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ISBN : 2221131398
Éditeur : Robert Laffont (2012)


Note moyenne : 3.78/5 (sur 78 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Deux mères et deux fils que la Méditerranée sépare.
Deux rives, deux pays, deux histoires que l'Histoire avec un grand H relie pourtant.


En Libye la révolte gronde. La guerre éclate. Dans un pays en proie à la violence, en pleine déroute, ... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Malaura, le 19 octobre 2012

    Malaura
    Une illustration de couverture, vieille barque fichée dans le sable, baignée de couleur bleue, très pâle, presque grise, avec la mer au loin comme une ligne blanche qui se confond avec l'horizon.
    Un titre, « La mer, le matin », et le sentiment de paix grave, d'apaisement mélancolique, de sérénité triste que les deux mots accolés produisent au creux de l'oreille lorsqu'on les prononce à voix haute, comme un murmure de vagues dans l'aube naissante.
    Un premier paragraphe : « Farid n'a jamais vu la mer, il n'a jamais mis les pieds dans l'eau. Il se l'est imaginée des milliers de fois. Piquée d'étoile comme le manteau d'un pacha. Bleue comme le mur bleu de la ville morte. »
    Et l'envie de plonger dans les remous de la lecture…
    C'est un livre qui parle de la Lybie et de l'Italie. de leur destin commun. de leur passé partagé. du sang qui abreuve leur sol. Histoire lourde, d'amour et de haine, de partage, de violence, de chaleur, d'amertume. Histoire de guerre et de colonialisme que ces deux pays détiennent en héritage, par-delà les flots bleus de la Méditerranée.
    Et comme toujours, la grande Histoire qui télescope la petite, et qui va broyer des destins, et écraser des vies, et malmener des êtres, dans des récits d'exil, de déracinement, de déchirure.
    Lybie et Italie, deux terres qui seront tour à tour sœurs ou ennemies, complices ou rivales, adversaires ou associées, toutes deux laissant la marque de leur histoire creusée comme une cicatrice dans les vies de Jamila et d'Angela, les deux mères-courage de « La mer, la matin ».
    Tandis que Jamila et son petit garçon Farid s'embarquent sur un bateau de fortune pour tenter de joindre la Sicile, contraints de fuir la Lybie depuis que la guerre civile a éclaté, Angela et son fils Vito ont entrepris le voyage inverse. Peu avant que le pays ne sombre dans le chaos, profitant des relations cordiales entretenues entre Kadhafi et Berlusconi, ils ont quitté les côtes siciliennes pour accoster sur les rives de Lybie, un pays qu'Angela connaît bien puisqu'elle y a vécu les onze premières années de sa vie. Angela fait partie de cette catégorie d'italiens de Tripoli dont les grands-parents ont débarqué en Lybie avec la vague migratoire des années 1930. Ils s'y sont installés, y ont bâti leur vie, ont aimé ce pays qu'ils ont fait leur, avant que d'en être expulsé dans les années 1970 par le « Bébouin de la Syrte », Kadhafi. Dans le cœur alors et pour toujours « le mal d'Afrique », la nostalgie chevillée au corps, l'impossibilité d'oublier et pour les plus anciens de ces pauvres gens, l'incapacité de se réadapter avec ce sentiment lancinant qu'on leur a volé leur vie.
    La mer est partout dans ce beau livre de la romancière italienne Margaret Mazzantini ; une étendue bleue dont la respiration s'accorde au rythme des êtres qui ont subi l'exil et dont les yeux ne cessent de se perdre vers l'horizon. C'est ce qui le rend si attirant, si secrètement vibrant et lumineux.
    Si le sujet est grave, le style de Margaret Mazzantini ne nous fait pas pour autant naviguer en mer hauturière ; sa langue s'écoule plutôt avec mesure, comme un bruit régulier de ressac, le renflement permanent d'une écriture sobre et concise, distillée tantôt âprement, tantôt avec douceur et nostalgie, elle s'harmonise au feulement des vagues sur le sable, au bruissement du sable sur les rivages de Lybie et d'Italie.
    Une poésie discrète, frugale, sourd de ces phrases chargées de sel marin ; force tranquille, ravageuse. Comme l'eau, l'écriture de Mazzantini est parfois souple comme un duvet de plumes, tantôt rigide et dure comme un mur de béton, mais toujours puissamment évocatrice.
    Imprimée en creux comme une empreinte dans le sable, la détresse émerge avec la nonchalance feinte qui se cache derrière les sentiments les plus exacerbés et jaillit du dépouillement avec la force d'une déferlante, laissant le lecteur immergé dans un flot d'émotions brutes.
    Car il règne dans « La mer, le matin » comme un faux temps suspendu, le calme menaçant d'une mer étale d'avant la tempête, tranquillité de façade, aura de lenteur qui envoûtent le lecteur dans un déferlement mousseux de vaguelettes jusqu'au retour de lame, froid et brutal comme une eau glacée, une mer qui de bleue se fait noire, destructrice, dévoreuse d'âmes, broyant les misérables rafiots qui entreprennent la traversée du dernier espoir, noyant les espérances, submergeant les attentes, engloutissant les rêves.
    Jamila, Angela, Farid, Vito…des destins qui se croisent dans la violence d'un pays livré à la barbarie d'un dictateur, des personnages poignants dont la vie s'abîme dans le fracas des vagues, des êtres qui ne laisseront de leur passage qu'une petite amulette ensevelie dans le sable.
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    • Livres 5.00/5
    Par Moan, le 14 octobre 2012

    Moan
    Une femme tente de fuir cette guerre de Libye qui vient de lui prendre son mari. Elle donne tout ce qu'elle possède pour traverser la Méditerranée vers l'Italie, avec son fils, sur un boat-people.
    Une italienne vient de traverser la Méditerranée avec sa mère et son fils pour tenter de retrouver le pays où elle est née et a passé sa jeunesse: la Libye.
    Margaret Mazzantini raconte avec une écriture très belle et puissante, à travers l'histoire de ces déracinés, l'Histoire de tous ces italiens pauvres qui ont traversé la Méditerranée pour aller gagner leur vie en Libye au début du XXème siècle et ont été chassés à l'arrivée de Khadafi et de ceux qui veulent quitter une Libye en guerre où il n'y a pas d'avenir.
    Très beau!
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    • Livres 5.00/5
    Par lauredanse, le 19 février 2013

    lauredanse
    Jamila vit en Libye avec son fils Farid, mais les troupes loyalistes arrivent dans leur petite ville du désert, c'est la guerre, ils doivent fuir. Les « fuyards » partent généralement pour les camps de réfugiés mais se font tirer dessus. Jamila décidera de s'enfuir en direction de la mer. C'est la découverte pour Farid, il ne l'a jamais vue « Farid regarde la mer. Pour la première fois de sa vie. Il la touche du bout du pied, il la recueille au creux de ses mains. Il la boit et il la recrache. Il pense que la mer est grande, mais pas autant que le désert. Elle s'arrête là où commence le ciel, juste après cette bande bleue, horizontale ». Commence alors une fuite douloureuse et difficile. Nous découvrirons aussi l'histoire de la famille de Jamila et celle de son mari Omar, des bédouins. « Ils sont partis à l'aube. Jamila a embrassé la dalle de pierre devant la porte. Farid a pensé au parfum qu'avaient certains après-midi, quand sa mère enlevait son voile et se mettait à danser, pieds nus, en soutien-gorge. Son ventre, petit, brillant d'huile d'argan, bougeait comme bouge la terre. Une croûte terrestre que faisait danser la vie. C'était ça, le centre de la maison. La pierre du Salut. »
    Angelina vit en Italie avec son fils Vito, elle découvre encore la guerre avec tous ces hommes, femmes et enfants qui essaient d'arriver par la mer, fuyant la Libye de son enfance. Elle y a vécu jusqu'à ses 11 ans, fille d'une famille de colons italiens, qui a du fuir lors du coup d'Etat. « Angelina ne savait pas que le jeune Kadhafi allait expulser jusqu'aux morts du cimetiètre d'Hamangi. Que l'Italie devrait ramener les dépouilles de milliers et milliers de soldats morts en Libye. Que son père et sa mère, leurs amis du village d'Oliveti, ceux des rues voisines, la Sciara Derna et la Sciara Puccini, du quartier ouvrier Case Operaie, ceux qui avaient construit les routes, les immeubles, les fosses d'égout, qui avaient transformé le désert en verger, que tous ceux-là allaient payer pour les méfaits du colonialisme cruel et velléitaire de l'Italie libérale de Giolitti et de la quatrième rive fasciste. » Ses parents ne se remirent jamais de cet exil. Ils restèrent dans le passé et les regrets « Ils voulaient retrouver le lien de leur exil. Celui où ils pouvaient se plaindre en toute liberté, exprimer leurs regrets éternels ».
    A travers ce roman de 133 pages (en format broché aux éditions Robert Laffont), nous trouvons deux femmes dans la douleur, deux vies pleines de souvenirs, un même pays et ses senteurs. Et au milieu de tout cela, de deux pays, la mer, mer pleine de promesses, d'espoirs et d'évasions. Ce récit m'a énormément touché, je ne veux d'ailleurs pas en dire davantage sur l'histoire car elle se lit très vite et il est mieux de la découvrir soi-même. L'écriture et le style de l'auteure sont fluides, très poétiques et émouvants. La détresse face à la guerre est très bien dépeinte et soulève les coeurs. Tout le désarroi, le sentiment d'abandon, le sentiment de déracinement sont ici en premier plan. Deux femmes qui aiment ce pays, la Libye, et qui ont dû le quitter, le fuir. Toutes ses odeurs, ses souvenirs d'amour et de vie à laisser derrière soi, c'est un trou béant en soi, un néant. Mais attention, bien que l'auteur y parle de la guerre, c'est avant tout le récit de deux destins de femmes, à travers plusieurs générations et tout ce qui les enracine à ce pays. Une femme qui se bat dans un bâteau pour survivre, survivre pour son enfant et que son enfant survive… et une autre perdue dans un pays où elle ne s'y reconnait pas. J'ai admiré la pudeur de ce récit malgré l'horreur de ce qu'est une guerre, ce qui m'a encore plus bouleversé.
    Je suis profondément touchée par cet ouvrage et la plume de Margaret Mazzantini. de la poésie d'un côté dans la description d'un pays, de souvenirs d'enfance, d'amour familial et amical, des souvenirs intergénérationnels, et la souffrance de l'autre côté, dans l'incapacité de maîtriser ce qui arrive, de devoir être des victimes impuissantes, la soumission, la fuite, les morts abandonnés, les morts par milliers. La mer en toile de fond, celle des espoirs et des peurs. L'horreur de la guerre, la folie des hommes. La Libye de Kadhafi, « L'acteur aux mille visages ». Libye, de la vague migratoire à l'exil, de l'exil à une pseudo-reconnaissance, Libye de la fuite, Libye de la peur, Libye aimée mais dévastée, désertée… Libye qui pleure. Et Libye libérée.
    C'est à nouveau un coup de coeur pour moi, je vous le conseille vivement.

    Lien : http://madansedumonde.wordpress.com/2013/02/19/margaret-mazzantini-l..
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    • Livres 4.00/5
    Par mireille.lefustec, le 28 avril 2013

    mireille.lefustec
    Ce roman de deux histoires parallèles,(qui restent en suspens) est tout à fait ce que j'aime car il ajoute l'Histoire à ses personnages.
    J'ai lu,apprécié, aimé, puis les pages refermées,suis allée rafraîchir ma mémoire.
    Je savais que Tripoli avait été une colonie italienne, mais encore ? Donc,bref rappel historique.
    Dès 1911,les Italiens ont débarqué à la conquête de Tripoli et l'ont envahie.
    Le 5 novembre 1911,par décret royal,la Tripolitaine et Cyrénaïque font partie intégrante du Royaume italien.
    Le cheikh Omar al Mokhtar s'oppose à l'invasion,c'est la guérilla,l'insécurité, mais le général fasciste R. Graziani déclenche des représailles impitoyables contre la population soupçonnée d'aider les rebelles.
    Mussolini ,en 1938,favorise l'émigration de masse des Italiens vers Tripoli et l'intérieur du pays et crée 26 nouveaux villages.
    Kadhafi,le jeune Bédouin, s'impose,prend le pouvoir en 1969 et,en janvier de l'année suivante ,exproprie et expulse les colons italiens.
    Le retour au pays est traumatisant,humiliant.
    Plus tard,au moment de la rébellion du Printemps arabe, c'est au tour des libyens d'être persécutés et ils cherchent à se réfugier en Italie. Il n'y a que la mer entre eux,mais quelle mer impitoyable !
    Ce roman affronte le thème universel de la migration des personnes,du destin de ceux qui sont exilés de leur maison,orphelins de leur terre,et de leur espérance d'une vie meilleure.
    C'est un monde de guerre terrible,exécrable, un monde dans lequel les pauvres restent pauvres.
    C'est un livre émouvant et cruel qui laisse l'amertume du dégoût de la guerre et de l'humanité assoiffée de pouvoir et de sang.
    C'est aussi un chant très doux et un hurlement de douleur.
    N.B. Je comprends maintenant la signification du "miel amer de Cyrénaïque".
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    • Livres 4.00/5
    Par isabellelemest, le 06 mai 2013

    isabellelemest
    Histoire d'exils, de guerres et de déracinements, "La mer, le matin" raconte cette Méditerranée, un monde d'eau qui joint et sépare deux pays et deux continents, l'Italie et la Lybie, dont l'Histoire a jeté des émigrants sur les rivages opposés.
    La famille d'Angelina a fait partie des colons italiens venus en Afrique dès 1911, mais surtout à l'époque de l'"empire" mussolinien, pour conquérir, défricher, prendre racine dans cette nouvelle terre. Ces nouveaux venus font souche, s'adaptent aux usages arabes, ce pays devient le leur. Mais avec la prise du pouvoir par Kadhafi au début des années 70, ils sont expulsés, chassés de leur patrie et Angelina doit dire adieu à sa vie à Tripoli et à son amitié amoureuse avec Ali...
    Par un fatal retour de l'Histoire, le Printemps arabe de 2011 jette encore plus d'émigrants libyens sur des embarcations de fortune avec pour terre promise l'Italie, ainsi Jamila et son jeune fils Farid, privés d'un mari et d'un père tué dans les affrontements. Mais ce sera un voyage sans retour...
    Dans ces destins bien différents qui se croisent entre Lybie et Italie, c'est toute une souffrance humaine, celle de la guerre et de l'arrachement à la terre natale, celle de l'impossible exil, celle des migrants noyés dans les flots de ce désert salé qui borde les deux terres méditerranéennes. Lourde de douleur et de mélancolie, fatale comme le destin et ses décrets implacables, légère comme la gazelle apprivoisée par Farid et les subtiles fragrances mêlées dont la Lybie pourvoit la mémoire d'Angelina, cette méditation emporte le lecteur dans un monde de regrets et d'espoirs vains mais à l'impérieux pouvoir suggestif.
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Critiques presse (2)


  • Lexpress , le 15 octobre 2012
    a Mer, le matin est une complainte dépouillée où Margaret Mazzantini montre les séquelles de la colonisation et du déracinement, sur fond de révolutions arabes. Avec, pour seule étoile, ce courage héroïque que le désespoir donne aux mères, quand elles deviennent des naufragées de l'Histoire.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 15 octobre 2012
    a Mer, le matin est une complainte dépouillée où Margaret Mazzantini montre les séquelles de la colonisation et du déracinement, sur fond de révolutions arabes. Avec, pour seule étoile, ce courage héroïque que le désespoir donne aux mères, quand elles deviennent des naufragées de l'Histoire.
    Lire la critique sur le site : Lexpress

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Citations et extraits

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  • Par jackycaudron, le 11 janvier 2013

    "La gazelle est en mer.
    Dieu sait comment, mais elle est là.
    Immobile sur les lames bleues des vagues, dans une attitude royale, comme tout en haut d'une dune.
    Elle se tourne pour regarder Farid, ses cornes, luisantes, annelés, ne bougent pas.
    C'est un animal courageux et fier, elle a des pattes fines, des muscles nerveux et une bande noire sur son dos qui frémit quand le danger approche.
    C'est la plus belle décoration du désert.
    Elle a une ouïe qui perce le silence, des yeux merveilleux; des cornées transparentes et ces fameuses pupilles brillantes qui voient les aigles dans le ciel, les lycaons cachés dans les buissons.
    Pendant la période de sécheresse estivale, quand tous les animaux quittent les régions désertiques et les steppes brûlées, la gazelle reste fidèle aux lieux qui sont les siens, et souvent sa chair nourrit les grands carnivores qui mourraient s'il en était autrement.
    Elle court d'une manière un peu comique, presque sans toucher le sable.
    Elle laisse un sillage de traces, aussi petites et rondes que des pièces de monnaie.
    Elle est très rapide, elle doit l'être si elle veut survivre.
    De temps en temps, elle s'arrête et elle regarde derrière elle, comme le font les enfants, et cette curiosité peut lui être fatale.
    Saisie à la gorge, la gazelle ne se débat pas.
    Elle se laisse entraîner et mettre à mort.
    Les poètes arabes ont chanté pour elle, ils ont élevé son regard innocent au sommet de la beauté du monde."


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  • Par Pibook, le 15 avril 2013

    Angelina sait ce que recommencer veut dire. Se retourner et ne plus rien voir, rien que la mer. Tes racines englouties par la mer, sans aucune raison acceptable.
    Angelina a appris à vivre avec l'irrationalité des hommes. Rien qu'à voir l'image de ce dictateur [Mouammar Kadhafi, Lybie] portant turban et lunettes de soleil [...] C'était quoi, ce visage ? Ces cheveux comme des araignées gorgées d'encre.
    Pendant onze ans, Angelina a été arabe.
    C'était juste avant l'adolescence. Cela n'a duré qu'un moment. Un coup de pied dans le ventre.
    Il y a quelque chose qui n'appartient qu'au lieu où l'on est né. Tout le monde ne le sait pas. Il n'y a que ceux qui en sont arrachés de force qui le savent. [...] Une douleur qui te cloue et te fait haïr les pas que tu feras ensuite.
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  • Par Moan, le 14 octobre 2012

    Ses ancêtres appartenaient à une tribu de Bédouins nomades. Ils s'arrêtaient dans les oueds, ces lits de fleuve recouverts de végétation, et ils montaient leurs tentes. Les chèvres allaient paître, les femmes cuisinaient sur les pierres brûlantes. Ils n'avaient jamais quitté le désert. Ils se méfiaient un peu des gens de la côte, marchands, corsaires. Le désert était leur maison, ouverte, sans limites. Le désert était leur mer de sable. Tacheté de dunes comme le pelage d'un jaguar. Ils ne possédaient rien. Rien que des traces de pas que le sable bientôt effaçait. Le soleil faisait glisser les ombres. Ils étaient habitués à résister à la soif, à se dessécher comme des dattes, sans mourir. Un dromadaire leur ouvrait la voie, une ombre longue et tordue. Ils disparaissaient au milieu des dunes.
    Nous sommes invisibles aux yeux du monde, mais pas à ceux de Dieu.
    Ils se déplaçaient avec cette pensée au coeur.
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  • Par Drych, le 01 mars 2013

    Au printemps naissaient de nouvelles dunes, rosées et pâles. Des vierges de sable. Le ghibli en feu approchait, escorté par le gémissement rauque d'un chacal. Comme des esprits voyageurs, de petits tourbillons de vent plissaient ça et là la surface du sable. Puis des rafales rasantes, aussi affilées que des cimeterres. Une armée ressuscitée. En un rien de temps le soulèvement du désert dévorait le ciel. La frontière avec l'au-delà n'existait plus. Les Bédouins se recroquevillaient sous le poids de cette tempête grise.
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  • Par Lea25, le 20 avril 2013

    Elle a traversé des périodes de désespoir, d'intense frayeur. Maintenant elle n'attend plus que son destin. Le dernier visage de l'histoire. Elle le guette, elle le cherche, la chair rongée par les éclats de sel, dans un endroit qui n'a plus d'horizon. Il n'y a que la mer. La mer qui devait apporter le salut et qui n'est plus qu'un cercle de feu mouillé. Un cœur noir.

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La Mer, le matin - Margaret MAZZANTINI - Interview de l'auteur
Deux mères et deux fils que la Méditerranée sépare. Deux rives, deux pays, deux histoires que l'Histoire avec un grand H relie pourtant.








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