  • Par mandarine43, le 14 mars 2012

    Elle ouvrit la porte.
    En reconnaissant son visage, elle fit un pas de côté. A peine entré, il eut envie de partir en courant. Comme s'il était tombé dans un piège qu'il s'était lui-même tendu. Que faisait-il là ? C'est de la folie, pensa-t-il, mais c'est une folie que je désire.
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  • Par Penelope, le 01 septembre 2008

    Quand elle parvint à s'extraire de ce cercueil flottant, elle vit son mari: prisonnier du filet qu'il avait tenté de récupérer et qui s'enroulait autour de lui comme un monstre marin. Il lutta et hurla, mais fut entraîné vers le fond. Elle ne put rien faire, sinon regagner la terre ferme agrippée au banc arrière qui s'était détaché, et se traîner à moitié morte de froid jusqu'à la cabane.
    Telle était son histoire. Elle se l'était arrachée comme on taille à grand coups un bloc de pierre. Une pierre tombale pour son mari.
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