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ISBN : 2253035882
Éditeur : Le Livre de Poche (1985)


Note moyenne : 4/5 (sur 90 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Reflets dans un oeil d'or est le récit des abîmes. Ceux de l'âme et de l'instinct, qui précipitent les personnages dans le drame. Dans un fort du Sud américain, un meurtre est commis : drame passionnel dirait-on d'abord. Le capitaine Penderton tue le soldat Williams qu'... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par ygounin, le 21 novembre 2011

    ygounin
    Merveilleux film, merveilleux livre.
    Ce qui frappe, c'est la totale fidélité du film au livre.
    Certes, chez John Huston l'histoire est contemporaine alors que Carson McCullers la situe au début du siècle dans une garnison militaire. Mais l'époque est sans importance : ce huis clos étouffant - qui pourtant se déroule pour l'essentiel en extérieur - pourrait se dérouler n'importe où, n'importe quand.
    Personne n'était mieux placée que Liz Taylor pour jouer Leonora Penderton, l'épouse libérée du capitaine Penderton (Marlon Brando) qu'elle trompe au su et au vu de tout le régiment avec le commandant Langdon. La femme de celui-ci vient de perdre un enfant en bas âge et se dépérit depuis qu'elle a appris l'infidélité de son mari. A son chevet, un serviteur d'origine philippine, veille sur elle jour et nuit. Son prénom, Anacleto, caractérise la relation de dépendance qui s'est instaurée entre le serviteur et sa maîtresse (l'anaclitisme est la névrose des sujets fragilisés par l'angoisse de la perte et de la séparation).
    Ce quintet bancal sera détruit par l'intrusion d'un sixième élément : le soldat Williams, être paradoxalement hyper-sexué (il aime chevaucher nu les juments dont il a la garde à l'écurie où il est posté) et a-sexué (encore vierge, il a été élevé dans la phobie du corps de la femme). Après avoir entr'aperçu Mme Penderton nue dans sa maison, il développera à son égard une obsession. chaque nuit, il l'épie et pousse même l'audace jusqu'à pénétrer dans sa chambre pour veiller sur son sommeil.
    Parallèlement, le capitaine Penderton se découvre une mystérieuse attirance pour le jeune soldat. S'agit-il d'homosexualité refoulée ? est-ce sa femme qu'il cherche à conquérir par le truchement du corps de celui qu'il soupçonne d'être devenu son amant ?
    Bien évidemment, l'issue de ce court récit sera tragique. On comptera un mort, puis un second. Et le plan final, halluciné, résonne encore, tel un long cri ...
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    • Livres 4.00/5
    Par Moan, le 08 mars 2014

    Moan
    "Un poste militaire en temps de paix est morne".
    Dans ce poste, dans le sud, le soldat Williams homme solitaire, qui s'occupe habituellement des chevaux, est envoyé chez le capitaine Penderton pour couper une petite partie du bois derrière sa maison. le travail fini , le soldat Williams sera témoin d'un échange entre le capitaine et sa femme Léonore qui est aussi la maîtresse du commandant Langdon leur voisin.
    Un capitaine insatisfait du travail qui vient d'être réalisé, un soldat obsédé par la femme qu'il vient de voir, un commandant dont la femme ne se remet pas de la perte de leur enfant, un cheval et c'est un drame qui se prépare.
    Un récit court et fort.
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    • Livres 5.00/5
    Par MissG, le 31 janvier 2014

    MissG
    Carson McCullers a le mérite de ne pas tourner autour du pot et d'annoncer d'entrée de jeu l'intrigue de son roman : "Il y a un fort, dans le Sud, où il y a quelques années un meurtre fut commis. Les acteurs de ce drame étaient deux officiers, un soldat, deux femmes, un Philippin et un cheval.".
    Ce n'est d'ailleurs pas plus mal puisque son récit va être centré exclusivement sur ces personnages, les relations qui se nouent et de dénouent entre eux.
    Sous l'apparente banalité de l'intrigue, ce roman est en réalité complexe car livrant une étude de moeurs poussée dans ses moindres retranchements.
    Impossible pour le lecteur de ne pas comprendre que l'intrigue se passe dans le Sud des Etats-Unis : il y a un racisme sous-jacent, ici à l'égard du serviteur Philippin; ainsi qu'un refus d'admettre sa différence par peur de perdre son statut social, représenté par le prisme du capitaine Penderton.
    Dans ce roman, rien n'est aussi simple qu'il n'y paraît et c'est ce qui en fait toute sa beauté.
    Un commandant aime la femme du capitaine Penderton, sa femme devient folle de chagrin et meurt, tandis que le jeune soldat Williams s'éprend de la femme du capitaine et entre la nuit dans sa chambre pour l'observer.
    Quant au capitaine, et bien celui-ci est très partagé, notamment envers sa femme qu'il déteste mais pas non plus complètement : "A cause d'elle, il souffrait. Il avait une malheureuse tendance à tomber amoureux des amants de sa femme.".
    Le capitaine Penderton est un homosexuel refoulé qui n'arrive pas à se rendre compte de ce qu'il ressent, qu'il s'agisse des amants de sa femme ou du soldat Williams qui le fascine.
    Il ne comprend pas les tourments de son âme, il adopte des réactions de défense et de facilité, en prenant en grippe le soldat Williams : "Il y a des moments où le besoin le plus pressant d'un homme est d'avoir quelqu'un à aimer, un point central où puissent se rassembler ses émotions diffuses. Il y a aussi des moments où les irritations, les déceptions, les craintes de la vie, exerçant leur poussée comme des spermatozoïdes doivent trouver une issue dans la haine. le pauvre capitaine n'avait personne à haïr et, depuis des mois, c'était le plus malheureux des hommes.".
    Mais cette attirance n'est pas que sexuelle, elle a aussi une autre dimension, une recherche de fraternité, l'idée que le capitaine Penderton pourrait être l'égal du soldat Williams, ce qui dans la vie réelle n'est pas vrai.
    A propos de sexualité, ce roman en contient beaucoup, avec des allusions plus ou moins directes, ce qui venant de la part d'une femme et remis dans l'époque où ce roman a été écrit était plutôt novateur et osé.
    La sexualité est essentiellement représentée par l'étalon, le cheval de la femme du capitaine. C'est cet animal qui la contient et peut l'exprimer librement, les autres personnages n'étant pas libres de s'exprimer à ce sujet.
    Le soldat Williams passerait presque pour un être asexué tant il relève parfois de l'irréel : "Le soldat marchait comme un homme sur qui pèse un rêve sombre et ses pas étaient silencieux.", pourtant sa fascination à l'égard de la sensuelle femme du capitaine est bien là, tandis qu'elle-même l'ignore et ne le voit pas, à l'inverse de son mari : "Il avait l'expression étrange, absente, d'un visage à la Gauguin.".
    Si l'étalon est la sexualité, la femme du capitaine est le désir, qu'elle inspire à tout homme à l'exception de son mari, avec ses formes sensuelles, sa beauté de femme mûre que le temps n'a pas encore atteint.
    Quant à Alison, la femme du commandant, elle trouble par son mal être et son désespoir, ainsi que par l'étrange relation qu'elle a avec son domestique Anacleto.
    A lire cela il serait facile de penser que ce roman est vivant de par les émotions qui sont en jeu et s'affrontent. En réalité il est froid et cruel, et c'est cela qui marque le plus à la lecture.
    Il est stérile parce qu'aucune des femmes de l'intrigue n'a d'enfant et les hommes sont tous, à l'exception du commandant Langdon, asexués dans le sens où ils n'ont pas de relations sexuelles et n'en éprouvent pas le désir et l'envie, drôle d'atmosphère qui saisit dès les premiers mots et ne s'estompe qu'après le point final.
    Pendant un temps j'ai cherché qui pourrait incarner ce livre à l'écran, jusqu'à ce que je découvre que c'était déjà le cas, dans un film signé par John Huston avec dans les rôles titres Elizabeth Taylor et Marlon Brando.
    Une évidence, ils sont les personnages de ce roman et il me tarde de voir cette adaptation.
    "Reflets dans un oeil d'or" est un cruel et impitoyable roman d'une beauté qui laisse sans voix, signé par Carson McCullers, une auteur américaine de grand talent à la plume aiguisée et ambitieuse, un véritable régal à lire.

    Lien : http://lemondedemissg.blogspot.fr/2014/01/reflets-dans-un-oeil-dor-d..
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    • Livres 4.00/5
    Par Bellonzo, le 29 juin 2014

    Bellonzo
    C'est devenu une excellente habitude de lire avec Val La jument verte de Val . Là ce fut même pour moi une relecture car je crois, même pas sûr, avoir déjà découvert Reflets dans un oeil d'or il y a des siècles. J'ai vu aussi l'excellent et tout aussi troublant film de John Huston ave Brando et Taylor, bonjour les egos. Carson McCullers est une écrivaine que j'affectionne depuis longtemps. le coeur est un chasseur solitaire, Frankie Adams, L'horloge sans aiguilles, les nouvelles de la ballade du Café Triste sont pour moi de précieux souvenirs. Ce Sud douloureux chez cette femme qui fut elle-même frappée dans sa chair très jeune prend ici la forme étouffant d'un quartier militaire, déjà une oppression en soi, et particulièrement d'une sorte de ballet un peu morbide à six personnages.
    Les Penderton et les Langdon. Deux officiers et leurs femmes, l'un amant de l'épouse de l'autre, Leonora, et lui-même nanti d'une femme psychologiquement très malade, Allison. On voit déjà le climat de frustration, très" tennesseewilliamsesque" si j'ose ce barbarisme. Sauf que tout ça est antérieur (écrit en 1941) aux pièces de l'auteur de la Ménagerie... et du Tramway... Sauf aussi qu'on n'y assiste pas à de grandes scènes violentes comme dans le théâtre un peu fatigant de Williams. Deux autres personnages complètent le tableau, un soldat timide et voyeur, capable de grandes colères, et un domestique philippin voué corps et âme, jusqu'à quel point, à la femme si fragile du commandant. Un cheval aussi, monté par l'épouse infidèle et soigné par le soldat, joue un rôle important dans ce psychodrame où rien n'est véritablement montré mais où la moiteur du Sud et la névrose des personnages sont explosives jusqu'à l'accomplissement. Carson McCullers, elle-même très souffreteuse, n'impose rien, mais inquiète terriblement le lecteur qui, ce me semble, se retrouve en partie face à ses propres contradictions, ses insatisfactions, et ce mal-être qui nous est un peu délicieux, sournoisement mais réellement.
    Un paon d'un vert sinistre, avec un seul énorme oeil d'or; et dans cet oeil d'or quelque chose de minuscule et ... (Anacleto, le domestique regardant les tisons du feu devant Allison l'épouse malade délaissée d'un côté, vénérée de l'autre).
    Tout ceci nous est raconté en 150 pages. Amplement suffisant à l'heure ou certains se prennent pour Tolstoï. Encore faut-il le talent, le génie, d'une écrivaine meurtrie, apte à nous inviter au bal du mal et de la souffrance, les seuls éléments qui, dans Réflexions dans un oeil d'or, soient partagés équitablement entre ces six personnages, pas en quête d'auteur. Sans oublier le cheval, qui a droit lui aussi à pas mal de brutalités. Il va de soi que j'en demande pardon à Val. le grand John Huston, qui adapta aussi Tennessee Williams, a plutôt bien appréhendé l'atmosphère délétère de Carson McCullers. A mon avis.
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    • Livres 4.00/5
    Par mimipinson, le 21 janvier 2012

    mimipinson
    Tout est étrange dans cette histoire : les personnages, et l'atmosphère. Au sein d'une garnison, dans un quasi huis-clos, évoluent deux couples, un soldat, et un serviteur. D'emblée, sans que je puisse dire pourquoi, l'ambiance parait des plus lourdes, pleine de non-dits.
    L'auteur sait, au fur et à mesure, nous faire rentrer dans l'intimité des personnages, et nous les présenter, et brosser leurs caractères, et, mettre ainsi une pression jusqu'à la dernière ligne.
    Carson Mc Cullers, nous invite dans l'intimité de deux couples, dont chacun des composants présente leur part d'ombre, leur croix à porter. Les attirances "anormales" des uns, la frigidité d'une autre, ou au contraire le feu qui couve pour une autre….le feu comme le nom de son cheval, qui dans cet univers est le seul être vivant à peu près normal. Les refoulements s'expriment à demi-mots.
    « Il était subjugué par un mélange de répulsion et d'attirance, comme si, complètement nu, le jeune soldat et lui s'étreignaient corps à corps dans une lutte mortelle. »
    La mort n'est jamais bien loin, dès le départ, elle rôde, cachée quelque part, derrière quelqu'un…mais qui ?
    Bien qu'aucun des personnages ne me paraisse plus sympathique que l'autre, j'ai apprécié la qualité d'écriture de Carson McCullers : des mots choisis, une syntaxe élaborée, un vocabulaire imagé, et, cette façon de mettre de faire sentir les choses et les gens. L'ouvrage n'est pas très épais, c'est peut-être aussi pour cela, il n'y a pas de lassitude ; les chapitres sont équilibrés, le texte en est donc assez aéré pour ne pas étouffer.

    Lien : http://leblogdemimipinson.blogspot.com/2012/01/reflets-dans-un-oeil-..
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Citations et extraits

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  • Par VALENTYNE, le 09 juillet 2014

    La pièce était illuminée par l’éclat rose du feu et il y voltigeait des ombres grises. La pendule, préludant par un petit déclic ronronnant, sonna trois heures.
    "Tenez! dit soudain Anacleto. Il froissa la feuille de papier sur laquelle il peignait et la jeta de côté. Puis, assis le menton dans la main, d’un air méditatif il se mit à regarder les tisons du feu, fixement. "Un paon d’un vert sinistre, avec un seul énorme oeil d’or; et dans cet oeil les reflets de quelque chose de minuscule et…"
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  • Par MaraA, le 13 février 2015

    En ayant renoncé à la vie, le capitaine soudain commença à vivre. Une grande joie sauvage monta en lui. Cette émotion, qui se produisit d'une façon aussi inattendue que le plongeon du cheval quand il s'était lancé dans sa course folle, était d'une nature que le capitaine n'avait jamais connue. Ses yeux étaient fixes, à demi ouverts, comme dans le délire, mais ils se mettaient à voir comme il n'avait jamais vu. Le monde était un kaléidoscope, et chacune des nombreuses visions qui tourbillonnaient devant lui s'imprimait dans sa conscience avec une netteté brûlante. Sur le sol à demi recouvert par les feuilles, il y avait une petite fleur, d'une blancheur éblouissante, d'une forme délicate. Une pomme de pin rugueuse, le vol d'un oiseau dans le ciel bleu, purifié par la brise, un rayon de soleil coupant d'un dard de feu la demi-obscurité verte - tout cela, le capitaine le voyait comme pour la première fois de sa vie. Il était conscient de la pureté de l'air vif et il sentait la merveille de son propre corps tendu, le miracle du sang, des muscles, des nerfs et des os. Il n'éprouvait plus aucune terreur ; il s'était élevé à ce rare niveau de conscience où les mystiques sentent que la terre est eux et qu'ils sont la terre. Accroché au cheval emballé à la manière d'un crabe, il y avait un rictus de félicité sur sa bouche sanguinolente.
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  • Par MissG, le 31 janvier 2014

    Il y a des moments où le besoin le plus pressant d'un homme est d'avoir quelqu'un à aimer, un point central où puissent se rassembler ses émotions diffuses. Il y a aussi des moments où les irritations, les déceptions, les craintes de la vie, exerçant leur poussée comme des spermatozoïdes doivent trouver une issue dans la haine. Le pauvre capitaine n'avait personne à haïr et, depuis des mois, c'était le plus malheureux des hommes.
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  • Par mimipinson, le 21 janvier 2012

    « Il était subjugué par un mélange de répulsion et d’attirance, comme si, complètement nu, le jeune soldat et lui s’étreignaient corps à corps dans une lutte mortelle. »

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  • Par nkazinski, le 18 avril 2015

    Le capitaine n'avait jamais connu de véritable affection. Ses tantes l'inondaient d'effusions sentimentales, et ne sachant mieux faire, il les payait de retour dans la même fausse monnaie.

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