Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Claude Maurice (Autre)

ISBN : 2253004219
Éditeur : Le Livre de Poche (1989)


Note moyenne : 3.62/5 (sur 451 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
La justice, c'est une chose ; la vengeance, c'en est une autre. Thérèse a voulu empoisonner son mari, elle a échoué, et le scandale a été étouffé : on ne joue pas avec l'honneur d'une famille si respectable. Mais ce qui se passe après, c'est bien pire que toutes les con... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (40)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 4.00/5
    Par Carosand, le 22 novembre 2012

    Carosand
    Thérèse DESQUEYROUX, femme immorale incontestablement, on a du mal à vouloir la défendre et pourtant on voudrait pouvoir la comprendre. L'hypocrisie sociale et familiale du milieu qu'elle occupe lui refusant la liberté de mouvements et surtout le droit d'aimer l'aura menée à l'irréparable, voulant fuir la cage dorée qui s'est dressée autour d'elle, un des barreaux devait inexorablement céder pour qu'elle accède à sa propre existence.
    Aurait elle dû rentrer dans le rang comme la plupart de ses congénères et sacrifier ses espérances ou choisir l'acte suicidaire, tout comme Anna Karénine ? Il est des êtres qui préfèrent atteindre à l'anéantissement de l'autre, celui qui érige les frontières infranchissables de leur vie. Heureusement pour la société, les monstres tout comme les héros ne sont pas légion, la société peut régner.
    Ce livre m'intriguait par sa renommée et son sujet. J'ai découvert l'écriture de François Mauriac atypique et rythmée entre les pensées et les dialogues qui viennent à se chevaucher donnant du rythme au texte. L'utilisation du style métaphorique permet un vocabulaire poétique et romanesque. A relire pour le plaisir du genre assurément.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 41         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 27 octobre 2011

    Cath36
    J'ai eu envie de relire un des rares romans qui m'ont passionnée durant mes années lycée, tout en me disant que ce livre était sans doute maintenant un peu démodé compte tenu de l'évolution des moeurs et de la société. Eh bien non, en effet ce texte n'a pas pris une ride. Dénonçant les tares de la bourgeoisie de province (ici bordelaise) et ses enfermements délétères avec une virulence tourmentée que n'aurait pas désavouée Bernanos, Mauriac analyse les méandres du coeur humain avec une lucidité qui rappelle également Balzac, en plus noir. (Pour le côté obscur, voir qui vous savez...). Thérèse DESQUEYROUX est une maudite, une empoisonneuse ratée dont la bonne société bien-pensante -jusqu'au mari rescapé- se dépêche d'étouffer l'affaire . Mais qui, de cette société ou de Thérèse, est la plus criminelle ? Qui tue à petit feu et pratique la mort lente des âmes les plus vivantes et les plus rebelles ? Qui de l'empoisonné ou de l'empoisonneuse est le plus empoisonnant ? le poison n'est-il pas du reste un superbe symbole de ce qui détruit à petites doses ? (On en vient d'ailleurs presque à regretter que le mari s'en soit sorti, le roman eût été moins sombre...) Nulle rédemption apparente ne vient sauver Thérèse mais un abandon qui la renvoie à une irrémédiable solitude, thème cher à Mauriac. Solitude dans laquelle se trouve à la fois nos pires démons et nos possibilités de les combattre.
    Il n'y aura pas de rédemption pour Thérèse, parce que la rédemption passe par le pardon accordé et que son mari et la société le lui dénient, sans même être capables de comprendre ce qu'elle leur demande, la plongeant dans une nuit dont elle ne sortira que par la mort (cf "La fin de la nuit"), dans l'espérance d'un hypothétique et autre Pardon.
    Bourreau DU coeur, Mauriac l'est bel et bien. Ecrivain complexe, pris par ses propres ambiguïtés, tantôt les fuyant, tantôt les affrontant, il reste celui qui renvoie chacun d'entre nous à sa propre image avec la lucidité impitoyable d'un être exigeant face à la vérité, face à Sa vérité. Vraiment j'ai aimé cette redécouverte vécue avec plus d'expérience et de maturité, d'autant qu'une petite balade à Malagar ce week-end a largement contribué à enchanter cette expérience.

    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 29         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par carre, le 25 juillet 2012

    carre
    Je me suis plonger dans le roman de François Mauriac en apprenant que le regretté Claude Miller venait de l'adapter pour le grand écran. Je voulais me faire mon idée avant d'en voir sa réalisation. Peu adepte de roman dit classique, mon sentiment est partagé. Tout d'abord l'aspect positif, le style de Mauriac pour décrire les tourments de ces personnages est remarquable, le témoignage de Bernard pour sauver son empoisonneuse de femme montre avec force la lâcheté et l'hypocrisie d'une bourgeoisie prête à tout pour ne pas éclabousser son nom.
    Mais, mon problème vient de mon indifférence aux personnages. Thérèse qui même si son désir de liberté est compréhensible (surtout lorsqu'elle que l'on connait la famille dans laquelle elle est rentrée, et le monstrueux benêt qu'elle a épousé) est d'un égoïsme insupportable, son comportement maternel étant le summum de mon antipathie pour son personnage.
    Quand à Mr Desqueyroux, homme rustre, insensible au désir, préférant les distractions loin de la maison me semble un peu trop caricatural. Mais vu l'engouement autour du roman de Mauriac c'est moi qui suit à côté de la plaque. (Pas facile de rimer avec Mauriac).

    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 29         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par LiliGalipette, le 04 novembre 2011

    LiliGalipette
    Au sortir du procès pour tentative d'assassinat sur son époux, pour lequel elle a obtenu un non-lieu grâce au témoignage de la victime, Thérèse Desqueyroux rentre chez elle. « le cauchemar dissipé, de quoi parleront-ils ce soir, Bernard et Thérèse ? » (p. 29) Dans le train qui la ramène chez elle, à Argelouse, elle se remémore les conditions et raisons de son geste, ses errances et ses dégoûts. Ce voyage à rebours des souvenirs l'entraîne dans des passés plus ou moins proches et dans un présent imminent, aux allures de sentence, celle que la justice n'a pas rendue. Thérèse, désormais, ne connaîtra que sa chambre et les bois de pins. le reste de la maison lui est interdit.
    Si Bernard Desqueyroux n'a pas voulu accabler son épouse, c'est avant tout pour sauver les apparences et préserver leur enfant, Marie. Cette enfant, Thérèse n'en voulait pas. « Elle avait compté les mois jusqu'à cette naissance ; elle aurait voulu connaître un Dieu pour obtenir de lui que cette créature inconnue, toute mêlée encore à ses entrailles, ne se manifestât jamais. » (p. 70) Dure et froide, Thérèse peut sembler sans cœur, mais elle bout en fait de passion contenue, passion qui ne peut pas s'exprimer à Argelouse. « Argelouse est réellement une extrémité de la terre, un de ces lieux au-delà desquels il est impossible d'avancer. » (p. 39)
    Et puis il y a Anne, la petite-sœur de Bernard et l'amie d'enfance de Thérèse. La jeune fille se toque de Jean Azévédo, un homme dont les Desqueyroux ne veulent pas. de voir cette jeune femme, presqu'une enfant, connaître l'amour qu'elle n'a jamais approché, Thérèse mesure toute la vacuité de son mariage et tout l'ennui que lui cause son époux. Se débarrasser de lui semble si facile : « elle s'est engouffrée dans le crime béant ; elle a été aspirée par le crime. » (p. 99) La fin de l'histoire de Thérèse Desqueyroux n'en est pas vraiment une, c'est plutôt la banale continuité d'une existence morne.
    François Mauriac s'est inspiré d'un fait divers pour créer le personnage de Thérèse. Cette femme à l'étroit dans un mariage sans saveur, plus passionnée pour la sœur de son époux que pour l'époux lui-même, est de la trempe des nouvelles héroïnes, celles qui puisent leur courage dans les bas-fonds. Contrairement à une Thérèse Raquin que sa victime venait hanter, Thérèse Desqueyroux n'a pas de remords. Elle trouve la justification de son geste dans le grand désarroi qu'est sa vie et dans le fossé où sont tombées ses aspirations.
    Sous la plume de Mauriac, on croit lire un long article judiciaire. Dans un exposé tissé de souvenirs et de réflexions, il décortique le vrai crime de cette épouse provinciale. Elle n'est pas coupable d'avoir attenté à la vie de son mari, elle est coupable de ne pas s'accommoder d'une existence convoitée par beaucoup. Elle est coupable d'avoir osé ce que tant ne savent pas accomplir.
    Si j'ai eu de la sympathie pour cette meurtrière inachevée ? Beaucoup ! Se débattre dans une vie étriquée comme elle l'ose, c'est méritant et courageux. Son geste, certes extrême, témoigne d'une passion dont manquent tant d'héroïnes modernes.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 20         Page de la critique

    • Livres 5.00/5
    Par Missbouquin, le 20 avril 2013

    Missbouquin
    Ayant vu la version cinématographique de Claude Miller il y a quelques mois, il était bien temps de découvrir l'œuvre originale de François Mauriac, publié dans les années 20. Malheureusement le problème est que j'ai été influencée par le jeu des acteurs incarnant les personnages, en particulier Audrey Tautou en Thérèse Desqueyroux. J'avoue qu'après avoir vu le film, je trouve que le choix de ce personnage essentiel fut particulièrement bien fait, Audrey Tautou incarnant bien toute la fragilité, les démons intérieurs de Thérèse.
    Mais qui est donc cette Thérèse qui a donné son nom au roman ? Projetons dans le Bordelais au début du XXe siècle. Nous voilà dans le fief des Desqueyroux. La libre Thérèse a épousé l'ennuyeux Bernard Desqueyroux, voisin de l'immense domaine familial. Deux familles de la bourgeoisie bordelaise, destinées à s'unir pour agrandir leurs domaines : « Tout le pays les mariait parce que leurs propriétés semblaient faites pour se confondre. »
    Malheureusement pour le pauvre Bernard, Thérèse est une femme résolument moderne, née trop précocement alors que la société qui l'entourait n'était pas prête à accorder la liberté à laquelle elle aspire. C'est une femme d'une dureté terrible à l'extérieur, mais d'une fragilité intérieure extrême. C'est une femme qui sait ce qu'elle veut – garder ses pins, vivre sa vie – et ce qu'elle ne veut pas – être assujettie à un mari, et pire, à la famille de son mari : « le lycée, au-delà de mon temps d'épouse et de mère, m'apparaît comme un paradis. Alors je n'en avais pas conscience. Comment aurais-je pu savoir que dans ces années d'avant la vie, je vivais ma vraie vie ? »
    Femme lettrée, sans cesse Plongée dans ses livres, elle s'opposera à cette même famille et à ce mari ne peuvent – et ne veulent pas la comprendre. Nouvelle Madame Bovary, elle souffre du gouffre entre réalité et littérature : « Elle exécrait dans les romans la peinture d'êtres extraordinaires et tels qu'on n'en rencontre jamais dans la vie. » Elle doit donc se cacher derrière un masque de froideur, de mensonges, y compris envers sa belle-sœur qui est celle dont elle est la plus proche, et en même temps la plus éloignée. Lumière et obscurité. Pusillanimité et réflexion. Voilà le vrai drame de Thérèse : être étrangère auprès même de ceux qui lui sont chers. Et qui la jugent, par exemple sur ses sentiments maternels : « Une mère qui ne s'intéresse pas à son enfant, vous pouvez inventer toutes les excuses que vous voudrez, je trouve ça ignoble. »
    Petit à petit elle va donc gagner sa liberté, fut-ce au prix d'un geste terrible envers son mari. La chute sera fatale.
    Mauriac s'inspira pour l'histoire de Thérèse Desqueyroux de celle d'Henriette Canaby qui fut accusée en 1905 d'avoir voulu empoisonner son mari Émile Canaby, courtier en vins bordelais alors endetté. Mauriac assista à son procès en Cour d'assises au cours duquel elle fut condamnée pour faux et usage de faux (fausses ordonnances). L'accusation de tentative d'empoisonnement fut rejetée, son mari témoignant en sa faveur pour sauver les apparences.
    Mais Mauriac en a fait plus qu'un fait divers, mettant en scène une femme extraordinaire, représentant le désir de liberté féminine de l'époque, mais un désir de liberté poussé jusqu'à son extrême.
    Un roman qui m'a intéressé, avec sa figure de femme forte, mais sans être une lecture exceptionnelle …

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2013/04/18/therese-desqueyroux-f..
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 22         Page de la critique

> voir toutes (51)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Malahide75, le 07 mai 2013

    Qu'importe d'aimer tel pays ou tel autre, les pins ou les érables, l’Océan ou la plaine ? Rien ne l'intéressait que ce que vit, que les êtres de sang et de chair. "Ce n'est pas la ville de pierres que je chéris, ni les conférences, ni les musées, c'est la forêt vivante qui s'y agite, et que creusent les passions plus forcenées qu'aucune tempête."

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par Malahide75, le 07 mai 2013

    Thérèse n'avait plus besoin de lui demander si elle souffrait : elle l'entendait souffrir dans l'ombre ; mais sans aucune pitié. Pourquoi aurait-elle eu pitié ? Qu'il doit être doux de répéter un nom, un prénom qui désigne un certain être auquel on est lié par le cœur étroitement ! La seule pensée qu'il est vivant, qu'il respire, qu'il s'endort, le soir, la tête sur son bras replié, qu'il s'éveille à l'aube, que son jeune corps déplace la brume...
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 0         Page de la citation

  • Par Carosand, le 20 novembre 2012

    Que peut-elle redouter ? Cette nuit passera, comme toutes les nuits ; le soleil se lèvera demain : elle est assurée d'en sortir, quoi qu'il arrive. Et rien ne peut arriver de pire que cette indifférence, que ce détachement total qui la sépare du monde et de son être même. Oui, la mort dans la vie : elle goûte la mort autant que la peut goûter une vivante.

    Commenter     J’apprécie          0 20         Page de la citation

  • Par Y--, le 14 mars 2012

    Un baiser, songe-t-elle, doit arrêter le temps ; elle imagine qu'il existe dans l'amour des secondes infinies. Elle l'imagine ; elle ne le saura jamais. Elle voit la maison blanche encore, le puits ; une pompe grince ; des héliotropes arrosés parfument la cour ; le dîner sera un repos avant ce bonheur du soir et de la nuit qu'il doit être impossible de regarder en face, tant il dépasse la puissance de notre coeur : ainsi l'amour dont Thérèse a été plus sevrée qu'aucune autre créature, elle en est possédée, pénétrée.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 8         Page de la citation

  • Par Myrabelle, le 17 décembre 2012

    Et c'était le silence : le silence d'Argelouse ! Les gens qui ne connaissent pas cette lande perdue ne savent pas ce qu'est le silence : il cerne la maison, comme solidifié dans cette masse épaisse de forêt où rien ne vit, hors parfois une chouette ululante (nous croyons entendre, dans la nuit, le sanglot que nous retenions).

    Commenter     J’apprécie          1 10         Page de la citation

> voir toutes (70)

Videos de François Mauriac

>Ajouter une vidéo
Vidéo de François Mauriac

Bande-annonce du film "Thérèse Desqueyroux" de Claude Miller, adapté du roman de François Mauriac.








Sur Amazon
à partir de :
4,69 € (neuf)
0,99 € (occasion)

   

Faire découvrir Thérèse Desqueyroux par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (1269)

> voir plus

Quiz