ISBN : 2847891617
Éditeur : Delcourt (2005)


Note moyenne : 4.17/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Venu du niveau le plus bas, l’enfer, un homme gravit les étages de la Cathédrale. Son ascension durera des années. Il croisera des gens remarquables, dotés d’un “supplément d’âme”, des théoriciens affirmant que la Cathédrale est un organisme vivant, un peintre qui l’att... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 4.00/5
    Par Sejy, le 31 mai 2010

    Sejy
    Les autres récits, c'est l'ingrédient qui m'a le moins enthousiasmé dans la composition de l'album. Sept nouvelles de 2 à 5 pages dénotant pour la plupart une tonalité sombre et une dimension réflexive inhérente à l'œuvre de Marc Antoine Mathieu qui se pare, pour l'occasion, d'un réalisme assez inhabituel chez cet auteur. Au-delà de thèmes visités de façon plutôt pessimiste (le quotidien, la solitude, la mort ou le regret), chaque récit requiert une investigation intellectuelle plus personnelle pour réellement profiter de l'étendue psychologique et philosophique du propos. L'hiatus, c'est que la brièveté entraîne une certaine « brutalité » du message dont le potentiel de percussion et d'efficacité va se retrouver directement lié au « dialogue à distance » immédiat qui se crée avec l'artiste. Dès les premières cases, il est nécessaire d'établir une connivence, une connexion quasi instantanée des sensibilités auteur/lecteur. Ce n'est pas toujours le cas. Pour moi, cela a excellemment fonctionné avec Les pavés Saint-Eloi et à un degré moindre avec le port de Nantes et La valise, les autres chroniques me laissant plus circonspect. Il en ira différemment pour chacun.
    Mais venons-en à l'ascension, le morceau de choix. 19 pages de pur bonheur qui justifient à elles seules l'achat de l'album. En premier lieu, je me suis complu à une lecture oisive et contemplative me gorgeant de l'aspect visuel et de l'absurdité relative qui émergeait. Puis, pressentant toute l'ambition narrative, j'ai fouillé, creusé. Beaucoup. Chaque relecture m'a révélé une perspective métaphorique supplémentaire, à la saveur différente de la précédente, pour un plaisir qui s'intensifiait. Au-delà d'éventuelles allégories, physique (le passage progressif de l'enfant à l'âge adulte), religieuse (élévation de l'âme, aspiration divine), intellectuelle (progression de la connaissance et du savoir), voire sociale, c'est finalement la symbolique métaphysique qui m'a fasciné (intrinsèquement, elle contient d'ailleurs un peu toutes les autres).
    La quête existentielle vertigineuse d'un homme qui s'extrait de sa « caverne platonicienne » et va se confronter à une réalité (il en existe sûrement plusieurs autres) dont il ne percevait que les « ombres », ces livres qu'il brûlait sans les comprendre, mais dont il ressentait confusément l'appel. En gravissant les marches de cette cathédrale, il s'élève à la compréhension, chaque palier (comme autant de représentations théoriques, figuratives, philosophiques…) affinant sa perception et son appréhension du monde. Une ascension « hiérarchisée » où l'Art, en raison de sa position (ultime niveau dans la progression du héros) et de sa mise en abyme (en tant que cadre architectural du récit), semble être désigné comme le catalyseur. Il va finalement découvrir la lumière, celle qui lui était exclusivement destinée dès l'instant où il a décidé d'aller la trouver (d'ailleurs, le dernier guide est aveugle : on confie le harem à l'eunuque), et plus qu'une réponse formelle et absolue à son parcours initiatique, elle lui dévoile en fait le vrai sens de sa recherche : la révélation de soi.
    Bien sûr, toutes ces impressions évolueront selon les individus. Mais le principal n'est-il pas de dénicher de multiples sources de satisfaction dans l'interprétation personnelle, l'introspection et l'aspiration à sa propre vérité ?
    Juste un petit mot du graphisme. La ligne est éclectique. Géométrique, stylisée, voire iconographique, dans l'ascension elle présente une neutralité qui privilégie la narration. Se faisant moins détachée et plus empathique dans les autres saynètes, elle induit un état émotionnel « invitatif » pour le lecteur. le clair-obscur alimente à merveille ces deux univers en façonnant une lumière qui transcende le pouvoir de suggestion dans le premier et favorise un regard plus humain dans le second.
    3/5 pour les autres récits. 4,5/5 pour l'ascension.

    Lien : http://www.bdtheque.com/main.php?bdid=3871&action=6
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    • Livres 4.00/5
    Par Seraphita, le 08 avril 2012

    Seraphita
    Cette superbe bande-dessinée de Marc-Antoine Mathieu regroupe un premier récit conséquent intitulé « L'ascension » suivi de 7 récits plus courts.
    Dans « L'ascension », on retrouve les thèmes chers à Mathieu, l'ascension d'un homme sans nom qui travaille à l'enfer vers les lumières d'un ciel inconnu qui lui apportent une révélation à l'issue de son périple, sur le mode du célèbre « connais-toi toi-même ». Dans ce récit, l'auteur prend plaisir à procéder à de multiples mises en abyme qu'on peut retrouver dans « Le Dessin » chez le même éditeur. Si le récit en tant que tel est plaisant jusqu'à la chute finale, le texte peut parfois sembler un peu trop bavard… le graphisme en noir et blanc est suffisamment riche en tant que tel et pourrait se suffire.
    Par contre, j'ai été heureusement surprise par les 7 brefs récits qui suivent : les intrigues de chacune sont bien pensées (une intrigue policière pour « Les pavés Saint-Eloi », par exemple), et articulent très habilement le réel et l'imaginaire alors que dans « L'ascension », l'ancrage dans une réalité semble très lointain. La chute de chaque récit est toujours bluffante…
    Une BD plaisante qui permet de découvrir une facette un peu inédite de Marc-Antoine Mathieu.
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    • Livres 4.00/5
    Par Tristram, le 10 avril 2010

    Tristram
    Sans doute l'une des bandes dessinées les plus étonnantes que j'ai lues. Une succession de courts récits réalisés dans un Noir si somptueux que toute clarté semble n'être là que pour le mettre en valeur. Et les récits sont à l'avenant puisqu'ils présentent des personnages lancés dans une quête n'appartenant qu'à eux : moine parcourant l'immensité d'une tour, parylitique patientant en attente d'une vengeance, visiteur prenant racine dans une ville sur le point de disparaître... Je rangerai donc ce livre parmi ce que j'appelle mes "oeuvres célibataires" : créations singulières mettant en scène des personnages solitaires.
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Interview de Marc-Antoine Mathieu - 3 secondes - Stand Fnac à Angoulême 2012
Retrouvez Marc-Antoine Mathieu sur fnac.com : livre.fnac.com Rencontre avec MAM sur le Stand Fnac du Festival Angoulême 2012. Une plongée sans fin autour de l'univers de l'auteur de 3" (Ed. Delcourt). Allez, zoom ! 3 secondes, le temps pour la lumière de parcourir 900 000 kilomètres, le temps d'un coup de feu, d'une larme, d'un SMS, d'une explosion... Observer les détails, enquêter d'une scène à l'autre permet de reconstituer les angles morts et de récolter les indices sur ce qui relie les personnages et les motive. Affaires, crimes, complot... À chacun de se faire sa propre idée. Bonne investigation. Dans le paysage contemporain de la bande dessinée, Marc-Antoine Mathieu occupe une place à part. Tout à la fois scénariste et dessinateur, il est un véritable metteur en scène de ses utopies de papier et de ses expérimentations du média original qu'est la bande dessinée. Mais il est aussi scénographe et, à ce titre, a donné vie à plusieurs expositions, liées ou non à la BD. Son nouvel album, Trois secondes, s'inscrit dans la lignée de ses précédents travaux : utiliser le langage du 9e Art - la planche, la case, l'ellipse -- pour en explorer toutes les possibilités. Il s'est fait remarquer par les amateurs d'une bande dessinée différente avec le cycle d'albums consacrés au personnage de Julius Corentin Acquefacques -- anagramme de Kafka -- avec lesquel il s'est amusé à tordre le langage de la BD pour en dévoiler tout le potentiel, semant le trouble chez le lecteur autant que ...








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