La locataire est un étrange récit, surprenant quant à la multiplicité des émotions provoquées. Servie par un rythme très particulier, l'atmosphère de cette histoire est à plus d'un titre oppressante.
Au commencement, après lecture de la jaquette et des premières pages, un sentiment jubilatoire vous envahit. La noirceur latente laisse supposer une évolution délicieusement grinçante où tout va rapidement tourner au vinaigre. Mais, au fil des pages, le rythme semble s'essouffler, va même jusqu'à agacer tant on a le sentiment d'être floué, que la promesse ne va pas être tenue et qu'il s'agit en fait d'une histoire gentillette. Entendons-nous bien, je n'ai rien contre ce que l'on appelle la happy end, mais ce n'est pas du tout ce à quoi l'on s'attend à la lecture de la présentation de l'éditeur. Et, effectivement, ce n'est nullement le cas. Après vous avoir ménagé - un peu longuement -, l'auteur opère une volte-face pour mieux vous maltraiter. Enfin ! dit le lecteur masochiste.
Les personnages, multiples, sont tous plus dérangeants les uns que les autres et leur ambiguïté entraîne une oscillation permanente sur les sentiments que l'on nourrit à leur égard. Difficile de fait de s'attacher à eux et pourtant, on le veut ce fin mot de l'histoire. Entre couples au bord de la rupture, enfants paumés et aliénés divers et variés, les situations aussi absurdes que glaçantes ne manquent pas. Et le final est mené tambour battant pour mieux vous laisser pantois, groggy. Aux allergiques des ambiances dérangeantes et des finals qui laissent place au questionnement, passez votre chemin. Pour les autres, si
La locataire n'est pas le meilleur du genre, il est très correct et suffisamment atypique pour mériter l'intérêt.
S'il peut se lire indépendamment, il est à noter qu'il fait suite à C'est tous les jours la fête des mères narrant le rapport d'un des personnages centraux, Muriel Saxton, à sa mère tyrannique.
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