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ISBN : 2365690564
Éditeur : Editions Les Escales (2013)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 21 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« En Russie, j'ai aimé et j'ai tué. Et j'ai découvert que, des deux, c'est l'amour qui est le plus terrible. »

Avec ses bonnes manières oxfordiennes et son costume en tweed, Roman Lambert arrive à Moscou en 1995 tel un explorateur victorien en safari, dét... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Yunali, le 20 septembre 2013

    Yunali
    Roman Lambert, né d'une mère russe et d'un père anglais, a le prénom russe de son grand-père et qu'il faut prononcer en insistant sur la seconde syllabe.
    Avec une envie de changement radical, il décide de partir travailler à Moscou dès que l'occasion se présente. Avec sa mère russe elle-même et étant russophile lui-même, il avait un destin tout programmé pour aller dans cet immense et froid pays.
    Dans les années 1990, on ne peut pas dire que la ville de Moscou est la plus accueillante qu'il soit. Et pourtant, Roman va y trouver sa place, avec les Occidentaux, mais aussi avec les Russes, qui l'initieront à leurs loisirs et plaisirs qui semblent plus que répandus là-bas.
    Roman se sent à sa place là-bas, dans ce Moscou décadent, et il va d'excès en excès, mais cela semble plus que normal pour se fondre dans le moule. En tant que « bon » sujet de sa Majesté pourtant il paraît parfois assez loin de cet « esprit Russe », dont il se revendique pourtant.
    Il a vision assez noire de la vie, et de sa vie à Moscou. Pourtant il aime cette ville, cela se ressent dans ce récit. Il y est à sa place, et cherche à y rester.
    Quant au meurtre dont on parle dans le résumé, si vous lisez ce livre simplement pour y voir un côté « policier », passez votre chemin.
    Le meurtre arrive, mais il germe petit à petit, lentement dans l'esprit de Roman. Ce n'est pas le moment le plus spectaculaire du roman, mais le pays et la ville ont tellement changé Roman que le meurtre ne semble être qu'une étape de plus.
    « En Russie, j'ai aimé et j'ai tué. Et j'ai découvert que, des deux, c'est l'amour qui est le plus terrible. »
    L'amour il va le trouver, en la personne de Sonia, une jeune Russe qui va changer sa vie. Mais leur relation est autant créatrice que destructrice. Sonia est un joli portrait d'une jeune femme Russe, un peu perdue parfois, mais tellement dure et lucide.
    Le passage dans lequel elle explique à Roman ce qu'est l'esprit Russe est tout simplement magnifique. C'est ce que j'ai préféré dans ce roman.
    Même si je ne connais pas beaucoup la Russie ni les Russes, j'ai aimé me plonger dans ce Moscou, celui de Roman, qu'il nous décrit peut-être de façon biaisée puisqu'il est un œil extérieur, occidental qui plus est, mais c'est aussi un récit prenant de la vie de ce jeune homme.
    Quant à la Babylone présente dans le titre, je ne sais pas si cela annonce la chute de Roman ou de ce Moscou des années 1990, mais on ne peut être que pris au piège dans cette ville.
    Je me demande comment j'aurais survécu dans cette ville à la place de Roman…
    Je ne sais pas si j'aurai été assez forte, cette ville et ce pays semblant vraiment retourner les gens et les changer radicalement.
    En tous cas j'ai très envie de découvrir « Les enfants de Staline » premier roman d'Owen MATTHEWS. J'ai vraiment été séduite et envoûtée par cette histoire, et sa plume.
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    • Livres 4.00/5
    Par Delphine-Olympe, le 08 décembre 2013

    Delphine-Olympe

    Le titre de ce roman est sans équivoque. L'auteur nous convie à un voyage dans la capitale russe, à un moment particulier de son développement : nous sommes dans les années 90, après la Glasnost, alors que Gorbatchev a cédé la place à Eltsine et qu'une nouvelle caste est en train de s'emparer du pouvoir. A l'austérité de l'ère communiste a succédé une ère que l'on qualifierait aujourd'hui de «bling-bling» où les signes extérieurs de richesse font l'objet d'une surenchère effrénée.
    C'est dans ce cadre que vient s'introduire Roman Lambert, jeune citoyen britannique tout juste diplômé d'Oxford, russe par sa mère, qui, las de sa vie londonienne sans éclat, s'envole pour Moscou, à la recherche d'une vie qu'il imagine plus flamboyante.
    Au début du roman, les images se superposent entre une Russie éternelle, celle du narrateur, qui a lu Tolstoï et Dostoïevski, et le pays qu'il découvre, dans lequel des hommes ayant rapidement fait fortune se livrent à des soirées orgiaques et ne semblent connaître ni limite ni morale. Moscou est alors une sorte d'eldorado où se mêlent des hommes de tous horizons, de toutes nationalités.
    Roman raconte son irrésistible ascension. Plus ou moins fasciné par les bad boys qu'il côtoie, il se rêve comme eux, tout en ayant conscience qu'il lui est moralement impossible d'y parvenir. de par son origine étrangère, il vit un décalage entre ce qu'il est, ce qu'il s'était imaginé et ce qu'il rencontre.
    Et c'est là la force de ce roman. Comme d'autres avant lui, - et c'est aussi le cas notamment de Patrick McGuinness dans Les cent derniers jours - Owen Matthews use de ce procédé ultra-classique, mais ô combien efficace, qui consiste à sortir un personnage de son milieu pour le propulser dans un autre, extrêmement différent. Ainsi peuvent être mis en lumière certains caractères d'un pays et d'un peuple, émanant d'une tradition, d'une culture, de contraintes géographiques ou climatiques, dans un tableau mêlant à la fois humour et tendresse.
    Ce qui est particulièrement intéressant ici c'est que le dialogue entre deux cultures se double de celui entre un pays rêvé, la Russie de l'époque tsariste, et la Russie post-communiste. Pris en étau, Roman a du mal à trouver sa place. Il perd ses propres repères et, dans une réminiscence sans doute des héros dostoievskiens, en vient à accomplir un meurtre qui le dépasse, dont il ne serait que l'instrument d'une justice qu'il ne contrôle pas.
    Avec talent, Owen Matthews nous offre le portrait d'une ville qu'à n'en pas douter il aime profondément, en dépit de ses travers et de ses excès. Dans une sorte de postface, il prend soin toutefois de nous rappeler qu'il s'agit d'un roman, et donc d'une vision personnelle qui ne saurait prétendre à l'universalité.
    En tout cas, un roman réussi !


    Lien : http://delphine-olympe.blogspot.fr
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    • Livres 4.00/5
    Par MarcoPolo85, le 13 août 2013

    MarcoPolo85
    Moscou, années 90, l'Empire Soviétique n'est plus. le pays est ruiné, les fonctionnaires ne sont plus payés, la ville est en proie au chaos.
    Pourtant, dans les rues de la capitale, certaines marques nouvelles de richesse sautent aux yeux : Mercedes ou BMW rutilantes, magasins chics, restos branchés et nouvelles boîtes de nuits.
    C'est le Royaume de ces nouveaux Russes ayant spolié une partie des richesses de l'URSS.
    Roman Lambert, citoyen Britannique (mais de sang slave par sa mère), va vouloir participer à ce renouveau en allant travailler dans une entreprise de relations publiques à Moscou. Il va se mêler volontairement à ces Russes qui font la nuit Moscovite. Il va vivre cette ivresse faite de Vodka, de plans drogue / drague et de violence.
    Mais, pas facile d'échanger avec un monde qui est aux antipodes des codes de bonne conduite Britanniques.
    Bravo pour ce roman qui m'a encore fait découvrir une autre facette de la Russie, à une période charnière de son histoire. Décidément, ce pays continent m'étonnera toujours.
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    • Livres 4.00/5
    Par Aucafelitterairedeceline, le 08 septembre 2013

    Aucafelitterairedeceline
    Voici le récit de la descente aux enfers de Roman Lambert, par Roman Lambert. de ce fait, le narrateur porte un autre regard sur ses propres actes qu'il a parfois tendance à décrypter, à expliquer. Ainsi, dès les premières pages, nous sommes confrontés à une sorte de désillusion, un décalage entre la Russie qu'il pensait trouver ("un monde libre et vrai", p.12) et la réalité ("je n'y ai trouvé que désespoir , age et rancoeur. Cet endroit s'est emparé de mon âme", p.12) lorsqu'il y arrive. Roman Lambert nous dévoile ainsi le(s) drame(s) de sa vie : l'amour et le meurtre. Ce qui compte ce n'est pas l'acte, mais la façon dont il y est arrivé. L'auteur s'est appliqué à soigner la psychologie du personnage de l'avant et de l'après meurtre. Mais attention pas de culpabilité, de peur irraisonnée, non il semble au contraire garder tout son self-control. le meurtre le change véritablement et impactera sur son histoire d'amour avec Sonia.
    Mais avant cela, c'est une plongée dans la Russie des années 90, dans un milieu décadent où les excès sont multiples auprès de la jeunesse moscovites. Notre narrateur se jette à corps perdu dans ce milieu et se laisser griser par cette vie. Pourtant, il ne sera pas facile pour lui d'y trouver sa place, au vue de son côté britannique. C'est d'ailleurs, là, la clé de bon nombre de chose. Il est britannique et russe par sa mère. Mais à l'esprit russe qu'y comprend-il finalement ? Pas grand chose et Sonia lui donne cette leçon dans un long passage où elle lui rappelle sans ménagement qu'il n'est qu'un étranger, qu'il est libre, quand d'autres, comme elle, sont obligés de vivre ici. Ce passage s'étend de la page 376 à 382 et c'est l'un des plus beaux passages du livre selon moi. le deuxième autre passage, que je trouve fort, se trouve une dizaine de pages plus loin p.391 à 394, alors que Roman parle avec son ami Sverdlov de sa situation avec Sonia.
    Moscou babylone est un livre que se lit d'une traite, un livre qui nous fait découvrir les dérives sous l'ère post-soviétique à travers le regard d'un britannique. Ce livre est aussi le récit poignant, jusqu'à son bel épilogue, d'une descente aux enfers. Une autre bonne lecture pour cette rentrée littéraire.

    Lien : http://aucafelitterairedeceline.wordpress.com/2013/09/06/moscou-baby..
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    • Livres 5.00/5
    Par livresplus, le 15 octobre 2013

    livresplus
    Enfin un livre qui restitue avec brio et courage ce qui s'est réellement passé en Russie dans les années 1990. La corruption massive de l'équipe dirigeante à travers le programme de privatisations, le cynisme effarant des occidentaux prêts à tout pour une part du gâteau (p.178-183 = du génie), et dans ce grand chaos, un peuple livré à lui-même, dont la force de vie et l'héroïsme sont soulignés par Owen Matthews dans de nombreux passages émouvants (p. 60-63 repas chez les Volkov, p. 243-247 rencontre d'un paysan pèlerin à Vladimir, p.290-302 dans les mines de la province de Tcheliabinsk). Ce livre devrait être étudié dans les lycées et faire l'objet d'une adaptation cinématographique. A recommander chaudement. Bravo !
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Critiques presse (1)


  • Lexpress , le 02 octobre 2013
    Owen Matthews décrit avec un savant mélange d'adrénaline et de lucidité une jungle urbaine semée d'embûches.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par Yunali, le 16 septembre 2013

    Tout en traversant les cours jonchées de détritus pour gagner le métro, je songeai que le sort de Sacha résumait celui de la Russie post-soviétique. Comme lui, le pays entier donnait l'impression insoutenable d'accomplir les tâches les plus simples au prix d'efforts individuels inimaginables. Je pensai à l'héroïsme que chacun devait mobiliser pour survivre et préserver sa dignité, au combat qu'il fallait mener chaque jour pour maintenir les apparences de la normalité.
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  • Par MarcoPolo85, le 26 juillet 2013

    Moscou avait le chic pour attirer des individus furieusement intelligents, mais souvent détraqués et assoiffés de reconnaissance, des individus qui fuyaient l'échec de leur vie antérieure ou qui essayaient de prouver quelque chose à la face du monde. Comme un traumatisme amoureux, la capitale Russe les arrachait à eux-même (p83)

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  • Par Yunali, le 16 septembre 2013

    Les Russes ont besoin de gigantisme pour se sentir importants. L'immensité de leur pays trouve son pendant dans l'immensité improbable - et le plus souvent absurde - de leurs réalisations architecturales, comme les Américains, ils arborent leur grossièreté avec fierté. Et comme les Américains, rien ne leur fait honte.

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  • Par Prunella22, le 05 mars 2014

    Le paysage russe se déployait devant nous : de la forêt, des champs, puis de nouveau de la forêt et encore des champs. Pour l’œil habitué aux mosaïques des campagnes européennes, c'était une terre simplifiée, étendue à l'infini. Peu à peu, le rythme se ralentissait ; la variété et l'animation cédaient place à l'immensité. Envoûté, on entrait en territoire russe.

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  • Par Yunali, le 16 septembre 2013

    Mieux valait le silence, le silence profond des Russes, tellement plus éloquent que tous les bavardages érudits du monde.

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