"Un premier roman en forme de parabole profane" par Dominique Autié
Voilà quelques jours, préparant cet entretien, j'ai dit ici même le plaisir de lecture qu'apporte ce premier roman de
Frédérique Martin : un livre que l'auteur n'a pas formaté aux complaisances du temps. Je joins ma reconnaissance de lecteur à la sienne à l'égard de Didier Periz, qui préside à la destinée des éditions Pleine Page :
Femme vacante compte parmi ces manuscrits pour lesquels un éditeur s'engage, pleinement, ou se désiste – un texte à prendre ou à laisser.
Alice a quitté son mari et ses trois enfants pour suivre un homme. L'histoire ne dure pas. Elle se retrouve seule, déchirée. C'est dans la rencontre avec Adèle et son lourd secret qu'Alice affrontera une réalité – Être amoureuse est différent d'aimer. J'ignore qui, de l'auteur ou de l'éditeur, a écrit ce bref et impeccable texte de prière d'insérer qui figure au dos du livre. Dieu sait combien l'exercice est périlleux, dès lors qu'on renonce à trahir pour vendre. Et tel est bien le redoutable cahier des charges que l'auteur s'est assigné pour se mesurer à l'exercice du roman.
Femme vacante est un beau et fort récit, servi par son écriture, sa construction, sa tenue. J'étais allé à l'essentiel, me semble-t-il, en affirmant d'emblée qu'il s'avère d'une efficacité saisissante, en insistant sur le mérite de
Frédérique Martin d'avoir su hausser à leur dimension humaine, c'est-à-dire universelle, les protagonistes d'un roman singulier.
Écoutons-la : son propos confirme que la beauté de son livre n'est pas fortuite.
Lien : http://blog-dominique.autie.intexte.net/blogs/index.php/2007/09/04/f..