> Alexandra Lefebvre (Traducteur)

ISBN : 2070787648
Éditeur : Joëlle Losfeld (2009)


Note moyenne : 3.09/5 (sur 11 notes) Ajouter à mes livres
" Pourquoi est-ce que les gens ne m'aiment pas? " se demande Henrietta. Vilain petit canard d'une famille victorienne de sept enfants, dont elle est la troisième fille, Henrietta ne possède ni la beauté ni l'art de se faire aimer par tes autres. Différente de ses frères... > voir plus
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Critiques et avis(5)

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    • Livres 2.00/5
    Par Zazette97, le 18 janvier 2012

    Zazette97
    Publié en 1913 et traduit en français en 2009, "La troisième Miss Symons" est un roman de l'écrivaine britannique Flora M.Mayor.
    Cinquième enfant d'une famille nombreuse, Henrietta Symons ne peut compter sur l'attention de ses parents comme de ses frères et soeurs.
    Sans cesse mise à l'écart, elle tente malgré tout de se faire aimer, sans succès. La constante indifférence dont elle fait l'objet ne fait qu'exacerber son tempérament irascible et la jeune fille devenue femme traverse les années à tâtons, multipliant les voyages à l'étranger, les collections en tous genres, les occupations pour autant que son investissement soit minime.
    Tout est bon pourvu qu'elle parvienne à combler ce vide affectif qui la poursuit depuis l'enfance.
    C'est grâce à Manu que j'ai pu découvrir ce court roman victorien qui brosse le portrait d'une mal-aimée qui, il faut bien le dire, n'a pas grand chose pour elle si ce n'est un sens aigu de l'organisation et le caractère autoritaire qui l'accompagne.
    Pas vraiment belle ni intelligente, elle se trouve en plus affublée d'un caractère difficile qui a tôt fait d'éloigner toutes les personnes croisées sur son passage.
    L'auteure donne le ton dès les premières lignes et si Henrietta suscite la sympathie de prime abord, elle inspire au mieux de la pitié, au pire de l'antipathie dans les dernières.
    Si ses caprices et ses accès de colère lui sont volontiers pardonnés durant sa jeunesse alors qu'elle essuie plusieurs déceptions amicales et sentimentales, on s'attend néanmoins à ce que la maturité lui offre une chance d'adoucir son caractère.
    Financièrement à l'abri grâce à la fortune familiale, sans réelle pression pour se faire passer la bague au doigt, elle a la possibilité d'aller où elle veut pour faire ce que bon lui semble.
    Or, malgré les conseils de tout un chacun, elle n'en fait qu'à sa guise et ses choix ne lui sont dictés que par cette tendance compulsive à remplir le vide de sa vie par des activités qu'elle juge elle-même sans intérêt.
    Et quand elle n'est pas en voyage à critiquer tous les hôtels où elle descend, elle passe sa frustration sur les domestiques de la maison familiale.
    Roman bourgeois, "La troisième Miss Symons" dresse un regard particulièrement cruel sur ces femmes laissées de côté par une société qui condamne sévèrement le célibat avec le sous-entendu que ce dernier soit directement lié à un manque de débrouillardise voire un refus de se plier aux exigences nécessaires pour se faire une place dans le monde.
    Dans le cas d'Henrietta, sujette aux moqueries de la part de ses proches, c'est son caractère marginal et peu aimable qui est ici pointé du doigt pour justifier sa condition de vieille fille.
    Si j'ai lu ce roman sans déplaisir, je trouve toutefois excessif le qualificatif d'"enfant littéraire de Jane Austen" apposé à l'auteure dans la quatrième de couverture.
    Là où Jane Austen se laisse porter par son affection pour ses personnages et sa plume généreuse en ce qu'elle s'attarde à la description de leurs émois et du milieu dans lequel ceux-ci évoluent, Flora M.Mayor dépasse difficilement le stade purement descriptif.
    Aussi, malgré un style élégant et une histoire sombre qui tient ses promesses d'un bout à l'autre, j'ai déploré cette économie de mots et ce manque de relief qui m'ont donné l'impression de lire en accéléré une Austen fatiguée.

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2012/01/la-troisieme-miss-symons-f..
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  • Par keisha, le 12 février 2010

    keisha
    Étrange : une héroïne ni belle, ni intelligente, ni gentille, ni sympathique et qui, on peut le penser, rate plutôt sa vie, et pourtant ce (court) roman se lit en un rien de temps!
    Les phrases glissent sans heurt, le style est d'une fluidité admirable. A deux ou trois reprises un narrateur extérieur semble raconter l'histoire, plus exactement une narratrice vivant une génération après cette Miss Symons.
    Henrietta est la troisième fille, donc, coincée entre les aînés et les cadets, ce qui n'est pas toujours une position facile dans une fratrie. Elle désire être aimée, mais son sale caractère, sa susceptibilité, son refus d'écouter les conseils lui aliènent l'affection de son entourage. Il lui arrive de se reprendre, de regretter, mais hélas c'est plus fort qu'elle!
    Pas forcément sa faute si un soupirant s'en va sans s'être déclaré, si des malentendus éclatent... A plusieurs reprises l'auteur nous permet d'imaginer que la vie d'Henrietta aurait pu être autre.
    Et le temps passe, elle devient une de ces anglaises aisées qui voyagent sur le continent, Italie, France, ..., puis rentrées au pays s'intéressent à la culture, aux oeuvres, ...
    D'après un pasteur, elle est "susceptible, incompétente et hargneuse", mais ausi humble et généreuse. Son existence, elle , est considérée comme "âpre, vide et sans but." Pourtant certaines années furent heureuses.
    Dans la seconde moitié du 19ème siècle, si une jeune fille d'un milieu anglais aisé ne se mariait pas, que devenait-elle? Voici dans ce roman une réponse non dénue d'ironie et de tristesse.
    Un joli roman qui décrit aussi en filigrane cette bourgeoisie anglaise aisée de la seconde moitié du 19ème siècle.

    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-la-troisieme-mis..
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    • Livres 4.00/5
    Par maevedefrance, le 28 septembre 2010

    maevedefrance
    Ce roman est délicieux et bourré d'ironie. Ou comment une enfant mal-aimée parce qu'elle n'a pas la langue dans sa poche et laisse ses sentiments s'exprimer avec spontanéité, finit part devenir une vieille fille irascible et réactionnaire. Et il faut dire qu'elle n'a pas de chance Henrietta : c'est sa soeur aînée qui lui pique son prince charmant. Après un "plan" pareil il y a de quoi l'avoir mauvaise.
    Henrietta est un personnage qui n'entre pas dans le moule victorien de l'époque, trop étroit et hypocrite pour elle, même si elle essaie de s'y immiscer au début. Echouant à devenir ce qu'on attend d'elle (une femme mariée et une mère de famille convenable) et à se lier d'amitié avec autruit, elle se crée un personnage, une amie imaginaire puis un amant tout aussi fantasmatique pour combler sa solitude. Elle se met à voyager pour se fuire elle-même car tout de même, elle a largement sa part de responsabilité dans ce qui lui arrive, même si les autres n'ont pas été spécialement tendres avec elle. Henrietta m'a tour à tour fait pitié et agacée car elle est à la fois prétentieuse, "crûche" et naïve.
    Un texte écrit dans un style fluide, direct, sans concession. J'espère bien que les deux autres roman de Flora M. Mayor seront publiés en France car ce fut une belle découverte d'une écrivaine inconnue ici.


    Lien : http://millelectures.canalblog.com
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    • Livres 3.00/5
    Par VivianeB, le 21 décembre 2010

    VivianeB
    L'auteur décrit l'échec d'une vie de femme dans l'Angleterre conformiste et au sein d'une famille aux préjugés et aux traditions solidement ancrés. Un portrait intéressant et un personnage somme toute attachant.
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    • Livres 5.00/5
    Par alexischiffon, le 31 mai 2010

    alexischiffon
    Une vieille fille cassante comme un biscuit sec

    Lien : http://alexischiffon.canalblog.com/archives/2009/10/01/15205184.html
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Citations et extraits

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  • Par Zazette97, le 18 janvier 2012

    Elle était plus irritable et tatillonne que jamais, toujours prête à livrer bataille, flairant l'entourloupe, persuadée qu'on cherchait à profiter d'elle.
    Vivre seule ne lui convenait pas et, sous des dehors dominateurs, elle était faible, indécise et timide. Coupée de toute obligation, de toute responsabilité, de tout lien naturel, elle n'avait rien pour épancher sa bienveillance et sa sympathie.
    Qu'elle ait pu mener pareille vie de son plein gré paraît inconcevable.
    Cependant, elle était beaucoup plus satisfaite d'elle-même, et de la vie en général, qu'elle ne l'avait jamais été. Elle n'avait plus ces crises de repentir ni ces accès de rébellion contre son sort; elle ne désirait plus ce qui était inaccessible.
    Si elle n'était pas très exigeante vis-à-vis de son bonheur ou d'elle-même, le reste du monde non plus, estimait-elle.
    Non qu'elle songeât beaucoup à ces choses-là. Trop de ruminations et de désirs l'avaient rendue malheureuse autrefois, et elle répugnait à rouvrir toutes ses blessures.
    Elle affrontait les faits aussi peu que possible. Elle vivait au jour le jour, et ce qu'elle était véritablement n'était pas franchement différent de ce qu'elle semblait être, absorbée dans le minuscule tourbillon des événements qui la concernaient;
    Les jours, les mois, les années passaient. Elle les voyait partir sans regrets, n'en conservant aucun souvenir. Rien n'était arrivé, de bon ou de mauvais, pour laisser une trace. p.91
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