ISBN : 2912667569
Éditeur : Finitude (2008)


Note moyenne : 4.64/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
Entre détracteurs enragés et admirateurs fascinés, Jérôme est de ces romans qui interdisent la modération. L'histoire est pourtant simple : obsédé par Polly, la jeune fille qu'il croit aimer, Jérôme Bauche se lance dans une quête hallucinée à travers une ville étrange, ... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 23 juillet 2010

    ay_guadalquivir
    J'avais prévu de laisser décanter Jérôme en moi. Prendre un peu de recul, en faire une analyse détachée. Pourtant, il y a comme une envie, contrastée, de partager cette œuvre tellement forte, et d'en expulser les aigreurs au plus vite. Jérôme est un livre comme on lit peu. Céline ou Dostoievski sont immanquablement convoqués à l'inspiration de Martinet. Mais il y a là une noirceur profonde, ténébreuse, dans laquelle le lecteur se trouve avalé. La rythmique inconstante, les phrases fleuves et délirantes le plus souvent, le vocabulaire parfois obscène, l'accumulation fétide en font une épreuve. Les personnages malodorants, acharnés à leur propre déchéance, étrangers à l'autre, sournois et méchants prêtent peu à l'empathie. La ville cloaque, mi-Paris mi-Pétersbourg, sorte de royaume des damnés, aspire peu à peu Jérôme et le lecteur. Et la trajectoire de ce personnage qui travaille à sa perte donne le vertige. Comme une sorte de spirale vers le rien. Après l'amour auquel il n'a jamais cru, c'est même le désir qui fuit, pour ne finalement laisser place qu'à l'étouffement. Faire taire ce monde sinistre. Vous l'aurez compris, on touche avec Jérôme à la noirceur profonde et poisseuse. Mais on touche aussi à une écriture puissante, rageuse, radicale, une vraie expérience de lecture.
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    • Livres 5.00/5
    Par 270778, le 25 avril 2010

    270778
    Roman monstre sur un personnage qui est lui est lui même un monstre et qui évolue dans un Paris monstrueux largement fantasmé qui ressemble à Saint-Pétersbourg. Ce gros livre est un grand roman sur la solitude, le désir inassouvi et la pulsion de mort. Cette lecture est très prenante, une de celles, rares, qui marquent et qui comptent dans une vie. le personnage de Jérôme Baush nous ramène à notre propre humanité et inhumanité. Un livre magnifique dont on a du mal à sortir et dont on ne sort pas indemne : un vrai chef d'œuvre inconnu du XXème siècle mais à ne pas mettre entre toutes les mains (à ne pas conseiller à un ami suicidaire dépressif).
    Je perçois dans l'écriture de Martinet, grand styliste, l'influence de Lautréamont, de Céline, Faulkner et de Gombrowicz mais je devine beaucoup d'autres influences littéraires qui m'échappent …et cela n'en est que plus beau.
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    • Livres 5.00/5
    Par ay_guadalquivir, le 15 juillet 2010

    ay_guadalquivir
    Je reprends mon souffle au milieu de Jérôme. Comme après une plongée un peu longue, j'émerge tout étourdi, submergé d'impressions étranges et vaseuses. Car il s'agit là d'une plongée vertigineuse au plus sombre de l'homme. Les personnages sont grotesques, atypiques, sordides et mesquins. Les phrases sont enivrantes, étourdissantes, écoeurantes, drôles, sinistres, dérangeantes et pourtant si fluides. Un ouvrage qui vous emmène loin, sur des rivages où rodent Céline, Dostoievski. et d'autres...
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    • Livres 5.00/5
    Par Martinelafonbaillou, le 30 septembre 2010

    Martinelafonbaillou
    FABULEUX
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    • Livres 5.00/5
    Par editionsdelabatjour, le 13 mars 2011

    editionsdelabatjour
    "Jean-Pierre Martinet, écrivain ivre de désespoir et de littérature" : un article à lire dans la revue en ligne l'Ampoule: http://www.editionsdelabatjour.com/pages/jean-pierre-martinet-ecrivain-ivre-de-desespoir-et-de-litterature-4621082.html

    Lien : http://www.editionsdelabatjour.com/pages/jean-pierre-martinet-ecriva..
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Citations et extraits

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  • Par ay_guadalquivir, le 21 juillet 2010

    "C'était elle, je commençais à le croire, qui ramenait l'hiver sur Paris. L'amour est glacial, comme l'enfer, à ce qu'on dit. Dur et inflexible. Surtout lorsqu'il n'est pas partagé (et l'amour, le vrai, n'est JAMAIS partagé). Il fallait continuer à avancer, dans ce désert, sans attendre le moindre encouragement, sans espérer le moindre répit. De toute manière, je n'étais nullement décidé à renoncer : on ne s'arrête pas en route pour un oui ou pour un non si l'on a décidé d'explorer vraiment la région des glaces, on ne revient pas en arrière."
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  • Par 270778, le 26 avril 2010

    Solange me répétait souvent, ces derniers temps, comme à peu près chaque année vers la mi-avril, qu'il allait falloir bientôt se méfier de la douceur de l'air. Surtout ne pas s'abandonner, ne pas se laisser aller à la nostalgie de l'amour et des caresses, car alors on est foutu. Foutu, tu comprends Jérôme? Sa voix ne me parvenait qu'assourdie, lointaine, comme celle d'une morte déjà, mais chaque mot se gravait dans ma mémoire. Oui, poursuivait-elle, mieux vaut respirer l'odeur infecte des canaux, eux au moins, avec leur eau croupie et toutes les saloperies qu'elle charrie, ne mentent pas. Que le printemps crève, qu'il ne revienne jamais.
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  • Par ay_guadalquivir, le 12 juillet 2010

    « Et puis, monsieur, je dois penser à Polly, je ne peux pas faire autrement, j’y pensais déjà dans le ventre de ma mère, quand j’étais bien au chaud, blotti dans ses entrailles, et j’y pensais après en avoir été expulsé, bien avant qu’elle soit née, et ce n’est pas rien, je vous prie de le croire, monsieur, de penser à Paulina Semilionova, c’est épuisant à force… »
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  • Par ay_guadalquivir, le 21 juillet 2010

    "Vous me parlez de livres, monsieur, vous me parlez d'écrivains, mais je ne me souviens plus de tout ça. Je ne veux plus m'en souvenir. Que peuvent me faire à moi, toute la beauté du monde, toute l'intelligence du monde, si la souffrance est dans mon coeur, dans les moindres fibres de ma chair, dans mes couilles, partout, dans chaque visage entrevu, dans chaque parole prononcée, entre les cuisses de chaque femme croisée le matin, dans la rue ?"
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  • Par ay_guadalquivir, le 15 juillet 2010

    "La nuit était de plus en plus épaisse, elle pesait de tout son poids sur mes épaules, elle transformait en lames de couteau la lumière des réverbères, elle se coulait à l'intérieur des arbres et en faisait des cerceuils de plomb, et moi, le plus lourd de tous, elle m'attirait vers le fond, elle m'entraînait vers ses sables, elle me serrait tendrement dans ses bras de poulpe, elle me broayit insidieusement [...]."
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