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ISBN : 2070466671
Éditeur : Gallimard (2015)

Note moyenne : 3.8/5 (sur 719 notes)
Résumé :
Des récits pour les soirées de chasse, après les longues marches, l'attente et la fatigue du jour.Histoires de la campagne, cette Normandie natale que l'auteur évoque avec une tendresse narquoise et la hantise du plaisir vif
Critiques, Analyses & Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
Nastasia-B10 septembre 2012
  • Livres 4.00/5
Progéniture vicieuse, pingrerie, cruauté, couardise, adultère, fanfaronnade et autres qualités humaines...
Guy de Maupassant n'est décidément jamais tendre avec le genre humain. Au fil de ces contes, présentés à la manières d'histoires qu'on se raconterait le soir autour d'un repas plantureux et d'une bonne bouteille (ainsi "La bécasse" qui ouvre le recueil est plus une introduction qu'une nouvelle), vous lirez les mille petits vices, cachés ou ostensibles dont l'auteur aimait à allonger la liste et à brosser le portrait.
Balourdise, jeu de dupe, et aventures galantes dans "Ce cochon de Morin"; douleur, cruauté et dommage de guerre collatéral dans "La folle"; avarice maladive et mesquinerie dans "Pierrot"; nostalgie dans "Menuet"; angoisse dans "La peur"; mauvais goût et orgueil mal placé dans "Farce normande"; naïveté et abus de pouvoir dans "Les sabots"; snobisme, mépris, égoïsme et fidélité tellement poignante qu'elle en devient maladive dans "La rempailleuse"; rudesse, avarice et insensibilité dans "En mer"; insolite exploitation de la crédulité dans "Un normand"; règlement de comptes posthumes dans "Le testament"; pauvreté, mesquinerie et immoralité dans "Aux champs"; manipulation et pêché d'orgueil dans "Un coq chanta"; adultère et conséquences dans "Un fils"; mépris et dommage de guerre collatéral dans "Saint-Antoine" et enfin, toute l'ironie et le caustique dont est capable Maupassant pour dénoncer la couardise dans "L'aventure de Walter Schnaffs".
Si je devais vous en conseiller certaines, mes faveurs iraient à "Pierrot", "La rempailleuse", "En mer", "Aux champs" et "Saint-Antoine" mais c'est bien sûr très subjectif.
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Taraxacum
Taraxacum09 octobre 2015
  • Livres 3.00/5
Une assemblée de chasseurs se racontant chaque soir une histoire, avec un conteur différent, voilà un prétexte assez cousu de fil blanc pour une série de nouvelles d'un des auteurs français les plus connus.
Pendant des années, je n'ai pas ouvert Maupassant, malgré un certain goût pour la littérature française de son siècle. Je n'avais pas accroché à ce que j'avais lu de lui et j'ai voulu retenter le coup, car de nombreux lecteurs dont je trouve les avis fort justes le classaient très haut dans leur liste d'auteurs fétiches.
Et bien malgré tout, je n'ai pas été enthousiasmé... Certaines nouvelles sont excellentes, ça c'est sûr. La petitesse humaine s'y montre entièrement , dans une langue que je trouve magnifique, et c'est talentueux et épatant. Cependant, il est un écrivain de son époque et évidemment,cela se sent, j'ai eu quelques méchantes grimaces à la lecture. "Un fils", "Ce cochon de Morin", ce sont des histoires d'abus sexuels, n'ayons pas peur des mots, et le pire est qu'à chaque fois, ce n'est pas le sujet, pas considéré comme tel, est parfaitement normal...
Dans "Un fils " tient. Ce client de l'auberge qui abuse d'une servante en position de faiblesse par rapport à lui, une jeune femme qui se défend mais dont il sait bien qu'elle ne pourra pas appeler car c'est elle qui serait viré? Et quand il apprend qu'elle est morte en couche neuf mois après, la seule chose qui l'intéresse est de savoir si l'enfant est de lui, la mère, rien à faire et l'auteur a vrai dire ne s'y intéresse pas non plus; tout est normal... L'époque était différente, et cela n'aurait pas été jugé aussi durement qu'aujourd'hui, sans doute, mais le goût que cela laisse est tout de même saumâtre.
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Belledenuit
Belledenuit06 février 2016
  • Livres 3.00/5
Mon troisième « Maupassant ». Des nouvelles qui fleurent à nouveau bon la Normandie. Guy de Maupassant n'est, une nouvelle fois, pas tendre avec le genre humain. Dans ce recueil comportant dix-sept nouvelles, le vice, caché ou ostensible, côtoie la cruauté, la fanfaronnade ou encore la bêtise. L'auteur y transcrit le quotidien campagnard difficile d'alors ou encore certains défauts / certaines qualités du tempérament paysan. J'ai retrouvé avec un grand plaisir la plume fine, mais cynique, de Guy de Maupassant. En revanche, je pense n'avoir réellement apprécié que deux nouvelles : Menuet ainsi que La rempailleuse, tant les autres ont pu me sembler dures (je pense à Pierrot, La folle, En mer…). Si j'étais restée sur un ressenti partagé avec Une vie, j'avais réussi à vraiment apprécier le recueil incluant la nouvelle Boule de suif. J'ai peut-être même préféré ces dernières, par rapport aux Contes de la bécasse.
Menuet
Un lieu : la pépinière du jardin du Luxembourg (aujourd'hui détruite). Chaque matin, un étudiant en droit s'y promène jusqu'à se piquer de curiosité pour un vieillard qui lui conte certains de ses souvenirs. Il aurait été maître de danse à l'Opéra de Paris, sous Louis XV… J'ai adoré cette nouvelle pour son atmosphère (aussi bien printanière que surnaturelle). Je m'imaginais me balader dans un jardin. Guy de Maupassant mêle ici habilement fantastique et éléments du réel. S'il n'offre pas réellement de réponse à la fin de la nouvelle, celle-ci me marquera tant par ses personnages que par le passage où le vieillard accompagné de sa femme (une danseuse célèbre sous Louis XV) improvisent un menuet.
La rempailleuse
Cette nouvelle met en scène une histoire d'amour : celle d'une rempailleuse pour le pharmacien de son village. Afin que celui-ci s'intéresse à elle et daigne lui adresser un regard, notre héroïne, fille de rempailleurs ambulants, offre chaque année ses économies lorsqu'elle passe au village. Enfant, elle avait aperçu le futur pharmacien pleurant car on lui avait dérobé tout son argent… Depuis lors, elle n'a plus pensé qu'à lui. Jusqu'à la fin de sa vie. Plus sombre que la précédente, j'ai tout de suite pensé à Stefan Zweig en lisant cette nouvelle (pour le côté mise en scène d'une passion amoureuse non réciproque). Guy de Maupassant met ici largement en scène la cupidité, l'égoïsme. J'ai été touchée par cet amour ressenti par la petite rempailleuse pour un même homme depuis son enfance.
En bref, si je n'ai pas été séduite par la totalité des nouvelles constituant ce recueil, certaines auront réussi à susciter mon intérêt. La plume De Maupassant se fait toujours aussi cinglante, mais humaine. Avec ce recueil, on rit souvent (Ce cochon de Morin), on pleure (Pierrot, La folle), on tremble (La peur) tout en riant parfois jaune (Aux champs). Je lui préfère pour autant Boule de suif.
Lien : https://labibliothequedebenedicte.wordpress.com/
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patrick75
patrick7528 avril 2012
  • Livres 3.00/5
Mon troisième "Maupassant".Une confirmation qu'il est un de mes auteurs préférés.Une troisième critique ?
Je risque de me répéter.L'écriture est égale à elle même, c'est à dire de "haute tenue", par contre les histoires ont tendance à se ressembler.
Une critique des moeurs de la bourgeoisie normande,des prélats mais également des "petites gens".
Tout le monde pâtit de la verve De Maupassant.
Il était à n'en pas douter un excellent observateur du monde qui l'entourait .
J'aime me plonger dans ces paysages normands, sentir cette odeur de pomme, de cidre...d'herbe mouillée.
Vivre le temps d'un livre avec ces fermiers d'antan.
Je dirai que les écrits De Maupassant "sentent" la Normandie.
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kineyume
kineyume03 décembre 2014
  • Livres 4.00/5

Alors aujourd'hui je vais vous parler d'un recueil de nouvelles de Guy de Maupassant, je l'avais commencé l'année dernière mais je ne sais plus pour quelle obscure raison je l'avais laissé là, je ne l'avais pas fini en somme. On a donc ici une courte biographie De Maupassant (3 pages) puis une introduction s'intitulant la bécasse où on comprend que chaque histoire est racontée par un interlocuteur différent. Ja vais à présent vous parler des différentes nouvelles :
- ce cochon de Morin : c'est l'histoire de Morin, un mercier, qui prend des vacances, et va rencontrer une très jolie fille dans le train et va entreprendre de la séduire, malheureusement la fille a peur, lui se fait arrêter et va passer au tribunal. Son ami va à son tour rencontrer la jeune femme pour essayer de lui sauver la mise. J'ai beaucoup aimé, d'autant plus que ce n'est pas prévisible
- la folle : le désespoir d'une femme hantée par la guerre. Pas mal, rien de très original mais sympathique tout de même.
- Pierrot :une veuve et sa servante se font voler des légumes dans leur potager, elles finissent par engager un chien. J'aime bien.
- Menuet : dans une pépinière, une rencontre, un hommage à la danse qu'est le menuet. C'est simple ça se lit bien j'apprécie
- la peur : nouvelle que j'avais découvert au collège, c'est uen agréable sensation de relire des lignes dont on se souvient, vous connaissez ça ? Discussion entre deux hommes sur la définition de la peur : histoires. C'est brillant, ça pourraît presque être du Edgar Allan Poe.
- farce normande : une cérémonie de mariage, suivie de la nuit de noces, et vous verrez bien^^. J'aime beaucoup, c'est gai.
- les sabots : un curé énonce ce qui se passe dans le village, notamment qu'un homme veuf cherche une servante. Une fille lui envoi et elle essaie de faire ce qu'il désire. Chute très bien trouvée encore une très bonne nouvelle, agréable.
- la rempailleuse : aussi déjà lue en cours, cette nouvelle parle de l'amour dans sa généralité, de la force de l'amour, qui peut être intense et passer inaperçu. J'aime beaucoup cette idée, très réussi.
- en mer : histoire d'un drame humain et d'un naufrage, je crois qu'on l'avait aussi lu en cours, et ça pourrait aussi être du Edgar Allan Poe. J'aime bien mais ce n'est ma préféréé, néanmoins c'est de qualité
- un normand : l'histoire d'un curé qui a un commerce de saints, et qui mesure son alcoolémie, c'est drôle, sympathique, une bonne nouvelle.
- le testament : un testament un peu spécial, qui donne lieu à une querelle entre deux fils. J'aime bien.
- aux champs : une histoire d'enfants, d'héritage, d'argent, c'est très bien mené, une belle découverte
- un coq chanta : une nouvelle qui montre comment les femmes peuvent contrôler les hommes, sarcastique, j'adhère.
- un fils : histoire de paternité, morale très plaisante.
- saint-antoine : un vantard se retrouve confronté à ce qu'il affirme, j'ai bien aimé mais je ne comprends pas pourquoi il a écrit les 3 dernières lignes.
- l'aventure de Walter Schnaffs : un soldat qui a peur de la guerre, sympa mais pas la meilleure pour finir
En conclusion un très bon recueil de nouvelles qui nous fait découvrir le pays normand
C'est con qu'on ne puisse pas mettre 4,5 étoiles donc j'en ai mis 4
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Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
BelledenuitBelledenuit06 février 2016
Nous nous assîmes sur un banc de pierre. C’était au mois de mai. Un parfum de fleurs voltigeait dans les allées proprettes ; un bon soleil glissait entre les feuilles et semait sur nous de larges gouttes de lumière. La robe noire de la Castris semblait toute mouillée de clarté.

Le jardin était vide. On entendait au loin rouler des fiacres.

« Expliquez-moi donc, dis-je au vieux danseur, ce que c’était que le menuet ? ».
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Nastasia-BNastasia-B13 juillet 2012
La nuit vint deux heures plus tôt, tant le ciel était sombre. J’avais pour guide un paysan qui marchait à mon côté, par un tout petit chemin, sous une voûte de sapins dont le vent déchaîné tirait des hurlements. Entre les cimes, je voyais courir les nuages en déroute, des nuages éperdus qui semblaient fuir devant une épouvante. Parfois, sous une immense rafale, toute la forêt s’inclinait dans le même sens avec un gémissement de souffrance ; et le froid m’envahissait, malgré mon pas rapide et mon lourd vêtement. Mon guide, par moments, levait les yeux et murmurait : « Triste temps ! » Les ténèbres étaient profondes. Je ne voyais rien autour de moi et toutes les branches entrechoquées emplissaient la nuit d’une rumeur incessante.
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MonsieurChatMonsieurChat18 février 2015
... le père, un vieux petit paysan sec et ridé, s'assit devant la table, pendant que sa femme décrochait la marmite et que sa fille Adélaïde prenait dans le buffet les verres et les assiettes, et il dit : « Ça s'rait p'têtre bon, c'te place chez maîtr' Omont, vu que le v'là veuf, que sa bru l'aime pas, qu'il est seul et qu'il a d'quoi. J'ferions p'têtre ben d'y envoyer Adélaïde. »

[...]

L'homme reprit : « Il a d'quoi, pour sûr. Mais qu'il faudrait être dégourdi et qu'Adélaïde l'est pas un brin. »

La femme alors articula : « J'pourrions voir tout d'même. » Puis, se tournant vers sa fille, une gaillarde à l'air niais, aux cheveux jaunes, aux grosses joues rouges comme la peau des pommes, elle cria : « T'entends, grande bête. T'iras chez maît' Omont t'proposer comme servante, et tu f'ras tout c'qu'il te commandera. »

La fille se mit à rire sottement sans répondre. Puis tous trois commencèrent à manger.

Au bout de dix minutes, le père reprit : « Écoute un mot, la fille, et tâche d'n' point te mettre en défaut sur ce que j'vas te dire... »
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Olivia_LanchoisOlivia_Lanchois21 février 2010
Chez le vieux baron des Ravots qui ne pouvait plus chasser, une coutume existait, qu'on appelait le " conte de la bécasse". Lorsque chaque convive avait dégusté son oiseau, le cérémonial voulait qu'après avoir graissé toutes les têtes, le maître de maison tirât au sort celui qui seul aurait le privilège de s'en régaler. "L'élu du hasard croquait le crâne suiffé en le tenant par le nez et en poussant des exclamations de plaisir. Et chaque fois les dîneurs, levant leurs verres, buvaient à sa santé. Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait sur l'ordre du baron, conter une histoire pour indemniser les déshérités.
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MonsieurChatMonsieurChat18 février 2015
Le marquis ayant aimé beaucoup, combattait vivement cette croyance :



— Je vous dis, moi, qu'on peut aimer plusieurs fois avec toutes ses forces et toute son âme. Vous me citez des gens qui se sont tués par amour, comme preuve de l'impossibilité d'une seconde passion. Je vous répondrai que, s'ils n'avaient pas commis cette bêtise de se suicider, ce qui leur enlevait toute chance de rechute, ils se seraient guéris ; et ils auraient recommencé, et toujours, jusqu'à leur mort naturelle. Il en est des amoureux comme des ivrognes. Qui a bu boira — qui a aimé aimera. C'est une affaire de tempérament, cela.
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