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> Sabine Berritz (Traducteur)
> Marcel Duhamel (Traducteur)

ISBN : 2070406598
Éditeur : Gallimard (1998)


Note moyenne : 3.92/5 (sur 40 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Écoeuré, Mike Dolan quitte le journal où il travaille. Il ne supporte plus de ne pouvoir faire éclater la vérité, le quotidien étant muselé par les annonceurs et soumis à diverses pressions. Avec son meilleur ami et reporter judiciaire, Eddie Bishop, et avec Myra Barnov... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (3)

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    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 12 novembre 2013

    belette2911
    Puisque j'affectionne régulièrement plonger dans le roman noir, je me suis dit que ce ne serait pas une mauvaise idée de me taper le numéro 4 de la mythique collection "Série Noire".
    Non, ne cherchez pas vainement un crime et en enquêteur habituel, ici, rien n'est habituel. Les crimes, se sont les notables de la ville qui les commettent avec leurs magouilles. Leurs complices ? Les journaux complaisants qui détournent la vérité ou la maquille.
    L'enquêteur ? Mike Dolan, un jeune journaliste assoiffé de vérité qui a déniché une magouille et, puisque son patron ne veut pas publier son article sur le match de base-ball truqué, il plaque tout afin de créer sa propre revue, se disant qu'il pourra exercer son métier comme il l'entend ainsi que dénoncer tout ce qui lui semble contraire à la morale..
    Mike sait que si les journaux n'osent plus appeler les enfants de salaud par leur nom, c'est à cause des pressions qu'exercent sur eux les notables de la ville et les annonceurs publicitaires. Tout le système est gangrené.
    Mais ce n'est pas évident de créer sa propre revue lorsqu'on est sans le sous et criblé de dettes ! La rigueur de Mike fait peur et après quelques publications, son imprimeur se défile et sa revue est retirée des kiosques suite à un article qui a dérangé la personne visée.
    Malgré plusieurs menaces, Mike est bien décidé de continuer à faire tomber les gros bonnets.
    Son combat n'est-il pas perdu d'avance, lui qui voudrait nettoyer les écuries d'Augias d'un seul coup de torchon ? (non, pas au kärcher).
    Plume trempée dans le vitriol, cynisme à tous les étages, personnages haut en couleur dont le "héros", rempli de défauts est un joli cœur, véritable bête noire des pères possédant une jolie fille, assoiffé de reconnaissance, voulant côtoyer les plus grands... Homme épris de justice, il me fait penser à un Don Quichotte des temps modernes.
    Vous l'aurez compris, ce roman "noir de noir" est un violent réquisitoire contre la corruption et l'hypocrisie de la société américaine et de la société en général.
    Écrit avant la Seconde Guerre Mondiale, McCoy nous dresse donc un portrait horriblement sinistre des États-Unis : censure de la presse, extrémisme, Ku Klux Klan.... Pays de la liberté ? Mon c**, oui !
    Tout comme son personnage principal qui lui ressemblait beaucoup, Mc Coy paiera très cher cette peinture peu reluisante : son roman ne sera pas publié en Amérique, mais en Angleterre et ensuite en France, dans la mythique série noire de Marcel Duhamel.
    "No pockets in a shroud" devra patienter jusque 1948 pour être édité : et encore, ce sera une version remaniée de l'édition anglaise, qui, elle-même, avait subi des coupes par rapport au manuscrit original.
    La fin est brutale, mais il ne pouvait en être autrement...
    Un roman qui se lit vite, les dialogues pulsent, l'action aussi, on ne s'ennuie pas et ça valait la peine d'être lu !
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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 18 septembre 2011

    LiliGalipette
    Mike Dolan est journaliste à Colton, petite ville des États-Unis. Révolté par les crimes et malversations qui se multiplient, il veut faire justice de sa plume même si la tâche est énorme. « Ce qui se passe à Colton a cours également dans toutes les villes des États-Unis. Corruption, bigoterie, faux patriotisme – tout ça se retrouve partout. Colton peut être pris comme exemple-type, comme symbole de tout ce gâchis. » (p. 220) Lassé de travailler dans un journal frileux qui refuse tous ses papiers, Dolan fonde le Cosmopolite, revue qui traque et affiche la vérité. Après avoir écrit sur une affaire de triche sportive et d'avortements illégaux, il s'attaque à une entité fasciste, rémanence du Ku Klux Klan.
    Mais, bien qu'avide de justice et de vérité, Dolan cherche à se faire accepter dans la société huppée de la ville. Bête noire de tous les pères ayant des jeunes filles à marier, il est pire que le loup blanc. « Vous êtes à la fois célèbre et très mal côté. Vous êtes l'enfant terrible. Vous avez la manie de vous mettre dans de sales draps. Vous êtes perpétuellement en état de rébellion, et cela parce que vous êtes ambitieux, parce que vous essayez toujours de sortir de votre milieu. » (p. 28) Dévoré par le besoin de reconnaissance et de faire la nique à un passé sordide, Mike Dolan est l'incarnation du type qui veut arriver et se faire accepter par les plus grands : « Ils représentent pour moi quelque chose que je n'ai jamais eu et que j'ai très envie d'avoir. » (p. 80)
    Et il y a Myra et « ses lèvres rouges, si rouges », qui sont entrées sans ambages dans sa vie. Entre cynisme et goujaterie, l'attachement de Dolan pour cette beauté fatale est fait de heurts et d'incompréhensions. Mike Dolan ne peut être l'homme que d'une femme et il a choisi l'aveugle justice. Noble comme pouvaient l'être les chevaliers et enragé comme seuls le sont les désespérés, il rejette toute complaisance et toute demi mesure. Peu importe les pots cassés et les bombes qu'il fait exploser, Mike Dolan ouvre et trace la voie de la vérité à coup de bulldozer. « Je m'en fous, je ne regrette rien, je ne veux pas être hypocrite. C'était mon ennemi de toujours, je le vomissais et il me le rendait bien. En plus, c'était un danger public. La ville va pouvoir respirer un peu mieux. D'ailleurs, tout ça ce n'est pas mes affaires, je me demande seulement quelles répercussions ça va avoir sur le Cosmopolite. » (p. 201)
    La corruption, le racisme et l'hypocrisie composent le tableau dans lequel Dolan refuse d'être figurant. Alors que les États-Unis font leurs premiers cauchemars sur la terreur rouge, le journaliste s'emploie à rédiger une critique de la société qui n'épargne personne. Don Quichotte moderne, il rêve de « nettoyer le monde en une nuit. » (p. 219) Aussi désenchanté que le légendaire sire à la triste figure, Dolan pose sur le monde un regard acerbe et désabusé. « Qu'est-ce qui ce pays a de valable à offrir à n'importe quel enfant d'homme ? Une place dans une file de chômeurs et un éclat d'obus dans le ventre ? » (p. 208)
    Un linceul n'a pas de poches est paru dans la collection Folio Policier. Étrange quand on voit que les victimes, les coupables et les mobiles sont connus dès le début. Évident quand on comprend que Mike Dolan est de la race des enquêteurs et des justiciers légendaires. Finalement, il est la victime de son engagement. On sait dès le début que tout finira mal pour lui. À fouiller la boue et les ordures, il ne peut pas en tirer autre chose. Si Un linceul n'a pas de poches, c'est parce que rien ne s'emporte outre-tombe, ni l'argent, ni la santé, ni la renommée, ni le pouvoir. Un cadavre n'emporte rien de plus que sa carcasse et parfois un peu moins. J'avais beaucoup aimé On achève bien les chevaux du même auteur, roman sur une Amérique désespérée. Un linceul n'a pas de poche est un roman très noir, violent et percutant. Ici, l'Amérique est désespérée mais elle se débat encore dans ses propres filets, ignorante du fait qu'elle signe son propre arrêt de mort. Si Horace McCoy est un auteur tourmenté ? Sans aucun doute ! Mais aussi bougrement talentueux. Je vous le recommande !
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    • Livres 5.00/5
    Par fx131, le 27 septembre 2014

    fx131
    Un opus trop méconnu alors qu'il est d'une qualité rare .
    Ici l'on est dans un registre différent du roman noir .
    Point de crime , point de femme fatale , mais une charge sans concession contre ceux qui veulent faire taire , contre l'hypocrisie , contre la pensée dominante .
    Ce roman d'un certain coté c'est un cri de liberté à la face du monde qui ne cesse de mentir pour rassurer dans les chaumières.
    Ce roman c'est un grand moment de lutte pour la liberté .
    Avec une histoire qui est finalement trés actuelle , des personnages trés bien croqués avec une épaisseur évidente .
    C'est un roman majeur tout simplement , qu'il faut lire et faire lire .
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Citations et extraits

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  • Par belette2911, le 05 novembre 2013

    - Roy est très jaloux de toi.
    - Et pourquoi diable est-il jaloux ?
    - Peut-être, dit-elle en le regardant avec de larges yeux innocents, parce que tu es un amant infiniment plus satisfaisant que lui.
    - Ça alors, je veux bien être pendu ! s'exclama Dolan en la regardant avec stupéfaction. Tu as été lui dire ça ?
    - Certainement.
    - Oh ! Mon Dieu ! gémit Nolan.
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  • Par belette2911, le 03 novembre 2013

    - Évidemment, nous nous ferons des ennemis. Nous nous ferons des ennemis de tous les escrocs et tous les gangsters. Mais les gens biens seront avec nous.
    - Les gens bien ne sont pas au pouvoir, répliqua Lawrence.

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  • Par belette2911, le 05 novembre 2013

    - Vous ne prenez pas votre révolver flambant neuf ? demanda-t-elle en l'arrêtant à la porte.
    - Gardez-le. Et je vous en prie, faites-moi le plaisir d'introduire le canon dans votre bouche, et d'appuyer sur la gâchette. Mais pas dans mon lit. Ces draps sont propres.

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  • Par Eowyn85, le 25 juin 2013

    (à remettre dans son contexte...)
    (...) mais tout au fond de sa pensée, il y avait Carlisle - Le Cosmopolite - et l'idée qu'il fallait que ce maudit pays fût vachement pourri pour permettre un tel état de choses, et aussi qu'il y avait un Carlisle dans chaque ville, mais que des millions et des millions de gens étaient trop crétins pour s'en soucier, et que c'était pareil dans le monde entier: des millions et des millions de gens prenaient Hitler pour un grand bonhomme, sans savoir (ou sans s'en inquiéter) que c'était un fou qui battait de la grosse caisse, pauvre malade délirant, conduisant un immense troupeau (ces mêmes millions de crétins) à l'abattoir, et qu'il finirait sûrement par nous y conduire tous (Hemingway avait raison de dire que dans la prochaine guerre la T.S.F. servirait à propager une hystérie collective) ; songeant qu'il serait grand temps de les liquider, tous ces Carlisle et ces Hitler; oui bien sûr, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes, dans ce superbe, ce merveilleux paradis que sont les Etats-Unis d'Amérique, le seul pays où la radio est libre et ne connaît pas la censure, où la parole, la presse, sont libres et ne connaissent pas de censure - parfaitement, un homme a le droit de dire tout ce qui lui passe par la tête quand ça lui chante - tu parles - essaie seulement et on te rafle ton journal.
    L'espèce
    de saloperie
    d'enfant de putain
    se dit-il, en songeant à Carlisle (mais songeant en même temps à Hitler).
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  • Par LiliGalipette, le 16 septembre 2011

    "Je m'en fous, je ne regrette rien, je ne veux pas être hypocrite. C'était mon ennemi de toujours,je le vomissais et il me le rendait bien. En plus, c'était un danger public. La ville va pouvoir respirer un peu mieux. D'ailleurs, tout ça ce n'est pas mes affaires, je me demande seulement quelles répercussions ça va avoir sur Le Cosmopolite." (p. 201)

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