Les lectures de Mauriac se suivent et se ressemblent. Rien à redire sur la force de l'écriture, sur la noirceur du propos et les drames générés par la vie de famille et particulièrement l'emprise d'une mère sur son fils, d'un milieu bourgeois terrien refermé sur lui-même et des conséquences sur ces vies en vase clos om l'on se préserve soi, l'on se préserve de tout, et de tous et où la solitude et le désespoir sont finalité.
Mais de l'impression de déjà vu, de déjà lu, se dégage une espèce d'obsession qui mérite sans doute de mieux faire connaissance avec l'homme Mauriac.
Ici, Félicité la mère, Fernand le fils, les Cazenave font dans les premières pages mourir la jeune Mathilde, morte suite à ses couches, femme jeune qui aurait aimé aimer et qui se trouve isolé par son mari et sa belle-mère, ligués contre elle, rejetée à l'autre bout de la maison.
Ce drame sera le déclencheur d'une sourde vengeance du fils contre sa mère, une mère castratrice, omniprésente, omnipotente et qui de l'amour passe à la surprotection pour finir par l'étouffement d'un homme doté de peu de caractère ou d'envie de vivre sa vie.
Infantilisé depuis toujours, la mort de sa femme est comme la perte d'un jouet, d'une distraction dont on le prive, il ne le supporte pas. Il s'invente un attachement à la défunte, modifie son comportement et entre en guerre contre sa mère, une guerre du silence, de l'éloignement, mais jamais trop.
Le destin de la mère est vite évident, on croit Fernand libéré, est-il seulement libérable ? le « Marie » qu'il prononce à la fin est la preuve qu'il est des prisons que l'on chérie.
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