> Mario Meunier (Éditeur scientifique)

ISBN : 2080700162
Éditeur : Flammarion (1999)


Note moyenne : 4.29/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres
On sent en soi-même un plaisir secret lorsqu'on parle de cet empereur ; on ne peut lire sa vie sans une espèce d'attendrissement ; tel est l'effet qu'elle produit qu'on a meilleure opinion de soi-même, parce qu'on a meilleure opinion des hommes.

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Critiques et avis(3)

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  • Par annie, le 17 mars 2009

    annie
    Apport philosophique :
    "Réfléchis souvent à l'enchaînement de toutes choses dans le monde et à leurs rapports réciproques, elles sont pourrait-on dire entrelacées les unes aux autres et, partant, ont les unes pour les autres une mutuelle amitié, et cela en vertu de la connexion qui l'entraîne et de l'unité de la matière" écrit Marc-Aurèle dans Pensées pour moi-même (VI, 38).
    Il semble que l'empereur philosophe avait déjà saisi de manière plus conceptuelle que physique ce que Einstein démontrera bien plus tard : "Toutes forces, tout mouvement, toutes dimensions, toutes caractéristiques matérielles sont relatives et participent à une unité : l'univers."

    Marc-Aurèle s'inscrit dans un "stoïcisme abouti". Qu'entendons nous par là ? Nous signifions que l'empereur avait suffisamment intégré l'enseignement d'Epictète, Sénèque et Zénon pour prolonger avec adresse la connaissance de cette maîtrise des passions que formule l'enseignement du stoïcisme.
    La reconnaissance de l'harmonie du pneuma, de ce souffle chaud qui traverse notre être pour le mener vers le mouvement de la vie et de son équilibre avec le destin n'implique aucun fatalisme mais demande une certaine pratique.
    C'est à cette art praxis que s'exerce Marc-Aurèle. C'est de lui, en effet, que nous tenons "cette matière pour la conduite", éthique en réalité très éloignée de l'aspect manichéen qu'impose souvent la morale collective, éthique proche au contraire d'un juste discernement dans nos actes : "la meilleure manière de se venger, c'est ne pas se rendre semblable à ceux qui t'ont fait mal".
    Marc-Aurèle aura toujours à cœur de reconnaître au sein de la complexité des relations humaines et des formations même physiques ce que l'homme peut apporter en termes d'équilibre autant pour lui-même que pour le monde. La conduite s'inscrit donc dans une dynamique qui dépasse l'être humain afin de se lier plus étroitement à l'harmonie d'un seul et même monde : "Toutes choses sont liées entre elles et d'un nœud sacré, et il n'y a presque rien qui n'ait ses relations. Tous les êtres sont coordonnés ensemble, tous concourent à l'harmonie du même monde"
    L'entendement de l'empereur philosophe vient donc promettre un certain accord entre ce qu'il nomme "le génie (ou démon) intérieur", la possibilité d'appréhender la nature par la création, et ce que la nature à son tour crée et détermine. De cette relation naît une certaine sagesse et manière de vivre, une idée de ce que peut apporter l'univers à l'individu comme ce que l'individu peut apporter à l'univers : "Souviens-toi de la matière universelle dont tu es une si mince partie; de la durée sans fin dont il t'a été assigné un moment si court, et comme un point; enfin de la destinée dont tu es une part et quelle part !".
    L'empereur philosophe confronte ses obligations politiques avec les valeurs que ses maîtres stoïciens lui ont enseignées, mais aussi avec d'autres références : l'apport philosophique de Platon, Épicure, Démocrite, Héraclite. C'est en ce sens que les textes de Marc Aurèle gardent un intérêt certain. Ils mettent effectivement en exergue une justesse éthique au sein d'une politique où l'art de décider doit toujours s'articuler à cette interrogation : veux-tu le pouvoir pour le pouvoir ou l'exercice du pouvoir ? Autrement dit, ton ambition est-elle d'obtenir la puissance, ou d'être capable à travers elle de réfléchir, dire et agir afin qu'un chemin vertueux soit tracé pour la cité ?

    statue de Marc Aurèle, jardins de VersaillesLoin d'être simple à mettre en pratique, cette interrogation souligne le souci d'un empereur qui, détenant le pouvoir suprême, continue à s'interroger sur ses propres motivations et intentions plus enfouies. C'est une leçon que, sans aucun doute, beaucoup d'hommes politiques devraient méditer à l'heure actuelle.
    Le fait de s'arrêter de polémiquer pour se demander si ce que l'on essaie de créer relève d'une certaine 'bonté' et d'un désir d'aider ou d'une ambition toute personnelle implique l'homme politique à se recentrer et marquer un temps nécessaire dans sa prise de décision.
    Marc Aurèle souligne tout au long de ses écrits les plus hautes valeurs de l'être humain : Sagesse, Justice, Courage et Tempérance, qui depuis Platon sont les quatre vertus principales du Philosophe, celles qui assurent la cohérence et la force des actions de ce dernier.
    L'originalité de son œuvre réside dans le ton personnel des "Pensées pour moi-même", qui témoigne d'une attention aiguë à l'urgence de "vivre pour le bien", c'est-à-dire vivre dignement dans un monde plein de troubles, à l'urgence d'accomplir son rôle d'homme possesseur d'un "génie intérieur" : forme d'intelligence pour situer la raison et élever son jugement.
    La précarité de l'existence humaine, la fugacité du temps, de la mémoire, qui engloutit tous les hommes, grands ou petits, dans l'oubli et la mort; la petitesse de l'homme et de la terre dans l'infini de l'univers : tels sont les grands thèmes de la philosophie de Marc Aurèle.
    Cette insistance si moderne n'a rien de tragique car l'homme a sa place dans cet univers où chaque être est situé de façon ordonnée. Par son "génie intérieur", son esprit raisonnable (il ne s'agit pas encore de rationalité), l'homme participe de ce cosmos divin. Il comprend son éternelle transformation.
    Cette vision élimine donc la peur de la mort qui n'est pas anéantissement mais changement, renouvellement de l'univers. Il faut donc accepter sereinement cet événement naturel. le but de l'homme est alors de vivre dignement le présent, de jouer son rôle qui est d'être utile au bien commun, car tous les hommes sont liés à la nature : "Que l'avenir ne te trouble pas car tu viendras à lui, quand il le faudra, avec la même raison que tu utilises pour les choses présentes".
    Marc-Aurèle manifeste un sens très haut de sa responsabilité dans l'État, et se critique sévèrement lui-même tout en interrogant sans cesse la finalité de l'action politique : "Prend l'habitude autant que possible, de te demander à quelle fin se rapporte cette action, que désire l'homme qui veut agir ?".
    Dans tous les cas, le philosophe insiste très longuement sur l'idée que la vision du Tout, de ses éternelles transformations, élève notre âme. Prendre part à l'équilibre naturel en faisant de sa pensée un moyen pour être en harmonie avec le monde participe à notre propre équilibre.
    "La vision du Tout" va même au delà de cette conception de l'équilibre, elle place l'individu dans un rapport complexe avec l'ensemble de l'univers et l'oblige à penser la multiplicité des relations entre un homme et "la totalité de l'existence" (ce qui implique toute vie mais aussi toute durée). C'est pourquoi le destin ne nous est pas si étranger. Certes, il peut parfois nous dominer mais il n'existe pas sans ses "acteurs" et les hommes en font partie.
    Cette vision du tout élimine les fausses représentations, les passions (au sens de la souffrance), en particulier l'ambition, l'orgueil, la colère, et nous amène à être modestes, justes et bienveillants envers chaque homme, notre égal en tant qu'être raisonnable et sociable, qu'il faut écouter en "entrant dans son âme".
    L'homme qui suit la raison en tout est "tranquille et décidé à la fois, radieux et en même temps consistant". En ce sens, l'empereur était un précurseur du siècle des Lumières spécifiant (comme Kant) la Raison comme meilleur guide pour la compréhension et le jugement de l'être humain.
    La raison humaine qui est donc "génie intérieur" de l'homme devient cette parcelle de la finalité universelle divine qui est providence et à laquelle l'homme doit agréer car il est, nous l'avons compris, comme une partie dans un tout particulièrement significatif.
    L'originalité et la modernité de la pensée de Marc-Aurèle réside également dans la distinction radicale et déjà "cartésienne" (anachronisme voulu) de l'intelligence humaine, non seulement d'avec le corps, mais aussi d'avec l'âme d'essence matérielle. C'est d'ailleurs à partir de cette conception physique que l'empereur philosophe parle ensuite de ses considérations éthiques qui sont : "principe des fonctions vitales, maîtrise des passions" et "marque de l'esprit du temps".
    Marc-Aurèle se considère comme un "progressant", c'est-à-dire comme celui qui progresse peu à peu sur le chemin de l'ordre universel en vivant justement selon la nature, mais aussi celui qui détient son directeur de conscience toujours confronté à la dure réalité des évènements. Par conséquent, l'exigence stoïcienne face aux décisions que l'homme doit prendre va en progressant et ne saurait atteindre totalement la perfection mais seulement une certaine sérénité : l'ataraxie.
    Ainsi le bonheur est possible dans ce qui rend la nature contente d'elle-même et il ne dépend d'aucun bien extérieur mais d'un état d'esprit où l'individu se sent sensiblement capable d'être en paix avec lui-même et avec le monde. De là, il faut suivre son "génie intérieur" et ne considérer comme bien et mal que ce qui dépend de nous car, en réalité, l'on ne peut juger véritablement et avec justice que sa propre conduite.
    Ce souci éthique d'une "morale individuelle désirée" et naturellement articulée à la collectivité semble être l'apport majeur de la philosophie de Marc-Aurèle.
    Il est également central de rappeler l'importance d'une notion chère à l'empereur: l'harmonie, la potentialité d'adjoindre aux manifestations incertaines de l'existence individuelle ou collective, un équilibre menant à une part relative de stabilité, elle-même nous laissant la possibilité de comprendre la nature et de réfléchir sur notre conduite.
    Si le philosophe stoïcien souligne l'impact de cette harmonie tout en signifiant le propre, selon lui, de la justesse éthique, ce n'est que pour asseoir davantage son interrogation plus profonde de l'universalité, de ce qui, comme il le précise souvent dans ses Pensées, est marqué par le sceau d'une intrication perpétuelle, c'est-à-dire par la présence constante du lien qui unit chaque élément à tous les autres. Marc-Aurèle est un penseur de la liaison, d'une relativité de liens s'inscrivant dans l'absolu d'une unification donnant sens à nos actions.
    Nombre de philosophes ont été et sont encore influencés par la vision très moderne et à la fois antique de Marc-Aurèle et beaucoup ont vu en lui un apport pragmatique et avant tout une justesse dans l'affirmation et l'action, c'est-à-dire dans les deux manières de décider et de garder sa détermination.
    La philosophie de Marc-Aurèle n'est pas un système, et si elle n'est pas très complexe, elle demeure cependant fondamentale pour toute construction éthique.
    source : wikipédia

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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  • Par annie, le 17 mars 2009

    annie
    Marc Aurèle (26 avril 121 à Rome - 17 mars 180, probablement à Vindobona) est un empereur romain, ainsi qu'un philosophe stoïcien.
    Marc Aurèle était un stoïcien, ses maîtres à penser furent tous des représentants du Portique : Épictète, Apollonius de Chalcédoine, Sextus de Chéronée. De cet héritage, il fit une philosophie pratique de la vie qu'il exposa dans son unique ouvrage « Pensées pour moi-même ».
    A travers les douze livres qui composent les Pensées, plusieurs thèmes, souvent sous forme de maximes récurrentes. On a ainsi:
    Toutes les choses participent d'un Tout (qu'il nomme parfois L'Un, Dieu, Nature, Substance, Loi, Raison). Nous, les hommes, sommes des parties de ce Tout.
    Nous devons vivre selon la Nature, c'est-à-dire en suivant la Loi de la Nature et celle-ci procède de la Providence, donc tout ce qui arrive est nécessaire et utile au monde universel, dont tu fais partie (Livre II).
    Cela veut dire aussi vivre en conformité avec la Nature de l'homme qui est raisonnable et sociable. Il faut tendre vers ce qui est utile et bien approprié à la communauté (Livre VII)
    La mort fait partie de la Nature, car tout change, tout se transforme, tout, depuis l'éternité, semblablement se produit et se reproduira sous d'autres formes semblables à l'infini (Livre IX).
    Ce qui importe c'est le présent, ce n'est ni le futur, ni le passé qui te sont à charge, mais toujours le présent.
    source : wikipédia

    Lien : http://mazel-livres.blogspot.com/
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    • Livres 3.00/5
    Par Piling, le 13 juin 2009

    Piling
    Marc-Aurèle très souvent casse-pied, un peu lourd, un peu rabâcheur dans ses raisonnements et ses exhortations à la discipline avec des arguments parfois un peu tordus, ou tout simplement obtus et comiques, du coup ; les oeillères volontaires :
    "Le repentir est un blâme à soi-même pour avoir négligé quelque chose d'utile. Or, le bien doit être quelque chose d'utile, et l'honnête homme doit en avoir souci. Mais d'autre part, aucun honnête homme ne se blâmerait pour avoir négligé un plaisir. le plaisir n'est donc, ni chose utile, ni bien."

    Lien : http://vitanova.blogspot.com/2009/06/seras-tu-donc-un-jour.html#links
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Citations et extraits

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  • Par brigetoun, le 13 novembre 2009

    Trois choses te composent : le corps, le souffle, l'intelligence. De ces choses, deux sont à toi, en tant seulement qu'il faut que tu en prennes soin. La troisième seule est proprement tienne. Si donc tu bannis de toi-même, c'est-à-dire de ta pensée, tout ce que les autres font ou disent, tout ce que toi-même as fait ou dit, tout ce qui, en tant qu'à venir, te trouble, tout ce qui, indépendamment de ta volonté, appartenant au corps qui t'enveloppe ou au souffle qui t'accompagne , s'attache en outre à toi-même, et tout ce que le tourbillon extérieur entraîne en son circuit, en sorte que ta force intelligente, affranchie de tout ce qui dépend du destin, pure, parfaite, vive par elle-même en pratiquant la justice, en acquiescant à ce qui arrive et en disant la vérité... ; si tu fais de toi-même, comme le dit Empédocle Une sphère parfaite, heureuse de sa stable rodontité ; si tu t"exerces à vivre seulement ce que tu vis, c'est-à-dire le présent, tu pourras vivre tout le temps qui te reste jusqu'à la mort en le passant dans le calme, dans la bienveillance et l'amabilité... difficile de couper le beau rythme de cette pensée.
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  • Par Piling, le 07 juin 2009

    I.- Dès l'aurore, dis-toi par avance : "Je rencontrerai un indiscret, un avare, un envieux, un insociable. Tous ces défauts sont arrivés à ces hommes par leur ignorance des biens et des maux. Pour moi, ayant jugé que la nature du bien est le beau, que celle du mal est le laid, et que la nature du coupable lui-même est d'être mon parent, non par la communauté du sang ou d'une même semence, mais par celle de l'intelligence et d'une même parcelle de la divinité, je ne puis éprouver du dommage de la part d'aucun d'eux, car aucun d'eux ne peut me couvrir de laideur. Je ne puis pas non plus m'irriter contre un parent, ni le prendre en haine, car nous sommes nés pour coopérer, comme les pieds, les mains, les paupières, les deux rangées de dents, celle d'en haut et celle d'en bas. Se comporter en adversaire les uns des autres est contre nature, et c'est agir en adversaire que de témoigner de l'animosité et de l'aversion.
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  • Par Piling, le 07 juin 2009

    XIII.- Rien de plus misérable que l'homme qui tourne autour de tout, qui scrute, comme on dit, "les profondeurs de la terre", qui cherche à deviner ce qui se passe dans les âmes d'autrui, et qui ne sent pas qu'il lui suffit d'être en face du seul génie qui réside en lui, et de l'honorer d'un culte sincère. Ce culte consiste à le conserver pur de passion, d'inconsidération et de mauvaise humeur contre ce qui nous vient des Dieux et des hommes. Ce qui vient des Dieux, en effet, est respectable en raison de leur excellence ; ce qui vient des hommes est digne d'amour, en vertu de notre parenté commune ; digne aussi parfois d'une sorte de pitié, en raison de leur ignorance des biens et des maux, aveuglement non moindre que celui qui nous prive de distinguer le blanc d'avec le noir.
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  • Par brigetoun, le 13 novembre 2009

    Essaie de les persuader... Si, toutefois, quelqu'un a recours à la force pour te contrecarrer, passe à l'aménité et à la sérénité, sers-toi de cet obstacle pour une autre vertu, et souviens-toi que tu ne te portais pas sans réserve à l'action et que tu ne visais pas des choses impossibles. Que voulais-tu donc ? Faire un effort en ce sens. Cet effort, tu l'as fait, et les choses auxquelles nous nous appliquons finissent par arriver
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  • Par Sly, le 29 octobre 2011

    Personne ne se lasse d'être aidé. L'aide est un acte conforme à la nature. Ne te lasse jamais d'en recevoir ni d'en apporter.
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