ISBN : 2710330865
Éditeur : Le Table Ronde (2008)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 3 notes) Ajouter à mes livres

" Les chiens, c'est comme la chaleur du soleil, une illusion : ça n'existe pas. Des fois on pourrait croire, mais non. Mlle Edwina, pareil : un rire, une chevelure brune qui recouvre brusquement le visage, et puis plus rien, fumée. Je le sais. Je l'... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 5.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 26 avril 2010

    MarianneDesroziers
    Céleste est femme de ménage chez un vieil homme aigri et solitaire qui vit reclus: il ne lui adresse jamais la parole, ne lui donne même pas d'ordre, à part la liste des courses (surtout le whisky ). Elle trompe son ennui dans le patis et le nettoyage compulsif inutile. Quant à Rose Poussière, ne lui dîtes pas qu'elle a 70 ans, elle est persuadée d'en avoir 40 tant il est vrai que sa première identité, Mademoiselle Edwina Steiner est morte dans les camps de concentration à l'âge de 30 ans. Comme tous les personnages de Martinet, elle crève de solitude et flirte avec la folie (elle est persuadées qu'elle grésille sous la pluie et à cause de ça n'ose pas sortir de l'hôtel où elle habite).
    C'est superbe mais superbement noir, pas un rai de lumière dans les romans de Martinet et pourtant ça sonne vrai et ça résonne profondément en moi, comme un écho à des sensations familières. Quand on connaît un peu la vie de Martinet, on lit autrement ses textes où il a mis beaucoup de sa souffrance et une sorte de tendresse déçue, une volonté d'humanisme qui se heurterait à une réalité impitoyable. du coup, lire du Martinet est une expérience très étrange car on aime être mal dans ses pages, comme une sorte de délectation morbide mais nécessaire et pas malsaine.
    J'adore le style de Martinet : c'est sûrement très réfléchi et travaillé et pourtant l'écriture coule avec une fluidité déconcertante et on ne peut s'arrêter de lire une fois commencé (heureusement le livre est composé de petits chapitres permettant de reprendre son souffle). Par instant, on s'arrête sur une phrase qui nous met un coup de poing dans l'estomac et on la relit et on se dit "c'est terrible, terriblement pessimiste mais c'est vrai".
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    • Livres 2.00/5
    Par Corboland78, le 28 mars 2012

    Corboland78
    Jean-Pierre Martinet (1944-1993) a écrit ce roman en 1987 et il vient de ressortir dans une collection de poche. Un livre qui nous plonge dans un univers étrange où évoluent quatre personnages rongés par des peurs et des angoisses. Quel est le lien si il y en a un, entre Rose Poussière et Edwina Steiner ? Pourquoi Monsieur qui collectionne les articles de journaux sur les faits sanglants, les meurtres, se croit-il persécuté par son lampadaire ? Et sa bonne Céleste qui carbure au pastis pourquoi reste-t-elle au service de cet homme étrange qui se rêve meurtrier ? Il y a aussi le duc de Reschwig aveugle qui fouille les poubelles à la recherche de collants féminins usagés. Une histoire sans queue ni tête, un univers kafkaïen en plus léger ou onirique et des personnages loufoques, toujours surprenants et parfois amusants par leur délire. Pourtant sous l'exagération des travers des uns et des autres pointent nos propres angoisses et affleurent nos propres peurs. Et nous rions jaune.
    A propos de son ouvrage l'auteur écrivait « J'ai essayé de peindre des êtres au bout du rouleau, des infirmes du sentiment prisonniers de leur enfer intime, et qui faute de pouvoir échanger des caresses, en sont réduits à échanger des coups. » Un livre étrange qui mérite qu'on s'y intéresse.
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Citations et extraits

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  • Par MarianneDesroziers, le 26 avril 2010

    Aucune douce lumière. Ni atroce blancheur de ciel. Se coudre les paupières, avec du fil de fer, comme l'on faisait autrefois avec les éperviers sauvages. Ne plus supporter cette saloperie qui me nargue, et continue à me cracher à la figure son immonde lumière jaunâtre, épaisse, gluante, du pus. Pas sommeil. Inutile d'insister. Heureusement qu'il me reste une bouteille de Saint-Emilion.
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  • Par Corboland78, le 28 mars 2012

    Les hommes sont fous de désespoir, mais ils font tout pour le cacher. C’est bien ça l’horreur. C’est comme l’absence de musique. Et bientôt cinquante ans. Je n’aurai jamais cru que j’étais assez lâche pour arriver jusque là. Déguisé. Déguisé en homme pour n’être rien. Si on me touchait, je tomberais en poussière. Là, d’un seul coup : plus rien, personne.
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