Si je ne me trompe pas, il s'agit seulement de la deuxième bande-dessinée que je chronique ici. En effet, je ne suis pas vraiment une habituée de ce support littéraire ; c'est d'ailleurs pourquoi j'ai sauté sur l'occasion lors de la dernière Masse Critique, histoire de bousculer un peu mes petites habitudes.
J'ai finalement opté pour ce titre, je dois bien le dire attirée par le qualificatif « gothique » employé pour présenter cette série. Au final, je suis un peu embarrassée au moment de vous parler de mon ressenti sur cette lecture…En effet autant certains aspects m'ont beaucoup plu, autant d'autres ne m'ont vraiment pas convaincue…Bref, je vais essayer de mettre un peu d'ordre dans ce fouillis d'idée, en espérant que cela me permettra d'y voir plus clair moi-même.
J'ai donc été attirée par ce fameux qualificatif de gothique, me demandant ce que l'auteur pouvait bien entendre par ce terme…Au final, si certains aspects de son traitement m'ont plu, j'ai globalement été très agacée par l'accumulation de clichés sur le sujet… Nous avons donc affaire à une héroïne adolescente et mal dans sa peau suite à la mort de sa mère. Elle trouve refuge dans le mouvement gothique que lui a présenté une amie qui lui sert également d'amante à l'occasion (une ou deux scène assez évocatrices ; je préviens au cas où pour les âmes sensibles): tenues excentriques et sombres, promenades la nuit dans de sombres cimetières (bon, ça j'avoue je le fais aussi, et j'envisage de gagner ma vie en exhumant des squelettes, huh..), flirt avec de sombres et mystérieux inconnus d'âge mûr, goût pour les romans sombres et beaux, sombres cauchemars hallucinants, tatouages, piercing, termes vaguement « techniques » genre je sais vraiment de quoi je parle, chats aux noms de divinités païennes, alcool à profusion, tendances suicidaires… Vraiment tous les clichés imaginables et même ceux que l'on n'aurait pas imaginés sont là ; et si j'ai tant insisté sur le mot sombre, c'est que l'héroïne elle-même passe son temps à le faire, voulant prouver à tout le monde (histoire de bien pourrir la vie à son père au passage) comment elle est trop dark, quoi !
Je n'ai pas non plus aimé la façon dont elle s'exprime. C'est très familier, parfois un poil vulgaire, se voulant sans doute très oral. Cela aurait pu passer, mais le problème est que bien souvent cela sonnait faux à mes oreilles. Je n'ai pas l'impression que les ados s'expriment comme ça au quotidien, même si cela fait des années que je n'ai pas conversé avec l'un d'entre eux…Je trouve aussi que pour quelqu'un d'aussi mal dans sa peau et torturé, Garance a quand même un sacré aplomb face aux adultes, et j'ai souvent pensé qu'elle méritait d'être remise à sa place…C'est juste une sale ado pas plus torturée que moi !
Bref, vous l'avez compris, l'héroïne et moi n'avons malheureusement pas du tout accroché…. D'autant plus que mademoiselle est fan de Dracula, sans avoir visiblement pris la peine de lire le roman de Stoker…(Mr Coppola vous nous avez bien pourri le truc sur ce coup là, pas merci). Et c'est bien dommage parce qu'en dehors de ça, j'ai vraiment aimé tout un tas de petites choses dans cet ouvrage.
A commencer par les nombreuses citations du Rouge et le Noir qui émaillent le texte. Ce roman a été une lecture phare de mon année de 4ème et j'étais contente de le recroiser ainsi employé. Il y a également tout un tas d'autres références culturelles qui m'ont bien parlé : de Alice au pays des merveilles à la Famille Adams (lorsque l'on découvre Garance enfant), en passant par Gary Oldman, il n'y a pas de doute, j'étais en terrain connu. de même pour les références musicales. La seule évocation qui a manqué de me faire m'étrangler est celle de Twilight et
Robert Pattinson…qui n'avaient vraiment pas grand-chose à faire ici, au milieu du reste…à part rendre l'héroïne encore un peu plus ridicule et insupportable à mes yeux.
Sur le plan graphique, j'ai apprécié que pour une fois, l'on ait droit à une héroïne ronde et ordinaire, qui ne soit pas un canon de beauté anorexique. J'ai aussi beaucoup aimé ce travail sur deux couleurs : rouge et noir, et le trait parfois agressif, mettant en avant des gros plans parfois disgracieux. L'ensemble a quelque chose d'un peu violent et dérangeant qui représente bien le mal-être ressenti par l'héroïne.
Enfin, certains thèmes m'ont plu : les statues qui parlent, cette difficulté à démêler la réalité du cauchemar et du fantasme éveillé. Tout cela existe sur le même plan pour l'héroïne et c'est intéressant à observer. de même, que j'ai esquissé un sourire, en découvrant sa peur de finir découpée en morceaux au fond d'une cave. J'ai toujours dit que vu mes goûts en matière d'hommes, si je disparaissais un jour, c'est ainsi que l'on me retrouverait. Alors, découvrir cette réflexion dans la bouche d'une héroïne de BD, était assez « sympathique », si je puis dire. Mais c'est vraiment le seul point commun que je me suis trouvé avec elle. Car la plupart du temps, je l'ai malheureusement trouvée bien cruche, immature et inculte…
Bref, que dire au final? Tout simplement, que si ni Garance ni ses (non)aventures ne m'ont fascinée; j'ai quand même découvert un univers graphique qui me plait plutôt bien. Je ne suispresque certaine de ne pas lire la suite de cette série, mais, en revanche, j'irais bien jeter un œil aux autres travaux de Mauricet, voir si quelque chose d'autre pourrait mieux me correspondre.
Lien : http://leboudoirdemeloe.co.uk/2012/04/18/mauricet-une-bien-belle-nua..