ISBN : 2253002879
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1973)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 98 notes) Ajouter à mes livres
De la haine, de la colère, de l'aigreur : voilà tout le fiel dont dégouline le coeur du vieil homme qui meurt, et qui décrit celui-ci comme un "noeud de vipères [...] saturé de leur venin". Vingt-trois ans de haine silencieuse qui ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 31 octobre 2011

    Cath36
    Construire toute une vie conjugale et familiale sur un malentendu (se croire aimé alors que la femme adorée en aimait un autre) est une enfer que je ne souhaite à personne. C'est pourtant l'histoire de Louis cet avocat bordelais, qui au fil du temps s'enferme dans sa rancoeur et dans sa haine, une fois la vérité plantée en plein coeur. C'est à la fin de sa vie, que, touché par une grâce qu'aucun chrétien bien-pensant et bien pratiquant (!) de sa famille n'aura su lui donner, Louis pris de remords tentera une ultime réconciliation avec sa femme. Malheureusement celle-ci meurt sans avoir pu lire sa confession. Summum de l'oeuvre de Mauriac ce roman, qui touche à toutes les fibres du coeur humain, est comme un point de non-retour, une impossibilité d'aller plus loin dans l'analyse des relations humaines et de l'incommunicabilité entre les êtres.Comme un sculpteur, Mauriac taille ses personnages au marteau et au burin : c'est peu à peu qu'ils sortent de l'ombre de leur néant et nous apparaissent comme des frères. Au-delà de la solitude humaine qui est le lot de chacun, point de salut sans la grâce, point de libération sans un espérance en un au-delà de notre condition., point de pardon possible qui ne soit transcendé par la certitude d'un amour bien au-delà des nôtres. Une porte s'entr-ouvre, qui n'est pas une certitude (contrairement à ce qui se passe dans les romans de Bernanos) mais une possibilité. Et c'est en cela que le romancier est grand : il n'inflige aucun prêche, aucune métaphysique, aucun mysticisme, mais part de notre réalité visible, bien réelle, bien terre-à-terre pour nous faire entrevoir d'autres possibles. Et c'est le thème de la mort (mort de sa petite fille, mort d'un neveu bien-aimé, mort de sa femme) qui fait office de révélateur, comme celui dans lequel le photographe développe sa photo.
    Mais qui peut dire la vérité d'une photo ?
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    • Livres 4.00/5
    Par rolandm1, le 18 novembre 2011

    rolandm1
    Superbe roman, un vrai plaisir qu'était cette lecture.
    Louis, avocat est marié avec Isa. Ils habitent quelques part dans les Landes. Ils ont 3 enfants et très vite l'incompréhension se manifeste dans le jeune couple. Un bloc se forme , Isa et ses enfants contre Louis. Celui-ci ,à la fin de son existence se met à raconter sa vie matrimoniale ratée dans ce "noeud de vipères", les vipères étant sa femme, ses enfants et beaux-enfants. Une biographie d'un père mal-aimé des siens, une sorte de testament pour les déshériter tous.Tous les sentiments humains sont présents dans ce récit : l'amour, la haine, la frustration, l'envie de vengeance, la fierté, le regret, l'avarice, la moquerie, le dédain.
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    • Livres 5.00/5
    Par C-Liner, le 28 juin 2011

    C-Liner
    Un homme, ca ne pleure pas; un homme c'est fort !
    On m'avait dit : "Mauriac tu n'aimeras pas!". Mais "Le Noeud de vipères" m'attirait.
    Comme je suis contente d'avoir suivi mon instinct!
    Quel bonheur!
    Mauriac c'est avant tout une rédaction impeccable. C'est aussi une gamme de personnages de grande précision. Louis en est l'exemple : il est un homme qui a cherché à se faire aimer sans voir que l'amour vrai était devant lui : celui de sa mère. Finalement, Louis se résigne à n'être pas quelqu'un d'aimable. Il va s'enfermer dans ce personnage acariâtre, solitaire, peu loquace et avare qui lui évitera tout contacts humains… puisque les hommes sont si décevants !
    Contrairement à beaucoup donc, je ne définirais pas Louis comme un réel "méchant". Lui même se plait à se définir comme tel mais j'ai plutôt l'impression d'un homme profondément malheureux. Enfermé dans une incroyable solitude qui joue de cruauté pour qu'enfin ceux qui l'entourent le voient … pour qu'il existe !
    Louis livre, au seuil de sa mort, une poignante confession qu'il teinte d'ironie, de grinçant, de froide lucidité comme pour cacher la réelle nature de ses sentiments.
    La vie de Louis est une succession de désillusions, de désenchantements. Ni sa femme, ni ses enfants ne sont tels qu'il aurait souhaité; ils ne lui ressemblent pas, ils ne se comprennent pas... Quelques rares personnes réussiront pourtant à nouer de vrais liens avec Louis, mais chacun d'eux disparaîtra de façon tragique. Finalement, la seule chose sur laquelle il puisse compter, qui ne le trahisse pas c'est l'argent... lui il est là, palpable, alors il s'y accroche. A défaut de pouvoir aimer ses proches, il aime sa fortune et se ferme chaque jour un peu plus.
    Et le nœud de vipères le lui rend bien ! Ils sont là… ils attendent qu'il meure… pour enfin récupérer l'argent… et il le sait !
    Que lui reste-t-il alors ??? La vengeance …
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    • Livres 3.00/5
    Par jcnb68, le 20 septembre 2011

    jcnb68

    Ce roman est considéré comme l'un des chefs d'œuvres de l'auteur.
    Personnellement, je trouve qu'il a moins bien vieillit, qu'un Thérèse d'Esquyroux, par exemple.
    Et ce, malgré l'originalité de la structure de l'œuvre (le personnage principal rédige une lettre envenimée à sa femme, et par là même à ses héritiers).
    Un homme qui à la fin de sa vie veut régler les comptes avec une famille de loups et de vampires qui n'ont d'intérêt que pour ses biens.
    Il manque la subtilité psychologique dans l'approche des personnages des meilleurs Mauriac.
    Une histoire de vengeance sans grand intérêt et dans laquelle l'auteur semble s'être passablement évaporé.
    Pour connaitre modérément l'œuvre de l'écrivain, je me dis qu'ici Mauriac n'a pas réussi à un minimum se débarrasser des contraintes de sa conscience chrétienne.
    L'on arrive à la fin de l'histoire - courte, facile et vite lue – sans véritable état d'âme, comme si rien ne s'était réellement passé, avec l'impression de ne pas être du tout concerné.
    Fait assez rare avec cet auteur.
    Un livre donc, pour les passionnées de Mauriac dont je suis. Pour ceux qui ont la volonté d'avoir une connaissance amplifiée de son âme subtile et géniale.
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    • Livres 5.00/5
    Par monito, le 11 septembre 2009

    monito
    Brillantissime écriture d'un auteur dont je n'ai pas même lu le Thérèse DESQUEYROUX. Ce roman semble être la confession réelle d'un homme qui à la fin de sa vie, fait le point. le point sur son histoire, celui sur ce qui aurait guidé ses pas (l'argent) celui de ses rapports avec une femme Isa, avec qui ou plutôt contre qui il a vieilli, celui de ses rapports avec sa progéniture décevante…
    Un haut point de paranoïa, une méchanceté réelle travestissant un besoin d'absolu peut être. Des moments d'intense émotion dans l'évocation d'une fille perdue et d'un « neveu » qu'il aurait voulu pour fils…
    Si le ressort de ce roman est la recherche d'une méthode pour déshériter ses enfants, le fond de l'œuvre touche bien davantage la recherche de l'authenticité au profit de l'apparence.
    Il en va ainsi des rapports humains comme des fondements et pratiques religieuses. Les notes instructives ne donnent pas assez la puissance d'un auteur que je découvre en me disant…il était temps.
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Citations et extraits

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  • Par Priscilla29, le 22 juillet 2010

    Demain, il se peut que je renie ce que je te confie ici, comme j'ai renié, cette nuit, mes dernières volontés d'il y a trente ans. J'ai paru haïr d'une inexplicable haine tout ce que tu professais, et je n'en continue pas moins de haïr ceux qui se réclament du nom chrétien; mais n'est-ce pas que beaucoup rapetissent une espérance, qu'ils défigurent un visage, ce Visage, cette trace? De quel droit les juger, me diras-tu, moi qui suis abominable? Isa, n'y-a-t-il pas dans ma turpitude je ne sais quoi qui ressemble, plus que ne fait leur vertu, au Signe que tu adores? Ce que j'écris est sans doute, à tes yeux, un absurde blasphème. Il faudrait me le prouver. Pourquoi ne me parles-tu pas? Pourquoi ne m'as tu jamais parlé? Peut-être existe-t-il une parole de toi qui me fendrait le cœur? Cette nuit, il me semble que ce ne serait pas trop tard pour recommencer notre vie. Si je n'attendais pas ma mort, pour te livrer ces pages? Si je t'adjurais, au nom de ton Dieu, de les lire jusqu'au bout? Si je guettais le moment où tu aurais achevé la lecture? Si je te voyais rentrer dans ma chambre, le visage baigné de larmes? Si tu m'ouvrais les bras? Si je te demandais pardon? Si nous tombions aux genoux l'un de l'autre?
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  • Par Priscilla29, le 22 juillet 2010

    Comme parfois tu me regardais à la dérobée, le souvenir de ces messes demeure lié à cette merveilleuse découverte que je faisais: être capable d'intéresser, de plaire, d'émouvoir. L'amour que j'éprouvais se confondait avec celui que j'inspirais, que je croyais inspirer. Mes propres sentiments n'avaient rien de réel. Ce qui comptait, c'était ma foi en l'amour que tu avais pour moi. Je me reflétais dans un autre être et mon image ainsi reflétée n'offrait rien de repoussant. Dans une détente délicieuse, je m'épanouissais. Je me rappelle ce dégel de tout mon être sous ton regard, ces émotions jaillissantes, ces sources délivrées. Les gestes les plus ordinaires de tendresse, une main serrée, une fleur gardée dans un livre, tout m'était nouveau, tout m'enchantait.
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  • Par rolandm1, le 18 novembre 2011

    Très vite, tu adoptas Calèse. De moi, tu n'as vraiment accepté que mon pays. Tu as pris racine dans ma terre sans que nos racines se puissent rejoindre. Tes enfants ont passé dans cette maison, dans ce jardin, toutes leurs vacances. Notre petite Marie y est morte; et bien loin que cette mort t'en ait donné l'horreur, tu attaches à la chambre où elle a souffert un caractère sacré. C'est ici que tu as couvé ta couvée, que tu as soigné les malades, que tu as veillé près des berceaux, que tu as eu "maille à partir" avec des nurses et des institutrices. C'est entre ces pommiers que les cordes tendues supportaient les petites robes de Marie, toutes ces candides lessives.
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  • Par Cath36, le 31 octobre 2011

    Isa, vois comme j'ai été malheureux. Il sera trop tard, quand tu liras ceci, pour me montrer de la pitié.Mais il m'est doux d'espérer que tu en éprouveras un peu. Je ne crois pas à ton enfer éternel, mais je sais ce que c'est que d'être un damné sur la terre, un réprouvé, un homme qui, où qu'il aille, fait fausse route ; un homme dont la route a toujours été fausse ; quelqu'un qui ne sait pas vivre, non pas comme l'entendent les gens du monde : quelqu'un qui manque de savoir-vivre au sens absolu. Isa, je souffre. Le vent du sud brûle l'atmosphère. j'ai soif, et je n'ai que l'eau tiède du cabinet de toilette. Des millions, mais pas un verre d'eau fraîche.
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  • Par Cath36, le 31 octobre 2011

    Non, tu l'avais pris ce malheureux, parce qu'il se trouvait là, cette année où ta mère, en proie au retour d'âge, s'était persuadée que tu n'étais pas "mariable, -parce que tu ne voulais ni ne pouvais demeurer fille six mois de plus, parce qu'il avait assez d'argent pour que ce fût une suffisante excuse aux yeux du monde...
    Je retenais ma respiration précipitée, je serrais les poings, je mordais ma lèvre inférieure. Quand il m'arrive aujourd'hui de ma faire horreur à moi-même au point de ne pouvoir plus supporter mon coeur ni mon corps, ma pensée va à ce garçon de 1885, à cet époux de vingt-trois ans, les deux bras ramenés contre sa poitrine et qui étouffait avec rage son jeune amour.
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Vidéo de François Mauriac

Le Sagouin part 3
Un film réalisé par les élèves de seconde du lycée de la Sauque (année 2010-2011) et par Godi'art. Il sagit d'une adaptation du roman de François Mauriac "Le Sagouin". Partie 3/3.
Dans les années 30, dans un village de la Gironde, Guillou, un jeune garçon surnommé le sagouin, malheureux et sevré d'affection, mène une vie d'angoisse et de tristesse dans un château sinistre. Il exaspère sa mère qui ne voit en lui que le reflet détesté d'un mari qu'elle n'a épousé que pour devenir baronne. Grâce à l'instituteur du village, Guillou entrevoit un instant l'existence d'un autre monde, de douceur et de tendresse.








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