> Anna Gibson (Traducteur)

ISBN : 2757808001
Éditeur : Points


Note moyenne : 3.5/5 (sur 60 notes) Ajouter à mes livres
Dans un camp de transit de la côte espagnole, les migrants attendent patiemment d'entrer en Europe. Tea-Bag, la jeune Africaine, tente d'oublier les cris de creux qui ont péri dans le naufrage qui les a menés sur cette plage. Lorsqu'un journaliste lui offre, contre son ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par joedi, le 30 décembre 2011

    joedi
    Une jeune africaine, qui prendra le pseudonyme de Tea-Bag, se réveille dans un camp de migrants situé dans le sud de l'Espagne. Tea-Bag a toujours le sourire, son sourire c'est sa cuirasse, il est le paravent de ses émotions. Embarquée dans la cale d'un cargo pourri, celui-ci fait naufrage, Tea-Bag est une survivante. Dans le camp, elle est interviewée par un journaliste suédois sur ses conditions de vie. Gagner la Suède devient son but et, patiemment, elle attendra le moment propice pour s'évader et entreprendre ce long voyage.
    En Suède, elle se liera d'amitié avec deux autres migrantes. Ce sont leurs témoignages que va recueillir Jesper Humlin, écrivain de poèmes, des confessions émouvantes qu'il essaiera de comprendre, de démêler la part fantasque de la part de vérité. Ces rencontres sont une révélation, une ouverture aux autres, pour un écrivain de poèmes qui ne connaissait que son petit confort !
    Henning Mankell termine son roman par une postface :
    Ceci est un roman. Mais Tea-Bag existe. Tout comme Tania et Leïla. Peu importe comment elles se nomment dans la réalité. Ce qui emporte, c'est leur histoire.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par pile, le 21 novembre 2011

    pile
    Tea-bag est le nom que s'est inventé une jeune africaine dans un camp de réfugiés situé au Sud de l'Espagne. Pour quitter son pays, elle a dû faire appel à des passeurs, se prostituer, échapper de peu à la noyade… Mais au bout de son voyage, elle n'a trouvé que des hommes en armes et un camp qui ressemble à une prison. Elle ne sait pas grand chose de l'Europe et ne sait pas vraiment dans quel pays elle va pouvoir trouver asile. Mais parce que des journalistes suédois ont manifesté de l'intérêt aux réfugiés de son camp espagnol, elle décide que c'est en Suède qu'il va falloir qu'elle tente sa chance…
    Parallèlement à l'histoire de Tea Bag, nous suivons celle de Jesper Humlin, un poète suédois que son éditeur tente de convaincre d'écrire un roman policier. Harcelé par sa mère qui exige trois visites hebdomadaires, par sa maîtresse qui lui réclame un enfant, et par son éditeur soucieux de rentabilité, Jesper Humlin ne songe quant à lui qu'à prendre des vacances dans des endroits paradisiaques et entretenir son bronzage. Caricature de l'écrivain imbu de lui-même et indifférent aux malheurs du monde, il va voir son système de valeurs bouleversé par sa rencontre avec Tea-bag, Tania et Leïla, trois immigrées en provenance du Nigéria, de Russie et d'Iran.
    Tea-bag est selon moi à classer dans la littérature humanitaire. Henning Mankell, sans doute sincèrement touché par des histoires dramatiques de réfugiés, essaie de dénoncer un système cruel et absurde. Malheureusement j'ai eu l'impression en le lisant, qu'il ne faisait qu'enfoncer des portes ouvertes. Je n'ai pas non plus été très convaincue par le personnage de l'écrivain auquel l'auteur n'a pas réussi à donner la moindre épaisseur. J'ai tout de même un peu souri devant la description que fait Mankell des tournées de l'écrivain dans les collèges et les lycées, ses séances de lecture dans les bibliothèques devant un public de femmes entre deux âges venues applaudir poliment et chercher des autographes. J'ai d'ailleurs presque autant compati au sort de Humlin-Mankell et à celui de tous les écrivains contemporains, qu'au sort des jeunes réfugiées. Enfin, et c'est là le plus gros reproche que je ferai à Tea-bag, la langue de Mankell ne me plaît pas beaucoup. Elle est trop neutre, peut-être trop journalistique, parfois un peu heurtée. Je ne sais bien sûr pas quelle part de responsabilité incombe à la traductrice, mais je ne peux que constater que le plaisir de lecture n'a pour moi pas été au rendez-vous.
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    • Livres 4.00/5
    Par LUKE59, le 01 mars 2012

    LUKE59
    J'ai lu cet ouvrage davantage comme un témoignage boulversant sur l'immigration clandestine en Suède qu'un récit de fiction proprement dit.Le personnage de Jesper Humlin , égoïste ,mou,un peu ridicule avec ses préoccupations dérisoires semble avoir été créé par l' auteur afin, d' une part de mieux souligner le courage et la force de caractère de ces trois jeunes migrantes,et d' autre part , d' apporter un contrepoint humoristique à la gravité de son propos.
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    • Livres 3.00/5
    Par clarinette, le 25 juillet 2008

    clarinette
    Henning Mankell aborde ici un de ses sujets de prédilection : la difficulté de communication entre Blancs et Noirs, entre Européens et immigrés...Les premières pages - la description de l'arrivée de Tea-bag sur la côte espagnole après une traversée de la Méditerranée en barque - sont saisissantes. On passe ensuite directement en Suède où Jesper Humlin devient le personnage principal. Un poète, le Blanc, matérialiste, égocentrique et égoïste, dans toute sa splendeur, plus intéressé par l'état de ses finances et de sa cote de popularité que par le sort de l'humanité et, qui plus est, lâche. Sa vie bien rangée et confortable va se trouver bouleversée par la rencontre avec trois jeunes émigrées d'origines différentes qui vont l'entraîner dans une tourmente dont il ne sortira pas indemne. D'abord par intérêt, il va tenter d'utiliser leurs histoires respectives parce qu'il pense trouver là matière à écrire un roman qui va lui permettre de renouer avec le succès qui lui fait défaut. Mais les filles se révèlent plus insaississables que prévu. le roman est placé sous le signe de la difficulté à communiquer. Jesper Humlin est en conflit permanent avec tout son entourage : sa mère, sa fiancée, son éditeur, son médecin, il se heurte à toutes sortes de barrages et à du mal à décoder les messages que Tea-bag et ses camarades tentent de lui transmettre...
    http://leslecturesdeclarinette.over-blog.com/article-21322313.html
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    • Livres 3.00/5
    Par BMR, le 06 août 2007

    BMR
    On connaissait Henning Mankell pour ses fameux polars (et notamment Le retour du professeur de danse qui vient de sortir en poche) mais voici avec Tea-bag l'occasion de découvrir une autre facette des nombreux talents de ce suédois (il écrit aussi des pièces de théâtre : Les Antilopes étaient jouées en 2006 à Paris).
    Tea-bag est un roman étrange à deux facettes, une sorte de conte social qui dépeint d'un côté, la vie vaine et privilégiée d'un poète hypocondriaque en panne d'inspiration, écartelé entre une mère possessive, une maitresse possessive, un éditeur possessif, ... bref, un écrivain en panne à qui sa propre vie semble échapper ...
    ... et de l'autre côté de ce miroir social, 3 jeunes filles immigrées dans une banlieue suédoise : une black (c'est Tea-bag), une fille des pays de l'est et une autre venue du moyen-orient. Bref, un concentré de la société multi-culturelle suédoise.
    Mankell s'étend longuement sur les traumatismes de ces douloureuses fuites qui ont fini par conduire ces jeunes filles jusque dans la banlieue de Göteborg (toute ressemblance avec d'autres grandes villes européennes étant, bien sûr, purement fortuite).
    De la rencontre incongrue entre ces personnages, Mankell construit une étrange fable où son héros écrivain finit par gratter son vernis social pour aller à la découverte de ces 3 jeunes femmes et de leurs histoires, dont il fera très certainement un ... roman !
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 25 juillet 2008

    A compter de cet instant, j'ai couru. J'appliquais la plante de mes pieds contre la terre, fort, comme mon père me l'avait appris, mais je courais sans arrêt. J'avais tellement peur que je ne me suis même pas arrêtée au pied de la colline, là où la route passe devant ta tombe Alemwa. Je crois que personne ne comprends vraiment ce que cela signifie d'être en fuite. Être contraint à un moment donné de se lever, de tout quitter et de courir pour sa vie. Cette nuit-là, quand je suis partie, j'avais la sensation que toutes mes pensées, tous mes souvenirs pendouillaient derrière moi comme un cordon ombilical sanguinolent qui refusait de se rompre alors que j'étais déjà loin du village. Personne ne peut comprendre ces que c'est - à moins d'avoir été soi-même chassé, contraint de fuir des hommes ou des armes, ou des ombres qui menacent de tuer. La terreur nue, on ne peut pas la communiquer, on ne peut pas la décrire. Comment expliquer à quelqu'un l'effet que ça fait de courir droit devant soi, en pleine nuit, pourchassé par la mort la douleur, l'avilissement ?
    [...] Pendant tous ces jours et ces nuits où j'ai erré dans Lagos, à moitié morte de faim, j'ai rencontré d'autres gens comme moi,en fuite. A croire qu'on dégageait une odeur spéciale que seuls les autres fugitifs reconnaissaient - on était comme des animaux aveugles qui se repéraient mutuellement, au flair. Tous portaient un rêve, un projet. Les uns avsaient décidé de se rendre en Afrique du Sud, les autres voulaient aller vers les villes portuaires du Kenya ou de Tanzanie et, de là tenter la traversée. D'autres encore avaient renoncé. Ils étaient arrivés jusqu'à Lagos et ne pensaient pouvoir aller plus loin. Tous redouaient les militaires, les jeunes soldats rigolards. Beaucoup avaient en réserve des histoires atroces, quelques-uns s'étaient évadés de prison, le corps et l'âme saccagés.
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  • Par joedi, le 29 décembre 2011

    Au lever du jour je me suis glissée hors du restaurant, j'ai cherché des toilettes et je me suis rincé le visage. Dans le miroir j'ai vu quelqu'un que je ne reconnaissais pas. J'avais maigri et j'avais des boutons bizarres sur la figure. Mais la différence, par rapport à avant, c'était surtout les lignes qui faisaient comme des plis sur mon front. Là, je pouvais voir tous les chemins, les routes, les fleuves, les poubelles accumulés pendant mon voyage. L'itinéraire s'était incrusté dans ma peau, sans bruit. Je n'aurais jamais la possibilité de l'oublier.
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  • Par joedi, le 30 décembre 2011

    Ce que je ne comprends pas, c'est comment, au milieu de toute la saloperie, il était encore possible de rire. Je crois qu'on a besoin de sentir ça, cette joie, tellement simple, parce qu'on va rester mort si longtemps. Ce n'est pas l'acte de mourir qui fait peur, à mon avis, pas le moment de l'extinction, mais le fait de savoir qu'on va rester mort pendant un temps si incroyablement long.
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  • Par LUKE59, le 26 février 2012

    Les immigrés en savent beaucoup plus sur leur propre compte que n' importe quelle administration.Aucun fonctionnaire ne possède d' expérience personnelle de ce que c' est , par exemple, de traverser l' Europe enfermé dans un conteneur.(p165)
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  • Par kathel, le 23 février 2010

    C'était un des derniers jours du siècle.
La fille au grand sourire fut réveillée par la pluie, le bruit des gouttes s'écrasant avec douceur sur la toile de la tente. Tant qu'elle gardait les yeux fermés, elle pouvait s'imaginer chez elle, au village, au bord du fleuve qui charriait l'eau claire et froide des montagnes. Mais dès qu'elle les ouvrait, elle avait la sensation de basculer dans une réalité vide, impossible à comprendre. Son passé se réduisait alors à un carrousel d'images hachées, saccadées, tirées de sa longue fuite. Immobile, elle faisait l'effort d'ouvrir les yeux lentement, de ne pas laisser filer les rêves tant qu'elle n'était pas prête à affronter le réveil. Ces premières difficiles minutes décidaient de la suite de la journée. Là, en cet instant, elle était entourée de pièges.
    Depuis trois mois qu'elle était dans le camp, elle s'était aménagé un rituel auquel elle ajoutait chaque matin un nouvel élément, jusqu'à trouver la meilleure manière, la plus sûre, de commencer la journée sans que la panique la submerge aussitôt. L'essentiel était de ne pas se lever d'un bond avec le faux espoir que ce jour-là apporterait un événement décisif. Rien n'arrivait, dans le camp, elle en avait maintenant la certitude. C'était le premier enseignement qu'elle avait dû assimiler, à compter du jour où elle s'était traînée hors de l'eau sur cette plage caillouteuse d'Europe où elle avait été accueillie par des chiens menaçants et des douaniers espagnols armés. Etre en fuite, cela voulait dire être seul. Cette certitude valait pour tous, quelle que soit leur origine, quels que soient leurs motifs d'être partis pour l'Europe. Elle était seule et il valait mieux de ne pas espérer voir finir cette solitude, qui l'envelopperait encore pour un temps peut-être très long.
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