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Jacques Chessex (Autre)Louis Forestier (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253006777
Éditeur : Le Livre de Poche (1979)

Note moyenne : 3.84/5 (sur 847 notes)
Résumé :
Des récits pour les soirées de chasse, après les longues marches, l'attente et la fatigue du jour.Histoires de la campagne, cette Normandie natale que l'auteur évoque avec une tendresse narquoise et la hantise du plaisir vif
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Critiques, Analyses & Avis (60) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
10 septembre 2012
  • 4/ 5
Progéniture vicieuse, pingrerie, cruauté, couardise, adultère, fanfaronnade et autres qualités humaines...
Guy de Maupassant n'est décidément jamais tendre avec le genre humain. Au fil de ces contes, présentés à la manières d'histoires qu'on se raconterait le soir autour d'un repas plantureux et d'une bonne bouteille (ainsi "La bécasse" qui ouvre le recueil est plus une introduction qu'une nouvelle), vous lirez les mille petits vices, cachés ou ostensibles dont l'auteur aimait à allonger la liste et à brosser le portrait.
Balourdise, jeu de dupe, et aventures galantes dans "Ce cochon de Morin"; douleur, cruauté et dommage de guerre collatéral dans "La folle"; avarice maladive et mesquinerie dans "Pierrot"; nostalgie dans "Menuet"; angoisse dans "La peur"; mauvais goût et orgueil mal placé dans "Farce normande"; naïveté et abus de pouvoir dans "Les sabots"; snobisme, mépris, égoïsme et fidélité tellement poignante qu'elle en devient maladive dans "La rempailleuse"; rudesse, avarice et insensibilité dans "En mer"; insolite exploitation de la crédulité dans "Un normand"; règlement de comptes posthumes dans "Le testament"; pauvreté, mesquinerie et immoralité dans "Aux champs"; manipulation et pêché d'orgueil dans "Un coq chanta"; adultère et conséquences dans "Un fils"; mépris et dommage de guerre collatéral dans "Saint-Antoine" et enfin, toute l'ironie et le caustique dont est capable Maupassant pour dénoncer la couardise dans "L'aventure de Walter Schnaffs".
Si je devais vous en conseiller certaines, mes faveurs iraient à "Pierrot", "La rempailleuse", "En mer", "Aux champs" et "Saint-Antoine" mais c'est bien sûr très subjectif.
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Tatooa
19 juillet 2016
  • 5/ 5
J'adore Maupassant pour ses personnages. Ma fille me disait "j'aime pas trop, ses nouvelles, il n'y a pas de morale, rien, juste une histoire, triste, souvent". Et je lui ai répondu : "c'est comme la vie, donc".
Comme la vie. Comme les gens. J'ai lu ce livre pour l'item "conte" du multi-défi, mais il aurait bien trouvé sa place dans les péchés capitaux, aussi. Ils y sont tous ! Ce bougre De Maupassant est sans concession, sans fard et sans illusions sur ses contemporains.
Cela se lit sans aucune difficulté, facilement, et laisse une impression d'ironie féroce, mais parfois aussi d'amertume profonde d'un homme sensible devant l'idiotie banale des gens dits "normaux. Il nous décrit la folie quotidienne des hommes, quoi... C'est amusant, j'ai eu une discussion sur le sujet pas plus tard qu'hier avec une amie psy, avec laquelle nous parlions de ces "fous" officiels (inadaptés), qui ne sont que les victimes hypersensibles et détruites, de ceux qui sont bien adaptés à la société et passent inaperçus, en faisant des ravages...
J'aime beaucoup Maupassant, car il fait résonance en moi, et j'ai trouvé ces petits "contes" (fort noirs et fort glauques) tous aussi bons les uns que les autres.
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Allantvers
05 août 2016
  • 5/ 5
Sous l'apparence bonhomme de la bonne histoire à raconter entre amis chasseurs, les « Contes de la bécasse » est un recueil qui commence par piquer, chatouiller un peu, pour mieux faire vite frémir de répulsion parfois mêlée de rire, ou de peur, puis d'horreur. Cette peinture de moeurs non seulement ne met pas l'homme, ni la femme, en valeur, mais souligne de traits cinglants tout ce que l'humanité recèle de plus noir.
J'avais comparé la lecture d'un autre recueil de nouvelles De Maupassant à la dégustation d'un sachet de bonbons colorés et divers ; ici, la métaphore des sucreries variées ne tient pas, tant la potion est amère !
Que de cruauté, de désespoir, de penchants sordides dans ces « Contes de la bécasse » !
L'humour cinglant a beau être là pour adoucir l'ensemble (« ce cochon de Morin » qui paiera longtemps des rires de ses voisins sa pulsion animale envers la belle voyageuse, ou encore « Farce normande » qui ridiculise le jeune marié), ce sont les contes les plus durs qui saisissent et marquent la lecture de ce recueil. Aussi faut-il adopter une certaine distance pour les savourer et les mettre en perspective par-delà les émanations de l'esprit noir, voire morbide, de l'auteur.
Parmi ceux-ci, j'ai adoré le grinçant « Pierrot », le gentil chien jeté dans les mains de vieilles filles radines : plus cruel, tu meurs, et d'ailleurs ce pauvre chien Pierrot agonise encore.
Autre exemple : « Un fils », qui voit un homme bien né mis en face de l'enfant grossier qu'il a engendré, sur une pulsion animale de chevaucher une servante.
Dans toutes ces nouvelles, Maupassant n'épargne pas ses semblables, et pourtant une certaine tendresse perce malgré tout pour ces Normands veules, pingres, couards, mais aussi malins, bon vivants, pleins de bon sens.
Il nous emmène aussi plus profondément dans l'âme humaine, évoquant l'amour absolu (« la rempailleuse »), la terreur ultime (« la peur »).
Ce recueil est un bijou, un recueil qui recueille des leçons de vie à lire et à relire.
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aouatef79
02 juin 2016
  • 5/ 5
" le conte de la bécasse " est un recueil de nouvelles de Guy
De Maupassant. La parution de ce livre date de 1883 .
le recueil compte dix-sept nouvelles telles que : le conte de
la bécasse-Ce cochon de Morin- La Folle- Pierrot-...Un fils-
Saint-Antoine-L' Aventure de Walter Schaffs.
La première nouvelle, le Conte de la bécasse donne le titre
du recueil éponyme .
A travers toutes ses nouvelles, l' auteur nous raconte à sa
manière tout ce qui se trouve autour de lui et surtout il
peint les tares, les vices ou la malice des gens qu' il observe.
Son observation est fine et les détails ne manquent pas .
L' auteur raconte les histoires de la campagne, cette Normandie natale qu' il évoque avec une tendresse narquoise et la hantise du plaisir vif .
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Taraxacum
09 octobre 2015
  • 3/ 5
Une assemblée de chasseurs se racontant chaque soir une histoire, avec un conteur différent, voilà un prétexte assez cousu de fil blanc pour une série de nouvelles d'un des auteurs français les plus connus.
Pendant des années, je n'ai pas ouvert Maupassant, malgré un certain goût pour la littérature française de son siècle. Je n'avais pas accroché à ce que j'avais lu de lui et j'ai voulu retenter le coup, car de nombreux lecteurs dont je trouve les avis fort justes le classaient très haut dans leur liste d'auteurs fétiches.
Et bien malgré tout, je n'ai pas été enthousiasmé... Certaines nouvelles sont excellentes, ça c'est sûr. La petitesse humaine s'y montre entièrement , dans une langue que je trouve magnifique, et c'est talentueux et épatant. Cependant, il est un écrivain de son époque et évidemment,cela se sent, j'ai eu quelques méchantes grimaces à la lecture. "Un fils", "Ce cochon de Morin", ce sont des histoires d'abus sexuels, n'ayons pas peur des mots, et le pire est qu'à chaque fois, ce n'est pas le sujet, pas considéré comme tel, est parfaitement normal...
Dans "Un fils " tient. Ce client de l'auberge qui abuse d'une servante en position de faiblesse par rapport à lui, une jeune femme qui se défend mais dont il sait bien qu'elle ne pourra pas appeler car c'est elle qui serait viré? Et quand il apprend qu'elle est morte en couche neuf mois après, la seule chose qui l'intéresse est de savoir si l'enfant est de lui, la mère, rien à faire et l'auteur a vrai dire ne s'y intéresse pas non plus; tout est normal... L'époque était différente, et cela n'aurait pas été jugé aussi durement qu'aujourd'hui, sans doute, mais le goût que cela laisse est tout de même saumâtre.
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Citations & extraits (68) Voir plus Ajouter une citation
TatooaTatooa17 juillet 2016
Ma mère, Mme de Courlis, était une pauvre petite femme timide, que son mari avait épousé pour sa fortune. Toute sa vie fut un martyre. D'âme aimante, craintive, délicate, elle fut rudoyée sans répit par celui qui aurait du être mon père, un de ces rustres qu'on appelle des gentilshommes campagnards.
Au bout d'un mois de mariage, il vivait avec une servante. Il eut en outre pour maîtresses les femmes et filles de ses fermiers ; ce qui ne l'empêcha point d'avoir deux enfants de sa femme ; on devrait compter trois, en me comprenant. Ma mère ne disait rien ; elle vivait dans cette maison toujours bruyante comme ces petites souris qui glissent sous les meubles. Effacée, disparue, frémissante, elle regardait les gens de ses yeux inquiets et clairs, toujours mobiles, des yeux d'être effaré que la peur ne quitte pas.
(Dans "Le testament")
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Nastasia-BNastasia-B13 juillet 2012
La nuit vint deux heures plus tôt, tant le ciel était sombre. J’avais pour guide un paysan qui marchait à mon côté, par un tout petit chemin, sous une voûte de sapins dont le vent déchaîné tirait des hurlements. Entre les cimes, je voyais courir les nuages en déroute, des nuages éperdus qui semblaient fuir devant une épouvante. Parfois, sous une immense rafale, toute la forêt s’inclinait dans le même sens avec un gémissement de souffrance ; et le froid m’envahissait, malgré mon pas rapide et mon lourd vêtement. Mon guide, par moments, levait les yeux et murmurait : « Triste temps ! » Les ténèbres étaient profondes. Je ne voyais rien autour de moi et toutes les branches entrechoquées emplissaient la nuit d’une rumeur incessante.
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ElGatoMaloElGatoMalo18 février 2015
... le père, un vieux petit paysan sec et ridé, s'assit devant la table, pendant que sa femme décrochait la marmite et que sa fille Adélaïde prenait dans le buffet les verres et les assiettes, et il dit : « Ça s'rait p'têtre bon, c'te place chez maîtr' Omont, vu que le v'là veuf, que sa bru l'aime pas, qu'il est seul et qu'il a d'quoi. J'ferions p'têtre ben d'y envoyer Adélaïde. »
[...]
L'homme reprit : « Il a d'quoi, pour sûr. Mais qu'il faudrait être dégourdi et qu'Adélaïde l'est pas un brin. »
La femme alors articula : « J'pourrions voir tout d'même. » Puis, se tournant vers sa fille, une gaillarde à l'air niais, aux cheveux jaunes, aux grosses joues rouges comme la peau des pommes, elle cria : « T'entends, grande bête. T'iras chez maît' Omont t'proposer comme servante, et tu f'ras tout c'qu'il te commandera. »
La fille se mit à rire sottement sans répondre. Puis tous trois commencèrent à manger.
Au bout de dix minutes, le père reprit : « Écoute un mot, la fille, et tâche d'n' point te mettre en défaut sur ce que j'vas te dire... »
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Nastasia-BNastasia-B21 août 2012
L’automne, l’automne merveilleux, mêlait son or et sa pourpre aux dernières verdures restées vives, comme si des gouttes de soleil fondu avaient coulé du ciel dans l’épaisseur des bois. Au lieu de continuer tout droit, mon ami tourna vers la gauche, et, prenant un chemin de traverse, s’enfonça dans le taillis. Et bientôt, au sommet d’une grande côte nous découvrions la magnifique vallée et le fleuve tortueux s’allongeant à nos pieds. Sur la droite, un tout petit bâtiment couvert d’ardoises et surmonté d’un clocher haut comme une ombrelle s’adossait contre une jolie maison aux persiennes vertes, toute vêtue de chèvrefeuilles et de rosiers.
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Olivia_LanchoisOlivia_Lanchois21 février 2010
Chez le vieux baron des Ravots qui ne pouvait plus chasser, une coutume existait, qu'on appelait le " conte de la bécasse". Lorsque chaque convive avait dégusté son oiseau, le cérémonial voulait qu'après avoir graissé toutes les têtes, le maître de maison tirât au sort celui qui seul aurait le privilège de s'en régaler. "L'élu du hasard croquait le crâne suiffé en le tenant par le nez et en poussant des exclamations de plaisir. Et chaque fois les dîneurs, levant leurs verres, buvaient à sa santé. Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait sur l'ordre du baron, conter une histoire pour indemniser les déshérités.
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