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> Jean Sola (Traducteur)

ISBN : 2290022179
Éditeur : J'ai Lu (2010)


Note moyenne : 4.15/5 (sur 323 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

Le Royaume des Sept Couronnes est sur le point de connaître son plus terrible hiver : par-delà le mur qui garde sa frontière nord, une armée de ténèbres se lève, menaçant de tout détruire sur son passage.

Mais il en faut plus pour refroidir l... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Anielis, le 16 février 2014

    Anielis
    Peu de romans m'ont laissé une impression aussi forte que chacun des tomes du Trône de Fer que j'ai pu lire ; et cette sensation s'accroît à chaque lecture. Après avoir achevé le tome 4, un vague-à-l'âme tenace s'accroche encore à moi et je reste là, flottant entre le regret d'avoir tourné la dernière page et l'impatience de tenir en main le tome 5.
    Mais fi que de mes émotions de lectrice, venons-en plutôt au contenu ! (Et je ne vais pas prendre garde au spoil, donc, que passent leur chemin ceux qui ne veulent point se voir déflorée la substantifique moëlle de l'oeuvre !)
    Comme le précise l'auteur en dernière page, ce tome ne se concentre que sur une poignée de personnages. Que les admirateurs de Tyrion, Daenerys et Jon prennent leur mal en patience : ils devraient être là dans le tome 5. En attendant, nous entrons dans les pensées et les gestes de...
    1. Arya, en quelques passages relativement rares. La Survivante a débarqué dans la fameuse Braavos, cité d'origine, rappelons-le, de son maître d'armes Syrio Forel ainsi que du fameux Jaqen H'Ghar. Là, elle rejoint le temple du dieu Multiface. La petite fille s'endurcit encore, s'il était possible, et tue de sang-froid pour la première fois.
    2. Sa soeur Sansa en a rabattu sur ses prétentions de petite fille gâtée. Désormais aux Eyrié où elle se fait passer pour Alayne, la fille bâtarde de Petyr Baelish, elle apprend l'art de la dissimulation et du mensonge avec son nouveau mentor, tout en se coltinant son cousin dégénéré, Robert Arryn, un gamin on ne peut plus exaspérant. L'assassinat de Lady Lysa ayant laissé Littlefinger à la tête du Val, celui-ci intrigue, toujours admirablement, afin de se faire reconnaître sa place par les féaux du petit héritier. Que veut-il ? La puissance, la fortune et la fille de la femme qui l'a jadis dédaigné ? En attente de voir jusqu'où va aller cet extraordinaire Machiavel.
    3. Sam se voit contraint par son ami et désormais Lord Commandant Jon Snow de partir à Villevieille pour y être formé comme mestre à la Citadelle. Il doit emmener Mestre Aemon (Targaryen) dans ce périlleux voyage, ainsi que Vère, la sauvageonne qu'il a ramené d'au-delà du Mur, et son bébé... Révélations aussi autour de ce personnage, avec un final émouvant, la mort du vieillard, qui s'éteint dans un florilège de prédictions intuitives quant à la suite du roman... et notamment l'avenir de Daenerys, son arrière-arrière... petite-fille.
    4. Les Grejoy se déchirent autour de la succession au trône de Grés, le vieux Balon étant mort en chutant d'un pont lors d'une tempête. Aussi impétueux et impulsifs que des Vikings, les hommes de ce peuple (les femmes ne comptant guère) manifestent également une étrange propension à ne jamais utiliser leur cervelle et à se trouver toujours pris au dépourvu dès que l'un d'entre eux circonvient à cette tradition. Emergent de cette mélasse de gros bourrins abrutis Asha, la fille du défunt et soeur de Theon, fine mouche et qui en a (sans vouloir être vulgaire) et l'Oeil-de-Choucas, un de ses oncles, un peu plus dégrossi que les autres.
    5. Nouveaux venus, les Martell, princes de Dorne... A rappeler, l'épouse du prince Rhaegar Targaryen, qui fut violée par Gregor Clegane puis assassinée tandis que son bébé était fracassé contre un mur, était une Martell. A la fin du tome précédent, son frère, la Vipère Rouge, mourait de la main de la Montagne lors du duel judiciaire devant prouver l'innocence de Tyrion. Suite à ce décès, la principauté est en effervescence. Les filles bâtardes de la Vipère, dites les Aspics des Sables, souhaitent la vengeance, et, dans le même esprit, sa nièce, l'héritière Arianne, complote pour mettre sur le trône de fer Myrcella, la soeur du roi Tommen et la fille de Cersei. Son père, le vieux prince Doran, est-il réellement un lâche comme elle le prétend ou dirige-t-il ses propres fils dans l'ombre ? Révélations en pagaille là aussi...
    6. Cersei la délicieuse... Montée sur le trône, quasiment, car elle ne semble pas décider à lâcher un brin de son autorité à son fils Tommen pour lequel elle exerce la régence, elle dévoile pour le lecteur toute l'étendue de ses capacités. Vous n'allez pas être déçue... de bourde en bourde, la fille de Tywin Lannister, dont elle s'imagine la digne héritière, s'aliène tous ses alliés potentiels, s'entoure d'abrutis pour ne pas risquer de perdre une miette de son pouvoir et finit à force de manigances ignobles par se mettre toute seule dans la situation la plus périlleuse qui soit. Et là, la superbe imbécile appelle au secours...
    7. ... Jaime. Je garde pour la fin les deux personnages qui m'ont le plus fait vibrer. La personnalité du jumeau de Cersei se distingue de plus en plus de celle de sa soeur, jusqu'à en faire quasiment un étranger pour elle. Obsédé par les révélations que lui a faites Tyrion sur les turpitudes de Cersei, le beau blond obéit de mauvaise grâce aux ordres de celle-ci, même s'il réalise qu'elle est en train de les mener dans une impasse (quelques dialogues savoureux vous attendent entre les deux personnages). Il se retrouve à devoir se parjurer contre les Tully, qui sont toujours retranchés dans leur château de Vivesaigues, château que Cersei lui a ordonné de prendre. Comment se sortira-t-il de cette situation, qui met en péril un honneur que tous lui dénie mais qu'il souhaite retrouver ? Et que répondra-t-il à l'appel au secours de sa soeur ?
    7. Brienne, qui lui est pour moi désormais liée, tant les évocations de l'autre émaillent les récits de chacun d'eux. La Pucelle de Torth recherche toujours Sansa Stark pour honorer la promesse qu'a faite Jaime à Catelyn. Au fil de ses inlassables pérégrinations, elle retrouve le brave Pod, souvenez-vous, l'écuyer de Tyrion. Jusqu'où la mènera sa quête ? Ce personnage est pour moi le plus attachant de tous ; il est le pendant féminin de Tyrion, en beaucoup moins roué, celui qui montre à quel point l'apparence compte peu lorsqu'il s'agit de mesurer la valeur d'un être humain. Il est également l'exact contrepoint de Cersei et il n'est pas anodin que Jaime fasse le lien entre ces deux personnages qui, d'ailleurs, se trouvent à la fin de ce tome dans une situation relativement similaire.
    Voilà une bien longue critique alors que n'ont été abordées que les plus grandes lignes de ce roman. Il fourmille par ailleurs, comme toujours, de multiples autres révélations et personnages. La plume du traducteur, tant décriée par d'autres, est égale à celle des autres tomes, c'est-à-dire pour moi un enchantement, car imagée, poétique, précise, descriptive, bref, intensément immersive.
    Le souffle reste intact.
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    • Livres 3.00/5
    Par Luniver, le 19 mai 2013

    Luniver
    Après un tome 3 sensationnel, je m'attendais forcément à une baisse de rythme (sinon le royaume de Westeros aurait été totalement dépeuplé à la moitié de ce quatrième volume). Toutefois, le choix de l'auteur est assez déconcertant, puisque la plupart des personnages-clés sont laissés au placard. À la place, une foule de nouveaux personnages font leur apparition : certains points de vue étaient nécessaires (ce qui se passe à Dorne notamment), mais il faut reconnaître que ces nouveaux arrivants font pâle figure face à leurs prédécesseurs.
    Point de vue intrigues, on a un peu l'impression de tourner un peu en rond : les châteaux qui devaient logiquement tomber tombent, les familles qui devaient logiquement se rallier se rallient ; La quête de Brienne est assez ennuyeuse, puisqu'elle ne rencontre que fausses pistes et personnages secondaires (ou même tertiaires) ; Littlefinger n'a aucun adversaire à sa mesure dans les Éryés.
    Seul point vraiment intéressant, l'évolution de la religion : cantonnée jusque là à un rôle purement décoratif, elle prend enfin de l'ampleur. La guerre civile a jeté des centaines de villageois sur les routes, qui se tournent vers le brigandage ou le fanatisme. Aux guerres politiques vont bientôt se mêler les guerres de religion. de quoi donner l'eau à la bouche !
    Ce tome était peut-être nécessaire, mais on reste sur sa faim : on avance dans intrigues qu'à pas de fourmis et le rythme ne s'accélère vraiment que dans les cent dernières pages. L'auteur nous laisse en plan aux instants cruciaux, alors qu'il justifie ses choix de ses personnages par sa volonté de « ne pas trancher à peu près au milieu [de l'histoire] et de conclure par l'annonce "À suivre" » ! le fourbe !
    ... À suivre !
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    • Livres 4.00/5
    Par Aline1102, le 28 mars 2014

    Aline1102

    Ce quatrième tome de l'Intégrale se compose de trois volumes : le Chaos, Les Sables de Dorne et Un festin pour les corbeaux. Il se concentre uniquement sur une petite partie des très nombreux personnages de la saga, les autres apparaissant dans le cinquième volume de l'Intégrale (dont la sortie en français est normalement prévue pour le mois de juin ; plus que deux mois et quelques semaines de patience, donc).
    La grande nouveauté de ce volume, ce sont les chapitres qui se concentrent sur Cersei (qui n'avait pas encore eu cet honneur). Normal, puisque cette Intégrale se concentre surtout sur les événements se déroulant à Port-Réal, où se trouve Cersei.

    Cette quatrième Intégrale est donc surtout marquée par la nostalgie. Aemon, Cersei, Jaime, Samwell, Arya, Sansa, Brienne,... tous se rappellent le passé et éprouvent de nombreux regrets pour ce qu'ils ont fait ou pas, pour ce qu'ils ont vécu ou enduré. Tous regardent en arrière et jettent des regards peu complaisants sur ce qu'ils étaient alors ou sur ce qu'ils sont devenus aujourd'hui. Pour certains, l'histoire semble d'ailleurs mal se terminer.
    Il me tarde quand même de pouvoir lire cette Intégrale 5 afin de connaître le destin des autres personnages ; Jon Snow et Daenerys, notamment.
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    • Livres 5.00/5
    Par Taraxacum, le 02 octobre 2012

    Taraxacum
    Le problème lorsqu'on crée un univers aussi riche, aussi complet que celui de la série du Trône de Fer, c'est qu'ensuite, il faut des pages et des pages pour suivre tous les personnages, et encore, l'auteur ne peut se consacrer à tous,à tous les événements, à tous les lieux... Sans parler du passé de Westeros, les personnages évoquent parfois des événements, des légendes, tant de choses qui piquent la curiosité. On voudrait à la fois en savoir plus, sur mille détailes et supplier l'auteur d'enfin nous donner la fin, qu'on sache qui survivra des prétendants aux divers trônes, qu'on connaisse les tenants et aboutissants de cette guerre et lesquels de nos personnages favoris il va encore tuer.
    Malgré ce petit côté frustrant, j'ai lu ce tome avec plaisir, quoique le dévorant avec moins d'ardeur que les précédents.
    Même si certains côtés donnent envie de râler, par exemple notre ignorance du destin de Tyrion, de Bran, et d'autres, suivre Jaime par exemple m'a ravie. George Martin a vraiment su créer des personnages complexes et je trouve que celui-ci en est le meilleur exemple: on le déteste dans le tome 1 et plus on le découvre, plus on hésite...

    Un tome qui donne envie de se jeter sur la suite!
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    • Livres 4.00/5
    Par boubously, le 12 octobre 2013

    boubously
    Cet intégrale n°4 regroupant les volumes 10,11 et 12 se concentre essentiellement sur les personnages de Cersei, Jaime, Brienne, Samwell, Arya, Sansa devenue la fille de Petyr surnommée Alayne, les Fer-nés et Dorne.
    On oublie Jon, Tyrion, Stannis... et c'est parti pour une lente, très lente mais passionante mise en place de nouvelles intrigues qui font du Trône de Fer une saga hors norme. Attention ce "Feast of Crows" est beaucoup moins porté sur l'action que ne l'était l'exceptionnel intégrale 3. le style de l'auteur est toujours aussi envoutant et les descriptions sont plus nombreuses sont légions. A noter dans la dernière partie quelques rebondissements sympathiques.
    - On découvre une Cersei encore plus mesquine qu'on ne le pensait, faisant tout ce qui est possible pour préserver son fils Tomen de son entourage. Elle se joue de ruses, de complots pour devenir la seule reine des 7 royaumes et malgré son côté malsain je me suis surpris à l'apprécier.
    - Jaime quant à lui est plus posé et à part dans la dernière partie ou son rôle devient important, j'ai trouvé qu'il était devenu du coup un peu ennuyant voir un peu mou.
    - Samwell est envoyé par Jon du Mur à Villevielle au Sud avec Aemon pour rencontrer des archimètres à la Citadelle
    - Arya débarque à Braavos et va changer d'identité et de vie
    - Sansa toujours aux Eyriés prend en charge le petit Robert avec un Little Finger toujours aussi intelligent et fourbe
    - Brienne promet à Jaime de récupérer Sansa et ses aventures vont de loin être les plus passionantes de l'intégrale.
    - Les Fer-nés emmenés par Oeil de Choucas se révèlent être de possibles et sérieux conquérants au trône de fer et je trouve même dommage que Georges RR Martin n'ai pas parlé plus d'eux ainsi de ce qui se passe à Dorne.
    Des personnages supplémentaires ne manquant pas de charisme se mêlent pour notre plus grand plaisir à la conquête du Trône et la tâche de l'auteur pour rejoindre tout ce petit monde va être ardue. En tout cas, je suis pressé de lire la suite et de retrouver les personnages des tomes précédents Jon, Tyrion et autres que l'auteur a volontairement délaissé dans ce volume. Si comme moi vous êtes fan du Trône de Fer, certes cet intégrale est moins accrocheur mais le charme opère toujours autant.
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Citations et extraits

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  • Par Heleniah, le 11 novembre 2013

    « - Ser ? Ma dame ? Intervint Podrick. Est-ce qu'un homme en rupture de ban est un hors-la-loi ?
    - Plus ou moins », répondit Brienne.
    Septon Meribald signifia son désaccord. « Plutôt moins que plus. Il existe maintes espèces de hors-la-loi, de même qu'il existe maintes espèces d'oiseaux. Pour avoir des ailes tous les deux, l'aigle de mer et le bécasseau ne sont pas un seul et même volatile. Les chanteurs de plaisent à célébrer des braves contraints à sortir des voies légales pour combattre un suzerain pervers, mais la plupart des hors-la-loi sont plus semblables à votre insatiable Limier qu'au seigneur de la Foudre. Ce sont des méchants, guidés par la rapacité, gâtés par la malignité, qui méprisent les dieux et ne se soucient que d'eux-mêmes. Les hommes en rupture de ban méritent davantage notre compassion, même s'ils peuvent se révéler tout aussi dangereux. Ils sont presque tous issus du commun, des gens simples qui ne s'étaient jamais éloignés de plus d'un mille de la maison qui les avait vu naître jusqu'au jour où un quelconque lord est survenu pour les emmener guerroyer au diable vauvert. Misérablement chaussés, misérablement vêtus, ils s'en vont marcher sous ses bannières, avec souvent rien de mieux comme armes qu'une faucille ou qu'une pioche affûtées, voire une masse qu'ils se son fabriqués vaille que vaille en attachant une pierre avec des lanières de cuir au bout d'un bâton. Les frères marchent avec les frères, les copains avec les copains. La cervelle farcie des chansons et des fables qui les ont bercés, ils s'en vont d'un cœur allègre, rêvant des merveilles qu'ils vont voir, des richesses et de la gloire qu'ils vont conquérir. La guerre leur fait l'effet d'une aventure magnifique, de la plus grandiose qu'ils connaîtront jamais, dans leur immense majorité.
    « Et puis voilà qu'ils goûtent à la bataille.
    « Certains, cet unique avant-goût suffit à leur faire rompre le ban D'autres continuent pendant des années, tant et si bien qu'ils finissent par perdre le compte de toutes les batailles auxquelles ils ont pris part, mais même un homme qui a survécu à cent combats peut se débander pendant son cent et unième. Des frères assistent à la mort de leurs frères, des pères perdent leur fils, des copains voient leurs copains s'efforcer vainement d'empêcher leurs entrailles de s'éparpiller jusqu'à terre, après d'être fait éventrer par un coup de hache.
    « Le lord qui les a conduits là se fait-il abattre sous leurs yeux ? Voilà un autre lord leur hurle : « Vous êtes maintenant à moi ! » Ils attrapent une blessure, et ils n'en sont qu'à moitié remis qu'ils en attrapent une autre. Ils ne mangent jamais à leur faim, leurs souliers tombent en pièces, éculés par la marche, leurs vêtements ne sont plus que des guenilles sordides, et ils sont un sur deux à conchier sans arrêt leurs chausses pour avoir bu de la mauvaise eau.
    « S'ils veulent de nouvelles bottes ou un manteau plus chaud ou, pourquoi pas ? Un demi-heaume de fer rouillé, il faut qu'ils en dépouillent un cadavre, et ils ont tôt fait dès lors d'exercer aussi leur rapine sur les vivants, sur le pauvre monde de la région où ils sont en train de se battre, aux dépens de malheureux bougres tout à fait semblables à ceux qu'ils étaient eux-mêmes auparavant. Ils leur massacrent leurs moutons, volent leurs volailles, et de là il n'y a plus qu'un tout petit pas à faire pour qu'ils leurs ravissent leurs filles. Et puis, un jour, ils regardent à la ronde, et ils se rendent compte brusquement compte que copains, parents, tout a disparu, qu'ils bataillent aux côtés d'étrangers sous une bannière qu'à peine reconnaissent-ils. Ils ne avent pas où ils se trouvent ni comment retourner chez eux, et le lord pour lequel ils se battent ignore leur nom, mais ça ne l'empêche pas de surgir et de leur gueuler l'ordre de former les rangs, de se mettre en ligne avec leurs piques et leurs faux et leurs pioches affûtées, de ne pas lâcher un pouce de terrain. Et les chevaliers fondent sur eux, tout bardés d'acier, sans visage, et le tonnerre métallique de leur charge a l'air de secouer l'univers entier...
    « Et l'homme rompt le ban.
    « Il tourne le dos tout de suite et détale, ou bien c'est après coup qu'il se défile en rampant par-dessus les cadavres, ou bien encore il attend la nuit noire pour s'esquiver à la recherche d'une planque. Toute idée de retour chez lui l'a désormais abandonnée, et les lords, les rois, les dieux lui disent infiniment moins que le morceau de viande avariée qui lui permettra de vivre un jour de plus, ou qu'une gourde d'affreux pisse-dru qui noierait sa trouille pendant quelques heures. L'homme en rupture de ban vit au jour le jour, de repas en repas, plus en bête fauve qu'en être humain. Lady Brienne n'a pas tort. Dans les temps semblables à ceux-ci, le voyageur doit se méfier des hommes en rupture de ban et les redouter... mais il devrait aussi s'apitoyer sur eux. »
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  • Par TataSka, le 15 septembre 2013

    - Ser? Ma dame? intervint Podrick. Est-ce qu'un homme en rupture de ban est un hors-la-loi?
    - Plus ou moins", répondit Brienne.
    Septon Meribald signifia son désaccord. "Plutôt moins que plus. [...] Les hommes en rupture de ban méritent davantage notre compassion, même s'ils peuvent se révéler tout aussi dangereux. Ils sont presque tous issus du commun, des gens simples qui ne s'étaient jamais éloignés de plus d'un mille de la maison qui les avait vus naître jusqu'au jour où un quelconque lord est survenu pour les emmener guerroyer au diable vauvert. Misérablement chaussés, misérablement vêtus, ils s'en vont marcher sous ses bannières, avec souvent rien de mieux comme armes qu'une faucille ou qu'une pioche affûtées, voire une masse qu'ils se sont fabriquée vaille que vaille en attachant une pierre avec des lanières de cuir au bout d'un bâton. Les frères marchent avec les frères, les fils avec les pères, les copains avec les copains. La cervelle farcie des chansons et des fables qui les ont bercés, ils s'en vont d'une coeur allègre, rêvant des merveilles qu'ils vont voir, des richesses et de la gloire qu'ils vont conquérir. La guerre leur fait l'effet d'une aventure magnifique, de la plus grandiose qu'ils connaîtront jamais, dans leur immense majorité.
    "Et puis voilà qu'ils goûtent à la bataille.
    "Certains, cet unique avant-goût suffit à leur faire rompre le ban. D'autres continuent pendant des années, tant et si bien qu'ils finissent par perdre le compte de toutes les batailles auxquelles ils ont pris part, mais même un homme qui a survécu à cent combats peut se débander pendant son cent et unième. Des frères assistent à la mort de leurs frères, des pères perdent leurs fils, des copains voient leurs copains s'efforcer vainement d'empêcher leurs entrailles de s'éparpiller jusqu'à terre, après s'être fait éventrer par un coup de hache.
    "Le lord qui les a conduits là se fait-il abattre sous leurs yeux? Voilà qu'un autre lord leur hurle: "Vous êtes maintenant à moi!" Ils attrapent une blessure, et ils n'en sont qu'à moitié remis qu'ils en attrapent une autre. Ils ne mangent jamais à leur faim, leurs souliers tombent en pièces, éculés par la marche, leurs vêtements ne sont plus que des guenilles sordides, et ils sont un sur deux à conchier sans arrêt leurs chausses pour avoir bu de la mauvaise eau.
    "S'ils veulent de nouvelles bottes ou un manteau plus chaud ou, pourquoi pas? un demi-heaume de fer rouillé, il faut qu'ils en dépouillent un cadavre, et ils ont tôt fait dès lors d'exercer aussi leur rapine sur les vivants, sur le pauvre monde de la région où ils sont en train de se battre, aux dépens de malheureux bougres tout à fait semblables à ce qu'ils étaient eux-mêmes auparavant. Ils leur massacrent leurs moutons, leur volent leurs volailles, et de là il n'y a plu qu'un tout petit pas à faire pour qu'ils leurs ravissent leurs filles. Et puis, un jour, ils regardent à la ronde, et ils se rendent brusquement compte que copains, parents, tout a disparu, qu'ils bataillent aux côtés d'étrangers sous une bannière qu'à peine reconnaissent-ils. Ils ne savent pas où ils se trouvent ni comment retourner chez eux, et le lord pour lequel ils se battent ignore leur nom, mais ça ne l'empêche pas de surgir et de leur gueuler l'ordre de former les rangs, de se mettre en ligne avec leurs piques et leurs faux et leurs pioches affûtées, de ne pas lâcher un pouce de terrain. Et les chevaliers fondent sur eux, tout bardés d'acier, sans visage, et le tonnerre métallique de leur charge a l'air de secouer l'univers entier.
    "Et l'homme rompt le ban.
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  • Par Mariloup, le 06 janvier 2014

    Dans son rêve, elle occupait le Trône de Fer et dominait tout le monde de très très très haut.
    En contrebas, les courtisans fourmillaient comme des souris aux couleurs éclatantes. De grands seigneurs et des dames altières étaient agenouillés devant sa personne. De hardis chevaliers juvéniles déposaient leur épée à ses pieds tout en réclamant ses faveurs, et elle abaissait sur eux des sourires de reine. Ce jusqu'à ce qu'apparaisse le nain, comme surgi de nulle part, et, l'index pointé vers elle, s'esclaffant à gorge déployée. Les lords et ladies se mettaient à pouffer à leur tour, dissimulant leurs mines sarcastiques derrière leur main. Et c'est alors, seulement qu'elle se rendit compte: elle était toute nue.
    Horrifiée, elle essaya de se couvrir avec ses mains. Les pointes de lames et les aspérités qui barbelaient le Trône de Fer déchirèrent sa chair lorsqu'elle se pelotonna pour cacher sa honte. Elle avait les fesses entamées par des crocs d'acier, les jambes ensanglantées par des dégoulinades pourpres. Lorsqu'elle s'efforça de se lever, son pied glissa se coincer dans une faille de métal déchiqueté, tordu. Plus elle se débattait, plus le trône l'engloutissait, arrachant des bouchées voraces à ses seins, son ventre, prélevant dans ses bras, ses jambes de si belles tranches qu'ils en devenaient tout rouges et tout luisants, gluants.
    Et, cependant, son nabot de frère, en bas, n'arrêtait pas de rire et de cabrioler.
    L'écho de la folle gaieté du Lutin retentissait encore aux oreilles de Cersei quand la sensation d'une main sur son épaule la réveilla subitement.

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  • Par TataSka, le 18 juillet 2013

    Il fut tout ébaubi de voir à quel point la chandelle brûlait bas, maintenant. De quand pouvait bien dater cette fameuse soupe de haricots au lard, d'aujourd'hui ou d'hier? D'hier. Probablement d'hier. Le constat lui arracha un bâillement. Jon devait se demander ce qu'il avait bien pu devenir, mais mestre Aemon s'en doutait sûrement, lui. Avant de devenir aveugle, le vieillard avait éprouvé pour les livres la même passion que Samwell Tarly. Il savait trop bien comme il leur arrive de vous engloutir corps et âme, comme si chacune de leurs pages était un abîme ouvert sur un autre monde.
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  • Par Temperance, le 12 février 2014

    Aiguille était Robb et Bran et Rickon, elle était Père et Mère, elle était même Sansa. Aiguille était Winterfell et ses murailles grises et les rires de ses habitants. Aiguille était les neiges d'été, les histoires de Vieille Nan, l'arbre-coeur avec ses feuilles rouges et sa face angoissante, la chaude odeur d'humus des jardins de verre, le tapage du vent du nord s'acharnant contre les volets de sa chambre. Aiguille était le sourire de Jon Snow. Il m'ébouriffait les cheveux et m'appelait "soeurette", se rappela-t-elle, et voilà que, subitement, il y eut des larmes dans ses yeux.
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