> François Hirsch (Traducteur)

ISBN : 2879295912
Éditeur : Editions de l'Olivier


Note moyenne : 4.06/5 (sur 791 notes) Ajouter à mes livres
L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger p... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par johaylex, le 20 mai 2012

    johaylex
    2 ans pour lire ce roman ! Enfin deux années pour vouloir le lire...
    Je l'avais commencé cette "Route" mais, au bout d'une dizaine de page, et encore, j'avais renoncé car ne pouvant pas inscrire ma respiration dans le rythme d'écriture de l'auteur.
    Ce rythme, je ne le comprenais pas, avec ses phrases tendues puis se finissant abruptes, cette sensation d'immobilisme des mots...
    Je déteste ne pas achever les romans dont j'ai débuté la lecture, alors je m'impose de le faire lorsque mon esprit est plus calme, tolérant à la douleur ou à l'écoeurement éventuel.
    Et...
    Seigneur, quelle merveille ! J'ai eu la sensation en refermant ce livre à la couverture toute blanche d'avoir eu en mains le premier livre authentiquement du XXIè siècle, voire du IIIè millénaire.
    Je m'explique...
    L'apocalypse que l'humanité a subi - et après laquelle un père et son fils tentent de survivre au milieu d'êtres humains déshumanisés dont chacune des apparitions est un réel danger - devient apocalypse littéraire où la langue doit être réinventée, les anciens auteurs délaissés, et où tout n'est pas à construire ou reconstruire mais à espérer.
    Par-delà ce que l'écriture romanesque a apporté à l'homme se retrouve l'écriture originelle, primordiale, celle qui se gravait d'abord sur les rochers.
    C'est cela le style de Cormac McCarthy, un style minéral, rocailleux avant tout. Pas la terre qui, irriguée, est grasse, fertile de promesses, puis luxuriante, mais le roc, celui qui égratigne, qui heurte, et que seul un burin peut tenter de maîtriser.
    Certains auteurs ont une écriture élégante, sonore, ce sont des peintres ou des musiciens du mot; McCarthy est un sculpteur acharné: on sent la violence dans chaque geste d'écriture pour obtenir un résultat si épuré, et fondamentalement, si charnel.
    Car si la musique caresse nos sens, si nos yeux s'attardent langoureusement sur une toile, ce sont avant tout nos mains qui embrassent l'âpreté des formes émergées de la roche, celle où l'on lit:
    "ici était l'Homme. voici un rocher: quel Homme feras-tu ?"
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    Critique de qualité ? (23 votes positifs)
  • Par sylvie, le 15 janvier 2009

    sylvie
    J'ai lu un beau livre fort et marquant.
    Nous sommes nombreux à avoir fait le voyage.
    Nous avons suivi pas à pas l'homme et le petit sur la route. Nous les avons regardés tenter de survivre coûte que coûte. Et devant tant de souffrances subies : le froid, la faim, la peur, l'angoisse, la terreur, l'effroi, le désespoir, la maladie du corps qui s'épuise, nous nous sommes demandés pourquoi ?
    Pourquoi survivre quand on ne peut presque plus vivre? Quand le monde s'éteint et qu'il n'est plus qu'en sursis :
    "« Il sortit dans la lumière grise et s'arrêta et il vit l'espace d'un bref instant l'absolue vérité du monde. L'implacable obscurité. du temps en sursis et un monde en sursis et des yeux en sursis pour le pleurer. »
    Quelle force incroyable fait que cet homme a choisi de continuer à vivre pour sauver encore un peu de la vie de son enfant ?
    La mère a choisi de mourir vite, elle voulait épargner le pire à son enfant en lui donnant la mort. Elle n'a pas voulu risquer de tomber entre les mains de hordes sauvages qui sont capables de capturer d'autres humains pour en faire leur pitance.
    Dans ce monde dévasté et hanté par des cannibales, le père veut sauver son fils, l'amener vers le sud, le chaud et le faire vivre le plus longtemps possible. Alors ils marchent, ils se cachent, ils ont peur, mais l'espoir est là, maintenu.
    L'enfant, né dans cet univers de cendre, ne connais rien du monde ancien. Il rêve et il espère. Il sait que son père et lui sont des gentils qui se sauvent des méchants, et ils veut en rencontrer d'autres, des enfants, surtout.
    Le père maintient cet espoir, il n'a pas le cœur d'en faire autrement.
    L'amour d'un père pour son fils et d'un fils pour son père fait reculer un peu l'obscurité totale, le désespoir cendreux qui mène à une fin redoutée et inexorable.
    Le fils croit en son père et le père croit en son enfant.
    C'est un ange, le petit : c'est lui qui a poussé le père à donner à manger à Elie. C'est le signe qu'il est bien vivant, peut-être sauvé, sans doute promis à un avenir...
    Roman de l'apocalypse baigné de références bibliques dépouillées de tout artéfact, ce livre nous touche au cœur et à l'âme . Il semble nous dire dans cette parabole sans teint : face à la mort, ayez le courage, la volonté et la force de regarder ce qui se cache derrière la terreur ou l'effroi, vous risquez d'y trouver l'essentiel.
    Ce livre est un risque à courir.
    des liens sur le blog :

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/04/la-route-cormac-mac-cart..
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    Critique de qualité ? (32 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 10 avril 2012

    le_Bison
    L'apocalypse a eu lieu. le monde est dévasté, couvert de cendres... Des cadavres s'amoncèlent sur le bord de La route. Quelques survivants s'épient, se guettent, s'attaquent, se mangent... Et parmi ces rescapés, un père et son fils errent sur la route. Ils fuient le froid et la neige des hautes montagnes. Ils veulent rejoindre la mer, et le temps plus clément pour survivre.
    S'ensuit alors une longue odyssée de ce père avec son fils. Ils poussent un caddie rempli de victuailles et objets diverses trouvés par ci, par là, près des cadavres incendiés ou dans des maisons abandonnées. Et ils avancent coûte que coûte, sous la pluie, sous la neige, le jour jusqu'à la tombée de la nuit, toujours sur leurs gardes, toujours à l'affût des « méchants ». Ils ont froids, ils sont trempés, ils n'ont rien mangés depuis trois jours, mais font preuve d'abnégation et d'un courage à tout épreuve.
    Je ne veux pas tomber dans l'excès de sensibilité, mais la lecture de ce roman de Cormac McCarthy m'a profondément ému. A chaque page, je sentais les larmes poindre le long de mes rides naissantes. Je suis bouleversé par cet univers décrit et par ce père qui, malgré tout, tente d'éduquer du mieux qu'il peut son fils, l'enfant. Pas facile de discerner le bien du mal dans ce chaos post-apocalyptique. Pourtant, la vie pourrait être plus facile, une balle de calibre 22 dans la tête et les voilà libérer de cet enfer. Mais le père a ce courage nécessaire pour inculquer à son fils le prix de la vie, même au milieu des cadavres brûlés, sous un paysage recouvert de cendres... Arriver à croire en un avenir, même incertain et espérer ; de toute façon, il ne reste que l'espoir pour survivre ; croire en la certitude que quelque part sur cette planète, il existe un autre enfant, un autre parent comme eux, qui font partie de la catégorie des « gentils » comme eux, pour partager ensemble le dessein des rescapés.
    L'univers de ce roman est dépouillé à l'extrême. Il n'y a rien ou presque ; simplement La route, un enfant et son père, un caddie, de la cendre et toujours cette route vers le sud entourée de corps en décomposition. Pourtant avec si peu, cela donne un roman à la fois terrifiant et poignant. On ne saura rien de l'époque précédant l'apocalypse. de toute façon, on s'en balance un peu, on commence à connaître la folie et la barbarie des hommes, donc rien de bien surprenant à découvrir la planète sous le chaos... de courts chapitres, directs et uppercuts qui vous mettent en vrac tripes et intestins. le livre de l'année ? Sur le plan purement émotionnel, je vote « oui » les yeux fermés, d'ailleurs je n'ose plus les rouvrir, peur de l'avenir, peur du prochain.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/?p=2097
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    Critique de qualité ? (29 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par finitysend, le 10 février 2012

    finitysend
    DANS UN MONDE DE CENDRES ....
    L'auteur a jugé nécessaire de déclarer et répéter que La Route n'étais pas un roman de science-fiction ..
    De façon tellement forte qu'on l'a cru et que si vous le cherchez .. : vous le trouverez à littérature étrangère ..
    C'est de la science-fiction ... plongez-vous vous dans les romans de J C Ballard et vous en aurez la confirmation !
    ( on peut donc écrire de la science-fiction inconsciemment !! mince c'est fou !! )...
    L'apocalypse a eu lieu et peu importe sa cause : humaine ou divine pas de réponses sur la causalité à espérer du récit ...
    Un père et son très jeune fils sont sur une route déserte et dangereuse ils s'en écartent peut tout est noir . .
    Tout ce qui vit semble destiné à mourir .. boites de conserves .. famine ... méfiance .. risques variés ...
    La crainte faire de mauvaises rencontres et surtout de demie mauvaises rencontres ponctuent le récit avec cette question lancinante :
    la confiance est-elle possible et souhaitable est-elle une solution ? ? ..
    Dans un contexte pareil quel présent et quel avenir peuvent avoir un sens ??
    Il y a assez peu d'action et c'est une monotonie poignante qui domine ... caractérise et nimbe tout ...
    La charge émotionnelle est très forte ..
    Le père protège et tente de préserver l'enfant qui réagit comme un enfant et là il y a beaucoup de finesse ... de douleur et certainement
    pas assez d'espérances car c'est de toutes les façons impossible ..
    On peut difficilement donner son avis sur ce texte intense sans trop " spoiler " ...
    ....................................................................................................................
    La lecture en est une vraie ascèse ... à cause de la monotonie ... à cause de ce qui est arrivé ...
    à cause de ce qui risque d'arriver et à cause de ce qui arrive ....
    Il n'y a rien d'autre dans ces lignes que le tableau d'un monde pathétique ou tout est fini et ou tout continue comme avant
    d'une curieuse façon l'homme restant fidèle à lui-même )..
    Y a-t-il un moyen de se sauver ? de survivre ? l'égoïsme est-il devenu vital ? la vie en société est-elle encore possible ?
    est-elle une solution et un recommencement ? ...
    ....................................................................................................................
    La fin que je ne veux pas dévoiler répond peut être à ces questions ??
    Ce n'est pas un livre pour se distraire c'est un livre pour ressentir et réfléchir ...
    C'EST EXELLENT ... C'est pénible et c'est douloureux
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    • Livres 5.00/5
    Par stefferon, le 25 mai 2012

    stefferon
    Un conseil : attendez l'été et ses belles journées ensoleillées et les arbres en feuilles bien vertes pour lire ce livre.
    Je l'ai commencé alors que le temps était maussade et frais et l'ambiance collait parfaitement. C'était intense.
    Quel style magnifique !
    Des actions qui se suivent, "et... et...et...", peu de virgules, des phrases ou très courtes ou à rallonge. Pas de fioriture. Dans un monde où tout est gris, où les arbres, l'herbe, les fleurs, les gens... tout est mort, l'important, l'essentiel est dans l'action.
    Le père s'autorise de temps en temps des interrogations sur Dieu, sur le pourquoi, le comment. le style est alors plus étoffé mais guère plus joyeux.
    Il faut avancer, sur la route, chercher à manger dans ce qu'il reste d'avant. Il faut trouver un endroit sûr pour dormir, se méfier de tout et de tous. Quand l'avenir se résume à l'instant présent. Quand le passé, sa lumière, sa beauté hante les rêves.
    Ainsi vont le père et son fils, dont les prénoms sont tus. Ils n'en ont plus, ils ne sont plus que des ombres en sursis.
    Magnifique
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Citations et extraits

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  • Par Orphea, le 27 mai 2012

    Des rêves riches à présent dont il lui répugnait de s'éveiller. Des choses inconnues désormais dans le monde. Le froid l'obligeait à entretenir le feu. Le souvenir d'elle quand elle traversait la pelouse en direction de la maison le matin de bonne heure dans un mince peignoir rose qui collait à ses seins. Il se disait que chaque souvenir remémoré devait faire plus ou moins violence à ses origines. Comme dans un jeu de société. Dites le mot et passez-le à votre voisin. Alors prenez garde. Ce que l'on déforme dans le souvenir a encore une réalité, connue ou pas.
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  • Par Orphea, le 26 mai 2012

    Il avait taillé pour le petit une flûte dans une tige de jonc qu'il avait trouvé au bord de la route et il la sortit de sa veste et la lui tendit. Le petit la prit sans mot dire. Au bout d'un moment il ralentit le pas et resta en arrière et au bout d'un moment l'homme l'entendit qui jouait. Une musique informe pour les temps à venir. Ou peut-être l'ultime musique terrestre tirée des cendres des ruines. L'homme s'était retourné et le regardait. Perdu dans sa concentration. Triste et solitaire enfant-fée annonçant l'arrivée d'un spectacle ambulant dans un bourg ou un village sans savoir que les acteurs ont tous été enlevés par des loups.
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  • Par Orphea, le 26 mai 2012

    Et les rêves si riches en couleurs. La mort aurait-elle un autre moyen de t'appeler ? Rien que de se réveiller dans l'aube froide tout retombait en cendre instantanément. Comme certaines fresques antiques ensevelies depuis des siècles quand elles sont exposées soudain à la lumière du jour.
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  • Par Orphea, le 26 mai 2012

    Il disait que les rêves qui convenaient à un homme en péril étaient les rêves de danger et que tout le reste était une invite à la langueur et à la mort. Il dormait peu et il dormait mal. Il avait rêvé qu'ils marchaient dans un bois en fleurs où des oiseaux s’envolaient devant eux, l'enfant et lui, et où le ciel était d'un bleu à faire mal mais il apprenait à se réveiller de ces univers trop sereins.
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  • Par Orphea, le 26 mai 2012

    Le petit était assis et vacillait. L'homme l'observait de peur qu'il ne bascule dans les flammes. Du pied il dégagea des emplacements dans le sable pour les hanches et les épaules du petit à l'endroit où il allait dormir et il s'assit en le tenant contre lui, ébouriffant ses cheveux pour les faire sécher près du feu. Tout cela comme une antique bénédiction. Ainsi soit-il. Évoque les formes. Quand tu n'as rien d'autre construis des cérémonies à partir de rien et anime-les de ton souffle.
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