Ce roman est le premier d'une trilogie appelée Trilogie des Confins.
Ayant découvert cet auteur par
La route (livre qui m'a ô combien marquée) j'étais assez curieuse de découvrir ses autres œuvres, j'avais surtout hâte de voir s'il avait conservé son style d'écriture bien particulier.
sur la route, l'intensité d'écriture m'avait frappée avec des phrases courtes et pourtant très souvent poétiques, des dialogues brefs, un récit dans lequel il ne se passe presque rien au cours duquel pourtant j'étais tenue en haleine.
Dans
De si jolis chevaux, on retrouve sa marque, son style dans des phrases à la fois très descriptives, l'emploi presque abusif de la préposition ET, des pronoms personnels répétés à n'en plus finir, et en compensation des passages qui sont de véritables envolées lyriques, un peu comme lorsqu'on écoute le dernier mouvement d'une symphonie avec l'apogée finale des instruments. Et encore une fois on tombe sous le charme de ce style si particulier qui lui est propre.
Ma deuxième interrogation portait sur la teneur du récit, allait-il être aussi bouleversant et pessimiste que
La route ?
John Grady Cole et Lacey Rawlins, deux adolescents, quittent le Texas pour aller au Mexique, on ne sait pas vraiment ce qui les a poussés ni ce qui les pousse durant leur périple mais peu à peu leur voyage initiatique se transforme en cauchemar. Ce qui est frappant avec les personnages mis en scène par Carthy c'est qu'on a vraiment la sensation que, non maîtres de leur destin, ils se laissent porter par lui. Et surtout ils acceptent ce qui leur arrive sans révolte. Notamment pour John Grady, on se demande si lui sait ce qui le pousse en avant si ce n'est cet amour fou et impossible qu'il développe pour la fille du patron qui les embauche au Mexique, amour qui le conduira lui et son ami dans une prison dans les lois de survie sont impitoyables. Et là j'ai eu la sensation de replonger derechef dans l'ambiance de
La route, on a peur car on ne peut absolument pas anticiper la suite des évènements et comme on sent que les personnages ne le peuvent non plus, cela augmente l'angoisse. Dans la même trame, la rencontre avec cet enfant étrange Blevins, dont on ne sait strictement rien , dont on ne peut prévoir non plus les réactions, (il est « no limit ») est source d'inquiétude, on se doute rapidement qu'il ne va apporter que des ennuis à ses compagnons, mais lesquels et sous quelle forme ?
J'ai donc passé une grande partie du récit à appréhender ce qui allait arriver et surtout à quel moment. Et puis finalement et heureusement cette fois ci cela ne se termine pas si mal, enfin je dirais même qu'il s'agit d'une fin ouverte …. tout comme l'enfant dans
La route, on quitte John Grady sans savoir ce qui va advenir de lui … à la différence que je n'ai pas ressenti de désespoir en ce qui concerne le dernier, je n'ai pas fini ce livre là dans les larmes.
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