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ISBN : 2365690564
Éditeur : Editions Les Escales (2013)

Note moyenne : 3.53/5 (sur 47 notes)
Résumé :
« En Russie, j'ai aimé et j'ai tué. Et j'ai découvert que, des deux, c'est l'amour qui est le plus terrible. »

Avec ses bonnes manières oxfordiennes et son costume en tweed, Roman Lambert arrive à Moscou en 1995 tel un explorateur victorien en safari, déterminé à profiter de la jungle moscovite postsoviétique. D'origine anglaise, est-ce le sang russe de sa mère qui le rend aussitôt apte à toutes les démesures ?

Des soirées dans les der... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (15) Voir plus Ajouter une critique
zwyns
20 août 2016
  • 4/ 5
Malgré plusieurs bonnes critiques de ce livre , je n'ai pu m'empêcher de donner un avis car Moscou Babylone est un roman qui m'a beaucoup plu.
Dîplomé d'Oxford , bourré d'idées brillantes ,mais dépourvu de compétences précises , Roman Lambert va échouer dans sa carrière de publiciste . Peu motivé par le travail , trainant son ennui , son alcoolisme , ses aventures amoureuses d'un jour dans un Londres banal et cafardeux il rêve de se lancer dans une vie aventureuse et romantique . Et pourquoi pas la Russie où notre héros a déjà voyagé ? de père écossais ,de mère russe ,suffisamment russophone , il est bientôt engagé dans une agence de relations publiques basée à Moscou : Publicitas .
Son boulot consiste à chercher des clients et à sponsoriser des sociétés événementielles , à fabriquer des images pour une clientèle qui se veut respectable ,riche ,intelligente . Une sorte de lavage d'argent sale avant recyclage . Roman Lambert ne va pas tarder à cotoyer la faune des bas-fonds de la société moscovite . Il va s'enfoncer dans le mirage de l'argent vite gagné , dans un univers de drogue ,d'alcool , de sexe ,d' orgies ,approcher les maffieux , les nouveaux riches , les apparatchiks de la dépravation ,du crime et de la corruption . de ses expériences Roman va connaitre l'amour , la descente aux enfers , la perdition ,jusqu'à commettre l'irréparable... de ce roman passionnant , j'en suis sorti déboussolé , groggy ,nauséeux .
L'auteur , lui-même anglo-russe ,journaliste ,ancien reporter à Sarajevo ,en Tchétchénie ,en Afghanistan ,en Irak , Owen Matthews nous décrit dans son roman un monde post-soviétique crépusculaire ,corrompu et sanglant .Il n'a pas son pareil pour nous peindre une société russe des années 90 en pleine déglingue ,déboussolée et coincée entre ex-communisme et capitalisme naissant .
Un grand livre ,écrit par un homme qui connaît son sujet et qui au travers d'un roman noir , nous donne un aperçu de la Russie d'aujourd'hui et une idée de la Russie de demain. Moscou Babylone ; pas nécessaire de lire la 4e de couverture , vous serez déçus... Achetez-le !
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tynn
26 juillet 2014
  • 4/ 5
La Russie des années 90: de quoi mettre à l'envers la basilique de Basile le Bienheureux!
Quand le très sélect et très britannique Roman Lambert commence à mourir d'ennui dans son smoking de bonne société londonienne, l'occasion de partir travailler à Moscou, dans la Russie post soviétique, apparait comme une aubaine "merveilleusement exotique".
Une double chance puisqu'il parle russe, assez pour se retrouver immédiatement plongé dans les délires, débordements et excès d'une société sans repère après la chute du communisme. Son vernis de jeune occidental aisé, séduisant et conquérant, son emploi dans une société de communication l'entraine en vie dissolue, dans un monde interlope où fêtes, alcools, sexe, argent, drogue et capitalisme sauvage sont devenus les piliers d'un pays à la dérive.
La vision de la Russie post-pérestroïka que décrypte Owen Matthews est passionnante: peu de romans ( à ma connaissance) ont trouvé leur place dans cet entre-deux incertain, ce flou étatique qui a manqué renvoyer le pays vers ses heures les plus noires. Un microcosme de nouveaux riches suçait un Etat en déconfiture et se partagait le gâteau, avec la bénédiction de Eltsine, quand la population vivait d'expédients et se battait au quotidien pour conserver sa dignité.
On a peu compris dans nos certitudes d'occidentaux angéliques combien a été difficile ce passage sociétal vers un semblant de démocratie, et combien une grande partie la population a souffert et regretté l'ère communiste.
L'auteur nous accompagne en découverte et compréhension avec une subtile utilisation du sarcasme et de l'ironie qui donne du piment au propos. Il dézingue notre vision du pays et de l'identité slave si éloignée de nos décodeurs sociaux. La plume est fluide, piquante, crue, la lecture en est joyeuse. Si la description des fêtes débridées et de la fange des nuits moscovites m'a fait risquer l'overdose, l'auteur a su au bon moment faire rebondir la narration en forme de thriller et accompagner son personnage vers une prise de conscience pour justifier l'irréparable.
Une peinture vivante et cruelle d'un pays attachant et souvent incompréhensible, où la fin justifie toujours les moyens.
Un plaisir de lecture.



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spleen
09 août 2014
  • 3/ 5
Drôle d'impression en lisant ce roman : l'action se déroule principalement au moment de l'élection de Boris Eltsine et de la dissolution de l'Union Soviétique début des années 90.
On ressent la fin de cette époque comme une période post-apocalyptique, presque en dehors de la réalité avec d'une part le commun des futurs-ex soviétiques qui apparait complètement paumé , n'ayant plus les repères qui ont dicté leur existence ni la manne étatique qui même si la vie n'était pas brillante , au moins avait un sens et le quotidien était assuré.
Cette vision crue est à mille lieux de ce que j'ai pu moi-même imaginer, la fin du communisme représentant à mes yeux naïfs plutôt le début de la liberté pour le peuple russe ...
L'autre versant, c'est celui dans lequel évolue notre héros, Roman Lambert, un jeune anglais, russe par sa mère et qui a décidé de travailler à Moscou et de faire émerger cette moitié russe en rejetant son éducation anglaise .
Milieu perverti, corrompu avec tout ce qu'il y a de plus vil chez l'homme: la recherche de l'argent facile, la corruption,la drogue, l'alcool et les filles, souvent très jeunes, arrivant de la campagne et à qui on promet une vie meilleure et qui deviennent des prostituées .
Mais n'est pas slave qui veut , même avec une partie de ses gènes russes, Roman Lambert reste un étranger et un homme finalement médiocre .
Récit sans faux-fuyant d'une intégration ratée inspirée de l'expérience même d'Owen Matthews.
J'ai hâte de lire Les Enfants de Staline du même auteur !
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Yunali
20 septembre 2013
  • 4/ 5
Roman Lambert, né d'une mère russe et d'un père anglais, a le prénom russe de son grand-père et qu'il faut prononcer en insistant sur la seconde syllabe.
Avec une envie de changement radical, il décide de partir travailler à Moscou dès que l'occasion se présente. Avec sa mère russe elle-même et étant russophile lui-même, il avait un destin tout programmé pour aller dans cet immense et froid pays.
Dans les années 1990, on ne peut pas dire que la ville de Moscou est la plus accueillante qu'il soit. Et pourtant, Roman va y trouver sa place, avec les Occidentaux, mais aussi avec les Russes, qui l'initieront à leurs loisirs et plaisirs qui semblent plus que répandus là-bas.
Roman se sent à sa place là-bas, dans ce Moscou décadent, et il va d'excès en excès, mais cela semble plus que normal pour se fondre dans le moule. En tant que « bon » sujet de sa Majesté pourtant il paraît parfois assez loin de cet « esprit Russe », dont il se revendique pourtant.
Il a vision assez noire de la vie, et de sa vie à Moscou. Pourtant il aime cette ville, cela se ressent dans ce récit. Il y est à sa place, et cherche à y rester.
Quant au meurtre dont on parle dans le résumé, si vous lisez ce livre simplement pour y voir un côté « policier », passez votre chemin.
Le meurtre arrive, mais il germe petit à petit, lentement dans l'esprit de Roman. Ce n'est pas le moment le plus spectaculaire du roman, mais le pays et la ville ont tellement changé Roman que le meurtre ne semble être qu'une étape de plus.
« En Russie, j'ai aimé et j'ai tué. Et j'ai découvert que, des deux, c'est l'amour qui est le plus terrible. »
L'amour il va le trouver, en la personne de Sonia, une jeune Russe qui va changer sa vie. Mais leur relation est autant créatrice que destructrice. Sonia est un joli portrait d'une jeune femme Russe, un peu perdue parfois, mais tellement dure et lucide.
Le passage dans lequel elle explique à Roman ce qu'est l'esprit Russe est tout simplement magnifique. C'est ce que j'ai préféré dans ce roman.
Même si je ne connais pas beaucoup la Russie ni les Russes, j'ai aimé me plonger dans ce Moscou, celui de Roman, qu'il nous décrit peut-être de façon biaisée puisqu'il est un oeil extérieur, occidental qui plus est, mais c'est aussi un récit prenant de la vie de ce jeune homme.
Quant à la Babylone présente dans le titre, je ne sais pas si cela annonce la chute de Roman ou de ce Moscou des années 1990, mais on ne peut être que pris au piège dans cette ville.
Je me demande comment j'aurais survécu dans cette ville à la place de Roman…
Je ne sais pas si j'aurai été assez forte, cette ville et ce pays semblant vraiment retourner les gens et les changer radicalement.
En tous cas j'ai très envie de découvrir « Les enfants de Staline » premier roman d'Owen MATTHEWS. J'ai vraiment été séduite et envoûtée par cette histoire, et sa plume.
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Drych
19 septembre 2014
  • 3/ 5
Un roman déprimant dans le cadre du Moscou décadent des années Eltsine. Découverte du capitalisme sauvage, argent sale et excès en tous genre d'une faune opportuniste et sans scrupule, d'une part, masses populaires décontenancées par la perte de tous leurs repères d'autre part. Ce roman, inspiré de scènes vécues, n'est qu'une vision partiale, mais on sent que ce qui y est décrit comporte une part de réalité, et il s'en dégage un point de vue pessimiste qui me rappelle American psycho de Bret Easton Ellis en plus triste, car plus plausible. le livre est bon, bien écrit et facile à lire, même si j'ai détesté ce que j'y ai lu.
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Les critiques presse (1)
Lexpress02 octobre 2013
Owen Matthews décrit avec un savant mélange d'adrénaline et de lucidité une jungle urbaine semée d'embûches.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations & extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
tynntynn25 juillet 2014
Il y avait quelque chose d'horriblement triste à Moscou. La tristesse des vies foutues, des possibilités gâchées, du temps perdu. À la sortie des stations de métro, les babouchkas restaient debout des heures entières dans la chaleur de l'été pour vendre un paquet de Marlboro ou quelques gousses d'ail qu'elles avaient elles-mêmes mises en conserves.../... Des hommes sans âge qui offraient leurs services comme taxis illicites au volant de Volga cabossées se révélaient être des géologues ou des colonels à la retraite. Alexeï, l'homme à tout faire de Publicitas, qui changeait les cartouches des imprimantes et ramassait des pelletées de vieux journaux sur nos tables et nos fauteuils, était un pédiatre en exercice qui travaillait au noir chez nous pour arrondir ses fins de mois.
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tynntynn23 juillet 2014
"Si vous lisez ces mots, c'est que la pétasse est tombée"
Inscription figurant au dos de la veste d'un motard moscovite

(Tête du chapitre 2)
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YunaliYunali16 septembre 2013
Tout en traversant les cours jonchées de détritus pour gagner le métro, je songeai que le sort de Sacha résumait celui de la Russie post-soviétique. Comme lui, le pays entier donnait l'impression insoutenable d'accomplir les tâches les plus simples au prix d'efforts individuels inimaginables. Je pensai à l'héroïsme que chacun devait mobiliser pour survivre et préserver sa dignité, au combat qu'il fallait mener chaque jour pour maintenir les apparences de la normalité.
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sweetiesweetie10 mars 2015
Pour l'Anglais que j'étais, exprimer un fait ou un sentiment, c'était le neutraliser et le maîtriser. Mais le Russe en moi pensait autrement : il comprenait que la vérité peut se révéler dangereuse et blessante, lourde de honte et de déshonneur. Mieux valait le silence, le silence profond des Russes, tellement plus éloquent que tous les bavardages érudits du monde.
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Prunella22Prunella2205 mars 2014
Le paysage russe se déployait devant nous : de la forêt, des champs, puis de nouveau de la forêt et encore des champs. Pour l’œil habitué aux mosaïques des campagnes européennes, c'était une terre simplifiée, étendue à l'infini. Peu à peu, le rythme se ralentissait ; la variété et l'animation cédaient place à l'immensité. Envoûté, on entrait en territoire russe.
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Videos de Owen Matthews (9) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Owen Matthews

Aurore Dumont présente Owen Matthews, "Moscou Babylone", Escales
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