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Critiques sur Du domaine des murmures (120)


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    • Livres 5.00/5
    Par Lolokili le 02/10/2011


    Quel destin ! Dès les premières lignes, la plume inspirée de Carole Martinez nous emporte très loin, au cœur de ce conte mystique. J'ai vécu au plus près d'Esclarmonde, éprouvé sa réclusion, ses voyages, ses extases, ses errances et son formidable amour de mère. J'ai adoré cette histoire fabuleuse, entre grâce et barbarie intimement mêlées. Un livre accompli et très esthétique, qui se dévore malheureusement beaucoup trop vite !

    critique de qualité ? (61 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par argali le 11/11/2011


    Ayant refusé de lire les critiques et commentaires sur ce roman, avant de le lire, j'avoue avoir été décontenancée en débutant ma lecture. En effet, je ne m'attendais pas du tout à cette histoire. Je ne sais d'ailleurs pas à quoi je m'attendais, mais sûrement pas à un récit mettant en scène une emmurée au Moyen Age.
    Peu à peu, cependant, je suis entrée dans le récit et ai savouré, sans bouder mon plaisir, la langue si joliment mise en œuvre par Carole Martinez, ses descriptions fortes qui nous embarquent dans son monde où réalité et fiction se mêlent avec bonheur. La plume fraîche et rythmée de l'auteur donne la parole à une recluse de 15 ans, Esclarmonde, qui a choisi d'être emmurée vivante pour aimer et servir Dieu plutôt que d'être offerte en mariage à Lothaire, un rustre dont elle ne veut. Depuis la cellule qu'elle s'est choisie, et où elle pensait vivre solitaire, elle recevra la visite quotidienne de pèlerins venus lui confier leurs prières, leurs péchés et leurs demandes d'intercession. Son immobilité lui donnera accès à un riche chemin intérieur et devinant les âmes, elle leur servira de révélateur voire de psychanalyste.
    Mais le choix que l'on fait à 15 ans, pure et naïve, ignorante de la vie, peut-il déterminer une vie entière ? La foi, l'amour et l'abnégation peuvent-ils combler à jamais ?

    Ce conte, terrible à bien des égards, est loin des récits à la mode aujourd'hui. Mais malgré l'époque et le thème, il est d'une modernité étonnante. Loin de l'amour courtois, il nous donne à voir la violence des mœurs et la condition des femmes au Moyen Age ; emmurée, Esclarmonde est plus vivante et libre que beaucoup de ses contemporaines ; solitaire, elle est pourtant toute entière liée à sa famille et au monde…
    Les personnages secondaires sont aussi attachants et vrais, tel un Lothaire repenti et voué à un amour platonique et déchirant, ou une Bérengère, assumant pleinement ses atours et sa condition de servante. Ils portent l'intrigue et font avancer le récit.

    Carole Martinez signe ici une ode à la vie, à la sensualité, à l'amour (divin et humain) qui est aussi une merveilleuse parabole qui nous donne à réfléchir sur notre propre vie. C'est aussi une belle réflexion sur la puissance de la foi et les doutes qu'elle suscite.
    On ne sort pas indemne de cette lecture. Il faut prendre le temps de la digérer, de l'apprécier, voire y revenir. Carole Martinez est décidément une formidable conteuse.

    Au moment où j'achevais cette lecture, « Du Domaine des Murmures » recevait le Goncourt des lycéens. Prestigieux prix non galvaudé.


    Lien : http://argali.eklablog.fr

    critique de qualité ? (41 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par nadejda le 29/08/2011


    Carole Martinez nous prend pour la seconde fois dans les rets de son talent de conteuse qu'elle met cette fois au service d'une recluse volontaire du XIIème siècle. Elle va recoudre et mettre bout à bout, broder les murmures qu'Esclarmonde lui fait parvenir en tendant «l'oreille pour percevoir les filets de voix entrelacés... les mots jamais inscrits mais noués les uns aux autres et qui s'étirent en un chuintement doux". Esclarmonde va pouvoir enfin, par-delà les siècles, dire son désir de liberté, son amour débordant, sa sensualité et ouvrir l'espace au sein de son étroite cellule où elle ne sera pas séparée du monde. Malgré sa réclusion elle vivra comme tout un chacun une vie faite de joie et de douleurs avec peut-être une plus grande intensité.
    Je n'en dirais pas plus car ce serait enlever la surprise et déflorer la beauté de ce conte empreint, comme tous les contes, de merveilleux mais aussi leçon de vie parfois cruelle.

    critique de qualité ? (33 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette le 26/01/2012


    Une promenade en Bourgogne nous conduit dans les ruines d'un château que le temps a connu puissant. Dans un récit à rebours des siècles, nous entendons les pierres raconter l'histoire d'Esclarmonde. « La tour seigneuriale se brouille d'une foule de chuchotis, l'écran minéral se fissure, la page s'obscurcit, vertigineuse, s'ouvre sur un au-delà grouillant, et nous acceptons de tomber dans le gouffre pour y puiser les voix liquides des femmes oubliées qui suintent autour de nous. » (p. 15) Asseyons-nous et écoutons…

    Esclarmonde, blonde enfant trop belle pour les exigences du monde, refuse l'homme que son père lui a choisi. En disant « non » devant les hommes et reniant le sang de son père, Esclarmonde embrasse un destin de recluse. En 1187, une fille qui se refuse au mariage pour préserver son union avec le Christ n'a d'autre choix que de soustraire au siècle. Emmurée dans une petite cellule attenante à la chapelle de Sainte Agnès, Esclarmonde croit échapper au malheur terrestre pour jouir d'une béatitude que seule mamort rendra plus sublime. « Je suis devenue la vierge des murmures. » (p. 17)

    « J'avais charge d'âmes. » (p. 123) Ainsi parle celle qui revêt au yeux du monde un glorieux habit de sainte. Les pélerins se pressent contre les barreaux de sa petite fenêtre. « Tous ces êtres en mouvement venaient voir l'immobile et la vie passait devant moi, qui pourtant l'avais quittée. » (p. 52) Alors que tous lui prêtent des miracles et la mort-même semble reculer devant le pouvoir de sa foi, Esclarmonde se découvre pleine. Sa solitude de recluse n'en est plus une, mais pour combien de temps ?

    Quand vient le jour où on lui arrache ce qui la comblait, Esclarmonde est prête à tout renier : son engagement religieux, sa promesse éternelle et sa foi vacillante. Que lui importe désormais de suivre les traces de son père parti en Terre-sainte mener une croisade qui périclite dans le sang et la boue ? Que lui importe donc de tenir la Mort en respect si la vie elle-même lui est retirée ? « À défaut de croire en Dieu, j'ai commencé à croire en moi, en la force de ma parole dont je voyais chaque jour croître l'incroyable pouvoir. » (p. 166) Voilà que la sainte devient démone, mauvaise femme à la langue de fiel, elle dont la voix était à elle seule une bénédiction. Mais n'est-ce finalement pas une épreuve de foi, une dernière épreuve d'amour ?

    Ce superbe récit est nourri de merveilleux. Entre les pages déambulent une géante verte aux courbes superbes et le cruel spectre d'un cheval blanc. On entend aussi la voix des anges quand ils se penchent sur les mains stigmatisées d'un enfant et sur l'éclat extraordinaire du soleil de Palestine. Carole Martinez mêle avec un talent éblouissant des légendes bourguignonnes, une hagiographie fictive et une célébration du verbe. le verbe, c'est celui d'Esclarmonde qui repousse les murs de sa cellule, celui de Dieu quand il daigne se faire entendre et c'est surtout celui de l'auteure qui porte ce récit sur les ailes de la poésie. Dans ce roman où le murmure se veut la racine de toute parole et son élan premier, Esclarmonde s'adresse à nous d'une voix fantôme qui s'échappe de la mousse des pierres effondrées.

    Perdue dans les confins d'une maladie qui s'éternise et me vide de mon énergie, j'ai trouvé dans ce superbe roman un souffle qui m'a emportée, qui a sublimé ma veille et m'a émue au-delà des larmes. Bouche bée, muette, sans même un murmure, j'ai lu et relu certaines phrases jusqu'à m'engourdir les yeux. Poésie pure et lumière, la plume de Carole Martinez chante une femme exceptionnelle : que nous importe alors que tout ne soit que romance ? Si certains aspects de cette éblouissante histoire m'ont rappelé le très beau roman de Clara Dupont-Monod, La passion selon Juette, il y a dans Du domaine des murmures une forme de littérature après laquelle je cours sans cesse. Et quand je la toruve enfin, c'est le souffle coupé que je la contemple.

    critique de qualité ? (29 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par zabeth55 le 11/05/2012


    Le bonheur de lire dès le prologue : 3 pages de pure poésie.
    Et puis les chuchotements entrent en nous. Tout bruisse, tout murmure.
    Chaque ligne est un délice
    Chaque phrase donne envie d'être relue.
    Les lieux, les ambiances, les sentiments. On y est.
    Les sons nous parviennent à l'oreille.

    C'est aussi une très belle leçon d'histoire sur les croisades, sur les mœurs de XIIème siècle.
    Et que de thèmes abordés :
    Le statut de la femme et le rôle de l'homme
    La peur de l'inconnu et du déracinement
    La maternité, sa puissance et ses manques
    La rumeur qui crée les légendes
    La naissance de l'amour (Bérangère et Martin)
    L'ignorance qui mène aux croyances et aux superstitions
    La vieillesse

    En lisant, des chansons m'accompagnaient :
    Bérangère était « la femme du vent » d'Anne Sylvestre
    Esclarmonde me rappelait « Tout dit » de Camille
    C'est exceptionnel de trouver de trouver tant de talent, tant de beauté, tant de sons et d'odeurs, de ressentir tant d'émotions au fil des pages qu'on tourne avec lenteur pour n'en rien perdre.

    critique de qualité ? (25 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par litolff le 18/12/2011


    A la croisée des légendes fabuleuses, de la chanson de gestes, de la mystique médiévale, et des livres d'histoire, Carole Martinez livre ici un véritable conte pour adultes, un conte merveilleux et cruel solidement documenté sur le quotidien de la vie féodale et l'aventure des croisades, et, c'était gonflé, écrit à la première personne ! Pas évident de se mettre dans la peau d'une adolescente naïve et mystique de 15 ans qui, au 12e siècle, décide de terminer sa vie en priant Dieu, enfermée dans une cellule de 4m2... En plaçant son récit dans un cadre assez méconnu (de moi en tous cas !), celui des recluses au Moyen-âge, Carole Martinez signe une épopée médiévale passionnante à l'écriture poétique et envoûtante. Après Le Coeur Cousu, c'est un livre sur les femmes, encore, et plus encore sur la féminité et la maternité, mais aussi un livre qui parle de rédemption, plus que de Dieu lui-même, plus présent dans les prières que véritablement dans les coeurs... Si j'ai beaucoup aimé la première partie, j'ai cependant regretté que le récit de Carole Martinez bascule ensuite dans un genre légèrement trash-pseudo-mystique... même si finalement je me suis laissée bercer par la voix d'Esclarmonde.

    critique de qualité ? (25 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par valou076 le 02/05/2012


    Il y a des livres qui trainent sur son étagère, qui attendent ce moment unique où la première page s'ouvrira, pour nous emmener dans un univers différent, fantastique...
    C'est un peu de cette façon que j'ai abordé ce roman de Carole Martinez, j'attendais le BON moment pour retrouver sa plume, si merveilleuse, magique...
    et une nouvelle fois j'ai été totalement conquise par son roman, un an après ma découverte du "Coeur cousu"...
    je ne vais pas faire ici un enième résumé du roman...je viens juste vous dire qu'elle réconcilie avec une période pas toujours facile à aborder en lecture...il y a du voyage, de la réflexion...et un univers touché par le conte et la légende...

    critique de qualité ? (23 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par sylvaine le 18/05/2012


    Je viens de refermer ce somptueux roman et je reste là un peu sonnée .Difficile de retourner dans le siècle , d'abandonner Esclarmonde ,de quitter ce haut Moyen Age si bien rendu par C Martinez
    Esclarmonde, cette jeune fille , quelle audace osez braver son père , son monde!.
    Osez préférer vivre en recluse à un mariage avec ce Lothaire seigneur arrogant et brutal.C Martinez avec une écriture épurée, chatoyante et poétique nous emmène au Domaine de Murmures et nous conte l'histoire petite et grande de cette période du Moyen Age où la foi déplaçait des montagnes, où en son nom tout était possible quel qu'en soit le prix et où ces recluses acquéraient un poids dans l'esprit des pèlerins influence dont l'Église se montrait souvent ombrageuse.
    Merci au club de lecture de Babelio,car déçue par Le cœur cousu ,j'ose l'écrire, je n'aurais pas ouvert ce livre et je serais passée à côté d'une pépite!


    .

    critique de qualité ? (20 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par mariech le 14/12/2011


    A quinze ans Esclarmonde est promise au fils d'un seigneur riche et puissant , contre toute attente , elle refuse cette union , se coupe une oreille ( j'ai eu pitié de ma beauté dit -elle ) et annonce qu'elle veut se consacrer à Dieu et a être emmurée comme ça se faisait à l'époque . Son père l'a maudit , son promis va subir une métamorphose en profondeur .
    Carole Martinez nous livre ici un roman magistral sur la nature humaine , en effet Esclarmonde se rend compte qu'en étant emmurée , elle est plus libre que jamais , elle qui est la prisonnière de son père mais surtout de son époque mais jamais elle n'avait pensé à tout les évènements qui arrivent bouleverser sa décision et surtout elle n'avait jamais pensé qu'une décision aussi définitive , mais prise à quinze ans , puisse être remise en question . C'est ce qui fait la force de livre qui est loin d'être un roman historique de plus , c'est cette fine analyse ses sentiments de l'héroïne et de son époque qui fait que ce livre est une merveille . L'auteur décortique les relations hommes - femmes , les relations riches et pauvres , et nous explique que dans la vie , on a le droit de se tromper et de rompre des engagements .

    critique de qualité ? (20 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par Kittiwake le 11/12/2011


    D'emblée le titre évoque un univers tout en nuances, à la fois confiné et ouvert sur le monde, au delà des murailles, jusqu'au confins du réel

    Dans une ambiance très différente de Coeur cousu, à la fin du douzième siècle en notre terre de France, l'auteur donne la parole à Esclarmonde, une jeune vierge qui a osé l'inconcevable : refuser son promis le jour même des épousailles devant la noce assemblée à l'église, pour s'offrir à Dieu dans une réclusion irréversible, emmurée dans un réduit vétuste. Une rencontre violente à la veille de cet enfermement modifiera considérablement le destin de la prisonnière volontaire.

    Féministe avant l'heure, cette très jeune fille refuse la soumission et le destin inéluctable de toute femme à cette époque. L'isolement volontaire la conduit à une expérience mystique intense, et lui confère un ascendant surnaturel sur les fidèles en manque de prodiges. Au point de maintenir la Faucheuse à distance, et de rendre les terres plus fécondes.
    Le rapport à son père est des plus complexes, maudit et fusionnel, créant un lien quasiment télépathique, contrainte de vivre en rêves son expédition guerrière en Terre Sainte.

    L'écriture est superbe, à la fois poétique et réaliste, avec juste ce qu'il faut de suranné pour nous plonger dans le passé, sans pour autant s'en sentir exclu. La narration par l'héroïne elle-même, hors du temps, contant sa propre histoire, donne beaucoup de dynamisme et de consistance au récit. La dimension onirique y confine au spirituel.

    C'est un magnifique récit, d'une grande profondeur que je recommande vivement.


    Lien : http://kittylamouette.blogspot.com/2011/12/du-domaine-des-murmures.h..

    critique de qualité ? (19 votes positifs)






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