> René Sieffert (Traducteur)

ISBN : 2716903271
Éditeur : Publications orientalistes de France (2001)


Note moyenne : 4.5/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres

Né en 1643, Bashô meurt en 1694. A vingt-deux ans, libéré de ses attaches féodales par la mort de son souverain, il part à Kyôto parfaire ses études, puis se rend à Edo. A trente-huit ans, il se retire dans son " E... > voir plus
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Citations et extraits

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  • Par Grapheus, le 15 mars 2011



    Le soleil déjà était proche du méridien. Louant une barque, je voguai vers Matsushima. Après une traversée d'un peu plus de deux lieues, j'accostai la grève d'Ojima.

    Or, encore que ce soit un lieu commun, Matsushima est bien le plus beau site du Japon et n'a rien à envier à Dôtei ou Seiko. La mer le pénètre par le sud-est, la baie est profonde de trois lieues, le flux s'y étale comme
    dans la baie de Sekkô. Les îles sont innombrables et diverses, il en est de verticales, doigts dressés vers le ciel, d'horizontales qui rampent sur les flots. Certaines sont doubles, d'autres pliées en trois, séparées à gauche, reliées à droite. Il en est qui se portent, il en est qui s'embrassent, comme qui cajole un enfant. Les pins sont d'un vert profond, leur ramure est tordue par le vent du large, leur mouvement naturel paraît dû aux soins du jardinier. Tout ce paysage est d'une beauté distante, comme la physionomie apprêtée d'une belle. Serait-ce là l'ouvrage, aux temps jadis où régnaient les dieux impétueux, d'Ôyama-zumi ? Le génie du Céleste Artisan, quel homme pourrait le rendre par le pinceau, le cerner par la parole?

    La grève d'Ojima est une langue de terre qui s'enfonce dans la mer. Vestige de la retraite du Maître de Zen Ungo, il reste notamment la pierre siège de méditation. D'ailleurs, sous le couvert des pins, j'ai aperçu, ci et
    là, quelques ermites ; dans leurs chaumières qu'enfument les feux de paille ou de rameaux de pin, ils coulent des jours paisibles ; bien qu'ignorant quelle sorte de gens ils étaient, un peu envieux, j'allai vers eux et c'est alors que la lune se refléta sur les flots, renouvelant le spectacle diurne. Je revins au fond de la baie et gagnai mon gîte : c'était une maison à étage à fenêtres ouvrantes ; dormir en voyage au sein des vents et des nuages, quelle sensation indiciblement merveilleuse !

    Ah Matsushima
    à la grue emprunte sa robe
    ô coucou

    Sora
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  • Par Grapheus, le 04 mars 2011

    Estimant que des bagages trop nombreux me seraient une gêne pour
    la route, je me suis débarrassé de tout, mais je porte sur mon dos, emballés
    dans une toile, une robe de papier pour la nuit, une sorte de cape, une écritoire,
    des pinceaux, du papier, des médicaments, une boîte à provisions, si bien
    qu'avec mes jambes débiles et mon corps sans forces, je me sens comme tiré
    en arrière, et je n'avance point. Des peines sans nombre m'accablent.

    Rompu de fatigue
    à l'heure de chercher asile
    fleurs de glycine










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