> Claude Maurice (Autre)

ISBN : 2253004219
Éditeur : LGF - Livre de Poche (1989)


Note moyenne : 3.65/5 (sur 146 notes) Ajouter à mes livres
La justice, c'est une chose ; la vengeance, c'en est une autre. Thérèse a voulu empoisonner son mari, elle a échoué, et le scandale a été étouffé : on ne joue pas avec l'honneur d'une famille si respectable. Mais ce qui ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 04 novembre 2011

    LiliGalipette
    Au sortir du procès pour tentative d'assassinat sur son époux, pour lequel elle a obtenu un non-lieu grâce au témoignage de la victime, Thérèse Desqueyroux rentre chez elle. « le cauchemar dissipé, de quoi parleront-ils ce soir, Bernard et Thérèse ? » (p. 29) Dans le train qui la ramène chez elle, à Argelouse, elle se remémore les conditions et raisons de son geste, ses errances et ses dégoûts. Ce voyage à rebours des souvenirs l'entraîne dans des passés plus ou moins proches et dans un présent imminent, aux allures de sentence, celle que la justice n'a pas rendue. Thérèse, désormais, ne connaîtra que sa chambre et les bois de pins. le reste de la maison lui est interdit.
    Si Bernard Desqueyroux n'a pas voulu accabler son épouse, c'est avant tout pour sauver les apparences et préserver leur enfant, Marie. Cette enfant, Thérèse n'en voulait pas. « Elle avait compté les mois jusqu'à cette naissance ; elle aurait voulu connaître un Dieu pour obtenir de lui que cette créature inconnue, toute mêlée encore à ses entrailles, ne se manifestât jamais. » (p. 70) Dure et froide, Thérèse peut sembler sans cœur, mais elle bout en fait de passion contenue, passion qui ne peut pas s'exprimer à Argelouse. « Argelouse est réellement une extrémité de la terre, un de ces lieux au-delà desquels il est impossible d'avancer. » (p. 39)
    Et puis il y a Anne, la petite-sœur de Bernard et l'amie d'enfance de Thérèse. La jeune fille se toque de Jean Azévédo, un homme dont les Desqueyroux ne veulent pas. de voir cette jeune femme, presqu'une enfant, connaître l'amour qu'elle n'a jamais approché, Thérèse mesure toute la vacuité de son mariage et tout l'ennui que lui cause son époux. Se débarrasser de lui semble si facile : « elle s'est engouffrée dans le crime béant ; elle a été aspirée par le crime. » (p. 99) La fin de l'histoire de Thérèse Desqueyroux n'en est pas vraiment une, c'est plutôt la banale continuité d'une existence morne.
    François Mauriac s'est inspiré d'un fait divers pour créer le personnage de Thérèse. Cette femme à l'étroit dans un mariage sans saveur, plus passionnée pour la sœur de son époux que pour l'époux lui-même, est de la trempe des nouvelles héroïnes, celles qui puisent leur courage dans les bas-fonds. Contrairement à une Thérèse Raquin que sa victime venait hanter, Thérèse Desqueyroux n'a pas de remords. Elle trouve la justification de son geste dans le grand désarroi qu'est sa vie et dans le fossé où sont tombées ses aspirations.
    Sous la plume de Mauriac, on croit lire un long article judiciaire. Dans un exposé tissé de souvenirs et de réflexions, il décortique le vrai crime de cette épouse provinciale. Elle n'est pas coupable d'avoir attenté à la vie de son mari, elle est coupable de ne pas s'accommoder d'une existence convoitée par beaucoup. Elle est coupable d'avoir osé ce que tant ne savent pas accomplir.
    Si j'ai eu de la sympathie pour cette meurtrière inachevée ? Beaucoup ! Se débattre dans une vie étriquée comme elle l'ose, c'est méritant et courageux. Son geste, certes extrême, témoigne d'une passion dont manquent tant d'héroïnes modernes.
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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 27 octobre 2011

    Cath36
    J'ai eu envie de relire un des rares romans qui m'ont passionnée durant mes années lycée, tout en me disant que ce livre était sans doute maintenant un peu démodé compte tenu de l'évolution des moeurs et de la société. Eh bien non, en effet ce texte n'a pas pris une ride. Dénonçant les tares de la bourgeoisie de province (ici bordelaise) et ses enfermements délétères avec une virulence tourmentée que n'aurait pas désavouée Bernanos, Mauriac analyse les méandres du coeur humain avec une lucidité qui rappelle également Balzac, en plus noir. (Pour le côté obscur, voir qui vous savez...). Thérèse DESQUEYROUX est une maudite, une empoisonneuse ratée dont la bonne société bien-pensante -jusqu'au mari rescapé- se dépêche d'étouffer l'affaire . Mais qui, de cette société ou de Thérèse, est la plus criminelle ? Qui tue à petit feu et pratique la mort lente des âmes les plus vivantes et les plus rebelles ? Qui de l'empoisonné ou de l'empoisonneuse est le plus empoisonnant ? le poison n'est-il pas du reste un superbe symbole de ce qui détruit à petites doses ? (On en vient d'ailleurs presque à regretter que le mari s'en soit sorti, le roman eût été moins sombre...) Nulle rédemption apparente ne vient sauver Thérèse mais un abandon qui la renvoie à une irrémédiable solitude, thème cher à Mauriac. Solitude dans laquelle se trouve à la fois nos pires démons et nos possibilités de les combattre.
    Il n'y aura pas de rédemption pour Thérèse, parce que la rédemption passe par le pardon accordé et que son mari et la société le lui dénient, sans même être capables de comprendre ce qu'elle leur demande, la plongeant dans une nuit dont elle ne sortira que par la mort (cf "La fin de la nuit"), dans l'espérance d'un hypothétique et autre Pardon.
    Bourreau DU coeur, Mauriac l'est bel et bien. Ecrivain complexe, pris par ses propres ambiguïtés, tantôt les fuyant, tantôt les affrontant, il reste celui qui renvoie chacun d'entre nous à sa propre image avec la lucidité impitoyable d'un être exigeant face à la vérité, face à Sa vérité. Vraiment j'ai aimé cette redécouverte vécue avec plus d'expérience et de maturité, d'autant qu'une petite balade à Malagar ce week-end a largement contribué à enchanter cette expérience.

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    • Livres 4.00/5
    Par quenlore, le 01 novembre 2011

    quenlore
    Thérèse Desqueyroux est une jeune femme libre vivant au début du siècle dans la campagne Bordelaise. Toute jeune elle sait déjà qu'elle va épouser Bernard Desqueyroux, leurs deux propriétés se touchent et formeront alors un bel héritage à leur futur enfant.
    Le mariage est donc arrangé comme il est d'usage à l'époque, mais pour Thérèse ce n'est pas si mal, il parait moins frustre que la plupart des jeunes gens de cette campagne où l'on aime chasser la palombe.
    Mais l'ennui s'installe petit à petit. Elle sent qu'elle étouffe dans une vie complètement réglé, dans une belle-famille qui la couve, mais qu'elle n'aime pas franchement.
    Un roman psychologique très intense.
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    • Livres 5.00/5
    Par jcnb68, le 18 août 2011

    jcnb68
    Mauriac n'a pas son pareil pour décrire les monstres.
    Mais ces derniers ne sont pas toujours ceux que l'on pense.
    Selon moi, l'auteur atteint ici le summum de sa subtilité psychologique pour dénoncer l'ignominie de la bonne pensée, et de notre société irréprochable sous tous rapports.
    Le récit n'a pas pris une ride et il est plus d'actualité que jamais.
    Un vrai Mauriac enragé.
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    • Livres 4.00/5
    Par rolandm1, le 25 janvier 2012

    rolandm1
    Quelque part dans les Landes au début du vingtième siècle. Argelouze, lieu-dit au milieu des pins, pas loin de l'Océan. Quelques familles y vivent. Thérèse vient d'épouser Bernard. Comme souvent dans les romans de Mauriac, quelques personnages suffisent pour intriguer le lecteur. le mariage a été un mariage d'argent non d'amour. Thérèse a voulu empoisonner son mari, mais elle n'est pas condamnée, on a déclaré un non-lieu. Commence alors le retour de la criminelle au village.
    Une superbe histoire comme toujours chez Mauriac.
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Citations et extraits

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  • Par rolandm1, le 25 janvier 2012

    Ce dernier soir avant le retour au pays, ils se couchèrent dès neuf heures. Thérèse avala un cachet, mais elle attendait trop le sommeil pour qu'il vint. Un instant, son esprit sombra, jusqu'à ce que Bernard, dans un marmonnement incompréhensible, se fût retourné ; alors elle sentit contre elle ce grand corps brûlant ; elle le repoussa et, pour n'en plus subir le feu, s'étendit sur l'extrème bord de la couche; mais après quelques minutes, il roula de nouveau vers elle comme si la chair en lui survivait à l'esprit absent et, jusque dans le sommeil, cherchait confusément sa proie accoutumée. D'une main brutale et qui pourtant ne l'éveilla pas, de nouveau elle l'écarta...
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  • Par chartel, le 09 octobre 2007

    Elle aperçoit le talus du champ où Jean Azévédo, un jour de chaleur, s'est assis. Dire qu'elle a cru qu'il existait un endroit du monde où elle aurait pu s'épanouir au milieu d'êtres qui l'eussent comprise, peut-être admirée, aimée! Mais sa solitude lui est attachée plus étroitement qu'au lépreux son ulcère: "Nul ne peut rien pour moi; nul ne peut rien contre moi."
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  • Par Neigeline, le 12 septembre 2010

    Peut-être travaillait-il à sa table, et Paris grondait au loin ; le silence, c'était lui qui le créait, qui le conquérait sur le vacarme du monde ; il ne lui était pas imposé du dehors comme celui qui étouffait Thérèse ; ce silence était son oeuvre et ne s'étendait pas plus loin que la lueur de la lampe, que les rayons chargés de livres...
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  • Par Neigeline, le 12 septembre 2010

    Saurai-je jamais rien dire des êtres ruisselants de vertu et qui ont le coeur sur la main ? Les "coeurs sur la main" n'ont pas d'histoire ; mais je connais celle des coeurs enfuis et tout mêlés à un corps de boue.
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  • Par Neigeline, le 12 septembre 2010

    S'accepter, cela oblige les meilleurs d'entre nous à s'affronter eux-mêmes, mais à visage découvert et dans un combat sans ruse.
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Le Sagouin part 3
Un film réalisé par les élèves de seconde du lycée de la Sauque (année 2010-2011) et par Godi'art. Il sagit d'une adaptation du roman de François Mauriac "Le Sagouin". Partie 3/3.
Dans les années 30, dans un village de la Gironde, Guillou, un jeune garçon surnommé le sagouin, malheureux et sevré d'affection, mène une vie d'angoisse et de tristesse dans un château sinistre. Il exaspère sa mère qui ne voit en lui que le reflet détesté d'un mari qu'elle n'a épousé que pour devenir baronne. Grâce à l'instituteur du village, Guillou entrevoit un instant l'existence d'un autre monde, de douceur et de tendresse.








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