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Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja1Ajouter à mes livres
Nasr Eddin Hodja., héros légendaire qui aurait vécu en Turquie au XIIIe siècle (on y montre son tombeau... mais il a toujours été vide), est célèbre dans tout le monde musulman, de l'Albanie au Sinkiang, comme l'incarnation même de l'irrévérence.
“ Sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja” traduites et présentées par Jean-Louis Maunoury. Très belle introduction sur l'humour oriental et sa différence avec l'humour occidental. On ne connaît pas l'origine de ce personnage connu des Balkans jusque en Mongolie, il aurait vécu au XIII° siècle. Son tombeau existe en Turquie, il est sous une coupole soutenue par quatre colonnes, et trois des côtés sont ouverts à tous les vents, seule la façade est murée et percée d'une porte close par un énorme cadenas! Toutes ces courtes histoires sont d'origine orale, Nasr Eddin est à la fois un idiot et un sage... Un livre de chevet!!!
Nasr Eddin se rend dans le bois avec son âne pour faire du fagot. Il place la charge sur le dos de l'animal mais elle est si lourde que le pauvre n'arrive pas à suivre son maître.
Un paysan, voyant la scène de son champ, lui dit :
- Par Allah ! Je n'ai jamais vu un âne aussi paresseux. Il y a pourtant un moyen radical de lui faire accélérer le train.
- Tu veux parler de la carotte, j'imagine ?
- Non, du piment rouge. Tiens, prends celui-ci, ouvre-le et frotte-lui-en le cul. Tu m'en diras des nouvelles !
Nasr Eddin prend le piment rouge et il fait comme l'homme le lui a conseillé. Aussitôt l'âne, le derrière en feu, démarre au grand galop, et Nasr Eddin se met à courir derrière lui pour l'attraper. Mais rien à faire. L'âne est emballé.
Alors Nasr Eddin ne fait ni une ni deux, il lève son djubbé et se frotte les fesses avec le piment. L'effet est immédiat, tellement puissant que notre homme dépasse bientôt l'âne et qu'il entre le premier dans la cour de sa maison, où il commence à tourner sans plus pouvoir s'arrêter.
Sa femme apparaît bien vite sur le pas de la porte pour observer ce prodige. Nasr Eddin lui crie, hors d'haleine :
- Attrape-moi, attrape-moi vite, ô fille de l'oncle, au lieu de me regarder. Je n'arrive plus à m'arrêter !
- Mais comment donc pourrais-je t'attraper ? Tu fonces comme un taureau en chaleur !
Une fois, quelques chenapans décident de tourner Nasr Eddin en ridicule, en lui jouant un bon tour au hammam. Ils commencent par se munir discrètement d'un oeuf chacun et, tandis que le Hodja se lave dans son coin à grands coups de bassines d'eau chaude, l'un des jeunes propose un jeu :
- Nous allons jouer à celui qui pondra. Le gage, si on n'y arrive pas, sera de se mettre tout nu devant tout le monde.
Les compères entreprennent alors de tortiller du croupion en gloussant comme des poules, et chacun pond son oeuf.
Aussitôt, Nasr Eddin, laissant tomber son pagne, et poussé par un désir sans équivoque, se lance à la poursuite des garçons. Ceux-ci, à la fois effrayés et scandalisés, poussent les hauts cris :
- Nasr Eddin, as-tu perdu la tête ? Ô Protecteur de la Vertu, assiste-nous !
- Allons, mes cocottes, calmons-nous ! s'exclame alors le Hodja. Comment pourrez-vous pondre encore une fois si vous ne laissez pas le coq vous monter ?
Nasr Eddin rend un jour visite à l'un de ses voisins qu'il trouve prostré, en proie à une grande inquiétude.
- (...) J'ai une dette très importante envers Omar, l'usurier (...) Voilà huit jours que je n'en dors pas.
A ces mots, le Hodja se lève et s'en va (...) il revient peu de temps après, la mine réjouie:
- Ca y est (...) Désormais, tu peux dormir sur tes deux oreilles.
- Comment cela ? (...) Tu n'as tout de même pas remboursé à ma place ?
- Surtout pas ! J'ai dis tout simplement à ton créancier que tu ne le paierais jamais. A lui maintenant de connaitre l'insomnie !