Un homme, ca ne pleure pas; un homme c'est fort !
On m'avait dit : "Mauriac tu n'aimeras pas!". Mais "
Le Noeud de vipères" m'attirait.
Comme je suis contente d'avoir suivi mon instinct!
Quel bonheur!
Mauriac c'est avant tout une rédaction impeccable. C'est aussi une gamme de personnages de grande précision. Louis en est l'exemple : il est un homme qui a cherché à se faire aimer sans voir que l'amour vrai était devant lui : celui de sa mère. Finalement, Louis se résigne à n'être pas quelqu'un d'aimable. Il va s'enfermer dans ce personnage acariâtre, solitaire, peu loquace et avare qui lui évitera tout contacts humains… puisque les hommes sont si décevants !
Contrairement à beaucoup donc, je ne définirais pas Louis comme un réel "méchant". Lui même se plait à se définir comme tel mais j'ai plutôt l'impression d'un homme profondément malheureux. Enfermé dans une incroyable solitude qui joue de cruauté pour qu'enfin ceux qui l'entourent le voient … pour qu'il existe !
Louis livre, au seuil de sa mort, une poignante confession qu'il teinte d'ironie, de grinçant, de froide lucidité comme pour cacher la réelle nature de ses sentiments.
La vie de Louis est une succession de désillusions, de désenchantements. Ni sa femme, ni ses enfants ne sont tels qu'il aurait souhaité; ils ne lui ressemblent pas, ils ne se comprennent pas... Quelques rares personnes réussiront pourtant à nouer de vrais liens avec Louis, mais chacun d'eux disparaîtra de façon tragique. Finalement, la seule chose sur laquelle il puisse compter, qui ne le trahisse pas c'est l'argent... lui il est là, palpable, alors il s'y accroche. A défaut de pouvoir aimer ses proches, il aime sa fortune et se ferme chaque jour un peu plus.
Et le nœud de vipères le lui rend bien ! Ils sont là… ils attendent qu'il meure… pour enfin récupérer l'argent… et il le sait !
Que lui reste-t-il alors ??? La vengeance …