Par Cormac McCarthy

Note moyenne : 4.2/5 (sur 159 notes)
Olivier
ISBN : 2879295912  
Ajouter à mes livres

  > Lire > Modifier > Historique

L’apocalypse a eu lieu. Le monde est dévasté, couvert de cendres. On ne sait rien des causes de ce cataclysme. Un père et son fils errent sur une route, poussant un caddie rempli d’objets hétéroclites et de vieilles couvertures. Ils sont sur leurs gardes car le danger peut surgir à tout moment. Ils affrontent la pluie, la neige, le froid. Et ce qui reste d’une humanité retournée à la barbarie. Cormac McCarthy raconte leur odyssée dans ce récit dépouillé à l’extrême.


Prix Pulitzer 2007, La Route s’est vendu à plus de deux millions d’exemplaires aux États-Unis.

> voir plus

> voir toutes (47)

Critiques et avis sur La route


Ajouter une critique

    • Livres 0.00/5
    Par sylvie, 2009-01-15 18:15:59

    bibliothèque

    J'ai lu un beau livre fort et marquant.

    Nous sommes nombreux à avoir fait le voyage.

    Nous avons suivi pas à pas l'homme et le petit sur la route. Nous les avons regardés tenter de survivre coûte que coûte. Et devant tant de souffrances subies : le froid, la faim, la peur, l'angoisse, la terreur, l'effroi, le désespoir, la maladie du corps qui s'épuise, nous nous sommes demandés pourquoi ?

    Pourquoi survivre quand on ne peut presque plus vivre? Quand le monde s'éteint et qu'il n'est plus qu'en sursis :

    "« Il sortit dans la lumière grise et s’arrêta et il vit l’espace d’un bref instant l’absolue vérité du monde. L’implacable obscurité. Du temps en sursis et un monde en sursis et des yeux en sursis pour le pleurer. »

    Quelle force incroyable fait que cet homme a choisi de continuer à vivre pour sauver encore un peu de la vie de son enfant ?

    La mère a choisi de mourir vite, elle voulait épargner le pire à son enfant en lui donnant la mort. Elle n'a pas voulu risquer de tomber entre les mains de hordes sauvages qui sont capables de capturer d'autres humains pour en faire leur pitance.

    Dans ce monde dévasté et hanté par des cannibales, le père veut sauver son fils, l'amener vers le sud, le chaud et le faire vivre le plus longtemps possible. Alors ils marchent, ils se cachent, ils ont peur, mais l'espoir est là, maintenu.

    L'enfant, né dans cet univers de cendre, ne connais rien du monde ancien. Il rêve et il espère. Il sait que son père et lui sont des gentils qui se sauvent des méchants, et ils veut en rencontrer d'autres, des enfants, surtout.

    Le père maintient cet espoir, il n'a pas le cœur d'en faire autrement.

    L'amour d'un père pour son fils et d'un fils pour son père fait reculer un peu l'obscurité totale, le désespoir cendreux qui mène à une fin redoutée et inexorable.

    Le fils croit en son père et le père croit en son enfant.

    C'est un ange, le petit : c'est lui qui a poussé le père à donner à manger à Elie. C'est le signe qu'il est bien vivant, peut-être sauvé, sans doute promis à un avenir...

    Roman de l'apocalypse baigné de références bibliques dépouillées de tout artéfact, ce livre nous touche au cœur et à l'âme . Il semble nous dire dans cette parabole sans teint : face à la mort, ayez le courage, la volonté et la force de regarder ce qui se cache derrière la terreur ou l'effroi, vous risquez d'y trouver l'essentiel.

    Ce livre est un risque à courir.

    des liens sur le blog :

    Lien : http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/04/la-route-cormac-mac-cart..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (13 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Bartleby, 2008-06-10 21:45:53

    bibliothèque

    http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2008/01/promthe-porteur-de-feu-mccarthy-la.html



    Extrait :



    Il y a probablement eu une guerre nucléaire. Le monde n’est plus qu’un champ de ruines. Un déluge de flammes s’est abattu sur la terre comme en témoignent les buildings recroquevillés ou ces morts momifiés enlisés dans le bitume des routes. L’atmosphère est remplie de cendres grises qui pleuvent sans cesse et recouvre un sol dévasté. Il n’y a plus d’animaux, ni dans les airs, ni dans les eaux, ni sur terre si ce n’est, de temps à autre, un chien, au loin. Il ne reste que quelques hommes. Sur la route, un homme et son fils poussent un vieux caddie déglingué rempli de boîtes de conserves, de couvertures et de tout un bric-à-brac. Ils vont vers le sud, vers la mer, espérant ainsi échapper au froid polaire qui règne dans le nord, maintenant que le soleil, comme Dieu, s’est retiré. Même lorsqu’ils atteindront le noir océan, la désolation sera la même et là encore, il n’y aura ni poissons ni oiseaux, si ce n’est l’Oiseau de l’Espoir, le Pájaro de Esperanza, une vieille épave rouillée gisant à quelques mètres de la côte.

    Le monde dans lequel ils évoluent est gris et noir, nulle trace d’une autre couleur dans la nature, encore moins de blanc. L’innocence n’est plus, elle ne survit plus que dans l’enfant :



    « Quand il fit assez clair pour se servir des jumelles il inspecta la vallée au-dessous. Les contours de toute chose s’estompant dans la pénombre. La cendre molle tournoyant au-dessus du macadam en tourbillons incontrôlés. Il examinait attentivement ce qu’ils pouvaient voir. Les tronçons de route là-bas entre les arbres morts. Cherchant n’importe quoi qui eût une couleur. N’importe quel mouvement. N’importe quelle trace de fumée s’élevant d’un feu. Il abaissa les jumelles et ôta le masque de coton qu’il portait sur son visage et s’essuya le nez du revers du poignet et reprit son inspection. Puis il resta simplement assis avec les jumelles à regarder le jour gris cendre se figer sur les terres alentour. Il ne savait qu’une chose, que l’enfant était son garant. Il dit : S’il n’est pas la parole de Dieu, Dieu n’a jamais parlé. »



    Ceux qui ne connaissent de Cormac McCarthy que les romans antérieurs à Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme, seront surpris par la simplicité du style et le dépouillement du vocabulaire. La prose de McCarthy qui se caractérisait par un style chatoyant et un vocabulaire florissant s’est épurée. Les longs chapitres ont laissé place à de petits paragraphes d’une dizaine de lignes. Et pourtant, la force poétique est indéniable car ce style est parfaitement adapté au monde post-apocalyptique dans lequel l’auteur nous fait évoluer. Une écriture froide, décharnée et précise est nécessaire pour décrire un monde en voie de déshumanisation. McCarthy s’inscrit ainsi dans le sillage de Beckett et de Thomas Bernhard.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par valunivers, 2009-03-07 16:37:04

    bibliothèque

    En fermant La route de Cormac McCarty, je me suis fait la réflexion qu'il est parfois des chroniques impossible à écrire.

    Utopiste pour moi d'arriver à trouver les mots justes pour retranscrire ce que j'ai pu ressentir tout au long de cette lecture :



    On ne sait pas ce qui s’est passé.

    On ne sait pas où l’on est.

    Le monde est recouvert de cendres encore fumantes.

    Pourquoi ?

    On ne sait pas. L’homme ne parle jamais du passé.



    Dans ce paysage apocalyptique, marchent un homme et un enfant. L’homme pousse un caddie. Il contient toute leur fortune.

    L’enfant marche péniblement aux côtés de l’homme. Ils parlent peu, économisant leur force pour ne penser qu’aux pas suivants.



    Et malgré la maladie, les corps qui s’épuisent, il faut continuer, aller plus loin, toujours plus loin, vers le sud, vers la mer. Leur existence est réduite à l’essentiel : manger, dormir, se protéger des intempéries et chercher parmi les ruines de quoi se nourrir…de quoi subsister.



    Ils ne sont pas seuls. D’autres survivants, Les méchants, se déplacent en bande. Eux aussi cherchent à survivre ... Le lecteur découvrira très vite que la faim peut faire régresser femmes et hommes au stade animal très facilement.

    C'est l'enfant qui empêchera souvent l'homme d'y succomber.



    L'écriture, les dialogues sont épurés. L'auteur a supprimé tout ce qui était inutile. Il ne reste que l'essentiel pour faire ressortir l'urgence de la situation. Le langage utilisé par l'homme est simple et dépouillé de tout ce qui ne pourrait pas servir à la survie de son fils.



    Sur la route, les journées se ressemblent et par moment, la lecture est un peu lassante. Cela passe très vite avec la dernière partie du livre qui est bouleversante.

    C'est un très beau roman.

    Pour en continuer à en discuter...

    Lien : http://www.valunivers.fr/2009/03/cormac-mccarthy-la-route/
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 0.00/5
    Par RatonLaveur, 2008-11-23 22:10:03

    bibliothèque

    Fermez les yeux. Imaginez cette scène. Un homme marche sur le pavé d’une autoroute. Il est sale, mal habillé. D’ici, on peut le sentir; on n’a pas le goût de l’approcher.

    Il pousse un carosse de magasin (un caddy comme disent les français…en bon anglais) d’alimentation; le panier est presque vide. Une couverture, une conserve de fèves vertes. Un fusil, engoncé dans sa ceinture, comme un dur …!!!!

    Mais, il tient par la main, un petit garçon de neuf ans; aussi sale que l’homme sinon plus.

    Il fait noir mais on sent que c’est le jour. L’autoroute est envahie par la cendre dont on ne sait pas d’où elle vient. Des nuages noirs cachent toute forme de lumière venant du ciel.

    Il s’est passé quelque chose. L’homme le sait; l’enfant ne le sait pas et nous, nous ne le saurons jamais.



    Voilà toute l’histoire. Un homme et son fils qui fuient les lendemains et les conséquences tragiques d’un cataclysme Que reste-t-il sur terre? Cet homme, cet enfant et d’autres hommes, bons mais surtout méchants …



    Ce roman est un pur chef d’œuvre. De la puissance et de la force des grands romans : « La puissance des vaincus », « L’ombre du vent », « Les disparus ». On ne sort pas indemne d’une telle lecture. Certains trouvent ce roman trop noir, ne le terminent pas parce qu’il ne se passe rien. D’autres, comme moi, crient au génie.



    Cormac McCarthy est un écrivain extraordinaire. Une puissance du langage, une évocation romanesque hors du commun, des histoires troublantes, questionnantes, bref, malgré ses 75 ans, il demeure un des piliers de la littérature américaine.



    On ne peut rester insensible aux attachants personnages de ce roman; on les aime et même, on s’y projette avec délectation. Les dialogues sont courts, incisifs, poignants; dans toute leur simplicité et leur dépouillement, ils nous arrachent les plus grandes émotions. Après votre lecture, vous serez conscient de tout le pouvoir d’évocation des mots. L’homme dirait : « D’accord ». Vous répondrez : « D’accord ». Et derrière ce dialogue minimaliste, vous y aurez retrouvé une explosion d’images, de non-dits, de demi-vérités, d’admiration et d’amour filial.



    La relation père fils est d’une construction phénoménale : on sent que le père protège le fils et que le fils est la soupape de sécurité qui protège le père du suicide, si facile, si tentant.



    Un roman sur l’inimaginable, un roman noir, noir très foncé mais un roman d’espoir; espoir en demain, espoir en la vie malgré la désolation.



    Certains trouveront que ce roman est « plate ». qu’il ne se passe rien; malheureusement, ce roman n’est pas pour tout le monde. La grande majorité des amateurs de littérature, y verront 250 pages de pur bonheur. On en demanderait plus mais ça aurait été insoutenable.



    Alors, je vous souhaite de faire une belle découverte et si ce n’est déjà fait, allons visiter les autres bouquins de ce monstre sacré de la littérature américaine. Et aussi, tant qu’à y être, voir le film tiré d’un de ses romans « Ce pays n’est pas pour le vieil homme ».



    Bonne lecture et bon cinéma !!!!

    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 0.00/5
    Par sylvie, 2008-04-18 16:02:22

    bibliothèque

    'ai lu un beau livre fort et marquant.

    Nous sommes nombreux à avoir fait le voyage.

    Nous avons suivi pas à pas l'homme et le petit sur la route. Nous les avons regardés tenter de survivre coûte que coûte. Et devant tant de souffrances subies : le froid, la faim, la peur, l'angoisse, la terreur, l'effroi, le désespoir, la maladie du corps qui s'épuise, nous nous sommes demandés pourquoi ?

    Pourquoi survivre quand on ne peut presque plus vivre? Quand le monde s'éteint et qu'il n'est plus qu'en sursis.

    Quelle force incroyable fait que cet homme a choisi de continuer à vivre pour sauver encore un peu de la vie de son enfant ?

    La mère a choisi de mourir vite, elle voulait épargner le pire à son enfant en lui donnant la mort. Elle n'a pas voulu risquer de tomber entre les mains de hordes sauvages qui sont capables de capturer d'autres humains pour en faire leur pitance.

    Dans ce monde dévasté et hanté par des cannibales, le père veut sauver son fils, l'amener vers le sud, le chaud et le faire vivre le plus longtemps possible. Alors ils marchent, ils se cachent, ils ont peur, mais l'espoir est là, maintenu.

    L'enfant, né dans cet univers de cendre, ne connais rien du monde ancien. Il rêve et il espère. Il sait que son père et lui sont des gentils qui se sauvent des méchants, et ils veut en rencontrer d'autres, des enfants, surtout.

    Le père maintient cet espoir, il n'a pas le cœur d'en faire autrement, alors il lui raconte une histoire : Ils sont porteur du feu.

    Il attise doucement la flamme de son fils qui croit, qui pense un avenir possible. La sienne s'éteint peu à peu, mais ne cesse de couver celle du petit.

    Ce texte sobre et percutant dans son dépouillement extrême nous plonge dans une pénombre grise et opaque.

    L'amour d'un père pour son fils et d'un fils pour son père fait reculer un peu l'obscurité totale, le désespoir cendreux qui mène à une fin redoutée et inexorable.

    Le fils croit en son père et le père croit en son enfant.

    C'est un ange, le petit : c'est lui qui a poussé le père à donner à manger à Elie. C'est le signe qu'il est bien vivant, peut-être sauvé, sans doute promis à un avenir...

    Roman de l'apocalypse baigné de références bibliques dépouillées de tout artefact, ce livre nous touche au cœur et à l'âme . Il semble nous dire dans cette parabole sans teint : face à la mort, ayez le courage, la volonté et la force de regarder ce qui se cache derrière la terreur ou l'effroi, vous risquez d'y trouver l'essentiel.

    Ce livre est un risque à courir.

    http://sylvie-lectures.blogspot.com/2008/04/la-route-cormac-mac-carthy.html

    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

> voir toutes (33)

Citations et extraits de La route


Ajouter une citation

  • Par Tibilou, 2008-04-10 19:44:15

    bibliothèque

    On oublie ce qu'on a besoin de se rappeler et on se souvient de ce qu'il faut oublier.
    Citation de qualité ? (6 votes positifs)
  • Par luocine, 2009-08-07 10:52:30

    bibliothèque

    Autrefois il y avait des truites de torrent dans les montagnes. On pouvait les voir immobiles dressées dans le courant couleur d’ambre où les bordures blanches de leurs nageoires ondulaient doucement au fil de l’eau. Elles avaient un parfum de mousse quand on les prenait dans la main. Lisses et musclées et élastiques. Sur leur dos il y avait des dessins en pointillé qui étaient des cartes du monde en son devenir. Des cartes et des labyrinthes. D’une chose qu’on ne pourrait pas refaire. Ni réparer. Dans les vals profonds qu’elles habitaient toutes les choses étaient plus anciennes que l’homme et leur murmure était de mystère.

    > lire la suite
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par Maya7, 2009-07-30 23:38:04

    bibliothèque

    Le froid et le silence. Les cendres du monde défunt emportées çà et là dans le vide sur les vents froids et profanes. Emportées au loin et dispersées et emportées encore plus loin. Toute chose coupée de son fondement. Sans support dans l'air chargé de cendre. Soutenue par un souffle, tremblante et brève.
    Si seulement mon coeur était de pierre.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par sylvie, 2008-04-18 16:03:18

    bibliothèque

    Il faut que tu portes le feu.

    Je ne sais pas comment faire.

    Si, tu sais.

    Il existe pour de vrai ? Le feu ?

    Oui, pour de vrai.

    Où est-il ?
    Je ne sais pas où il est.

    Si, tu le sais. Il est au fond de toi. Il y a toujours été. Je le vois.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par sylvie, 2008-04-18 16:02:54

    bibliothèque

    Il sortit dans la lumière grise et s’arrêta et il vit l’espace d’un bref instant l’absolue vérité du monde. L’implacable obscurité. Du temps en sursis et un monde en sursis et des yeux en sursis pour le pleurer.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)

Faire découvrir La route par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs de La route (313)

Acheter La route avec :