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ISBN : 2365690564
Éditeur : Editions Les Escales (2013)


Note moyenne : 3.61/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« En Russie, j'ai aimé et j'ai tué. Et j'ai découvert que, des deux, c'est l'amour qui est le plus terrible. »

Avec ses bonnes manières oxfordiennes et son costume en tweed, Roman Lambert arrive à Moscou en 1995 tel un explorateur victorien en safari, dét... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par tynn, le 26 juillet 2014

    tynn
    La Russie des années 90: de quoi mettre à l'envers la basilique de Basile le Bienheureux!
    Quand le très sélect et très britannique Roman Lambert commence à mourir d'ennui dans son smoking de bonne société londonienne, l'occasion de partir travailler à Moscou, dans la Russie post soviétique, apparait comme une aubaine "merveilleusement exotique".
    Une double chance puisqu'il parle russe, assez pour se retrouver immédiatement plongé dans les délires, débordements et excès d'une société sans repère après la chute du communisme. Son vernis de jeune occidental aisé, séduisant et conquérant, son emploi dans une société de communication l'entraine en vie dissolue, dans un monde interlope où fêtes, alcools, sexe, argent, drogue et capitalisme sauvage sont devenus les piliers d'un pays à la dérive.
    La vision de la Russie post-pérestroïka que décrypte Owen Matthews est passionnante: peu de romans ( à ma connaissance) ont trouvé leur place dans cet entre-deux incertain, ce flou étatique qui a manqué renvoyer le pays vers ses heures les plus noires. Un microcosme de nouveaux riches suçait un Etat en déconfiture et se partagait le gâteau, avec la bénédiction de Eltsine, quand la population vivait d'expédients et se battait au quotidien pour conserver sa dignité.
    On a peu compris dans nos certitudes d'occidentaux angéliques combien a été difficile ce passage sociétal vers un semblant de démocratie, et combien une grande partie la population a souffert et regretté l'ère communiste.
    L'auteur nous accompagne en découverte et compréhension avec une subtile utilisation du sarcasme et de l'ironie qui donne du piment au propos. Il dézingue notre vision du pays et de l'identité slave si éloignée de nos décodeurs sociaux. La plume est fluide, piquante, crue, la lecture en est joyeuse. Si la description des fêtes débridées et de la fange des nuits moscovites m'a fait risquer l'overdose, l'auteur a su au bon moment faire rebondir la narration en forme de thriller et accompagner son personnage vers une prise de conscience pour justifier l'irréparable.
    Une peinture vivante et cruelle d'un pays attachant et souvent incompréhensible, où la fin justifie toujours les moyens.
    Un plaisir de lecture.



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    • Livres 3.00/5
    Par spleen, le 09 août 2014

    spleen
    Drôle d'impression en lisant ce roman : l'action se déroule principalement au moment de l'élection de Boris Eltsine et de la dissolution de l'Union Soviétique début des années 90.
    On ressent la fin de cette époque comme une période post-apocalyptique, presque en dehors de la réalité avec d'une part le commun des futurs-ex soviétiques qui apparait complètement paumé , n'ayant plus les repères qui ont dicté leur existence ni la manne étatique qui même si la vie n'était pas brillante , au moins avait un sens et le quotidien était assuré.
    Cette vision crue est à mille lieux de ce que j'ai pu moi-même imaginer, la fin du communisme représentant à mes yeux naïfs plutôt le début de la liberté pour le peuple russe ...
    L'autre versant, c'est celui dans lequel évolue notre héros, Roman Lambert, un jeune anglais, russe par sa mère et qui a décidé de travailler à Moscou et de faire émerger cette moitié russe en rejetant son éducation anglaise .
    Milieu perverti, corrompu avec tout ce qu'il y a de plus vil chez l'homme: la recherche de l'argent facile, la corruption,la drogue, l'alcool et les filles, souvent très jeunes, arrivant de la campagne et à qui on promet une vie meilleure et qui deviennent des prostituées .
    Mais n'est pas slave qui veut , même avec une partie de ses gènes russes, Roman Lambert reste un étranger et un homme finalement médiocre .
    Récit sans faux-fuyant d'une intégration ratée inspirée de l'expérience même d'Owen Matthews.
    J'ai hâte de lire Les enfants de Staline du même auteur !
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    • Livres 4.00/5
    Par Yunali, le 20 septembre 2013

    Yunali
    Roman Lambert, né d'une mère russe et d'un père anglais, a le prénom russe de son grand-père et qu'il faut prononcer en insistant sur la seconde syllabe.
    Avec une envie de changement radical, il décide de partir travailler à Moscou dès que l'occasion se présente. Avec sa mère russe elle-même et étant russophile lui-même, il avait un destin tout programmé pour aller dans cet immense et froid pays.
    Dans les années 1990, on ne peut pas dire que la ville de Moscou est la plus accueillante qu'il soit. Et pourtant, Roman va y trouver sa place, avec les Occidentaux, mais aussi avec les Russes, qui l'initieront à leurs loisirs et plaisirs qui semblent plus que répandus là-bas.
    Roman se sent à sa place là-bas, dans ce Moscou décadent, et il va d'excès en excès, mais cela semble plus que normal pour se fondre dans le moule. En tant que « bon » sujet de sa Majesté pourtant il paraît parfois assez loin de cet « esprit Russe », dont il se revendique pourtant.
    Il a vision assez noire de la vie, et de sa vie à Moscou. Pourtant il aime cette ville, cela se ressent dans ce récit. Il y est à sa place, et cherche à y rester.
    Quant au meurtre dont on parle dans le résumé, si vous lisez ce livre simplement pour y voir un côté « policier », passez votre chemin.
    Le meurtre arrive, mais il germe petit à petit, lentement dans l'esprit de Roman. Ce n'est pas le moment le plus spectaculaire du roman, mais le pays et la ville ont tellement changé Roman que le meurtre ne semble être qu'une étape de plus.
    « En Russie, j'ai aimé et j'ai tué. Et j'ai découvert que, des deux, c'est l'amour qui est le plus terrible. »
    L'amour il va le trouver, en la personne de Sonia, une jeune Russe qui va changer sa vie. Mais leur relation est autant créatrice que destructrice. Sonia est un joli portrait d'une jeune femme Russe, un peu perdue parfois, mais tellement dure et lucide.
    Le passage dans lequel elle explique à Roman ce qu'est l'esprit Russe est tout simplement magnifique. C'est ce que j'ai préféré dans ce roman.
    Même si je ne connais pas beaucoup la Russie ni les Russes, j'ai aimé me plonger dans ce Moscou, celui de Roman, qu'il nous décrit peut-être de façon biaisée puisqu'il est un œil extérieur, occidental qui plus est, mais c'est aussi un récit prenant de la vie de ce jeune homme.
    Quant à la Babylone présente dans le titre, je ne sais pas si cela annonce la chute de Roman ou de ce Moscou des années 1990, mais on ne peut être que pris au piège dans cette ville.
    Je me demande comment j'aurais survécu dans cette ville à la place de Roman…
    Je ne sais pas si j'aurai été assez forte, cette ville et ce pays semblant vraiment retourner les gens et les changer radicalement.
    En tous cas j'ai très envie de découvrir « Les enfants de Staline » premier roman d'Owen MATTHEWS. J'ai vraiment été séduite et envoûtée par cette histoire, et sa plume.
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    • Livres 4.00/5
    Par Drych, le 19 septembre 2014

    Drych
    Un roman déprimant dans le cadre du Moscou décadent des années Eltsine. Découverte du capitalisme sauvage, argent sale et excès en tous genre d'une faune opportuniste et sans scrupule, d'une part, masses populaires décontenancées par la perte de tous leurs repères d'autre part. Ce roman, inspiré de scènes vécues, n'est qu'une vision partiale, mais on sent que ce qui y est décrit comporte une part de réalité, et il s'en dégage un point de vue pessimiste qui me rappelle American Psycho de Bret Easton Ellis en plus triste, car plus plausible. le livre est bon, bien écrit et facile à lire, même si j'ai détesté ce que j'y ai lu.
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    • Livres 4.00/5
    Par Delphine-Olympe, le 08 décembre 2013

    Delphine-Olympe

    Le titre de ce roman est sans équivoque. L'auteur nous convie à un voyage dans la capitale russe, à un moment particulier de son développement : nous sommes dans les années 90, après la Glasnost, alors que Gorbatchev a cédé la place à Eltsine et qu'une nouvelle caste est en train de s'emparer du pouvoir. A l'austérité de l'ère communiste a succédé une ère que l'on qualifierait aujourd'hui de «bling-bling» où les signes extérieurs de richesse font l'objet d'une surenchère effrénée.
    C'est dans ce cadre que vient s'introduire Roman Lambert, jeune citoyen britannique tout juste diplômé d'Oxford, russe par sa mère, qui, las de sa vie londonienne sans éclat, s'envole pour Moscou, à la recherche d'une vie qu'il imagine plus flamboyante.
    Au début du roman, les images se superposent entre une Russie éternelle, celle du narrateur, qui a lu Tolstoï et Dostoïevski, et le pays qu'il découvre, dans lequel des hommes ayant rapidement fait fortune se livrent à des soirées orgiaques et ne semblent connaître ni limite ni morale. Moscou est alors une sorte d'eldorado où se mêlent des hommes de tous horizons, de toutes nationalités.
    Roman raconte son irrésistible ascension. Plus ou moins fasciné par les bad boys qu'il côtoie, il se rêve comme eux, tout en ayant conscience qu'il lui est moralement impossible d'y parvenir. de par son origine étrangère, il vit un décalage entre ce qu'il est, ce qu'il s'était imaginé et ce qu'il rencontre.
    Et c'est là la force de ce roman. Comme d'autres avant lui, - et c'est aussi le cas notamment de Patrick McGuinness dans Les cent derniers jours - Owen Matthews use de ce procédé ultra-classique, mais ô combien efficace, qui consiste à sortir un personnage de son milieu pour le propulser dans un autre, extrêmement différent. Ainsi peuvent être mis en lumière certains caractères d'un pays et d'un peuple, émanant d'une tradition, d'une culture, de contraintes géographiques ou climatiques, dans un tableau mêlant à la fois humour et tendresse.
    Ce qui est particulièrement intéressant ici c'est que le dialogue entre deux cultures se double de celui entre un pays rêvé, la Russie de l'époque tsariste, et la Russie post-communiste. Pris en étau, Roman a du mal à trouver sa place. Il perd ses propres repères et, dans une réminiscence sans doute des héros dostoievskiens, en vient à accomplir un meurtre qui le dépasse, dont il ne serait que l'instrument d'une justice qu'il ne contrôle pas.
    Avec talent, Owen Matthews nous offre le portrait d'une ville qu'à n'en pas douter il aime profondément, en dépit de ses travers et de ses excès. Dans une sorte de postface, il prend soin toutefois de nous rappeler qu'il s'agit d'un roman, et donc d'une vision personnelle qui ne saurait prétendre à l'universalité.
    En tout cas, un roman réussi !


    Lien : http://delphine-olympe.blogspot.fr
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 02 octobre 2013
    Owen Matthews décrit avec un savant mélange d'adrénaline et de lucidité une jungle urbaine semée d'embûches.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par tynn, le 25 juillet 2014

    Il y avait quelque chose d'horriblement triste à Moscou. La tristesse des vies foutues, des possibilités gâchées, du temps perdu. À la sortie des stations de métro, les babouchkas restaient debout des heures entières dans la chaleur de l'été pour vendre un paquet de Marlboro ou quelques gousses d'ail qu'elles avaient elles-mêmes mises en conserves.../... Des hommes sans âge qui offraient leurs services comme taxis illicites au volant de Volga cabossées se révélaient être des géologues ou des colonels à la retraite. Alexeï, l'homme à tout faire de Publicitas, qui changeait les cartouches des imprimantes et ramassait des pelletées de vieux journaux sur nos tables et nos fauteuils, était un pédiatre en exercice qui travaillait au noir chez nous pour arrondir ses fins de mois.
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  • Par tynn, le 23 juillet 2014

    "Si vous lisez ces mots, c'est que la pétasse est tombée"
    Inscription figurant au dos de la veste d'un motard moscovite

    (Tête du chapitre 2)

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  • Par Yunali, le 16 septembre 2013

    Tout en traversant les cours jonchées de détritus pour gagner le métro, je songeai que le sort de Sacha résumait celui de la Russie post-soviétique. Comme lui, le pays entier donnait l'impression insoutenable d'accomplir les tâches les plus simples au prix d'efforts individuels inimaginables. Je pensai à l'héroïsme que chacun devait mobiliser pour survivre et préserver sa dignité, au combat qu'il fallait mener chaque jour pour maintenir les apparences de la normalité.
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  • Par MarcoPolo85, le 26 juillet 2013

    Moscou avait le chic pour attirer des individus furieusement intelligents, mais souvent détraqués et assoiffés de reconnaissance, des individus qui fuyaient l'échec de leur vie antérieure ou qui essayaient de prouver quelque chose à la face du monde. Comme un traumatisme amoureux, la capitale Russe les arrachait à eux-même (p83)

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  • Par Yunali, le 16 septembre 2013

    Les Russes ont besoin de gigantisme pour se sentir importants. L'immensité de leur pays trouve son pendant dans l'immensité improbable - et le plus souvent absurde - de leurs réalisations architecturales, comme les Américains, ils arborent leur grossièreté avec fierté. Et comme les Américains, rien ne leur fait honte.

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