ISBN : 284876189X
Éditeur : Philippe Rey (2011)


Note moyenne : 3.17/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres

Aujourd’hui, en Inde, on ne dit plus « intouchable » mais dalit. Un mot, toutefois, suffit-il à changer la donne ? Ce n’est pas l’avis d’Ayyan. D’un côté, du sien, une pièce minuscule ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Missbouquin, le 22 octobre 2011

    Missbouquin
    Ce roman navigue entre deux mondes : celui d'Ayyan, un dalit qui travaille comme secrétaire dans un Institut de recherche et qui aspire à une meilleure vie à la fois pour lui et pour son fils, Adi, qualifié de petit génie mais qui est finalement un enfant normal se laissant emporter par le jeu dangereux de son père visant à lui assurer une plus belle place dans la société ; et celui des savants de l'Institut, des brahmanes (la "caste" indienne supérieure) qui se chicanent autour de la recherche de vie extraterrestre, et dont les luttes de pouvoir sont innombrables.
    Il est difficile en réalité de résumer ce livre en quelques lignes, tant l'intrigue est riche et tant l'entremêlement des histoires de tous les personnages peut paraître complexe. On y trouve de tout : de la science; de l'ambition; de l'amour et un adultère; une supercherie extraordinaire, etc. En bref, une subtile comédie humaine, une danse jubilatoire entre tous les aléas et écueils de la vie, qui donne à ce roman un souffle très particulier.
    J'ai eu un peu de mal à accrocher à ce roman, peut-être en partie car je ne lisais au départ que quelques pages par soir. Mais s'il met quand même du temps à démarrer, à nous "séduire", la deuxième moitié est bien plus entraînante, plus dynamique et c'est grâce à elle que je finis par avoir un avis positif sur ce livre ! Car il est vrai qu'au début, je ne savais pas vraiment où il voulait en venir, et je n'étais d'ailleurs même pas sûre qu'il le savait lui-même ... mais en fait la première partie est une véritable préparation du feu d'artifice qui explose dans la deuxième moitié du livre. Comme s'il avait patiemment tissé tous les fils, lentement, et qu'ils se démelaient brusquement en une véritable apothéose d'intelligence (celle d'Ayyan Mani), de subtilité (de la part de l'auteur) et de soulagement (de la part du lecteur). Manu Joseph se montre ici un maître incontestable de la narration.
    Dans un style fluide et plaisant, il nous livre un roman extrêmement riche, qui aborde de très nombreux thèmes, et qui invitent à la réflexion (et pas seulement sur la société indienne, mais aussi sur les mécanismes qui régissent toutes les sociétés; sur les erreurs et les petitesses humaines qui sont hélas universelles). Avec ironie et vivacité, il s'attaque au système des castes, nous offrant un conte satirique savoureux.
    - La plus grande partie du roman nous éclaire sur la situation des dalit (qui signifie "opprimé" et remplace celui d'"intouchable", montrant ainsi une certaine évolution des mentalités ...) en Inde, qui, si elle s'est améliorée ces dernières années, reste encore marquée par les profonds préjugés et fractures qui hantent la société indienne. On le voit bien évidemment par la relation entre Ayyan et les brahmanes de l'Institut, pour qui il est invisible, sauf quand son fils est qualifié de génie : alors, pour eux, ce serait une grande perte que de le laisser entre des mains dalit ... La scène la plus cruciale passe pourtant presque inaperçue : lorsque les brahmanes critiquent les dalit, mais aussi les femmes, etc. faisant preuve d'un racisme grossier et peu digne de soi-disant intellectuels. Et pourtant c'est cette scène qui va déterminer la fin du roman ...
    - L'histoire d'un homme, Ayyan Mani, qui est d'une rare intelligence mais non exploitée, cantonné comme il l'est dans sa "caste" (castes qui n'existent plus officiellement ...). Sa peur de voir son fils suivre le même chemin, alors qu'il est aussi intelligent, mène en réalité toute l'intrigue. C'est le personnage pivot, qui domine les autres, y compris les brahmanes, jusqu'à la dernière page. Certes au départ il est un peu antipathique, très amer quand à la vie qu'il mène. Mais en réalité cette amertume laisse place rapidement à une lucidité féroce vis-à-vis de la société indienne. Il est conscient de la manière dont les brahmanes le traite, mais au fond de lui, il se moque d'eux et va prouver à la fin qu'il a bien plus de valeur que ces scientifiques enfermés dans leur tour d'ivoire. Entre espoir d'une vie meilleure, espiéglerie et fatalisme, Ayyan montre que le destin n'est pas écrit par avance mais qu'un petit grain de sable peut tout changer.
    - L'histoire d'un autre homme, Arvind Acharya, directeur de l'Institut, que l'on suit par le regard d'Ayyan, son secrétaire, qui l'espionne constamment. Un homme qui va se laisser emporter vers l'adultère, au départ détail infime mais qui va se transformer en un véritable ras-de-marée et emporter tout ce qui compte pour lui ... Même si je n'ai pu m'empêcher de ressentir du mépris pour lui qui est persuadé qu'il existe des bactéries extraterrestres dans l'espace et lancer un Ballon pour tenter de les attraper.
    Ce qui est fort finalement dans ce livre est le décalage entre ces deux personnages, qui sont centraux, dans leur vie, leurs préoccupations, leurs ambitions.
    Certains aspects de l'Inde ne sont qu'évoqués mais ils ne passent pas inaperçus :
    - Un thème abordé en passant : l'immolation des femmes par leurs maris. Sans s'y attarder, mais sans cacher non plus la réalité, Manu Joseph l'évoque "juste" en passant. Tout comme la pression exercée par Mère Chasteté pour tenter de convertir Ayyan au catholicisme...
    C'est donc par petites touches que procède l'auteur pour finalement nous brosser un panorama gigantesque, précis et extrêmement efficace de l'Inde d'aujourd'hui. Une Inde qui oscille entre tradition et modernité; entre croyances populaires et savoirs scientifiques; sur laquelle se promène le regard dur, sans concession, de Manu Joseph.
    Dans tous les cas, il fera partie d'un de ces romans qu'il faut lire plusieurs pour en comprendre tous les sens et en apprécier pleinement la richesse. Indispensable pour appréhender l'Inde d'aujourd'hui.
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par emeralda, le 06 juin 2011

    emeralda
    L'Inde est un pays qui m'est totalement inconnu et c'est par le biais d'Ayyan ainsi qu'avec les autres protagonistes de ce premier roman étranger que j'ai pu découvrir, un peu au-delà des clichés, une société qui se veut de plus en plus occidentalisée, mais encore largement engluée dans ses traditions et son passé.
    Exotisme, dépaysement, mais l'ensemble est tout sauf low-cost ! Ayyan, notre guide principal, ne veut point se brader, il a conscience de sa valeur et de celle de son fils, Adi (qualifié de petit génie et enfant handicapé car sourd d'une oreille). On ne peut pas vraiment lui donner tort car le système des castes ainsi que la loterie des naissances ont bloqué le chemin de la réussite à trop de véritables hommes et femmes, si ce n'est de génie, de qualité tout au moins. Il est temps de réparer les injustices, de remettre les éléments à leur juste place, d'être enfin lucide et clairvoyant. Enfin tout ceci est assez facile sur le papier car dans les faits, c'est autrement plus complexe.
    L'homme n'est pas bon par nature, du moins, ses actes de manière générale ne le laisse pas vraiment supposer même si les bonnes volontés ne manquent pas non plus. Disons donc que Manu Joseph résume cela assez bien en écrivant : "Car ce que tout homme voulait vraiment, c'était être plus important que son voisin."
    Il ne faut surtout pas être du côté des loosers ! Cependant Ayyan, trop porté par ses griefs de petit secrétaire est allé loin, très loin ! Il aurait dû stopper sa machine infernale bien plus tôt, mais il n'a pu s'y résoudre et a tenté sa chance jusqu'au bout.
    A trop vouloir changer le court des évènements, on risque fort de se faire dépasser par ces derniers. Reste pourtant qu'un retour à la "normalité" peut être insupportable. Pire que la mort ! L'immobilité n'est-elle pas plus terrible encore que la fuite en avant sans contrôle ? Question de perception et de tempérament sans doute. A vous de voir où vous vous situez.
    Comme dans la vraie vie, on oscille dans ce texte entre le sordide, la joie, la légèreté, l'intelligence, la bêtise, la beauté, la laideur… etc. C'est la comédie humaine version indienne bien loin de Bollywood, de ses paillettes, de ses chansons, de ses histoires d'amour qui se terminent en véritables contes de fées.
    Cet ouvrage se lit aisément, avec plaisir et pour un premier roman, on se dit que voici un auteur plein de promesses. Il a gardé la simplicité du style journalistique, mais c'est assez étoffé pour que l'on parle alors de littérature. Un juste compromis.
    J'ai aimé le regard d'Ayyan (mais aussi celui des autres protagonistes qui prennent le récit en main tour à tour) qui n'est pas toujours tendre (loin de là même) avec ses semblables alors que lui-même n'est point parfait. C'est tout au moins comme cela que je l'ai perçu.
    "L'Homme est un loup pour l'Homme" et ce que l'on découvre à travers les sites, les lieux où évoluent les protagonistes de ce récit, ne contredit pas cette expression. Chacun tirant la couverture à soi. Ces luttes intestines sont risibles, ridicules, mesquines et inutiles. C'est contre productif et pourtant banal. Je trouve que l'on touche là quelque chose de plus global et que l'on ne peut pas seulement appliquer à l'Inde. C'est d'ordre planétaire. le monde marche sur la tête et il serait temps d'y remettre de l'ordre.
    Dans "Les savants", on aborde des sujets graves comme les épouses immolées par leurs époux. Pratique d'une cruauté sans nom !!!! Comment cela peut être encore possible de nos jours ?!!!!! Manu Joseph ne s'y attarde pas vraiment, mais ne cache pas cette réalité. C'est mieux que de la passer sous silence même si c'est très peu. Cela tranche encore un peu plus avec Bollywood. D'ailleurs au fil de la lecture, ce ne sera pas le seul détail noir qui entachera la belle carte postale et c'est tant mieux. On ne vit pas au pays des Bisounours.
    La religion sera assez présente et si pour une fois, on se tiendra un peu éloigné des fanatiques (encore que), nous aurons l'occasion de voir que pour obtenir des conversions, on n'hésite pas à faire miroiter les avantages financiers liés à telle ou telle confession. L'argent est le nerf de la guerre, mais doit-on brader pour autant Dieu, sa foi et tout le reste ?
    Dans ce roman, on évolue dans un autre pays que l'on ne connait pas forcément (du moins, moi, je ne le connaissais pas plus que cela) et dans le milieu scientifique, mais je vous rassure immédiatement, on n'a nul besoin d'avoir bac+12 ou d'être un génie des mathématiques ou de la physique pour tout comprendre. Manu Joseph nous offre là des portraits humains façonnés par les traditions, mais également par des courants plus modernes, plus contemporains, plus occidentaux (vive la mondialisation) et donc il y a des télescopages. C'est à la fois un récit exotique et familier, chaud et froid, sucré et salé que je vous invite à découvrir fin août 2011 lors de sa sortie. Vous devriez y trouver votre bonheur.

    Lien : http://espace-temps-libre.blogspot.com/2011/06/les-savants-de-manu-j..
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    • Livres 4.00/5
    Par gweniz, le 28 septembre 2011

    gweniz
    Un bon livre. Qui a mis un peu de temps à décoller, mais que j'ai lu avec plaisir toute la 2e moitié du roman. Une histoire très sympa avec un personnage principal, Ayyan, qui sait bien mener son monde sous des airs modestes et sympathiques. Une belle fable d'un personnage voulant s'extraire de sa condition d' intouchable, qui nous décrit les mentalités particulières profondément ancrées par le système des castes dans l'Inde actuelle .
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    • Livres 3.00/5
    Par Readingintherain, le 03 juillet 2011

    Readingintherain
    Voilà un livre voyageur qui, grâce à Praline, est venu se déposer dans ma PAL pour continuer l'expérience de la rentrée littéraire à venir. Je ne suis pas vraiment capable de dire si je l'aurais lu autrement, car l'a couverture m'attire et me déplaît en même temps. Un reste de haine des maths, probablement. Tout au long du roman, Manu Joseph essaye de montrer le scandale que reste encore aujourd'hui le système de castes en Inde, en prenant le point de vue d'un dalit qui hait les brahmanes et qui cherche à tout prix un moyen de les humilier, dusse-t'il pour cela utiliser son fils assez vilement pour le faire passer pour un surdoué. Autour de cet homme vont se nouer des intrigues aussi différentes qu'un adultère, un scandale scientifique ou la recherche de signaux extraterrestres.
    J'avais assez envie d'apprécier ce roman qui m'arrivait très chaudement recommandé, mais au final je pense qu'il a souffert de la comparaison avec Les Ombres de Kittur (à paraître chez Buchet-Chastel, je vous en parlerai au moment de la sortie). Autant Kittur est dur, sans concession, rapide, autant j'ai trouvé que Les savants se traînait paresseusement et était finalement assez peu… je ne sais pas, le terme n'est pas trépidant, mais je dois dire que je n'avais pas envie de me jeter dessus dès ma montée dans le bus ou dès mon retour à la maison. J'ai mis longtemps à le lire parce que fondamentalement je m'ennuyais, même si j'avais envie de connaître la suite de l'histoire.
    C'est pourtant plutôt bien écrit, mais c'est probablement trop statique à mon goût, j'ai besoin de plus de mouvement et moins de nonchalance.

    Lien : http://www.readingintherain.com/2011/07/les-savants-–-m-joseph/
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    • Livres 2.00/5
    Par wakinasimba, le 17 octobre 2011

    wakinasimba
    Contrairement à ce que laisse entendre le résumé, du "petit génie", il en est peu question. En revanche, je dirai que les jeux de pouvoir au sein de l'Institut son le thème principal de ce roman.
    Sans oublier l'histoire d'amour adultère entre la seule femme de l'Institut et le directeur, sans oublier la Mère Chasteté qui tente de convertir Ayyan au catholiscisme pour que son fils puisse avoir la scolarité gratuite dans son établissement scolaire.
    Certe, ce roman est intéressant par ce qu'il décrit de l'Inde (différences toujours actives entre brahmanes et dalits, place de la femme).
    Mais je me suis ennuyée dans les querelles des scientifiques qui prétendent, pour les uns que les extra-terrestres existent, et pour les autres que le Big-Bang n'a jamais existé (ou peut-être est-ce l'inverse, je ne sais plus).
    Et puis je suis toujours aussi hermétique à l'humour indien. Tant pis pour moi...
    Ceci dit, les stratagèmes que met en place le père pour faire passer son fils pour un génie tiennent eux, du génie, et les retournements de situations sont cocasses, à la fin.
    Mais je ne pense pas garder longtemps souvenir de cette lecture.
    L'image que je retiendrai :
    Celle du père et du fils assis sur un banc de béton rose (en souvenir d'un memebre du Rotary Club) sur le bord de mer de Worli.


    Lien : http://motamots.canalblog.com/archives/2011/09/18/22058943.html
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Citations et extraits

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  • Par Plenumvallis, le 08 décembre 2011

    Toute sa vie il avait tenté de dissimuler les tourments d'une expérience enfantine paranormale...
    Sa réputation ayant volé en éclat, en fait, il était libéré.
    Car c'est nous-mêmes qui accordons à autrui le pouvoir de nous humilier.
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  • Par emeralda, le 06 juin 2011

    Car ce que tout homme voulait vraiment, c'était être plus important que son voisin
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