> maurice Betz (Traducteur)

ISBN : 2253057525
Éditeur : Le Livre de Poche (1991)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 101 notes) Ajouter à mes livres

Un jeune homme, Hans Castorp, se rend de Hambourg, sa ville natale, à Davos, en Suisse, pour passer trois semaines auprès de son cousin en traitement dans un sanatorium. Pris dans l'engrenage étrange de la vie des "gens de là-haut" et subissant l'atmosphère envo... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 09 mars 2012

    nastasiabuergo
    La montagne magique est un livre lent et qui gagne à être lu lentement. Il fait partie de ses livres dont on ne sait trop s'ils appartiennent au roman ou à l'essai et dont Les somnambules ou L'Homme sans qualités seront le couronnement. L'auteur nous berce tel l'océan avec de fréquents va-et-vient à partir de points d'ancrage, prétextes à des réflexions, à des digressions, sur divers aspects de la vie aussi insolites qu'hétéroclites. L'œuvre se présente comme un parcours initiatique pour le héros, Hans Castorp, soustrait à la réalité, à l'espace et au temps, dans une sorte de bulle que constitue un sanatorium d'altitude situé en Suisse au début du XXè, peu avant la première guerre mondiale.
    À l'origine, Hans Castorp vient rendre une visite de trois semaines à son cousin soigné pour une tuberculose dans cet établissement. Thomas Mann a soin de nous présenter la vision de son héros puis les innombrables modifications qui s'opéreront à mesure que s'allongera son séjour au Berghof. D'abord ancré dans le monde et extérieur à la vie si spéciale du sanatorium et de ses habitués, le regard du jeune Hans Castorp va progressivement, par touches, basculer vers l'intérieur de l'établissement et être totalement déconnecté de la réalité du monde extérieur. Il va multiplier les expériences et les rencontres. Au premier rang desquelles celle de Ludovico Settembrini, pédagogue, démocrate, littérateur et phraseur italien de premier ordre, le médecin en chef Behrens, caustique et pragmatique, puis le remarquable contradicteur de Settembrini, Léon Naphta obscur jésuite, moyenâgeux, théocrate et cynique. Au Berghof, Hans Castorp rencontrera aussi la passion amoureuse pour la belle Clawdia Chauchat qui viendra souvent à l'encontre de ses programmes bien réglés d'éveil au monde sous la houlette de ses mentors. L'auteur désirait, paraît-il, écrire un livre contradictoire avec la vision classique de l'existence, à savoir, la fascination que peuvent exercer la maladie et la mort.
    En manière de conclusion, je vais me risquer à donner ma version (je n'ai rien lu là-dessus, cette interprétation m'est toute personnelle) de l'explication du titre où, comme vous vous en doutez, il nous faut revenir à l'allemand. Dans la version originale, La montagne magique s'intitule "Der Zauberberg" et les germanophones trouveront une certaine ressemblance avec tout d'abord "Der Zauberlehrling", à savoir "L'apprenti sorcier" de Goethe que tout le monde connaît et dont le rapport avec Hans Castorp "expérimentant la séduction de la maladie et de la mort" semble assez évident (bien que le roman fasse clairement et ouvertement des appels du pieds à une autre œuvre de Goethe, à savoir Faust, comme par exemple "la nuit des Walpurgis"), et d'autre part avec "Die Zauberflöte", à savoir "La Flûte enchantée" de Mozart. L'argument de cet opéra n'est pas sans rappeler certains éléments marquants du livre (le héros égaré dans un pays lointain et inconnu, la survenue du portrait de Pamina, qui ici prendrait immanquablement les traits de Clawdia Chauchat et de sa radio des poumons, etc.) et j'ai plaisir à deviner Tamino sous Hans Castorp (vous me donnerez votre avis si vous n'êtes pas d'accord avec moi).
    Deux mots encore, ce livre est de ceux qui continuent d'agir en nous bien après que nous les ayons refermés pour le dernière fois et qui jouissent d'un formidable pouvoir d'édification. Il n'est pas spécialement captivant à la lecture et en ceci peut en rebuter certains, quoique je vous encourage vivement à atteindre la fin du livre et notamment la rencontre avec Mynheer Peeperkorn. Mais c'est aussi et surtout un livre sur le temps, son souterrain et impalpable travail, son caractère insaisissable et inéluctable. Mais tout ceci, bien sûr, n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
    Pour finir, voici un petit extrait qui me semble résumer bon nombre des points abordés dans mon commentaire:
    "Je suis ici, depuis assez longtemps, depuis des jours et des années, je ne sais pas exactement depuis quand, mais depuis des années de vie, c'est pourquoi j'ai parlé de « vie » et je reviendrai tout à l'heure sur le destin. Mon cousin, auquel je voulais rendre une petite visite, un militaire plein de braves et de loyales intentions, ce qui ne lui a servi de rien, est mort, m'a été enlevé, et moi, je suis toujours ici. Je n'étais pas militaire, j'avais une profession civile, une profession solide et raisonnable qui contribue, paraît-il, à la solidarité internationale, mais je n'y ai jamais été particulièrement attaché, je vous le confie, et cela pour des raisons dont je ne peux rien dire, sauf qu'elles demeurent obscures. Elles touchent aux origines de mes sentiments (...) pour Clawdia Chauchat (...) depuis que j'ai rencontré pour la première fois ses yeux et qu'ils ont eu (...) déraisonnablement raison de moi. C'est pour l'amour d'elle et en défiant Settembrini, que je me suis soumis au principe de la déraison, au principe génial de la maladie auquel j'étais, il est vrai, assujetti depuis toujours, et je suis demeuré ici, je ne sais plus exactement depuis quand. Car j'ai tout oublié, et rompu avec tout, avec mes parents et ma profession en pays plat et avec toutes mes espérances, (...) de sorte que, je suis définitivement perdu pour le pays plat et qu'aux yeux de ses habitants je suis autant dire mort."
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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 24 décembre 2007

    Woland
    Der Zauberberg
    Traduction : Maurice Betz
    Si l'on fait abstraction des longueurs de ce livre, longueurs essentiellement consacrées aux discussions philosophiques entre Settembrini, le laïc anti-clérical, disciple des Lumières, et Naphta, juif si bien converti au catholicisme qu'il en est devenu jésuite,
    Si l'on fait aussi abstraction d'un certain style plus proche du XIXème siècle que du nôtre,
    On ne peut nier que "La Montagne magique" est un grand livre.
    Tout commence par une visite que Hans Castorp, jeune Hambourgeois fortuné qui se destine au métier d'ingénieur, rend à Davos, en Suisse, à son cousin, Joachim Ziemssen, retenu au sanatorium par sa tuberculose et les conseils du Dr Behrens, lequel gère l'établissement avec le Dr Krokovski.
    Parti pour n'y rester que trois semaines, le temps d'égayer un peu Joachim qui n'accepte sa cure que dans l'espoir de pouvoir rejoindre au plus tôt son régiment, Hans Castorp va prendre si bien goût à la vie minutée, paisible, protégée que l'on mène là-haut qu'il finira par y demeurer 7 ans en s'appuyant sur une "tâche humide" révélée par la radio de ses poumons.
    En dépit des apparences, "La Montagne magique" est un véritable roman initiatique. Si Castorp arrive insoucient à Davos, il n'en repartira que pour aller au combat dans les tranchées de la Grande guerre. Entretemps, il aura singulièrement élargi sa vision d'esprit, surtout grâce à M. Settembrini, l'un des personnages les plus puissants de l'ouvrage, qui lui servira plus ou moins sur place de "père de substitution" - Castorp est orphelin et a été élevé par son grand-père, puis par son oncle.
    Il sera aussi tombé amoureux de Mme Chauchat, étrange et féline représentante du sexe faible qui met à profit la maladie dont elle se sait atteinte pour mener la vie qu'elle entend loin de son mari. C'est elle qui ramènera au sanatorium le riche Hollandais Peeperkorn dont le suicide constitue l'un des sommets du roman.
    Enfin et surtout, il aura appréhendé la Mort. Dès le départ, on lui apprend que l'ancien occupant de la chambre qui lui a été réservée vient de décéder. Puis, il comprend que, quatre fois par jour, au cours des somptueux repas pris par les pensionnaires, la Mort vient partager leur pain, invisible et patiente. Parfois, un pensionnaire semble s'effacer peu à peu jusqu'au jour où il ne vient plus s'asseoir à la table : la tuberculose l'a emportée.
    De temps à autre, c'est vrai, un pensionnaire s'en va, réputé guéri. Hélas ! quelques mois plus tard, on le voit réapparaître, pour une nouvelle cure.
    Tel sera le cas de Joachim qui, parti tout joyeux pour participer aux grandes manoeuvres et ceci en dépit de l'avis du Dr Behrens, reviendra mourir au sanatorium "en soldat et en brave" ainsi que le dit Mann. La lente désagrégation du malheureux et sa fin comptent à mon sens parmi les moments les plus difficilement oubliables de l'ouvrage.
    Evidemment, le roman est un "pavé" : 818 pages au Livre de Poche et beaucoup s'ennuieront aux digressions philosophiques de Hans Castorp et de Settembrini, puis de Settembrini, Naphta et Hans Castorp. Il n'en reste pas moins vrai que la richesse de "La Montage magique" est telle qu'on ne peut l'abandonner dans un état d'esprit similaire à celui dans lequel on l'avait commencé. Quelque part, dès lors qu'il décide de le lire jusqu'au bout. le lecteur s'embarque lui aussi dans sa propre quête.
    N'est-ce pas là, je vous le demande, la marque d'un grand roman - et d'un grand romancier ? ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 19 juillet 2011

    brigittelascombe
    Cocon,nid,microcosme, cellule,refuge, beaucoup d'appellations pour ce sanatorium suisse au sein duquel Hans Castrop, parti de Hambourg avec son cousin jusqu'à Davos, va vivre durant sept ans. Lumineuse montagne entre deux rives, celle des gens du haut et les malades qui, à coup de joutes oratoires, se laissent séduire par la mort et la maladie.Autour du héros de Thomas Mann évoluent Settembrini l'italien raisonnable, Naphta le jésuite mystique,Pepperkorn l'hédoniste et sa sensuelle compagne Claudia,le docteur Krokowski le psychanalite. Chacun émet ses idées jusqu'à l'absurde.Personne n'a tort ou n'a raison.
    Hans Castrop ne redescendra de sa montagne magique que pour affronter l'enfer de la première guerre mondiale.
    Ecrit en 1911 lors d'un séjour à Davos avec son épouse,ce livre grave mais mélé d'humour et d'ironie, sera publié en 1924.Il a été adapté au cinéma et montre la société du début du XX° siècle.
    Thomas Mann, issu de la riche bourgeoisie, né en 1875, a publié son premier grand roman Les Buddenbrooks en 1901.
    Fasciné par Nietzsche, Wagner et Schopenhauer, il a reçu en 1929 le prix Nobel de littérature.
    La montagne magique fait écho à Mort à Venise avec le génie, vivant dans la souffrance et la maladie, promis à une mort prématurée. S'interessant à Freud, on retrouve dans ce livre des discussions sur la psychanalyse et un plaisir narcissique omniprésent.Il décrit la relation amoureuse et décrit en détail (véritable obsessionnel) la complexité des relations nouées dans ce monotone microcosme.Il possède là une maitrise intellectuelle et fait de la maladie l'héroïne de sa condition d'homme qu'il érotise en prenant le contre pied du courant nietzschéen.
    J'avoue avoir trouvé quelques longueurs dans les sempiternelles descriptions des paysages de montagne.Autrement rien à dire,c'est un chef d'oeuvre!
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    • Livres 5.00/5
    Par folivier, le 18 mars 2011

    folivier
    Comme l'écrit Thomas Mann en introduction du chapitre 7, il s'agit du "roman du temps". Thomas Mann nous invite en suivant son héros, Hans Castorp, à une reflexion sur le temps et ses relations avec la vie, l'amour, la mort, la nature, la philosophie... Hans Castorp, en arrivant au sanatorium du Berghof va rencontrer des tuteurs, des pédagogues qui lui feront parcourir un chemin initiatique vers la maturité. Settembrini, l'Italien humaniste et franc-maçon, fervent défenseur des Lumières et des révolutions françaises, notamment celle de juillet 1848, croyant que l'avenir de l'homme est dans la raison, l'esprit la science et le progrès. Naphta, jésuite,défendant que l'avenir de l'homme est dans une révolution déiste libérant l"homme des contingences de la vie et des sens. Peeperkorn, le hollandais, un sorte de Fallstaff, représentant la vie réelle, la vie des sens, le Carpe Diem. Thomas Mann nous parle également d'un temps révolu qui s'effondre celui d'avant la première guerre mondiale. Livre dense, intense, à lire et relire... qui s'appuie sur un style sublime.
    Des pages mémorables de description de la nature, notamment la promenade solitaire de Hans dans la montagne enneigée et pris dans une tempête de neige (Chap6, Neige) ou de réflexion philosophiques sur la vie (Chap5, Recherches).
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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 27 mai 2009

    Seraphita
    Hans Castorp, jeune ingénieur de 23 ans, vient passer un séjour de 3 semaines au Sanatorium International Berghof de Davos, en Suisse. Il rejoint son cousin Joachim venu soigner sa tuberculose et impatient de repartir dans le « pays plat » pour s'engager sous les drapeaux. Ce sanatorium semble régi par des lois propres, une mentalité particulière, qui le distinguent singulièrement du « pays plat » et rendent le lieu fascinant. S'engage alors pour le héros une initiation philosophique qui va le transformer profondément et rendre son séjour plus inattendu que prévu.
    Cet ouvrage présente des descriptions très fines des personnages, tant par rapport à leurs aspects psychologiques que vis-à-vis de leurs aventures. le récit est teinté d'un humour subtil, les descriptions sont de qualité (à l'instar de l'errance du héros pris dans une tempête de neige). Ce roman a pu être décrit comme un essai philosophique, en témoignent les nombreuses joutes oratoires entre les deux grands personnages gravitant autour du héros, en témoignent également les réflexions sur le temps.
    Ce roman peut décourager par son épaisseur ainsi que par le caractère abscons de certains débats philosophiques.
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Citations et extraits

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  • Par nastasiabuergo, le 18 mars 2012

    Qu'est-ce que le temps? Un mystère! Sans réalité propre, il est tout-puissant. Il est une condition du monde phénoménal, un mouvement mêlé et lié à l'existence des corps dans l'espace, et à leur mouvement. Mais n'y aurait-il point de temps s'il n'y avait pas de mouvement? Point de mouvement s'il n'y avait pas de temps? Interrogez toujours! Le temps est-il fonction de l'espace? Ou est-ce le contraire? Ou sont-ils identiques l'un à l'autre? Ne vous lassez pas de questionner! Le temps est actif, il produit. Que produit-il? Le changement. "A présent" n'est pas "autrefois", "ici" n'est pas "là-bas", car entre les deux il y a mouvement.
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  • Par Piling, le 12 janvier 2011

    Elle avait terriblement peur parce qu'elle se rendait compte qu'elle allait mourir. C'était une très jeune fille, de sorte qu'il faut, somme toute, l'excuser. Mais il y a aussi des hommes qui se conduisent quelquefois ainsi, ce qui est naturellement un laisser-aller inexcusable. Dans ces cas-là, Behrens sait d'ailleurs leur parler, il sait trouver le ton juste en de telles circonstances.

    - Quel ton ? demanda Hans Castorp, les sourcils froncés.

    - Ne faites donc pas tant de manières, répondit Joachim. Du moins l'a-t-il dit récemment à l'un d'entre eux, nous le savons par l'infirmière-major qui était là et qui aida à maintenir le mourant. C'était un de ceux justement qui pour finir font une scène effroyable et ne veulent absolument pas mourir. Alors Behrens l'a rappelé à l'ordre : "Ne faites donc pas "tant de manière", a-t-il dit, et aussitôt le malade s'est calmé et il est mort tout à fait tranquille
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  • Par nastasiabuergo, le 30 mars 2012

    Je suis ici, depuis assez longtemps, depuis des jours et des années, je ne sais pas exactement depuis quand, mais depuis des années de vie, c'est pourquoi j'ai parlé de « vie » et je reviendrai tout à l'heure sur le destin. Mon cousin, auquel je voulais rendre une petite visite, un militaire plein de braves et de loyales intentions, ce qui ne lui a servi de rien, est mort, m'a été enlevé, et moi, je suis toujours ici. Je n'étais pas militaire, j'avais une profession civile, une profession solide et raisonnable qui contribue, paraît-il, à la solidarité internationale, mais je n'y ai jamais été particulièrement attaché, je vous le confie, et cela pour des raisons dont je ne peux rien dire, sauf qu'elles demeurent obscures. Elles touchent aux origines de mes sentiments (...) pour Clawdia Chauchat (...) depuis que j'ai rencontré pour la première fois ses yeux et qu'ils ont eu (...) déraisonnablement raison de moi. C'est pour l'amour d'elle et en défiant Settembrini, que je me suis soumis au principe de la déraison, au principe génial de la maladie auquel j'étais, il est vrai, assujetti depuis toujours, et je suis demeuré ici, je ne sais plus exactement depuis quand. Car j'ai tout oublié, et rompu avec tout, avec mes parents et ma profession en pays plat et avec toutes mes espérances, (...) de sorte que, je suis définitivement perdu pour le pays plat et qu'aux yeux de ses habitants je suis autant dire mort.
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  • Par Piling, le 12 janvier 2011

    – Caustique ? Vous voulez dire : méchant ? Oui, je suis un peu méchant, dit Settembrini. Mon regret c'est que je sois obligé de gaspiller ma méchanceté à des sujets aussi misérables. J'espère que vous n'avez rien contre la méchanceté, mon cher ingénieur. A mon sens, c'est l'arme la plus étincelante de la raison contre les puissances des ténèbres et de la laideur. La méchanceté, monsieur, est l'esprit de la critique, et la critique est à l'origine du progrès et des lumières de la civilisation.
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  • Par nastasiabuergo, le 30 mars 2012

    Je cherche à introduire un peu de logique dans notre conversation et vous me répondez par des phrases généreuses. Je ne laissais pas de savoir que la Renaissance avait mis au monde tout ce que l'on appelle libéralisme, individualisme, humanisme bourgeois. Mais tout cela me laisse froid, car la conquête, l'âge héroïque de votre idéal est depuis longtemps passé, cet idéal est mort, ou tout au moins il agonise, et ceux qui lui donneront le coup de grâce sont déjà devant la porte. Vous vous appelez, sauf erreur, un révolutionnaire. Mais si vous croyez que le résultat des révolutions futures sera la Liberté, vous vous trompez. Le principe de la Liberté s'est réalisé et s'est usé en cinq cents ans. Une pédagogie qui, aujourd'hui encore, se présente comme issue du Siècle des Lumières et qui voit ses moyens d'éducation dans la critique, dans l'affranchissement et le culte du Moi, dans la destruction de formes de vie ayant un caractère absolu, une telle pédagogie peut encore remporter des succès momentanés, mais son caractère périmé n'est pas douteux aux yeux de tous les esprits avertis.
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Depuis le Prenzlauer BERG (Berlin), Olivier BARROT présente le livre "Appels aux Allemands", recueil des textes écrits par Thomas MANN et diffusés par la BBC pendant la 2ème Guerre Mondiale.











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