> François Hirsch (Traducteur)

ISBN : 2020484951
Éditeur : Editions du Seuil (2001)


Note moyenne : 4.26/5 (sur 35 notes) Ajouter à mes livres
Dans les années 1850, un gamin de quatorze ans part au Texas rejoindre une bande de chasseurs payés pour exterminer les Indiens. Au milieu du désert, la loi n’existe plus. À ce jeu de massacre, seuls survivent ceux qui parviennent à éveiller la plus profonde et la plus ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Jdo, le 28 décembre 2011

    Jdo
    Que reste-t-il d'une œuvre qui nous a bouleversés après que d'autres de plus en
    plus nombreuses soient venues se glisser entres elle et nous, déposant leurs propres alluvions, enfonçant leurs racines singulières?
    Que remonte-t-il d'elle dès l'instant où on évoque son titre et qui surgit à la surface avant même qu'en apparaissent à nouveau les personnages, leur silhouette et leur destin et la trame des mots et les paysages du texte, comme ces impressions fugaces mais prégnantes qui résistent au réveil, à peine un bruissement, un émoi, une angoisse, mais qui nous semblent alors porteuses d'une réalité bien plus essentielle et intime que celle de ce quotidien tout neuf qui vient s'offrir à nous, qui sont comme un fil par lequel parfois, rarement, on parvient à tirer tout le tissu d'un rêve, mais qui le plus souvent s'effilochent et se délitent dans nos doigts dès qu'on tente de les saisir, laissant le rêve sombrer, englouti par le néant comme le piano d'Ada MacGrath, emportant dans les profondeurs ses secrets qui ne peuvent être autres, on le sait, que des secrets de famille ?
    De « Méridien de sang », ce qui ainsi spontanément me vient c'est la sensation de la couleur rouge. Non pas celle du sang de son titre, mais celle ardente de la lave en fusion qui sourd et siffle d'entre les fractures de l'écorce terrestre, celle du magma originel que ne contient plus des millions d'années de sédimentation.
    Le rouge d'un enfer barbare au-delà, ou plutôt en deçà de la loi et de l'ordre que l'homme civilisé venu de la côte Est installe comme un rêve de conquête porté depuis la vieille Europe le long d'une frontière qu'il ne cesse de repousser devant lui et qui est l'histoire, presque toujours la même, que raconte tous les westerns dans leur grande époque, car « Méridien de sang » est aussi un western. Mais dans celui-ci la frontière a désormais cessé de reculer et l'Histoire de la civilisation de s'écrire. Ceux qui la traversent vont en enfer. Au-delà est une terre que nulle carte ne décrit. Un de ces espaces laissés en blanc sur les Atlas dont l'appel exaltait le jeune Marlow avant qu'il ne découvre que c'est au cœur des ténèbres qu'ils s'enfoncent. Même le déferlement avide d'une horde sauvage y trouve infiniment plus sauvage qu'elle. Une sauvagerie primitive, irréductible, sans foi, sans loi, sans ambition ni malice et sans la moindre pitié pour qui la défie.
    Une sauvagerie brasillant sur la frange extérieure de l'humanité dont on ne peut revenir qu'ayant de toujours pactisé avec le malin, ce que certainement fit le Juge qu'on imagine l'avoir rencontré encore enfant derrière un chariot en flammes ou une église mormone incendiée dont chaque paroissien aurait été crucifié tête en bas enfoncée dans la cendre, véritable âme damnatrice et visionnaire, bien plus que ne l'est Glanton, leur chef engoncé comme fossilisé dans ses gloires militaires passées, de cette bande de mercenaires éradicateurs d'indiens et collecteurs de scalps qui chevauche enivrée de sa propre décimation, maître érudit auprès duquel seule peut s'apprendre l'horreur, celle-là même expirée dans un dernier souffle par le Colonel Kurtz comme une délivrance du plus haut mal, apprendre à la faire sienne, son intime, le battement de son sang, mais par laquelle cependant nul, pas même celui si peu contaminé encore qu'on l'appelle le Gamin, ne trouvera rémission.
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    • Livres 5.00/5
    Par macapuf, le 04 mars 2011

    macapuf
    Le lien du Philosophe dans la cité :
    http://www.revuedemonde.org/Le_Philosophe_dans_la_Cit%C3%A9/M%C3%A9ridien_de_sang,_McCarthy.html
    Le texte de la critique :
    Voici un western qui n'en est pas un, une quête métaphysique en même temps qu'une conquête minable d'une intense sauvagerie. Après lecture, on serait endroit de se demander comment l'auteur a pu mêler, comme dans une église se côtoient signes de transcendance et figures de gargouilles, un texte faisant apparaître l'indicible tourbillon des quêtes humaines dans, à la fois, leur ignominie et leur esthétique.

    Au fond, lire cet ouvrage, c'est se poser une question que l'on se pose chaque jour, et qui fait le lit du débat entre éthique et morale : comment se fait-il que ce que l'on prend pour fondamental s'avère souvent hypothétique, que ce que l'on érige en idéal fond fréquemment à la lumière de nos désillusions comme aux feux telluriques d'un soleil texan de la seconde moitié du 19ème siècle ?

    Il n'y a pas d'accents religieux dans ce texte, mais il met à jour la voix silencieuse et tragique de l'être,
    oscillant entre la description des piètres œuvres humaines et celle de la beauté, sublime et brûlante, de notre destinée. C'est comme s'il émanait de cette oeuvre une sorte de mystique à caractère matérialiste -paradoxe, en effet -, mais qui définit ce livre lui-même, qui se situe aux confins des certitudes et des évanescence. C'est un texte ivre, saccadé, minéral et chaotique. Il ne laisse ni indemne ni indifférent. C'est une sacrée œuvre, sans être une œuvre sacrée, et c'est tant mieux.

    D'un point de vue strictement sémantique, mieux vaut ne pas s'attendre à lire un San Antonio (bien qu'il ne faille pas en bouder la faconde et la gouaille, pour les meilleurs), car la quasi absence de ponctuation et la multiplication de la conjonction « et » peut effrayer de prime abord. Or, une fois ces conventions stylistiques acceptées, le lecteur finit par les oublier, tant et si bien qu'il en ira même jusqu'à se rendre compte qu'elles servent avec assez de verve la narration de la chevauchée assassine de ce groupe d'individus aussi hétéroclite que doté d'une sévère orientation psychotique.

    Il faut se faire un peu violence, c'est évident, mais le jeu en vaut la chandelle car une fois lancé dans le récit, le lecteur sera comme happé, bien que rejeté parfois par le ressac d'un texte aux allures erratiques, mais surtout lové dans le confort d'une maîtrise stylistique rarement égalée. C'est un peu comme tenter l'aventure de se faire enfermer dans les eaux dangereuses d'une baïne, tout en étant certain d'en sortir dans le même état qu'avant d'y être entré. Enfin presque...


    Lien : http://www.revuedemonde.org/Le_Philosophe_dans_la_Cité/
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par JPB, le 03 octobre 2010

    JPB
    Quel livre étrange... Autant "No country for the old men" m'avait semblé banal et l'histoire un peu navrante, autant ce livre me laisse une impression bizarre. L'intrigue n'est pas formidable : il s'agit d'un gamin (c'est son nom du début à la fin) qui se trouve emporté sans l'avoir vraiment voulu dans une chasse sanguinaire aux apaches et autres humains qui passent sur la route de sa bande de fous furieux. L'écriture, même traduite, est belle et décrit tout au long du livre une quête sans fin d'on ne sait vraiment quoi. La chasse aux apaches tourne régulièrement à la tuerie de toutes populations recontrées. Mais surtout, les relations entre les hommes ne ressemblent à rien de descriptible ou de connu, et il n'y a aucune humanité dans le récit. Je n'ai jamais bien compris ce que l'auteur cherchait à raconter, mais il est indéniable que ce livre montre une grande richesse littéraire et décrit avec l'extrême sauvagerie des hommes.
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    • Livres 5.00/5
    Par Wilt, le 11 mai 2012

    Wilt
    subjectivement : ce livre c'est le "Moravagine" de Cendrars ou "little Big man" au milieu des westerns éculés loin du méchant indien et du bon blanc
    objectivement : avec "american psycho" ce livre est considéré comme le plus violent de la littérature américaine
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  • Par Malejeu, le 29 juillet 2011

    Malejeu
    La naissance, dans le sang, de l'Amérique... le Méridien de sang, est une métaphore du coucher de soleil, quand l'horizon devient rouge, à l'ouest... un livre sublime, des images incroyables et l'errance dans les déserts...
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Citations et extraits

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  • Par lehane-fan, le 17 mars 2012

    Tu peux trouver du vice chez la moindre des créatures , mais quand Dieu a créé l'homme , le Diable était à son coté .
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  • Par JeanPhilippe, le 25 août 2010

    Qu'il soit ou non dans mon livre, tout homme séjourne en son semblable et celui-ci est celui-là et ainsi de suite dans une chaîne infinie de créatures et de témoins jusqu'aux ultimes confins du monde.
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