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> Vincent Raynaud (Traducteur)

ISBN : 2070773094
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.2/5 (sur 20 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :

On dit qu'il ne chante plus que dans quelques cabarets malfamés du port. On dit aussi qu'il est très malade mais qu'il chante parfois dans un vieux bar du centre-ville. Certains affirment qu'ils l'ont entendu chanter dans un square de Palerme, l'anc... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 07 juin 2011

    LiliGalipette
    Lecture du mois de juin sur Babelio. Vous l'avez lu ? Vous voulez le lire ? Venez en parler sur le forum ! (http://www.babelio.com/forum/viewtopic.php?t=2887)
    Roman de Tomas Eloy Martinez.
    Bruno Cadogan, jeune universitaire américain, écrit une thèse sur les origines du tango. Il apprend par hasard qu'un chanteur argentin connaît des textes purs et rares de cette danse affolante. Pour Julio Martel, le tango est né dans les maisons closes et ses chants sont plus brutaux et ambigus que ceux dont raffolent les touristes. Bruno se rend à Buenos Aires pour rencontrer Julio Martel et l'entendre chanter. On dit qu'il est meilleur que Carlos Gardel, pourtant légendaire. La voix de Julio Martel n'est nulle part ailleurs qu'en Julio Martel : « il n'a pas enregistré un seul couplet. Il ne veut pas d'intermédiaire entre sa voix et le public. » (p. 18)
    Mais l'homme est malade et, pour un tango de trop, sa mort imminente fera disparaître un savoir précieux et jamais consigné. Julio Martel est insaisissable et Bruno s'épuise à le poursuivre dans la labyrinthique Buenos Aires. « Durant ces jours de folie, j'ai acheté des plans de Buenos Aires et j'y ai tracé des lignes de couleur qui reliaient les lieux où Martel avait chanté, dans l'espoir de trouver une forme qui trahisse ses intentions, quelque chose comme le losange qui permet à Borges de résoudre l'énigme de La mort et la boussole. » (p. 251) C'est Alcira, compagne et soutien de Julio Martel, qui livre les premiers éléments sur le chanteur. Elle raconte son homme et sa passion pour le tango. « Martel essayait de récupérer le passé tel qu'il avait été, sans la transformation de la mémoire. » (p. 129) Remonter aux sources du tango, c'est faire revivre l'histoire, s'abreuver à la beauté pure et à la mémoire inviolée. C'est aussi entendre gronder un pays en révolte qui demande justice.
    Dans la ville inconnue et mythique qui regorge de légendes, Bruno est perdu. Il se heurte à chaque coin de rue à l'ombre de Borges, de ses labyrinthes et de son Aleph, au point de trahir pour en découvrir le secret. L'Argentine est un pays d'excès et de violence où la vie n'est possible que dans les romans. « Son unique beauté est celle que lui attribue l'imagination humaine. » (p. 178) Buenos Aires et l'Argentine ne sont pas des lieux qui se donnent, ni des lieux sereins. Tout est mouvement et transformation : « il n'existe pas de cartes fiables de Buenos Aires, car les rues changent de nom d'une semaine à l'autre. Ce qu'une carte affirme, une autre le nie. » (p. 126) Buenos Aires est révolution : le narrateur vit l'insurrection populaire de 2001 pendant laquelle cinq présidents sont déboutés en dix jours. C'est certain, on ne se repose pas ici, on ne vient pas en villégiature. Bruno devra se perdre pour atteindre son but, quitte à le manquer d'un cheveu et vivre avec le sentiment que le plus important reste impalpable.
    Le tango, danse et chant, est plus qu'un prétexte au roman. C'est une entité sensible et nerveuse à l'image des superbes Argentines qui semblent plus femmes que leurs sœurs d'ailleurs. le tango s'incarne et investit les corps, mais ici, avant toute chose, il est chant et musicalité, harmonie dans la rugosité. « Dans le tango, la beauté de la voix compte autant que la manière de chanter, l'espace entre les syllabes, l'intention qui enveloppe chaque phrase. Tu as sûrement remarqué qu'un chanteur de tango est avant tout un acteur. Pas n'importe quel acteur, mais quelqu'un chez qui l'auditeur reconnaît ses propres sentiments. L'herbe qui croît sur ce champ de musique et de mots est l'herbe sauvage, agreste, invincible de Buenos Aires, le parfum de la luzerne et du chiendent. » (p. 213)
    Ce roman est troublant à plusieurs égards. Impossible de rester de marbre devant les vibrations du tango. Irrésistiblement, on veut rouler des épaules et s'accrocher à un partenaire ferme et exigeant. Troublé, on l'est également par le récit des évènements politiques qui secouent le pays. Ils se fondent dans l'histoire, participent de la quête éperdue du narrateur, entravent ses recherches et précipitent ses désirs. Alors que l'Histoire se tend, dans un climat prêt à se rompre, l'intensité dramatique explose et l'on se retrouve, comme Bruno, haletant à un carrefour, dépité d'avoir manqué le dernier récital du maître.
    Certains épisodes sont racontés par des narrateurs différents et entraînent loin de la quête initiale. Des personnages plus légendaires que vraisemblables traversent le récit, mais Buenos Aires est de ces villes qui abritent des monstres fabuleux. Je me suis abandonnée au texte, à la musicalité des mots et l'atmosphère de poudre et de sueur qui plane sur le livre. Il fait chaud dans les pages de Tomas Eloy Martinez. Que ceux qui ont froid aux yeux passent leur chemin…

    Lien : http://www.desgalipettesentreleslignes.fr/archives/2011/06/07/213284..
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    • Livres 2.00/5
    Par sandrine57, le 16 janvier 2012

    sandrine57
    Bruno Cadogan, jeune universitaire américain, se rend à Buenos Aires, sur les traces de Julio Martel, un chanteur de tango dont on dit qu'il est meilleur que Carlos Gardel. Mais l'homme est malade et ne se produit plus guère que selon son envie et dans les endroits les plus insolites de la ville. Bruno Cadogan doit mener ses recherches dans une ville immense, dans un labyrinthe de rues où il est facile de se perdre, dans un pays où souffle le vent de l'insurrection. le chanteur reste insaisissable et il n'est pas certain que l'étudiant fasse partie des élus qui ont eu le bonheur d'entendre cette voix unique qui n'a jamais été enregistrée...
    Avec ce chanteur de tango, je m'attendais à de la chaleur, de la passion, des frissons...pour finalement me retrouver à errer dans Buenos Aires, ville tentaculaire et désincarnée, à la suite d'un jeune américain poursuivant deux mirages: Julio Martel, d'une part, et L'Aleph de Borges, d'autre part. Et même si je comprends la comparaison, la métaphore, j'ai trouvé tout cela trop "intello" à mon goût. Je me suis perdue dans ce livre que j'ai finalement trouvé très hermétique. Peut-être aurait-il fallu lire Borges précédemment?
    Bruno Cadogan, héros et narrateur de l'histoire est, quant à lui, assez terne et peu attachant. Sans doute parce que le véritable personnage de l'histoire est Buenos Aires, belle, effrayante, flamboyante, rebelle, misérable....comme un tango! Pourtant, la ville ne suffit à sauver un roman, au final, assez ennuyeux. Dommage.
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    • Livres 4.00/5
    Par austen, le 27 juin 2011

    austen
    J'ai fini ma promenade dans Buenos Aires au côté de Bruno Cadogan, le narrateur du chanteur de tango, depuis quelques jours déjà, et pourtant je continue à déambuler dans cette ville fantastique et fantasmée.
    Bruno Cadogan, jeune étudiant américain, se retrouve à Buenos Aires, afin de terminer sa thèse sur la genèse du tango.
    A son arrivé, il entend parler d'un chanteur qui n'aurait dans son répertoire que les tangos les plus anciens, et dont l'interprétation serait sublime: Julio Gardel. Mais il n'existe aucun enregistrement de ce chanteur et il semble aussi insaisissable que L'Aleph de Borges.
    Bruno commence alors à le rechercher dans la ville labyrinthique, et cette quête va le mener vers des lieux chargés d'une histoire pleine de violence et de poésie.
    J'ai facilement emboîté le pas à Bruno Cadogan, et j'ai aimé le suivre dans les rues de Buenos Aires. Il se perd souvent et ne trouve rien de ce qu'il cherche.
    On court sur les traces de Julio Martel, et on trouve des morts tragiques; on recherche L'Aleph fabuleux de Borges et on trouve des bâtiments magnifiques mais en ruines.
    Cependant ses errances dressent une carte fantastique de la ville: on a envie de se perdre avec lui dans ses rues et retrouver l'histoire d'un pays éprouvé à de nombreuses reprise au travers de la découverte de sa population.
    Tomas Eloy Martinez a, avec ce roman, renforcé l'image (rêvée) que je pouvais avoir de Buenos Aires: ville magnifique et blessée, retentissant de l'écho des exécutions sommaires et des chants douloureux des chanteurs de tango.
    Bruno Cadogan ne va jamais entendre les tangos de Julio Martel, mais est-ce si important? Il repart de Buenos Aires, et on repart avec lui, avec un peu de cette ville enchantée.
    Il me reste une nostalgie de Buenos Aires, que je n'ai jamais visitée, qui s'explique sans doute par le plaisir que j'ai éprouvé à la lecture de ce livre.
    J'en ai aimé le rythme un peu erratique et la narration à tiroirs.
    C'est vrai cependant que le personnage du narrateur ne m'est jamais devenu sympathique: il est même assez navrant par moment.
    L'héroïne véritable du roman est Buenos Aires, misérable et flamboyante.
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    • Livres 2.00/5
    Par Caligari, le 11 juin 2011

    Caligari
    Lecture du mois de Juin - Club de Lecture Babelio.
    Voilà un roman intelligent... mais bigrement ennuyeux. Tout avait pourtant bien commencé : je débarque à Buenos Aires avec les yeux neufs de Bruno Cagodan - "en verlan, ça fait cagendo" (chier), ricane le chauffeur de taxi- et la ville se matérialise sous mes yeux : ville-labyrinthe, ardente et sans pitié pour le touriste pressé. Heureusement, Bruno a tout son temps, bien décidé à rejoindre le clan des initiés ayant eu le privilège d'entendre un jour ce chanteur de tango à la voix de velours. Après un hommage courtois à Borges (la Ville est infestée de pélerins hollandais... ou belges, je ne sais plus, venus rendre grâce au Maître), la quête peut commencer. L'américain glisse ses pas dans ceux du chanteur de tango et tente de percer sa "logique", se frottant au passage à l'histoire souterraine - et maudite - de Buenos Aires. A ce moment-là, je décroche complètement : les personnages me paraissent manquer d'épaisseur (sans doute est-ce intentionnel : ceux-ci se meuvent comme des fantômes qui hantent la mémoire de la ville) ; de plus, en balisant son récit de réflexions borgesiennes sur L'Aleph, le passé perdu, l'épiphanie de la voix, etc., l'auteur tend à corseter les personnages et les épisodes du voyage dans une quête métaphysique. de fait, le roman perd selon moi tout son carburant ; ce n'est certes pas un roman à thèse, mais j'ai ressenti le même malaise qu'en lisant des romans qui affichent de manière trop claire leurs intentions : Le chanteur de tango est un archétype.
    En conclusion, je ne regrette pas cette lecture, qui m'a donné envie de relire Borges, mais j'attends plus que ça d'un roman.
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    • Livres 3.00/5
    Par kiki23, le 30 juin 2011

    kiki23
    … et Bruno n'entendra jamais Martel chanter….

    Un jeune universitaire, Bruno, écrit une thèse sur les origines du Tango. Il se rend donc à Buenos Aires pour rencontrer Julio Martel, un chanteur argentin qui peut l'aider dans ses recherches. Martel est malade et se cache : Bruno va tout faire pour le retrouver et l'entendre. S'en suit des aventures dans le labyrinthe qu'est la ville de Buenos Aires durant la crise insurrectionnelle de 200 et au fil des rencontres.
    Cette lecture m'a déçue car je m'attendais à totalement autre chose.
    Ce livre est certes attachant, mais je m'y suis souvent perdue au fil des récits des différents narrateurs. Quand je le reprenais après une interruption de lecture, j'éprouvais des difficultés à me remettre dedans ; mais au bout d'une quinzaine de pages la magie opérait et je retrouvais le fil du récit.
    L'auteur m'est apparu parfois hermétique dans ses non-dits et la construction de son récit, comme une poupée russe. Il procède par références, par exemple sur Borges, que le lecteur n'est pas forcé connaître. Résultat, il donne l'envie d'ouvrir d'autres portes plutôt qu'il n'en referme ; un peu comme lorsque l'on cherche une définition dans un dictionnaire et que celle-ci fait appelle à une notion inconnue qu'il faut à son tour rechercher.
    Je pensais avoir à faire à un livre sur le tango, ce qui est certes le cas. Toutefois, je n'y connais pas grand-chose à cette danse… et je ne m'y connais pas plus une fois le livre refermé.
    De même, je le trouve trop évanescent ; par exemple la façon dont est évoquée la crise, pourtant majeure, donne l'impression qu'elle n'existe pas.
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Citations et extraits

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  • Par Kanelbulle, le 02 juillet 2011

    En bas, la librairie était pleine de monde, comme presque toutes les librairies que nous avions vues. Trente ans auparavant, Julio Cortázar et Gabriel García Márquez s'étaient étonnés que les ménagères achètent Marelle ou Cent ans de solitude comme si c'étaient des nouilles ou des pieds de laitues, et emportent les livres dans leurs sacs à provisions. Aujourd'hui, les habitants de Buenos Aires continuaient à lire avec la même avidité qu'à cette époque. Mais leurs habitudes avaient changé. Ils n'achetaient plus de livres. Ils en commençaient un au hasard dans une librairie et le poursuivaient dans une autre, de dix pages en dix pages ou de chapitre en chapitre, jusqu'à la fin. Ils devaient y passer des jours, voire des semaines.
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  • Par LiliGalipette, le 06 juin 2011

    « Durant ces jours de folie, j’ai acheté des plans de Buenos Aires et j’y ai tracé des lignes de couleur qui reliaient les lieux où Martel avait chanté, dans l’espoir de trouver une forme qui trahisse ses intentions, quelque chose comme le losange qui permet à Borges de résoudre l’énigme de La mort et la boussole. » (p. 251)

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  • Par Kanelbulle, le 05 juillet 2011

    Une semaine plus tard, dans un cycle du Malba, j'ai découvert un court métrage de 1961 intitulé Faena ("Abattage"), dans lequel les vaches étaient assommées à coups de marteau et ensuite dépecées vivantes à l'abattoir. J'ai alors compris le vrai sens du mot barbarie, et pendant une semaine entière je n'ai pas pu penser à autre chose. À New York, une expérience comme celle-là aurait fait de moi un végétarien. À Buenos Aires c'était impossible, car en dehors de la viande il n'y avait rien à manger.
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  • Par LiliGalipette, le 06 juin 2011

    « Dans le tango, la beauté de la voix compte autant que la manière de chanter, l’espace entre les syllabes, l’intention qui enveloppe chaque phrase. Tu as sûrement remarqué qu’un chanteur de tango est avant tout un acteur. Pas n’importe quel acteur, mais quelqu’un chez qui l’auditeur reconnaît ses propres sentiments. L’herbe qui croît sur ce champ de musique et de mots est l’herbe sauvage, agreste, invincible de Buenos Aires, le parfum de la luzerne et du chiendent. » (p. 213)
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  • Par Caligari, le 06 juin 2011

    Ces cafés me semblaient parfaits pour écrire des romans. La réalité ne savait qu'y faire et avançait librement, à la recherche d'auteurs prêts à la raconter. (...) Je ne comprenais pas pourquoi les Argentins préféraient écrire des histoires fantastiques ou invraisemblables sur des civilisations perdues, des clones humains ou des hologrammes sur des îles désertes, quand la réalité était vivante, qu'on la sentait se consumer, brûler et ronger la peau des gens.
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Hommage à Tomás Eloy Martínez sur le site de La Fundación Nuevo Periodismo Iberoamericano "El periodismo no es un acto de narcisismo , es un acto de servicio, servicio a la comunidad, servicio a los demás , servicio a la verdad." http://www.fnpi.org/homenaje-a-tomas-eloy-martinez/











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