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ISBN : 2253169315
Éditeur : Le Livre de Poche (2012)


Note moyenne : 4/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Dans ce document d’époque, unique en son genre, Erika Mann met au jour les rouages d’un système diabolique, de l’arrivée au pouvoir d’Hitler à la mise en place du régime nazi, en observant le destin d’une ville et de ses habitants et, à travers eux, celui d’un pays tout... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par kathel, le 09 décembre 2012

    kathel
    Dans la famille Mann, le prix Nobel de littérature est bien sûr le plus connu et pourtant, ce sont tout d'abord des nouvelles de son fils Klaus Mann que j'ai lues, et maintenant ce document de sa sœur Erika…
    Elle y dresse le portrait d'une petite ville du sud de l'Allemagne en 1930 et le tableau qu'elle décrit est saisissant et prenant. On a beau savoir ce qui se passait dans les années 30 en Allemagne, la façon dont la vie quotidienne de chacun est touchée, des classes moyennes aux paysans pauvres, des commerçants aisés aux chefs d'entreprise, révèle des aspects méconnus et haïssables. L'absence de liberté individuelle était pratiquement totale, et ces nouvelles révèlent mieux que de grandes analyses comment il était difficile, pour ne pas dire insurmontable, de tenter de s'opposer aux nombreuses lois, plus iniques les une que les autres, qui régissaient le quotidien. Les commerces et entreprises déclarés pas assez rentables étaient obligés de fermer, leurs patrons envoyés pour travailler à l'armement de la nation, alors que le dit armement n'avait jamais auparavant été d'une aussi piètre qualité pourtant. Les exercices répétés et obligatoires d'entraînement pour tous, les restrictions de nourriture sous le prétexte que « les gens avaient mangé trop de viande », l'injonction d'avoir au moins quatre enfants pour ne pas passer comme anti-patriote, l'encouragement à la dénonciation, et bien d'autres lois particulièrement absurdes, dressaient des murs qui empêchaient de tenter la moindre réaction, opposition, combat.
    Le texte en langue originale a été perdu, et le texte présent est une nouvelle traduction française à partir de la nouvelle traduction allemande qui est elle dérive du texte américain paru en 1940 ! La forme de ce livre est originale, dix nouvelles retracent des destins individuels, mais ce répondent et se complètent l'une et l'autre. Des documents d'actualité de l'époque, décrets, discours, articles de journaux rapportés par l'un ou l'autre des personnages confèrent une authenticité aux textes qui font froid dans le dos en général, et rassurent parfois sur la capacité humaine à réagir devant la folie organisée par un état.
    Un document indispensable à garder dans sa bibliothèque !

    Lien : http://lettresexpres.wordpress.com/2012/12/09/erika-mann-quand-les-l..
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    • Livres 4.00/5
    Par ivredelivres, le 26 février 2012

    ivredelivres
    La guerre n'a pas encore éclatée, imaginons un touriste se promenant dans une petite ville riante, proprette, fleurie, une petite ville disons ...de Bavière. Un étranger qui la visite la trouverait pimpante, une ville où il fait bon vivre, « seuls les drapeaux rouges bruissaient dans le vent ».Ce n'est pas tout à fait une ville comme les autres.

    C'est le premier récit du livre qu' Erika Mann écrivit en 1940.
    Comment faire comprendre, expliquer, dénoncer ce qu'est devenu son pays sous la botte nazie ? Erika Mann va tenter de le faire à travers une dizaine de récits qui vont petit à petit passer de la douceur trompeuse, à l'inquiétude, à l'incompréhension, à la peur jusqu'à la terreur pure.
    Que va faire le patron d'une usine qui découvre que sa secrétaire, dont il est tombé amoureux, est à moitie juive ?
    Pouvait-on imaginer qu'un paysan soit arrêté parce que dans le gosier de ses poules on a trouvé de l'orge, nourriture interdite par le régime en place, cela pourrait prêté à sourire si ...
    Quand la bêtise s'en mêle une jeune fille est poussé au suicide par les ragots....
    Que penser de cet homme qui la nuit falsifie ses livres de comptes non pour cacher des bénéfices mais au contraire pour enfler son chiffre d'affaire par crainte de voir son entreprise désignée comme inutile.

    Pas de grand plaidoyer, c'est à travers des scènes de la vie quotidienne d'une ville sans nom que l'on voit petit à petit se mettre en place le système qui broie les individus, qui les rend lâches, qui les pousse à l'indifférence coupable ou à la résistance héroïque. La délation devient la règle, la bêtise est récompensée,
    Pasteur, professeur d'université, médecin, tous les citoyens sont soumis au même dilemme, sont tentés par la même lâcheté.

    Une préface et une post-face présentent très bien les circonstances dans lesquelles fut écrit ce livre, le parcours de son édition. Il est traduit pour la première fois en français.


    Lien : http://asautsetagambades.hautetfort.com/archive/2012/01/30/quand-les..
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    • Livres 2.00/5
    Par majolo, le 20 novembre 2012

    majolo
    Dans le cas de ce livre, ma note n'est pas significative. En effet, je ne l'ai pas lu en intégralité. J'ai lu les premiers chapitres, puis le reste en diagonale. le propos est évidemment intéressant et même essentiel: il s'agit de nous expliquer les mécaniques mis en place par le régime nazi pour contrôler toute la société allemande, mais aussi de nous montrer qu'il y eut des rébellions parmi le peuple allemand. Des gens simples, pas des héros, mais de simples citoyens qui petit à petit ont saisi l'horreur et l'absurdité de ce qu'on leur imposait et qui ont agi.
    C'est important que cet aspect de l'Histoire soit dit. le poids des mots et du langage sont tout à fait mis en évidence.
    Mais je dois dire que j'ai trouvé la lecture un peu fastidieuse et le rythme un peu pesant. C'est un un documentaire historique et non une œuvre romanesque. Cette forme qui lui confère une certaine froideur.
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    • Livres 4.00/5
    Par Flodopas78, le 12 janvier 2013

    Flodopas78
    Le livre d'Erika Mann, fille de l'écrivain allemand Thomas Mann, est publié en 1940 aux Etats-Unis où elle vit en exil. Ce cycle d'histoires sur la vie quotidienne d' une ville provinciale allemande entre 1935 et 1939, basée sur des faits réels, nous éclaire sur le fonctionnement du nazisme et son emprise sur la population. Désinformation et terreur sont les armes utilisées par le régime. Ici et là, des consciences s'éveillent, s'interrogent et résistent.
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    • Livres 4.00/5
    Par bibliobleue, le 25 novembre 2012

    bibliobleue
    Ce texte édité en 1940 est bien plus qu'un roman. C'est un document exceptionnel écrit par la fille du célèbre Thomas Mann. Il met la lumière sur une dizaine de tranches de vies, juste avant la guerre, en Allemagne, dans un quotidien étroitement lié au nazisme. Il est industriel, prof, journaliste, médecin, pasteur, paysan, ... Elle est secrétaire, mère de famille... Ils sont un couple d'amoureux ... La vie pourrait être si simple, mais la propagande engendre la peur, la lâcheté ou la résistance.
    Erika Mann précise que les crimes et les martyrs ne sont pas la règle, mais des exceptions, autant sous le Troisième Reich qu'ailleurs.
    Les destins croisés de ces êtres "normaux" est décrit d'une manière très simple et lorsque le totalitarisme pointe son ombre, alors, les mots les plus justes plongent le lecteur dans l'effroi de la suggestion, du non-dit.
    Un livre qui fait froid dans le dos, certes, mais indispensable au devoir de souvenir.


    Lien : http://bibliobleu.blogspot.fr/
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Citations et extraits

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  • Par kathel, le 09 décembre 2012

    Je ne suis pas juif, murmura-t-il et il sursauta lorsque ses lèvres effleurèrent son poignet, et je ne suis pas non plus communiste, ni traître à ma patrie, et pourtant on veut m’anéantir. Pourquoi ?
    Ce n’est pas lui qui répondit, mais sa raison, au travail derrière son front : parce que la rationalisation de l’industrie allemande, conduite sur le schéma du réarmement national n’évalue les branches de l’industrie que selon leur valeur militaire, et parce que toutes ces branches de l’industrie, qui ne servent ni la militarisation du pays, ni l’entière autarcie économique, doivent être éliminées sans pitié.
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  • Par ivredelivres, le 26 février 2012

    a vie dans notre ville suivait son cours. La vieille place du marché aux maisons colorées encerclant la statue équestre,n’avait pas changé au cours des siècles. Au visiteur de passage s’offrait un tableau paisible et envoûtant.

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  • Par art-bsurde, le 19 décembre 2013

    Ses rêves,confus et entremêlés,se succédaient : un chien indigné aboyait des chiffres ; une femme,fabuleusement vielle et de taille gigantesque,tenait une lance d'incendie ; une homme,en uniforme de chauffeur,était enfoncé jusqu'au menton dans une tranchée,tandis que les balles sifflaient à ses oreilles.Un charmant village de montagne,de la taille d'un jouet,s'offrait à la vue de l'étranger lorsqu'une main immense s'éleva et le recouvrit.De l'étoffe rouge que la main avait étendue sur le village s'éleva une croix gammée,noire,épaisse,volumineuse,gigantesque,qui se transforma en un point d'interrogation.Et de nouveau le chien aboya des chiffres...
    L'étranger enfouit son visage dans l'oreiller.Il gémit dans son sommeil.


    " Notre ville "
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  • Par Flodopas78, le 12 janvier 2013

    Jusqu'à ces jours de novembre de l'année 1938, il ne s'était, hormis pour quelques conflits intérieurs occasionnels, jamais senti en contradiction avec les ordres du gouvernement. Il savait, bien sûr, que certaines de ses actions s'éloignaient de l'esprit du gouvernement, mais il s'était toujours tenu avec rigueur aux prescriptions. Ses supérieurs le soutenaient ; ils l'avaient promu ; ils lui avaient conféré du pouvoir. Mais il n'avait pas réalisé quel pouvoir il avait de faire le Bien et le Mal. Jusqu'à ce qu'il lise les ordres qui, le 10 novembre, lançaient l'"action contre les Juifs".
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  • Par bibliobleue, le 25 novembre 2012

    Hormis la musique somnolente de la fontaine dans la cour, on n'entendit pas le moindre bruit, lorsque le professeur, dans une attitude de fierté, sortit de l'amphithéâtre.

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