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> maurice Betz (Traducteur)

ISBN : 2253057525
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1991)


Note moyenne : 4.14/5 (sur 87 notes) Ajouter à mes livres

Un jeune homme, Hans Castorp, se rend de Hambourg, sa ville natale, à Davos, en Suisse, pour passer trois semaines auprès de son cousin en traitement dans un sanatorium. Pris dans l'engrenage étrange de la vie des "gens de là-haut" et subissant l'atmosphère envo... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Der Zauberberg
    Traduction : Maurice Betz
    Si l'on fait abstraction des longueurs de ce livre, longueurs essentiellement consacrées aux discussions philosophiques entre Settembrini, le laïc anti-clérical, disciple des Lumières, et Naphta, juif si bien converti au catholicisme qu'il en est devenu jésuite,
    Si l'on fait aussi abstraction d'un certain style plus proche du XIXème siècle que du nôtre,
    On ne peut nier que "La Montagne magique" est un grand livre.
    Tout commence par une visite que Hans Castorp, jeune Hambourgeois fortuné qui se destine au métier d'ingénieur, rend à Davos, en Suisse, à son cousin, Joachim Ziemssen, retenu au sanatorium par sa tuberculose et les conseils du Dr Behrens, lequel gère l'établissement avec le Dr Krokovski.
    Parti pour n'y rester que trois semaines, le temps d'égayer un peu Joachim qui n'accepte sa cure que dans l'espoir de pouvoir rejoindre au plus tôt son régiment, Hans Castorp va prendre si bien goût à la vie minutée, paisible, protégée que l'on mène là-haut qu'il finira par y demeurer 7 ans en s'appuyant sur une "tâche humide" révélée par la radio de ses poumons.
    En dépit des apparences, "La Montagne magique" est un véritable roman initiatique. Si Castorp arrive insoucient à Davos, il n'en repartira que pour aller au combat dans les tranchées de la Grande guerre. Entretemps, il aura singulièrement élargi sa vision d'esprit, surtout grâce à M. Settembrini, l'un des personnages les plus puissants de l'ouvrage, qui lui servira plus ou moins sur place de "père de substitution" - Castorp est orphelin et a été élevé par son grand-père, puis par son oncle.
    Il sera aussi tombé amoureux de Mme Chauchat, étrange et féline représentante du sexe faible qui met à profit la maladie dont elle se sait atteinte pour mener la vie qu'elle entend loin de son mari. C'est elle qui ramènera au sanatorium le riche Hollandais Peeperkorn dont le suicide constitue l'un des sommets du roman.
    Enfin et surtout, il aura appréhendé la Mort. Dès le départ, on lui apprend que l'ancien occupant de la chambre qui lui a été réservée vient de décéder. Puis, il comprend que, quatre fois par jour, au cours des somptueux repas pris par les pensionnaires, la Mort vient partager leur pain, invisible et patiente. Parfois, un pensionnaire semble s'effacer peu à peu jusqu'au jour où il ne vient plus s'asseoir à la table : la tuberculose l'a emportée.
    De temps à autre, c'est vrai, un pensionnaire s'en va, réputé guéri. Hélas ! quelques mois plus tard, on le voit réapparaître, pour une nouvelle cure.
    Tel sera le cas de Joachim qui, parti tout joyeux pour participer aux grandes manoeuvres et ceci en dépit de l'avis du Dr Behrens, reviendra mourir au sanatorium "en soldat et en brave" ainsi que le dit Mann. La lente désagrégation du malheureux et sa fin comptent à mon sens parmi les moments les plus difficilement oubliables de l'ouvrage.
    Evidemment, le roman est un "pavé" : 818 pages au Livre de Poche et beaucoup s'ennuieront aux digressions philosophiques de Hans Castorp et de Settembrini, puis de Settembrini, Naphta et Hans Castorp. Il n'en reste pas moins vrai que la richesse de "La Montage magique" est telle qu'on ne peut l'abandonner dans un état d'esprit similaire à celui dans lequel on l'avait commencé. Quelque part, dès lors qu'il décide de le lire jusqu'au bout. le lecteur s'embarque lui aussi dans sa propre quête.
    N'est-ce pas là, je vous le demande, la marque d'un grand roman - et d'un grand romancier ? ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 19 juillet 2011

    brigittelascombe
    Cocon,nid,microcosme, cellule,refuge, beaucoup d'appellations pour ce sanatorium suisse au sein duquel Hans Castrop, parti de Hambourg avec son cousin jusqu'à Davos, va vivre durant sept ans. Lumineuse montagne entre deux rives, celle des gens du haut et les malades qui, à coup de joutes oratoires, se laissent séduire par la mort et la maladie.Autour du héros de Thomas Mann évoluent Settembrini l'italien raisonnable, Naphta le jésuite mystique,Pepperkorn l'hédoniste et sa sensuelle compagne Claudia,le docteur Krokowski le psychanalite. Chacun émet ses idées jusqu'à l'absurde.Personne n'a tort ou n'a raison.
    Hans Castrop ne redescendra de sa montagne magique que pour affronter l'enfer de la première guerre mondiale.
    Ecrit en 1911 lors d'un séjour à Davos avec son épouse,ce livre grave mais mélé d'humour et d'ironie, sera publié en 1924.Il a été adapté au cinéma et montre la société du début du XX° siècle.
    Thomas Mann, issu de la riche bourgeoisie, né en 1875, a publié son premier grand roman Les Buddenbrooks en 1901.
    Fasciné par Nietzsche, Wagner et Schopenhauer, il a reçu en 1929 le prix Nobel de littérature.
    La montagne magique fait écho à Mort à Venise avec le génie, vivant dans la souffrance et la maladie, promis à une mort prématurée. S'interessant à Freud, on retrouve dans ce livre des discussions sur la psychanalyse et un plaisir narcissique omniprésent.Il décrit la relation amoureuse et décrit en détail (véritable obsessionnel) la complexité des relations nouées dans ce monotone microcosme.Il possède là une maitrise intellectuelle et fait de la maladie l'héroïne de sa condition d'homme qu'il érotise en prenant le contre pied du courant nietzschéen.
    J'avoue avoir trouvé quelques longueurs dans les sempiternelles descriptions des paysages de montagne.Autrement rien à dire,c'est un chef d'oeuvre!
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    • Livres 5.00/5
    Par folivier, le 18 mars 2011

    folivier
    Comme l'écrit Thomas Mann en introduction du chapitre 7, il s'agit du "roman du temps". Thomas Mann nous invite en suivant son héros, Hans Castorp, à une reflexion sur le temps et ses relations avec la vie, l'amour, la mort, la nature, la philosophie... Hans Castorp, en arrivant au sanatorium du Berghof va rencontrer des tuteurs, des pédagogues qui lui feront parcourir un chemin initiatique vers la maturité. Settembrini, l'Italien humaniste et franc-maçon, fervent défenseur des Lumières et des révolutions françaises, notamment celle de juillet 1848, croyant que l'avenir de l'homme est dans la raison, l'esprit la science et le progrès. Naphta, jésuite,défendant que l'avenir de l'homme est dans une révolution déiste libérant l"homme des contingences de la vie et des sens. Peeperkorn, le hollandais, un sorte de Fallstaff, représentant la vie réelle, la vie des sens, le Carpe Diem. Thomas Mann nous parle également d'un temps révolu qui s'effondre celui d'avant la première guerre mondiale. Livre dense, intense, à lire et relire... qui s'appuie sur un style sublime.
    Des pages mémorables de description de la nature, notamment la promenade solitaire de Hans dans la montagne enneigée et pris dans une tempête de neige (Chap6, Neige) ou de réflexion philosophiques sur la vie (Chap5, Recherches).
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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 27 mai 2009

    Seraphita
    Hans Castorp, jeune ingénieur de 23 ans, vient passer un séjour de 3 semaines au Sanatorium International Berghof de Davos, en Suisse. Il rejoint son cousin Joachim venu soigner sa tuberculose et impatient de repartir dans le « pays plat » pour s'engager sous les drapeaux. Ce sanatorium semble régi par des lois propres, une mentalité particulière, qui le distinguent singulièrement du « pays plat » et rendent le lieu fascinant. S'engage alors pour le héros une initiation philosophique qui va le transformer profondément et rendre son séjour plus inattendu que prévu.
    Cet ouvrage présente des descriptions très fines des personnages, tant par rapport à leurs aspects psychologiques que vis-à-vis de leurs aventures. le récit est teinté d'un humour subtil, les descriptions sont de qualité (à l'instar de l'errance du héros pris dans une tempête de neige). Ce roman a pu être décrit comme un essai philosophique, en témoignent les nombreuses joutes oratoires entre les deux grands personnages gravitant autour du héros, en témoignent également les réflexions sur le temps.
    Ce roman peut décourager par son épaisseur ainsi que par le caractère abscons de certains débats philosophiques.
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    • Livres 5.00/5
    Par Piling, le 12 janvier 2011

    Piling
    Thomas Mann a quelque chose du bavardage étourdi de Hans Castorp dans les moments inattendus. Ainsi quand, après des années, Castorp et Mme Chauchat échangent un baiser, on pourrait s'attendre à ce qu'il nous serve les grandes orgues de l'émoi amoureux, presque un hymne nuptial. Au lieu de ça, long et docte passage pour distinguer si c'est un baiser d'amoureux ou un baiser slavo-chrétien, tout en interpellant le lecteur – alors, qu'en dis-tu ? – faisant de nous des voyeurs curieux auxquels Thomas Mann refuse d'ailleurs de répondre complètement (…)

    Lien : http://sohrawardi.blogspot.com/2011/01/la-montagne-magique.html
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Citations et extraits

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  • Par Piling, le 12 janvier 2011

    Elle avait terriblement peur parce qu'elle se rendait compte qu'elle allait mourir. C'était une très jeune fille, de sorte qu'il faut, somme toute, l'excuser. Mais il y a aussi des hommes qui se conduisent quelquefois ainsi, ce qui est naturellement un laisser-aller inexcusable. Dans ces cas-là, Behrens sait d'ailleurs leur parler, il sait trouver le ton juste en de telles circonstances.

    - Quel ton ? demanda Hans Castorp, les sourcils froncés.

    - Ne faites donc pas tant de manières, répondit Joachim. Du moins l'a-t-il dit récemment à l'un d'entre eux, nous le savons par l'infirmière-major qui était là et qui aida à maintenir le mourant. C'était un de ceux justement qui pour finir font une scène effroyable et ne veulent absolument pas mourir. Alors Behrens l'a rappelé à l'ordre : "Ne faites donc pas "tant de manière", a-t-il dit, et aussitôt le malade s'est calmé et il est mort tout à fait tranquille
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  • Par Piling, le 12 janvier 2011

    – Caustique ? Vous voulez dire : méchant ? Oui, je suis un peu méchant, dit Settembrini. Mon regret c'est que je sois obligé de gaspiller ma méchanceté à des sujets aussi misérables. J'espère que vous n'avez rien contre la méchanceté, mon cher ingénieur. A mon sens, c'est l'arme la plus étincelante de la raison contre les puissances des ténèbres et de la laideur. La méchanceté, monsieur, est l'esprit de la critique, et la critique est à l'origine du progrès et des lumières de la civilisation.
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  • Par Dylou, le 01 décembre 2011

    Sur la nature de l’ennui, des conceptions erronées sont répandues. On croit en somme que la nouveauté et le caractère intéressant de son contenu « font passer le temps », c’est-à-dire : l’abrègent, tandis que la monotonie et le vide alourdiraient et ralentiraient sons cours. Mais ce n’est absolument pas exact. Le vide et la monotonie allongent sans doute parfois l’instant ou l’heure et les rendent « ennuyeux », mais ils abrègent et accélèrent, jusqu’à presque les réduire à néant, les grandes et les plus grandes quantités de temps. Au contraire, un contenu riche et intéressant est sans doute capable d’abréger une heure, ou même une journée, mais compté en grand, il prête au cours du temps de l’ampleur, du poids et de la solidité, de telle sorte que des années riches en évènements passent beaucoup plus lentement que ces années pauvres, vides et légères que le vent balaye et qui s’envolent. Ce que l’on appelle l’ennui est donc, en réalité, un semblant maladif de la brièveté du temps pour cause de monotonie : de grands espaces de temps, lorsque leur cours est d’une monotonie ininterrompue, se recroquevillent dans une mesure qui effraye mortellement le cœur ; lorsqu’un jour est pareil à tous, ils ne sont tous qu’un seul jour ; et dans une uniformité parfaite, la vie la plus longue serait ressentie comme très brève et serait passée en un tournemain. L’habitude est la somnolence, ou tout au moins l’affaiblissement de la conscience du temps, et lorsque les années d’enfance sont vécues lentement, et que la suite de la vie se déroule toujours plus vite et se précipite, cela se tient à l’habitude. Nous savons bien que l’insertion de changements d’habitudes ou de nouvelles habitudes est le seul moyen dont nous disposions pour nous maintenir en vie, pour rafraîchir notre perception du temps, pour obtenir un rajeunissement, une fortification, un ralentissement de notre expérience du temps, et par la même le renouvellement de notre sentiment de la vie général. Tel est le but du changement d’air ou de lieu, du voyage d’agrément : c’est le bienfait du changement et de l’épisode (extrait du Chapitre IV – Digression sur le temps)
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  • Par brigittelascombe, le 19 juillet 2011

    Le littérateur,ce vrai fils de l'humanisme et de la bourgeoisie,savait sans doute lire et écrire,ce que ne savaient pas ou ce que savaient mal le gentilhomme,le guerrier et le peuple,mais en dehors de celà, il ne savait rien, ni n'entendait rien à rien au monde,il n'était qu'un farceur qui administrait la parole et qui abandonne la vie aux honnêtes gens et c'était sans doute pourquoi il gonflait la politique elle même de rhétorique et de belle littérature,ce qui en langage de parti s'appelait radicalisme et démocratie.
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  • Par Piling, le 01 août 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    Un simple jeune homme se rendait au plein de l'été, de Hambourg, sa ville natale, à Davos-Platz, dans les Grisons. Il allait en visite pour trois semaines.
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