> Marie-Madeleine Fayet (Traducteur)
> René Lalou (Traducteur)

ISBN : 2253053805
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 4.08/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres
" Cher papa, C'est une lettre d'adieu, en attendant que je t'écrive d'un autre endroit. Je t'avais prévenu que je quitterais cette ville parce que je ne pouvais pas faire autrement. Je ne peux pas supporter plus longtemps cette existence, parce que la vie est devenue po... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par Lybertaire, le 09 mars 2012

    Lybertaire
    « L'été vert et fou », c'est celui de mes douze ans en Géorgie. La neige, c'est Winter Hill où mon frère va se marier, et je veux partir avec lui. Je suis insignifiante, je suis seule et prisonnière de mon identité, de mon corps et de mon nom.
    Frankie Addams a douze ans et a été exclue des clubs de fille de sa petite ville des États-Unis. Au cours de ce long été, le temps s'enfuit inexorablement dans la cuisine crasseuse où Berenice raconte sa vie avec ses quatre maris, un œil de verre tourné vers le passé, l'autre noir tourné vers l'injustice de sa condition de femme noire. John Henry, du haut de ses six ans, suit Frankie dans sa mue mais, ni une enfant ni une adulte, l'adolescence se sent abandonnée, prise dans la torpeur et l'immobilité de sa vie.
    Frankie devient obsédée par le mariage de son frère. Littéralement, elle est « amoureuse du mariage », qui s'immisce dans son esprit comme une échappatoire à l'été brûlant : elle suivra son frère à Winter Hill et ne reviendra jamais, jamais dans cette cuisine où la nappe est poisseuse, où les murs sont graffés des dessins hallucinés de John Henry.
    Entre le blanc et le vert, « la neige et l'herbe », le froid et le chaud, l'Alaska et la Géorgie, Frankie vit les derniers instants de l'enfance et voit se profiler l'âge adulte.
    Apeurée mais agitée par ce bouleversement intime, Frankie se met en danger. Une menace sourde car elle aiguise impatiemment ses couteaux dans sa chambre, et sait où est caché le revolver de son père. le temps se dilate, la narration traîne un peu, tout comme l'été de Frankie. Elle est en voie d'éclore, au terme de ce chaud été de folie… Elle a décidé qu'il était temps de se jeter dans le monde, mais le cap de l'enfance sera difficile à franchir.
    La critique sur mon blog :
    http://bibliolingus.over-blog.fr

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    • Livres 5.00/5
    Par sentinelle, le 12 juin 2008

    sentinelle
    Frankie Addams, grande godiche aux jambes de sauterelle, a douze ans, l'âge ingrat au possible : ce n'est plus l'âge de jouer avec les petits ni celui de s'endormir dans la chambre de papa mais ce n'est pas non plus celui de rejoindre les membres du club des grandes filles. Pour Frankie Addams, la vie se résume à cette angoisse de n'être membre de rien, de ne pas se sentir relier au monde, à cette peur de grandir trop vite.
    Elle veut partir, s'en aller, filer en Amérique du Sud, à Hollywood ou à New York, au point de préparer plusieurs fois sa valise tout en étant incapable de choisir entre ces trois destinations. Alors elle se contente de rôder dans la cuisine en compagnie de la cuisinière noire Bérénice et son petit cousin.

    Rôder et ruminer dans cette cuisine alors qu'elle veut découvrir le monde, mais le monde, qu'est-ce donc ? Quelque chose d'immense, de fissuré, de si mal ajusté ! Comment trouver sa place dans ce monde lorsqu'on a tellement de mal à se trouver soi-même, lorsque tout ce que l'on voit ou tout ce que l'on entend a quelque chose d'inachevé ? Et elle sent un poids terrible dans sa poitrine : elle devient quelqu'un qui traîne, qui n'arrête pas de manger, qui n'a pas le droit d'exister. Impression que tout a disparu et qu'on l'a laissée seule au monde.
    Jusqu'au jour où elle apprend que son frère va se marier avec Janice.
    Ce mariage est peut-être l'occasion rêvée de n'être plus seule au monde : ils pourraient être tous deux son « nous » à elle, elle pourrait les suivre après la cérémonie, voyager en leur compagnie, devenir membre de leur mariage, être ensemble tout en étant soi-même.
    Faire enfin partie du grand tout : savourer le bonheur d'accéder à un nous, de se sentir relier aux autres et relier à elle-même.
    Oui mais…
    Drame de la désillusion, du monde séparé de soi, potentiellement hostile et source d'anxiété, Carson McCullers nous retrace cette traversée du désert qui conduit de l'enfance à l'âge adulte avec beaucoup de finesse.

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-19645644.html
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    • Livres 3.00/5
    Par Glacha, le 07 mai 2012

    Glacha
    Un été torride, dans une petite ville de Georgie, Frankie Addams, douze ans, seule, se pose beaucoup de questions existentielles. Elle ne fait rien à part discuter avec la cuisinière noire et son petit cousin de six ans. Son frère se marie bientôt et cela l'obsède. Orpheline de mère, elle se sent seule et exclue.
    Portrait superbe de cette jeune fille entre enfance et adolescence, qui ne pense qu'à une chose : fuir pour vivre enfin.
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    • Livres 4.00/5
    Par iris, le 31 mars 2008

    iris
    Le roman qui en France a inspiré l'effrontée. L'histoire d'une adolescente fragile, qui s'ennuie et s'aveugle dans des rêves d'amour et de reconnaissance en s'inventant un futur auquel elle veut croire à tout prix.
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Citations et extraits

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  • Par sentinelle, le 12 juin 2008

    Elle était debout devant le miroir, et elle se sentait effrayée. Cet été-là était pour elle l’été de la peur – et parmi toutes ses peurs, il y en avait une qu’on pouvait calculer mathématiquement, en posant sur une table un papier et un crayon. Cet été-là, elle avait douze ans et dix mois. Elle mesurait un mètre soixante-six, et chaussait du quarante. Depuis l’an dernier, selon sa propre estimation, elle avait grandi de dix centimètres. Déjà les horribles petites gosses qui jouaient dans la rue cet été-là lui criaient à tue-tête : « Est-ce qu’il fait froid, là-haut ». Et les réflexions des grandes personnes lui donnaient des secousses dans les talons. Si elle était destinée à grandir jusqu’à dix-huit ans, cela durerait encore cinq ans et deux mois. Donc, d’après ses calculs mathématiques, si elle ne trouvait d’ici là aucun moyen de s’arrêter, elle finirait par mesurer deux mètres soixante-quatorze. Et qu’est-ce que c’était qu’une personne qui mesurait deux mètres soixante-quatorze ? C’était un phénomène de foire.
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  • Par Lybertaire, le 09 mars 2012

    – Je crois que j’ai compris ce que tu viens de dire, dit F. Jasmine. Mais au lieu du mot prisonnier, tu pourrais te servir du mot déchaîné. Ca a l’air d’être deux mots contraires. Je veux dire par là que tu te promènes, tu vois tous ces gens et tu as l’impression qu’ils sont déchaînés.
    – Tu veux dire : sauvages ?
    – Pas du tout. Je veux dire que tu ne vois pas ce qui les enchaîne l’un à l’autre. Tu ne sais pas où ils vont, ni d’où ils viennent. Par exemple, qu’est-ce qui a poussé tous ces gens à venir dans cette ville ? D’où arrivaient-ils ? Que sont-ils venus faire ? Pense à tous ces soldats.
    – Ils sont nés, dit Berenice. Et ils vont vers la mort.
    F. Jasmine parlait d’une voix aiguë et mal assurée.
    – Je sais, dit-elle. Mais tout ça veut dire quoi ? Des gens déchaînés et prisonniers en même temps. Prisonniers et déchaînés. Tous ces gens, tu ne sais pas ce qui les enchaîne l’un à l’autre. Il y a une raison quelconque, un contact quelconque qui les unit.
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  • Par Lybertaire, le 09 mars 2012

    John Henry dormait déjà. Elle l’entendait respirer dans l’ombre, et c’était ce qu’elle avait si souvent désiré pendant les nuit de cet été-là : que quelqu’un soit endormi dans le même lit qu’elle. Elle écouta respirer longtemps, allongée dans le noir, puis elle se souleva sur un coude. Il était tout petit dans le clair de lune, avec ses taches de rousseur, son torse nu si blanc, un pied qui pendait hors du lit. Elle lui posa doucement la main sur la poitrine et se rapprocha. C’était comme une petite pendule qui battait en lui, et il avait une odeur de transpiration et de Sweet Serenade. Il avait une odeur de petite rose fanée. Elle s’était penchée et l’avait léché derrière l’oreille. Puis elle avait pris une longue inspiration, et avait appuyé son menton sur la petite épaule moite et pointue, en fermant les yeux. Car, maintenant que quelqu’un dormait près d’elle dans le noir, elle avait un peu moins peur.
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  • Par sentinelle, le 31 janvier 2009

    C’est arrivé au cours de cet été si vert qu’on en devenait fou. Frankie avait douze ans. Elle n’était membre de rien, cet été-là. Elle ne faisait pas partie d’aucun club, ni de quoi que ce soit au monde. Elle se sentait sans aucune attache, et elle rôdait autour des portes, et elle avait peur.
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  • Par Glacha, le 07 mai 2012

    Tous on est comme des prisonniers. On vient au monde dans un endroit ou dans un autre, et on ne sait pas pourquoi. Mais on est quand même prisonniers. Toi, tu es née Frankie. John Henry, il est né John Henry. Et peut-être qu'on voudrait s'évader et être libre. Mais on a beau faire, toujours on reste prisonnier. Moi je suis moi et toi, tu es toi, et lui il est lui. Chacun de nous est comme prisonnier de lui-même.
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