ISBN : 2203029773
Éditeur : Casterman (2010)


Note moyenne : 4.37/5 (sur 60 notes) Ajouter à mes livres
Le parcours d’un intellectuel en crise morale et personnelle dans l’Amérique d’aujourd’hui. Truffé de références esthétiques, historiques, philosophiques, David Mazzucchelli livre un roman graphique d’une foisonnante richesse formelle et narrative, célébré comme un chef... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par zazimuth, le 03 avril 2012

    zazimuth
    On découvre Asterios Polyp le soir où son appartement brûle (ainsi que son immeuble). Il s'enfuit de chez lui, n'emportant que trois objets dont on retrouvera la trace et dont on comprendra l'importance et les souvenirs qui y sont liés au fil des pages.
    Le livre entremêle le « road movie » de cet homme qui vient d'avoir cinquante ans avec des retours en arrière sur sa vie passée, son métier, ses (son?) amours, ses réussites et ses échecs. Comment un professeur universitaire réputé dans le domaine de l'architecture devient-il ce vagabond qui ne possède plus que ce qu'il porte sur lui et se fait embaucher comme mécanicien automobile sans aucune connaissance ni pratique du métier ? Dans les souvenirs de son existence, il y a la culpabilité d'avoir survécu au jumeau mort à la naissance, la relation tyrannique et méprisante à ses étudiants, l'égocentrisme qui grignote les possibilités d'un amour vrai, la jalousie face au travail reconnu de sa fiancée qui mènera à la rupture inévitable... Toutes ces choses qui vont chercher à trouver une solution ou du moins un apaisement dans cette nouvelle vie « incognito ». J'ai en plus ADORé la fin ; ce roman graphique est tout simplement brillant !
    J'ai été fascinée par la représentation graphique des univers intérieurs des personnages qui se croisent. Exprimer que les problèmes de communication et d'incommunicabilité entre les être vient avant tout d'une divergence de point de vue et de conception de la vie. Les dessins sont principalement bicolores avec des teintes différentes selon la période évoquée (les souvenirs ou le temps présent) et des contrastes de couleurs et de forme (dessins en courbes ou traits cubistes) marquant les oppositions d'idées ou de sentiments.
    J'ai aimé le personnage de Hana mais aussi le couple hétérogène et bienveillant qui recueille Asterios. Je ne sais pas si ce qu'apprend le héros est la tolérance mais c'est en tout cas un récit initiatique très réussi.
    La forme et le fond intelligemment appuyés l'un sur l'autre permettent d'atteindre un degré de quasi perfection à mon goût pour ce titre que je vais sans doute acheter pour ma bibliothèque personnelle.

    Lien : http://toutzazimuth.over-blog.com/article-asterios-polyp-102780740.h..
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    • Livres 5.00/5
    Par Lencreuse, le 06 juillet 2011

    Lencreuse
    Asterios Polyp, la cinquantaine, vit seul dans un appartement qui semble bien refléter l'esprit de son propriétaire : laisser-aller total, désordre et saleté dans tous les coins. Lors d'une soirée solitaire (qu'on imagine être le quotidien du bonhomme), le feu détruit l'appartement new-yorkais d'Asterios qui se retrouve subitement à la rue. Ayant eu le temps d'emporter ce qui lui reste d'économies, il décide de prendre un billet pour n'importe où. Et il débarque à Apogee. Sans le sou, ne possédant plus que les vêtements crasseux qu'il a sur le dos, Asterios se fait embaucher comme mécanicien chez Stiff, bonhomme rondouillard et généreux qui lui propose également de louer sa chambre d'amis. A la mécanique, Asterios ne connaît pas grand-chose. C'est un intellectuel, architecte reconnu pour ses publications et ses plans dont aucun n'a jamais été réalisé. Homme désabusé à l'esprit toujours en ébullition, Asterios plonge auprès de la famille de Stiff dans un monde simple et généreux. A travers ce gros roman graphique, c'est toute la vie d'Asterios Polyp que le lecteur visite : les succès, les blessures, les manques, l'amour, la perte, les cauchemars aussi d'un homme hanté par l'absence d'un frère jumeau mort à la naissance. Polyp n'est pas vraiment un personnage attachant : imbu de lui-même, souvent méprisant, il réussit à saper son propre bonheur sans même s'en rendre compte. Et finalement c'est ce qui nous le rend un peu humain malgré l'agacement qu'il peut parfois provoquer.
    Mais plus que l'histoire, c'est dans la construction que réside le réside le grand intérêt de ce roman graphique. Un ODNI, Objet Dessiné Non Identifié, voilà ce qu'est Asterios Polyp ! Mêlant les styles et les lettrages sans jamais perdre le lecteur, David Mazzuchelli passe des cases « classiques » aux pleines pages avec aisance, absorbant véritablement le lecteur dans son récit. le jeu subtil des couleurs permet d'identifier les sentiments, la réalité, le rêve, le passé, le présent. C'est intelligent sans jamais être déroutant tant l'auteur réussit à nous faire adhérer à son univers qui ne ressemble pourtant à aucun autre. Un coup de génie assurément et un coup de cœur pour moi!
    Mais trève de blabla, le meilleur conseil à vous donner est le suivant : si vous croisez Asterios Polyp sur votre chemin, n'hésitez pas à passer un peu de temps avec ce bonhomme étonnant. Sûr qu'il ne vous laissera pas indifférent.

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par yvantilleuil, le 13 février 2011

    yvantilleuil
    La renommée internationale d'Asterios Polyp, architecte réputé et brillant concepteur, ne repose malheureusement pas sur ses réalisations car aucun de ses édifices n'a jamais été construit. Un soir d'orage, alors qu'il se laisse dépérir seul dans son luxueux appartement new-yorkais, la foudre s'abat soudainement sur l'immeuble où il réside et déclenche un incendie. Dans la précipitation de l'évacuation, tandis que tous les souvenirs de son existence se mettent à brûler, il n'a le temps que de sauver un briquet, une montre et un couteau suisse. Accompagné d'un éclair qui illumine le ciel, cet élément déclencheur marque cependant le début d'une nouvelle vie. Contraint de quitter l'ancienne, il décide de prendre le bus vers une bourgade isolée du reste du monde ou du moins, de celui qui était le sien. Engagé comme mécano, il prend le temps d'analyser son passé, afin de donner un sens à son futur.
    Déjà reconnu pour son excellent travail sur Daredevil et Batman, David Mazzucchelli est méritoirement sorti grand vainqueur de la dernière cérémonie des Eisner Awards, avec pas moins de trois titres (« Best graphic album – New », « Best Writer/Artist » et « Best Lettering ») pour cette petite perle issue d'un registre totalement différent de ses précédents ouvrages.
    Le récit de cet homme qui part refaire sa vie est entrecoupé de nombreux flash-backs, qui permettent de dévoiler des bribes de l'ancienne existence de ce professeur d'architecture, replié sur lui-même dans un monde de grandioses théories et d'intellect. Poursuivi par le fantôme d'un frère jumeau mort-né et incapable de construire des relations stables avec les autres et en particulier avec sa femme, il s'isole lentement dans sa bulle, jusqu'à ce signe du destin qui ravage son cocon et provoque une renaissance inespérée du personnage. C'est donc un tout autre Asterios qui repart à zéro dans cette petite ville malicieusement nommée Apogée. Abandonnant son érudition et ses préceptes prétentieux, il se laisse maintenant guider par le hasard et découvre la joie de vivre tout en se remémorant ses erreurs. Au-delà de ce personnage complexe et intéressant, l'auteur livre également une réflexion philosophique extrêmement intelligente, abordant notamment les manières de percevoir la réalité qui nous entoure.
    Le graphisme proposé par Mazzucchelli se place d'ailleurs au diapason de ce questionnement du réel et de cette interrogation sur la perception des choses. Faisant preuve d'une inventivité narrative à toute épreuve, il insuffle énormément de sensibilité à ses planches et, en liant intimement texte et dessin, il donne beaucoup de profondeur et de force à chacune de ses phrases. Afin d'appuyer le fait que chaque individu possède ses propres spécificités, il adjoint à chacun des ses protagonistes un style graphique personnel en jouant avec les phylactères, la topographie, les formes et les couleurs. Cette personnalisation graphique judicieuse, combinée à une colorisation clairvoyante faisant uniquement usage de bleu, de jaune et de rouge, permet d'imprégner les mots et les personnages d'énormément d'émotion. De l'art de jouer la sobriété pour décupler la portée d'un message.
    Asterios Polyp est une œuvre intimiste, d'une richesse incroyable et d'une virtuosité narrative hallucinante !

    Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2010/10/12/mazzucchelli-asterios-po..
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    • Livres 4.00/5
    Par ChezLo, le 04 juillet 2011

    ChezLo
    Asterios Polyp, prof d'architecture, se retrouve au bout du rouleau. Un jour à l'occasion d'un incendie d'orage, il part de chez lui avec rien à part quelques billets et quelques objets fétiches. A l'aventure, dans l'Amérique profonde. Il va rencontrer des gens bien éloignés de sa condition, il sera hébergéil appréciera ce renouveau. Sans pour autant oublier son passé, sa vie d'intellectuel d'avant, son amour avec Hana, sa femme.
    Avec le billet de Mo', je m'attendais à découvrir un ODNI (Objet Dessiné Non Identifié). C'est un peu ça dans les premières pages. Ca bouscule les habitudes de lecteur, on a droit à un mélange radical de graphisme sur une même planche, dans une même case. On a droit également à des discours théorico-philosophiques sur l'Art, sur l'architecture, sur les rapports au monde, sur la vie... C'est déroutant, parfois difficilement compréhensible, mais c'est aussi ce qui fait le personnage d'Asterios Polyp. Sa grandiloquence dans les discours, sa répartie fantaisiste.
    Avec de nombreux flash-backs, on fait connaissance avec le personnage atypique, son parcours, son caractère. Mais plus que le récit, ce qui fait la force et l'originalité de l'ouvrage, c'est l'utilisation que l'auteur a fait des possibilités laissées par le graphisme. Asterios n'est pas "habillé" du même coup de crayon que les autres personnages, sauf pendant les moments d'osmose avec Hana par exemple. Mais dès que le désacoord, que la dispute se profile, les traits se recomposent pour s'opposer, les couleurs également. Tout au long de l'album, les textes des bulles emploient à chaque fois une police de caractères propre au personnage. Souple, affirmée, droite, courbe... Chaque voix a sa personnalité, son timbre.
    Une expérience graphique vraiment intéressante, une lecture parfois exigeante néanmoins, radicalement différente.

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2011/07/asterios-polyp.html
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    • Livres 5.00/5
    Par alouett, le 12 mars 2011

    alouett
    Un incendie ravage un immeuble : voilà le prétexte utilisé par l'auteur pour impulser le récit et nous emmener dans les dédales du passé, du présent, voire des perspectives d'avenir d'Astérios Polyp. Lorsque nous découvrons cet homme, il végète dans une profonde léthargie destructrice. Dans son appartement, les mégots s'empilent dans le cendrier, les lettres de contentieux s'amassent sur une table… un lieu qui semble refléter à merveille l'état d'esprit de son locataire. L'instinct de survie ou la raison, qui sait !!, mais Astérios prend soudain conscience des flammes et du danger. Il empoche trois souvenirs et dévalle quatre à quatre les marches de la cage d'escalier. Une fois dehors, il reprend son flegme où il l'avait laissé et poursuit sa fuite en avant. Bandit ? Alcoolique ? On se fait rapidement une idée sur ce que doit être ce type qui part à la dérive.
    A la Gare, il paye un billet pour une destination qu'il ne connait pas et frappe à la première porte qui se présente pour trouver du travail. Il se fait embaucher en tant que mécanicien et loue une chambre dans la maison de son employeur. Asterios n'attendait rien de cet homme si ce n'est un salaire, mais cette rencontre lui permet d'entamer une remise en question importante. Avec beaucoup de talent et d'intelligence, David Mazzucchelli nous démontre que les apparences sont souvent trompeuses et nous aide à comprendre pourquoi cet homme ne souhaite pas se battre.

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2011/03/09/asterios-polyp-mazzucchelli/
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Citations et extraits

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  • Par lunch, le 12 mars 2011

    Chaque souvenir, aussi lointain soit-il, a lieu "maintenant", au moment où il apparaît dans l'esprit. Plus on se souvient d'une chose, plus le cerveau a la possibilité d'affiner l'expérience originale, car un souvenir ne se visionne pas, il se recrée.
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  • Par alouett, le 12 mars 2011

    Vous comprenez, les hommes sont tellement étrangers à ce qui se passe autour d’eux qu’il leur faut inventer des mots. Ce n’est pas si sorcier de comprendre les autres. Vous savez, il suffit d’oublier ce qu’ils dosent et de regarder ce qu’ils font
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  • Par colimasson, le 03 avril 2011

    L'activité solaire génère des ondes électromagnétiques d'une fréquence extrêmement basse qui influent sur toutes sortes de choses, comme la façon dont germe le blé, dont les bactéries se développent et dont les insectes se comportent... Ecoutez, les scientifiques qui ont étudié les mollusques ont découvert que même en laboratoire ces derniers orientent leurs mouvements selon la phase du mois lunaire. Et des huîtres originaires de Long Island et réimplantées dans des aquariums sans lumière en plein Midwest alternent ouverture et fermeture en coïncidant avec des marées qui pourraient y exister, sauf que ce n'est pas le cas.
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  • Par colimasson, le 03 avril 2011

    Aristophane, dans le "Banquet" de Platon, prétend que la forme humaine n'a pas toujours été celle qu'on lui connaît : à l'origine, les humains étaient sphériques avec quatre bras, quatre jambes et deux visages de part et d'autre d'une seule et même tête. Par excès d'Hubris, ils osèrent défier les dieux en personne. Zeus, dans sa grande sagesse, divisa les insurgés en deux. Chaque moitié devenait une entité distincte. Depuis lors, hommes et femmes, pris de panique, courent tous azimuts en quête de leur homologue perdu et d'une plénitude retrouvée.
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  • Par alouett, le 12 mars 2011

    - Alors, le bilan de ce premier semestre ?
    - Eh bien, j’ai deux types d’étudiants : ceux qui ne savent pas dessiner et ceux qui ne savent pas réfléchir. Et leur capital de confiance semble inversement proportionnel à leur talent
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Vidéo de David Mazzucchelli

Thierry Groensteen, historien et théoricien de la bande dessinée, décrypte le magistral roman graphique "Asterios Polyp" de David Mazzucchelli.








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