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Michel Gilot (Préfacier, etc.)
ISBN : 2080700731
Éditeur : Flammarion (1993)

Note moyenne : 3.54/5 (sur 80 notes)
Résumé :
"Le titre que je donne à mes Mémoires annonce ma naissance ; je ne l'ai jamais dissimulée à qui me l'a demandée, et il semble qu'en tout temps Dieu ait récompensé ma franchise là-dessus; car je n'ai pas remarqué qu'en aucune occasion on en ait eu moins d'égard et moins d'estime pour moi.
[...] " "Le récit de mes aventures ne sera pas inutile à ceux qui aiment à s'instruire. Voilà en partie ce qui fait que je les donne; je cherche aussi à m'amuser moi-même."
Critiques, Analyses & Avis (5) Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B25 août 2014
  • Livres 5.00/5
Quel bonheur de lire cette langue dont notre petit français actuel n'est qu'un vestige ! Marivaux, tout en finesse, tout en touches successives, brosse un portrait, non pas tant de son héros, dont on devine dès le titre son devenir, mais bien plutôt de toute la société parisienne dans laquelle il va graviter.
Il n'est évidemment pas usurpé, comme il a déjà été fait, de comparer ce Jacob au Julien Sorel du Rouge Et le Noir car, notre homme tient son ascension dans le monde grâce à l'attrait qu'il exerce sur la gent féminine. Mais là où il y avait un magnétisme de l'esprit chez Stendhal, Marivaux n'hésite pas à ne considérer que le physique, ce qui n'est pas si fréquent à l'époque pour un personnage masculin.
Notre Jacob, fraîchement débarqué de sa Champagne natale, va apprendre les usages à vitesse grand V (du moins c'est ainsi qu'il le raconte bien des années plus tard car le narrateur nous conte son ascension sociale a posteriori) et savoir utiliser ses atours physiques pour obtenir des dames l'amélioration de son quotidien avec un souci de la morale parfois assez peu prononcé.
Ensuite, deuxième et inévitable comparaison moult fois faite, celle avec Les Liaisons Dangereuses. Comment ne pas voir dans le libertinage éhonté de Jacob quelques accents du grand Valmont ? Pourtant, je trouve qu'il y a un tantinet plus du Jacques dans Jacques le Fataliste Et Son Maître que du Valmont dans la façon dont Jacob s'adonne à la question des femmes. Quelque chose de très terre à terre, de très opportuniste, un simple appel du plaisir, plus qu'une recherche de performance ou un challenge.
Quoi qu'il en soit, quel roman savoureux et quel affreux dommage que notre bon Marivaux n'ait pas jugé bon de l'achever car ces cinq premières parties sont tout bonnement succulentes d'ironie, de truculence, de sarcasme parfois. On ne peut probablement pas en dire autant des trois suivantes, fruit d'une autre plume, mais ceci, bien évidemment, n'est que mon avis de paysanne pas revenue, c'est-à-dire, pas grand-chose.
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excalibri
excalibri18 juillet 2015
  • Livres 4.00/5
Je ne connaissais Marivaux qu'en tant que dramaturge, et je dois dire que ce roman a été une belle découverte. Quel plaisir de lire cette langue du XVIIIe siècle ! Malheureusement, c'est une oeuvre inachevée ; quel dommage que Marivaux n'ait pas terminé ce roman. L'histoire est divisée en huit parties, mais seules les cinq premières sont de la plume de Marivaux ; les trois dernières parties, apocryphes, sont beaucoup moins captivantes, on sent que l'auteur qui a achevé le roman a simplement voulu donner une fin à cette histoire, et celle-ci est très prévisible dès la sixième partie, les rebondissements sont bien moins nombreux, les personnages perdent de leur éclat, le style est moins riche... (mais ceci n'est que mon humble avis !)
En bref, j'ai dévoré les cinq premières parties, mais la fin m'a paru longue et moins intéressante. Ayant lu Jacques le fataliste et son maître de Diderot juste avant, j'ai pris beaucoup de plaisir à comparer ces deux lectures, même si le paysan parvenu n'est pas un roman picaresque, ils ont de nombreux point communs. On retrouve au début du Paysan parvenu le fameux thème du valet qui a eu plusieurs maîtres, et, tout au long du roman, la critique sociale (chez Marivaux, toutes les couches de la société en prennent pour leur grade !), ainsi que l'ironie et le pouvoir de séduction de Jacques chez Jacob.
Le Paysan parvenu mériterait d'être plus connu ; c'est un roman à la première personne foisonnant, sous forme de mémoires, qui, mine de rien, nous en dit beaucoup sur l'époque de Marivaux, et au cours duquel le lecteur ne s'ennuie jamais (en ce qui concerne les cinq parties de Marivaux en tout cas).
Une lecture que je conseille à tous les amoureux de la littérature, et du XVIII siècle en particulier.
Lien : http://excalibri.blogspot.fr/2015/07/le-paysan-p..
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Pauline-aime-lire
Pauline-aime-lire31 mai 2012
  • Livres 3.00/5
Roman peu connu du dramaturge Marivaux, le Paysan Parvenu est pourtant un roman très plaisant. Autobiographie fictionnelle, roman d'apprentissage et réflexions philosophiques, ces trois regstres se mêlent pour raconter l'ascension fulgurante du paysan Jacob dans la société parisienne du 18e siècle! le ton du livre rappelle Jacques le fataliste ou Casanova. Sincère, charismatique et plein d'esprit, le héros sait séduire son nouvel entourage- les femmes notamment- et les lecteurs de toutes époques!
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Eliahwyn
Eliahwyn05 mars 2015
  • Livres 4.00/5
Je pense que le résumé a été fait plusieurs fois donc je vais venir directement à la critique, si vous le permettez. Je dois dire que j'ai beaucoup aimé ! Marivaux, que je ne connaissais qu'en tant que dramaturge, et que je n'appréciais que moyennement m'a convaincue en tant que romancier.
Tout en finesse, il nous dresse le portrait de Jacob, fermier provincial, qui va arriver à Paris et s'élever socialement. A côté de cela, c'est une critique de la société, et du beau monde parisien. Quand il nous offre une critique plutôt gentille et naïve dans l'Île aux esclaves, il est presque acerbe dans le Paysan parvenu, surtout dans sa satire anticléricale. L'ironie est partout.
Les traits picaresques que prend parfois le récit lui donne une certaine truculence. On commence avec le schéma presque classique du "valet aux nombreux maîtres" pour arriver à un Julien Sorel du XVIIIe siècle, beaucoup plus sympathique. La ressemblance réside non seulement dans le fait que les deux personnages se servent des femmes pour s'élever sur l'échelle sociale, mais également dans la mesure où tous deux sont plus attirés par "l'aura sociale" de cette femme que par la femme elle-même ; et qu'ils sont tous deux d'une nature calculatrice. ( M'voyez ? )
L'inachèvement du roman est bien déplorable, beaucoup de questions restent en suspens et on aurait aimé savoir jusqu'où Marivaux comptait aller. Trop peu connu, je vous le recommande vivement !
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Laura94
Laura9409 juin 2014
  • Livres 4.00/5
Comment un jeune paysan parvient-il à devenir quelqu'un dans la rigide société parisienne? C'est ce que cherche a nous montrer Marivaux en donnant à son oeuvre la forme d'un mémoire: mémoire de Jacob donc, plus tard nommé M. de la Rive grâce à un mariage qui, s'il ne lui assure pas une richesse certaine, lui permet toutefois d'être en contact avec les hautes sphères de cette société parisienne. Grâce à son courage et sa détermination, il parvient petit à petit à se faire un nom et à devenir quelqu'un. le tout accompagné d'une belle écriture très épurés d'un Marivaux qui, comme dans ses pièces de théâtre, n'en perd jamais son ironie mordante.
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Citations & extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
OrpheaOrphea20 novembre 2010
Je n'en dirais pas tant de celui d'une pieuse, car il y a bien de la différence entre la véritable piété et ce qu'on appelle communément "dévotion".

Les dévots fâchent le monde, et les gens pieux l'édifient ; les premiers n'ont que les lèvres de dévotes, c'est le coeur qui l'est dans les autres ; les dévots vont à l'église simplement pour y aller, pour avoir le plaisir de s'y trouver, et les pieux pour y prier Dieu ; ces derniers ont de l'humilité, les dévots n'en veulent que dans les autres. Les uns sont de vrais serviteurs de Dieu, les autres n'en ont que la contenance. Faire oraison pour se dire "Je la fais" ; porter à l'église des livres de dévotion pour les manier, les ouvrir et les lire; se retirer dans un coin, s'y tapir pour y jouir superbement d'une posture de méditatifs ; s'exciter à des transports pieux, afin de croire qu'on a une âme bien distinguée, si on en attrape; en sentir en effet quelques-uns que l'ardente vanité d'en avoir a fait naître, et que le diable, qui ne les laisse manquer de rien pour les tromper, leur donne ; revenir de là tout gonflé de respect pour soi-même, et d'une orgueilleuse pitié pour les âmes ordinaires ; s'imaginer ensuite qu'on a acquis le droit de se délasser de ses saints exercices par mille petites mollesses qui soutiennent une santé délicate ; tels sont ceux que j'appelle des dévots, de la dévotion desquels le malin esprit a tout le profit, comme on le voit bien.
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OrpheaOrphea20 novembre 2010
J'ai pourtant vu nombre de sots qui n'avaient, et ne connaissaient, point d'autre mérite dans le monde que celui d'être nés nobles, ou dans un rang distingué. Je les entendais mépriser beaucoup de gens qui valaient mieux qu'eux, et cela seulement parce qu'ils n'étaient pas gentilshommes, mais c'est que ces gens qu'ils méprisaient, respectables d'ailleurs par mille bonnes qualités, avaient la faiblesse de rougir eux-mêmes de leur naissance, de la cacher, et de tâcher de s'en donner une qui embrouillât la véritable et qui les mît à couvert du dédain du monde.
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najnajenajnaje19 mars 2013
les dévotes le sont (curieuse), elles se dédommagent des péchés qu'elle ne font pas par le plaisir de savoir les péchés des autres...
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ElianorElianor28 mai 2013
[...] il faut qu'on s'accoutume de bonne heure à me digressions ; je ne sais pas pourtant si j'en ferai de fréquentes, peut-être que oui, peut-être que non ; je ne réponds de rien ; je ne me gênerai ; je conterai ma vie, et si j'y mêle autre chose, c'est que cela se présentera, sans que je le cherche.
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ChristynomisChristynomis27 juillet 2015
Eh ! Mais vous, Monsieur, qui parlez des gens de votre sorte, lui dis-je, de quelle sorte êtes-vous donc ? car le cœur me dit que je vous vaux bien, hormis que j'ai mes cheveux, et vous ceux des autres. Ah ! Oui, dit-il, nous nous valons bien, l'un pour demander à boire, et l'autre pour en apporter : mais ne bougez, je n'ai pas de soif.
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