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Jacques Chessex (Autre)Louis Forestier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253006777
Éditeur : Le Livre de Poche (1979)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 772 notes)
Résumé :
Des récits pour les soirées de chasse, après les longues marches, l'attente et la fatigue du jour.Histoires de la campagne, cette Normandie natale que l'auteur évoque avec une tendresse narquoise et la hantise du plaisir vif
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Critiques, Analyses & Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B10 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
Progéniture vicieuse, pingrerie, cruauté, couardise, adultère, fanfaronnade et autres qualités humaines...
Guy de Maupassant n'est décidément jamais tendre avec le genre humain. Au fil de ces contes, présentés à la manières d'histoires qu'on se raconterait le soir autour d'un repas plantureux et d'une bonne bouteille (ainsi "La bécasse" qui ouvre le recueil est plus une introduction qu'une nouvelle), vous lirez les mille petits vices, cachés ou ostensibles dont l'auteur aimait à allonger la liste et à brosser le portrait.
Balourdise, jeu de dupe, et aventures galantes dans "Ce cochon de Morin"; douleur, cruauté et dommage de guerre collatéral dans "La folle"; avarice maladive et mesquinerie dans "Pierrot"; nostalgie dans "Menuet"; angoisse dans "La peur"; mauvais goût et orgueil mal placé dans "Farce normande"; naïveté et abus de pouvoir dans "Les sabots"; snobisme, mépris, égoïsme et fidélité tellement poignante qu'elle en devient maladive dans "La rempailleuse"; rudesse, avarice et insensibilité dans "En mer"; insolite exploitation de la crédulité dans "Un normand"; règlement de comptes posthumes dans "Le testament"; pauvreté, mesquinerie et immoralité dans "Aux champs"; manipulation et pêché d'orgueil dans "Un coq chanta"; adultère et conséquences dans "Un fils"; mépris et dommage de guerre collatéral dans "Saint-Antoine" et enfin, toute l'ironie et le caustique dont est capable Maupassant pour dénoncer la couardise dans "L'aventure de Walter Schnaffs".
Si je devais vous en conseiller certaines, mes faveurs iraient à "Pierrot", "La rempailleuse", "En mer", "Aux champs" et "Saint-Antoine" mais c'est bien sûr très subjectif.
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Taraxacum
Taraxacum09 octobre 2015
  • Livres 3.00/5
Une assemblée de chasseurs se racontant chaque soir une histoire, avec un conteur différent, voilà un prétexte assez cousu de fil blanc pour une série de nouvelles d'un des auteurs français les plus connus.
Pendant des années, je n'ai pas ouvert Maupassant, malgré un certain goût pour la littérature française de son siècle. Je n'avais pas accroché à ce que j'avais lu de lui et j'ai voulu retenter le coup, car de nombreux lecteurs dont je trouve les avis fort justes le classaient très haut dans leur liste d'auteurs fétiches.
Et bien malgré tout, je n'ai pas été enthousiasmé... Certaines nouvelles sont excellentes, ça c'est sûr. La petitesse humaine s'y montre entièrement , dans une langue que je trouve magnifique, et c'est talentueux et épatant. Cependant, il est un écrivain de son époque et évidemment,cela se sent, j'ai eu quelques méchantes grimaces à la lecture. "Un fils", "Ce cochon de Morin", ce sont des histoires d'abus sexuels, n'ayons pas peur des mots, et le pire est qu'à chaque fois, ce n'est pas le sujet, pas considéré comme tel, est parfaitement normal...
Dans "Un fils " tient. Ce client de l'auberge qui abuse d'une servante en position de faiblesse par rapport à lui, une jeune femme qui se défend mais dont il sait bien qu'elle ne pourra pas appeler car c'est elle qui serait viré? Et quand il apprend qu'elle est morte en couche neuf mois après, la seule chose qui l'intéresse est de savoir si l'enfant est de lui, la mère, rien à faire et l'auteur a vrai dire ne s'y intéresse pas non plus; tout est normal... L'époque était différente, et cela n'aurait pas été jugé aussi durement qu'aujourd'hui, sans doute, mais le goût que cela laisse est tout de même saumâtre.
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aouatef79
aouatef7902 juin 2016
  • Livres 5.00/5
" le conte de la bécasse " est un recueil de nouvelles de Guy
De Maupassant. La parution de ce livre date de 1883 .
le recueil compte dix-sept nouvelles telles que : le conte de
la bécasse-Ce cochon de Morin- La Folle- Pierrot-...Un fils-
Saint-Antoine-L' Aventure de Walter Schaffs.
La première nouvelle, le Conte de la bécasse donne le titre
du recueil éponyme .
A travers toutes ses nouvelles, l' auteur nous raconte à sa
manière tout ce qui se trouve autour de lui et surtout il
peint les tares, les vices ou la malice des gens qu' il observe.
Son observation est fine et les détails ne manquent pas .
L' auteur raconte les histoires de la campagne, cette Normandie natale qu' il évoque avec une tendresse narquoise et la hantise du plaisir vif .
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patrick75
patrick7528 avril 2012
  • Livres 3.00/5
Mon troisième "Maupassant".Une confirmation qu'il est un de mes auteurs préférés.Une troisième critique ?
Je risque de me répéter.L'écriture est égale à elle même, c'est à dire de "haute tenue", par contre les histoires ont tendance à se ressembler.
Une critique des moeurs de la bourgeoisie normande,des prélats mais également des "petites gens".
Tout le monde pâtit de la verve De Maupassant.
Il était à n'en pas douter un excellent observateur du monde qui l'entourait .
J'aime me plonger dans ces paysages normands, sentir cette odeur de pomme, de cidre...d'herbe mouillée.
Vivre le temps d'un livre avec ces fermiers d'antan.
Je dirai que les écrits De Maupassant "sentent" la Normandie.
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manu_deh
manu_deh10 mars 2016
  • Livres 4.00/5
Guy de Maupassant est un maître et ce recueil le démontre une fois de plus.
Mon commentaire consistera simplement à vous dire que si vous vous lancez dans la lecture de ces textes vous y trouverez forcément votre compte et votre plaisir, son style, s'il est bien sûr classique, n'a pas pris une ride et élaire d'un regard pénétrant le genre humain, en mode campagnard normand.
Lecteurs numériques, ne vous privez pas de télécharger ce recueil, il est gratuit ...
Bonne lecture
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Citations & extraits (53) Voir plus Ajouter une citation
Nastasia-BNastasia-B13 juillet 2012
La nuit vint deux heures plus tôt, tant le ciel était sombre. J’avais pour guide un paysan qui marchait à mon côté, par un tout petit chemin, sous une voûte de sapins dont le vent déchaîné tirait des hurlements. Entre les cimes, je voyais courir les nuages en déroute, des nuages éperdus qui semblaient fuir devant une épouvante. Parfois, sous une immense rafale, toute la forêt s’inclinait dans le même sens avec un gémissement de souffrance ; et le froid m’envahissait, malgré mon pas rapide et mon lourd vêtement. Mon guide, par moments, levait les yeux et murmurait : « Triste temps ! » Les ténèbres étaient profondes. Je ne voyais rien autour de moi et toutes les branches entrechoquées emplissaient la nuit d’une rumeur incessante.
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ElGatoMaloElGatoMalo18 février 2015
... le père, un vieux petit paysan sec et ridé, s'assit devant la table, pendant que sa femme décrochait la marmite et que sa fille Adélaïde prenait dans le buffet les verres et les assiettes, et il dit : « Ça s'rait p'têtre bon, c'te place chez maîtr' Omont, vu que le v'là veuf, que sa bru l'aime pas, qu'il est seul et qu'il a d'quoi. J'ferions p'têtre ben d'y envoyer Adélaïde. »
[...]
L'homme reprit : « Il a d'quoi, pour sûr. Mais qu'il faudrait être dégourdi et qu'Adélaïde l'est pas un brin. »
La femme alors articula : « J'pourrions voir tout d'même. » Puis, se tournant vers sa fille, une gaillarde à l'air niais, aux cheveux jaunes, aux grosses joues rouges comme la peau des pommes, elle cria : « T'entends, grande bête. T'iras chez maît' Omont t'proposer comme servante, et tu f'ras tout c'qu'il te commandera. »
La fille se mit à rire sottement sans répondre. Puis tous trois commencèrent à manger.
Au bout de dix minutes, le père reprit : « Écoute un mot, la fille, et tâche d'n' point te mettre en défaut sur ce que j'vas te dire... »
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Nastasia-BNastasia-B21 août 2012
L’automne, l’automne merveilleux, mêlait son or et sa pourpre aux dernières verdures restées vives, comme si des gouttes de soleil fondu avaient coulé du ciel dans l’épaisseur des bois. Au lieu de continuer tout droit, mon ami tourna vers la gauche, et, prenant un chemin de traverse, s’enfonça dans le taillis. Et bientôt, au sommet d’une grande côte nous découvrions la magnifique vallée et le fleuve tortueux s’allongeant à nos pieds. Sur la droite, un tout petit bâtiment couvert d’ardoises et surmonté d’un clocher haut comme une ombrelle s’adossait contre une jolie maison aux persiennes vertes, toute vêtue de chèvrefeuilles et de rosiers.
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Olivia_LanchoisOlivia_Lanchois21 février 2010
Chez le vieux baron des Ravots qui ne pouvait plus chasser, une coutume existait, qu'on appelait le " conte de la bécasse". Lorsque chaque convive avait dégusté son oiseau, le cérémonial voulait qu'après avoir graissé toutes les têtes, le maître de maison tirât au sort celui qui seul aurait le privilège de s'en régaler. "L'élu du hasard croquait le crâne suiffé en le tenant par le nez et en poussant des exclamations de plaisir. Et chaque fois les dîneurs, levant leurs verres, buvaient à sa santé. Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait sur l'ordre du baron, conter une histoire pour indemniser les déshérités.
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ElGatoMaloElGatoMalo18 février 2015
Le marquis ayant aimé beaucoup, combattait vivement cette croyance :

— Je vous dis, moi, qu'on peut aimer plusieurs fois avec toutes ses forces et toute son âme. Vous me citez des gens qui se sont tués par amour, comme preuve de l'impossibilité d'une seconde passion. Je vous répondrai que, s'ils n'avaient pas commis cette bêtise de se suicider, ce qui leur enlevait toute chance de rechute, ils se seraient guéris ; et ils auraient recommencé, et toujours, jusqu'à leur mort naturelle. Il en est des amoureux comme des ivrognes. Qui a bu boira — qui a aimé aimera. C'est une affaire de tempérament, cela.
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