> François Hirsch (Traducteur)

ISBN : 2757807226
Éditeur : Points (2008)


Note moyenne : 3.58/5 (sur 100 notes) Ajouter à mes livres
Un matin, à la frontière du Texas et du Mexique, un homme tombe par hasard sur les traces d’un carnage : des cadavres, un agonisant, des armes, de l’héroïne, et plus de deux millions de dollars en liquide.
L’auteur de cette macabre découverte se nomme Llewelyn Mo... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par EmmanuelleT, le 14 février 2012

    EmmanuelleT
    Il est l'un des grands auteurs américains, et récemment La Route a été adaptée de l'un de ses romans. Ses livres sont sombres, son écriture, à la fois brute et enfantine, touche directement le lecteur. no country for old men est écrit et structuré avec sobriété, douze chapitres débutant à chaque fois par le discours de l'un des personnages – on devine assez rapidement lequel, par un mystérieux processus. Des réflexions sur l'état du monde dans lequel il vit, de son “pays” (le sud du Texas, qui touche la frontière avec le Mexique, comme les États-Unis), et regardant en arrière, sur l'histoire vécue par ses ancêtres et par les gens qui l'entourent. Une voix off. Dans chacun des douze chapitres, suit alors le récit d'une série de meurtres tournant autour d'une sombre affaire de drogue, dans la zone où Bell – c'est lui – est shérif depuis plus de trente ans. Un récit au présent, énumérant le détail matériel, additionnant les actes, sans fioriture, sans psychologie, sans ponctuation. Quelle plume!
    En fond, acteur principal, un personnage terrible et implacable, insensible à la douleur, à la limite de l'humanité, avance au rythme de ses meurtres et progresse sans que rien ne puisse l'arrêter, méthodique et sans faille, suivant sa terrible mécanique. C'est lui qui est incarné avec une imposante maîtrise par Javier Bardem, énorme acteur dont le charisme foudroie le spectateur. Mais revenons au texte, pour comprendre ensuite l'esprit du film qui, adaptant deux ans après la sortie du roman, a pris des libertés avec le texte mais n'a rien trahi de l'écriture de McCarthy. le film a reçu l'Oscar du meilleur scénario adapté.
    Il saisit la lampe de chevet et tire sur le fil pour la débrancher et grimpe sur la commode et enfonce le volet avec le pied métallique de la lampe et l'enlève et regarde à l'intérieur. Il voit nettement les marques dans la poussière. Il redescend. Sa chemise est maculée de sang et de saletés tombées du mur et il l'enlève et retourne à la salle de bain et se lave et s'essuie avec une des serviettes de toilette. Puis il mouille la serviette et nettoie ses bottes et replie la serviette et nettoie les jambes de son jean. Il prend le fusil et retourne dans la chambre torse nu en tenant d'une main sa chemise roulée en boule. de nouveau il essuie les semelles de ses bottes sur la moquette et balaie une dernière fois la chambre du regard et sort.
    Bell incarnant par ses questionnement l'humanité – qui à l'écran est Tommy Lee Jones, dont le regard dit déjà tout – et Chigurgh au nom et à l'être barbare ne se rencontreront jamais, malgré tous les efforts du shérif. Entre ces deux pôles se conduit une histoire sans pitié, et s'approfondissent jusqu'à une profonde complexité les pensées du shérif, qui se prépare, sans doute, à devenir l'un de ces vieillards desquels il aime à apprendre.
    Et pourtant,
    Tous négligent
    Les monuments de l'intellect qui ne vieillit pas.
    C'est ainsi que se termine la première strophe du poème Sailing to Byzantium (1926) de Yeats, immense auteur irlandais, inauguré par le vers éponyme,
    That is no country for old men. The young…
    L'écriture si singulière de McCarthy transmet une impression encore différente dans les dialogues, souvent sibyllins, parfois un rien teintés d'humour et d'absurdité, de quelque chose qui rappelle à la fois la gouaillerie de la littérature irlandaise et l'absurde de la littérature écossaise.
    J'ai dit il y a quelqu'un qui sait où t'es?
    Qui par exemple?
    N'importe qui.
    Vous.
    Je ne sais pas où tu es parce que je ne sais pas qui tu es.
    Alors on est deux dans le même sabot.
    Tu ne sais pas qui tu es?
    Non, ne dites pas de bêtises. Je ne sais pas qui vous êtes.
    Eh bien, on va continuer comme ça, et on n'y perdra rien ni l'un ni l'autre. D'accord?
    Une allure asociale et des gestes lents et méthodiques, le mot rare et la voix caverneuse, le Chigurgh que produit Javier Bardem fait peur par sa simple présence à l'écran, où il apparaît en premier lieu avec une arme insolite et redoutable. L'ensemble du film est lent, parsemé de situations à peine humoristiques, le temps d'une tirade (le conducteur qui déclare l'auto-stop dangereux à un homme qui fuit un tueur). Comme dans le livre de McCarthy, tout ce qui n'est pas nécessaire à l'action reste dans l'ombre, mystérieux, suggéré…. Ainsi l'étage supplémentaire dans l'immeuble de l'acheteur du deal raté. Ces angles morts sont importants pour la noirceur du tout, et pour la focalisation sur l'essentiel. le cinéma, qui pourtant montre bien des films trop explicites, reste ici dans un minimalisme similaire à celui du texte d'origine. Mais ce ne sont pas les angles morts habituels d'un cinéma qui irait trop vite à la facilité: l'implacabilité passe avant le suspense. Ainsi la caméra montre l'issue de certaines situations (le détour d'une voiture derrière laquelle on pourrait croire que l'on va découvrir l'assassin…. qui n'y est pas).
    Comme dans l'ouvrage, Chigurgh a affaire à forte partie, car celui après lequel il court est aussi méthodique et plein de sang-froid que lui – ce qui est rendu vraisemblable par le fait qu'il est un ancien du Vietnam. Tout en n'ayant rien d'inhumain, et ceci non pas seulement parce qu'il ne tue pas… Quoique… Il sème un certain nombre de victimes, y compris après sa mort. Comme s'ils traquaient des animaux, les deux personnages peuvent se pister en suivant les traces de sang… La première scène est une scène de chasse et les hommes qui entrent dans le film montrent, en plein désert, leur talent à savoir trouver les traces. le contexte urbain ne change en rien cet aspect du film qui est une grande chasse d'un bout à l'autre.
    C'est très tard que l'on retrouve le personnage, puis la voix/pensée du shérif Bell (Tommy Lee Jones). La structure n'a rien de celle du livre, avec cette alternance entre des faits brutaux et une voix qui cherche l'humanité perdue. le film est centré sur Chigurgh, tout en ombres et en sobriété comme l'est le style de McCarthy. Une partie des réflexions de Bell est reversée dans les dialogues qu'il peut avoir avec d'autres personnages, notamment avec son adjoint qui n'y comprend rien, un vieux collègue qui est sur la même longueur d'ondes que lui… ce qui n'a pas du tout le même impact. Ces scènes n'ont ni teneur humoristique ni sens fort dans l'oeuvre. Cela ôte à ces réflexions toute leur force et renforce leur pathétique. le livre faisait entendre une voix, avec ses doutes et ses forces – le film évoque un personnage un peu perdu.
    Le générique de fin, qui commence sur le son du boitement de Chigurgh, à l'avancée imperturbable comme celle du temps, même après un sérieux accident, pour glisser vers la musique, est particulièrement réussi, et clôt un film magistral.

    Lien : http://SousLePommier.net
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    • Livres 2.00/5
    Par patouche, le 20 mai 2012

    patouche
    C'est surtout l'écriture qui m'a dérangé dans ce livre, ou plutôt la traduction.
    Je l'ai trouvé "énervant" à lire.
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    • Livres 4.00/5
    Par chartel, le 24 février 2008

    chartel
    « En toute franchise je ne peux pas dire que les contes de fées aient eu grand-chose à voir avec ma vie. » Je ne sais plus quel personnage prononce cette phrase dans le roman de Cormac Mac Carthy, Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme , roman remarquablement adapté au cinéma par les frères Coen, mais elle résumerait assez bien la dure réalité à laquelle sont confrontés tous les personnages. le tableau que nous dresse Cormac Mac Carthy n'est pas des plus réjouissant. Surtout sous l'angle de vue du shérif Bell, vieil homme usé par une trentaine d'années passée à tenter de courir après des marchands de drogue, toujours plus nombreux et toujours plus puissants. Dépassé par les événements qui tombent comme une pluie d'obus sur ce comté texan habitué pourtant aux trafics en tous genres avec le voisin mexicain, le shérif Bell nous fait vivre la chute progressive d'un pays dans l'anarchie et le chaos, exacerbée par un capitalisme qui ne s'impose aucunes limites. Comme le dit un autre personnage : « Eh bien, je crois en toute franchise que je devrais dire que je n'ai jamais connu personne ou entendu parler de personne que l'argent n'a pas changé. » Les hommes sont prêts à tout pour une poignée de dollars. Il n'y a alors plus aucun projet de société.
    Par l'emploi de multiples points de vue et un phrasé sec, rugueux et rocailleux comme l'accent texan, l'Amérique de Cormac Mac Carthy apparaît en profond bouleversement mais aussi, contradictoirement, complètement figée dans ses mythes, où la majorité des gens jouent encore aux cow-boys et aux indiens, mais avec de nouvelles armes et de nouveaux chevaux.
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    • Livres 3.00/5
    Par Corboland78, le 29 mars 2012

    Corboland78
    Un polar noir, très noir de Cormac McCarthy dont le titre original no country for old men est tiré du poème Sailing to Byzantium de Yeats, adapté récemment en 2007 au cinéma par les frères Coen avec Tommy Lee Jones. Fin des années 70 ou début 80, à la frontière du Texas et du Mexique, dans le désert, Llewelyn Moss découvre par hasard un véritable carnage, des cadavres, des armes, deux millions de dollars dans un sac et un chargement d'héroïne. La tentation est trop forte, il s'empare du sac abandonné sachant néanmoins que l'entreprise est risquée. Par ce geste il enclenche un processus mortifère. Une course poursuite où se mêlent un gang de trafiquants, un tueur psychopathe implacable et les forces de l'ordre qui semblent dépassées par les évènements. Les cadavres vont joncher en pagaille le roman, coupables et innocents criblés de balles, laminés par le chaos en marche. On a parfois un peu de mal à suivre l'action et les personnages ne sont pas toujours nommés précisément. Chaque début de chapitre est ponctué, comme par une voix off, des réflexions du vieux shérif qui constate impuissant, que le monde change et évolue, peut-être pas dans le bon sens, et que la mort est toujours au bout du chemin.
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    • Livres 1.00/5
    Par Giwago, le 07 juin 2008

    Giwago
    Je m'attendais à mieux. J'en avais entendu d'élogieuses critiques, me laissant attendre un petit régal littéraire. J'ai été plus que déçu. L'écriture est trop frénétique à mon goût. le livre souffre d'un manque de structure : à certains moments j'étais complètement perdu. J'aime les romans noirs, certes, mais dans le cas présent c'est vraiment trop noir pour moi. Il manque une réelle lueur d'espoir. En fait le thème du livre est beaucoup trop classique. On pourrait penser que McCarthy s'inscrit dans la lignée d'un James Ellroy, mais c'est franchement moins bon qu'Ellroy. Je me suis vraiment ennuyé et j'ai dû me forcer, encore une fois, pour terminer le livre.
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Citations et extraits

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  • Par mgeffroy, le 15 janvier 2008

    On dit que les yeux c'est les fenêtres de l'âme. Je me demande de quoi ces yeux-là étaient les fenêtres et je crois que j'aime mieux ne pas le savoir. Mais il y a un peu partout une autre vision du monde et d'autres yeux pour le voir et on y va tout droit. Ça m'a amené à un moment de ma vie auquel j'aurais jamais pensé que j'arriverais un jour. Y a quelque part un prophète de la destruction bien réel et vivant et je ne veux pas avoir à l'affronter. Je sais qu'il existe. J'ai vu son œuvre. Je me suis trouvé une fois en face de ces yeux-là. Et je ne recommencerai pas. Et je ne vais pas pousser tous mes jetons sur le tapis et me lever pour le défier. Ce n'est pas seulement à cause de mon âge. je voudrais bien que ce soit ça la raison. Je ne peux même pas dire qu'il s'agit de savoir à quoi on est prêt. Parce que j'ai toujours su qu'il faut être prêt à mourir rien que pour faire ce métier. Ça a toujours été vrai. Ce n'est pas pour me vanter ni rien mais c'est comme ça. Si t'es pas prêt ils le sauront. Ils le verront. En un clin d'œil. je crois plutôt qu'il s'agit de savoir ce qu'on accepte de devenir. Et je crois qu'il faudrait jouer son âme. Et ça je ne le ferai pas. Je pense à présent que je ne le ferai sans doute jamais.
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  • Par BVIALLET, le 18 avril 2012

    J'ai envoyé un homme à chambre à gaz à Huntsville. Un seul et rien qu’un. C’est moi qui l'ai arrêté et il a été condamné sur mon témoignage. Je suis allé là-bas et je lui ai rendu visite deux ou trois fois. Trois fois. La dernière c'était le jour de son exécution. Je n'étais pas obligé mais j'y suis allé. Sûr que ça ne me disait rien. Il avait tué une gamine de quatorze ans et je peux dire et il n'y a aucun doute là-dessus que je n'avais pas tellement envie d'aller le voir et encore moins d'assister à son exécution mais je l'ai fait. Les journaux parlaient de crime passionnel et lui voilà qu'il me dit que ça n'a rien à voir avec la passion. Il sortait avec cette gosse. Une jeunesse. Lui il avait dix-neuf ans. Et il m'a dit qu'il avait prévu de tuer quelqu’un depuis plus longtemps qu'il pouvait s'en souvenir. II disait que si on le relâchait il recommencerait. Il disait qu'il le savait qu'il irait droit en enfer. C'est ce qu'il m'a dit je l'ai entendu de sa propre bouche. Je ne sais pas comment il faut comprendre ça. Bien sûr que je n’en savais rien. J’ai pensé que je n'avais jamais vu quelqu’un de pareil et je me suis dit que c'était peut-être une nouvelle espèce. J'ai regardé quand ils l'ont attaché sur le siège et qu'ils ont refermé la porte. Il avait peut-être l'air un peu nerveux mais c’était à peu près tout. Je crois vraiment qu'il savait qu’il allait se retrouver un quart d'heure après en enfer. J’en suis persuadé. J'ai beaucoup réfléchi là-dessus. C'était facile de lui parler. Il m'appelait Shérif. Mais je ne savais pas quoi lui dire. Quoi dire à un type qui de son propre aveu n’a pas d'âme? À quoi bon lui parler? J’ai pas mal réfléchi à tout ça. Mais lui c'était rien comparé à ce qui allait nous tomber dessus.
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  • Par Corboland78, le 29 mars 2012

    Et les plus gros problèmes signalés c’étaient des trucs comme parler en classe et courir dans les couloirs. Mâcher du chewing-gum. Copier en classe. Des trucs du même tabac. Alors les enseignants en question ont pris un formulaire vierge et en ont imprimé un paquet et ont envoyé les formulaires aux mêmes établissements. Quarante ans plus tard. Voici quelques-unes des réponses. Les viols, les incendies volontaires, les meurtres. La drogue. Les suicides. Alors ça m’a fait réfléchir. Parce que la plupart du temps chaque fois que je dis que le monde part à vau-l’eau on me regarde avec un sourire en coin et on me dit que je vieillis. Mais ce que je pense à ce sujet c’est que quelqu’un qui ne peut voir la différence entre violer et assassiner des gens et mâcher du chewing-gum a un problème autrement plus grave que le problème que j’ai moi.
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  • Par chartel, le 24 février 2008

    Tu crois que quand tu te réveilles le matin hier ne compte pas. Mais hier c’est tout ce qui compte. Qu’est-ce qu’il y a d’autre ? Ta vie est faite des jours dont elle est faite. De rien d’autre. Tu crois peut-être que tu peux disparaître et changer de nom et je ne sais quoi d’autre. Recommencer. Et puis un matin tu te réveilles et tu regardes au plafond et devine qui il y a là-haut ?
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  • Par ageffroy, le 30 mars 2008

    le portier de nuit s'est fait tuer.Le pire coup de poisse qu'on peut avoir, je dirai.Il a reçu une balle perdue.
    Ou l'a-t-il reçue?
    Juste entre les deux yeux.
    Ils entrent dans le hall et s'arrêtent. On a jeté des serviettes par-dessus le sang sur le tapis derrière le bureau mais le sang a traversé les serviettes.Il n'a pas été tué par balle, dit Bell.
    Qui n'a pas été tué par balle.
    Le portier de nuit.
    Pas été tué par balle?
    Non shérif.
    Qu'est ce qui vous fait dire ça?
    Vous recevrez le rapport du labo et vous verrez.
    Qu'est-ce que vous êtes entrain de me dire Ed Tom?
    Qu'ils lui ont percé la cervelle avec une Black&Decker?
    Ca y ressemble beaucoup. Je vous laisse y réfléchir.
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