> France Camus-Pichon (Traducteur)

ISBN : 2070130819
Éditeur : Gallimard (2011)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 41 notes) Ajouter à mes livres

Michael Beard aurait tout de l’antihéros pathétique (boulimique, chauve, bedonnant, il est prochede la soixantaine et son cinquième mariage est sur le déclin) s’il ne s’était vu décerner le Prix Nobel de physique. ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Aline1102, le 23 août 2011

    Aline1102
    Michael Beard est physicien, lauréat du Prix Nobel. C'est aussi un infatigable coureur de jupons et il en est déjà à son cinquième mariage.
    Cette union suit pourtant le même chemin que les quatre autres et semble s'acheminer vers une fin certaine. Mais les choses sont différentes, cette fois. C'est Patrice, l'épouse de Beard, qui a un amant et Michael aime toujours sa femme.
    Sur fond de réchauffement climatique, McEwan nous offre un roman tragi-comique, au personnage principal attachant malgré ses défauts.

    McEwan mélange les genres dans ce roman qui a remporté le prix Wodehouse du roman de fiction humoristique en 2010. Car, pour une fois, j'ai ri aux larmes avec certains passages d'un récit de McEwan.
    L'auteur reste d'abord fidèle à son style propre. Il développe une certaine analyse psychologique de Michael Beard grâce aux nombreuses introspections du personnage. Beard pense à sa vie privée, à son mariage qui part en vrille, aux aventures de son épouse. Il analyse sa vie professionnelle aussi et se rend compte qu'il n'atteindra plus jamais la même passion qu'avant, celle qui l'a conduit au Prix Nobel de physique.
    Beard est un personnage "paumé" dans sa vie privée, mais aussi dans sa vie professionnelle. Il ne sait pas quoi faire pour reconquérir Patrice. Il se repose aussi sur le prestige de son Prix Nobel, qui lui permet au moins d'être respecté par les autres physiciens, mais il ne fait plus de recherches et semble peu au courant des dernières avancées de sa discipline.
    Et le pire, c'est qu'il se rend compte que sa vie et que sa profession ne lui apportent aucune satisfaction. Mais, malgré cela, il ne fait pas grand chose pour changer cette situation. Il se laisse vivre et porter au gré du vent, jusqu'au moment où un dramatique accident va l'obliger à mettre de l'ordre dans sa vie, avant qu'elle ne lui file entre les doigts.
    Mais McEwan fait aussi preuve de beaucoup d'humour dans ce roman. Les situations dans lesquelles Beard se retrouve plongé sont parfois tellement cocasses, qu'on a l'impression de se trouver plongé(e) dans un roman de David Lodge. Et même si cet humour et cette dérision envers ses personnages ne sont pas habituels chez McEwan, cela marche.
    La réflexion sur le changement climatique est aussi bien présente dans le récit, même si la manière dont les différents personnages l'aborde n'est pas toujours géniale. Beard, peu convaincu au début, se lance dans la lutte contre le réchauffement parce qu'il y voit uniquement son intérêt professionnel. Et il essaye de convaincre de riches hommes d'affaires d'investir dans l'énergie Solaire, afin d'en tirer le maximum de profit financier. Réactions décevantes, mais malheureusement très répandues. Les discours tenus par Beard lorsqu'il présente ses projets en matière de technologie photovoltaïques sont pourtant très convaincants et nous montrent à quel point il est important de faire quelque chose pour notre pauvre planète.
    Solar m'a donc beaucoup plu. A la fois parce que McEwan y déploie tout son talent de romancier contemporain; mais aussi parce que le récit traite, sans en avoir l'air, d'une problématique climatique très intéressante. McEwan a d'ailleurs souvent cette "manie" de cacher une réflexion plus profonde que prévu dans ses romans. Une fois encore, il ne déroge pas à cette règle.
    Un vrai coup de coeur!

    Lu en anglais, édition Vintage Books.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 22 août 2011

    brigittelascombe
    Des titres ronflants,prix nobel de physique,directeur de laboratoire de recherche sur les énergies nouvelles,spécialiste de la physique quantique dont le sujet a dominé la vie d'Einstein,conférencier,congressiste... mais une vie privée qui laisse à désirer,un narcissisme désopilant mais antipathique au possible,un manque de scrupules évident, bref Michaël Bread n'est pas un homme bien sous tous rapports !
    Pourtant, bien que rondouillard,il appartient à cette race d'hommes intelligents "que certaines femmes trouvent inexplicablement séduisants". Quatre ex-femmes, une cinquième en instance qui le cocufie avec un maçon irrascible, puis avec l'un de ses étudiants Aldous qui porte une casquette de base ball à l'envers,conduit une vieille Ford pourrie mais a trouvé un truc génial sur les éoliennes que, boum!, "Oh putain!" il trucide par accident.
    Et pourquoi ne pas faire porter le châpeau au maçon violent? Et pourquoi pas voler les recherches du second? Il est mort, donc...
    Drame en trois actes.An 2000.2005.2009.
    Il s'en passe des choses en neuf ans de vie.
    Un voyage au pole nord avec une bande d'artistes sur glace loufoques mais engagés, le ressenti d'un vide intérieur à combler,la rencontre avec un ours polaire,l'accident fatal,une accusation qui salit et une presse people qui éructe, et ...des femmes à foison,de Patrice, à Mélissa, de Maisie à Darlène et j'en passe... si bien que ce grand physicien mais pauvre âme s'enlise, tout en arrivant à donner le change, dans ce qui aurait du être le but principal de sa vie: la planète en danger !
    Un humour parfois décapant, une caricature féroce d'un scientifique face à l'appat du gain,un regard lucide sur le monde d'intellectuels,de journalistes,universitaires,psys,conférenciers,écologistes face aux enjeux économiques,sociaux et planétaires de l'énergie Solaire au juteux profits!
    Et une réflexion sur la vie,le sens de la vie et le bonheur. A lire et à méditer!
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par keisha, le 12 juin 2011

    keisha
    Ces auteurs anglais m'étonneront toujours. Ayant oublié mes lunettes, j'ai sauté de confiance sur Solaire à la bibliothèque (titre et auteur étaient lisibles) et dès les premières pages j'étais à mille lieues de Sur la Plage de Chesil et même Expiation. Là on n'est plus dans le drame psychologique subtil et fouillé, mais McEwan dézingue à tout va!

    Michael Beard, quelques kilos en trop (au fil du temps, ce seront beaucoup plus de kilos) a bien du malheur, pauvre p'tit chou! Sa cinquième femme (jamais il n'en a gardé une plus de six ans d'affilée) le trompe. Elle a vingt ans de moins que lui, qui l'a allègrement trompée, mais c'est comme ça, il n'en dort plus. Il pardonne pourtant à Rodney Tarpin, son rival, ses goûts en matière de décoration de jardin, avec cabine téléphonique rouge couchée, puits à margelle et nains de jardin.

    Côté professionnel, il vit des retombées en terme de notoriété d'un prix Nobel de physique sur la colligation Bear-Einstein et bidouille dans un centre de recherche, donnant des conférences bien payées à l'extérieur. Il écoute d'une oreille distraite les longs discours enflammés de Tom Aldous, un jeune chercheur du centre, sur le réchauffement climatique. Autant Tom est "habité" par ce sujet, autant Michael Beard ne s'y intéressera qu'à la suite d'événements inattendus qu'il serait dommage que je vous livre...

    Mélangeant habilement souvenirs et présent, vie personnelle et vie professionnelle de son héros égocentrique, ce roman se dévore et offre quelques jolies surprises, citons deux ours blancs, l'un mort l'autre vivant, un paquet de chips, une tomate pourrie... Déconseillons aussi aux messieurs d'uriner en plein air dans la région du Spitzberg.

    Une lecture jubilatoire du début à la fin, j'ai adoré détester Michael Beard, à qui je cherche en vain une qualité pour le racheter.


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-solaire-72234771..
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 05 mai 2011

    Lencreuse
    Bien qu'il soit question de réchauffement climatique dans cette nouvelle histoire imaginée par Ian McEwan, Solaire n'est pas vraiment un roman écolo mais une chose est sûre, c'est un livre vraiment rigolo. Enfin, quand je dis rigolo, c'est plutôt pour la rime. Car il ne s'agit pas là d'humour potache ou tiré par les cheveux pour donner de la couleur à une intrigue un peu insipide. Non, ici l'humour ferait plutôt grincer des dents et si on rit, c'est jaune.
    Au départ, le héros pas vraiment Solaire de Ian McEwan nous ferait plutôt sourire avec son désir encombrant et paraîtrait même attachant, un peu largué entre un cinquième mariage qui touche à sa fin et une carrière qui vivote gentiment. Auréolé de son prix Nobel de physique, Michael Beard donne conférences et cours aux quatre coins du monde mais question recherches, il est plutôt has-been. le développement durable étant dans l'air, il supervise de loin un projet autour des énergies renouvelables - une histoire d'éolienne urbaine qui ne le passionne guère. Sans compter ce jeune physicien, Tom Aldous, qui lui tape sérieusement sur le coquillard avec ses histoires d'énergie Solaire. Beard est bien plus préoccupé par Patrice, sa dernière femme, qui lui fait payer ses infidélités, assouvissant sa vengeance dans d'autres bras. Et cet homme vieillissant qui commence à s'arrondir serait presque touchant dans ses tentatives de reconquête.
    A la faveur d'un malencontreux accident et grâce aux recherches du jeune physicien encombrant, Beard se remet sur le devant la scène scientifique. Quelques années ont passé, sa femme a refait sa vie et les yeux du monde entier sont tournés sur le projet révolutionnaire d'énergie Solaire de Beard. le scientifique vit une histoire avec une nouvelle femme, Melissa, qu'il a bien juré de ne jamais épouser. Il a bien aussi une relation aux Etats-Unis avec une serveuse généreuse, tant dans les formes que dans les plaisirs qu'elle prodigue, qui vit dans une caravane. Tant que ces deux mondes-là ne se rencontrent pas et n'exigent rien de lui, Beard fait son nid. Et dévoile petit à petit au lecteur le personnage cynique, misanthrope, limite misogyne, incapable d'aimer quelqu'un d'autre que lui-même qu'il cache sous sa carcasse qui ne cesse de prendre de l'ampleur. La mauvaise conscience, c'est pour les autres. Lui, il a un jour obtenu un prix Nobel qu'il vit comme une immunité. Mais Beard n'avait pas compté que le monde tourne aussi autour de lui, qu'on puisse lui réclamer plus qu'un peu de sexe et que l'aigreur et le mépris qu'il distille depuis des années puisse un jour se retourner contre lui. Au fur et à mesure qu'il s'enfonce dans les problèmes, on se prend à sourire, à s'imprégner du cynisme qui baigne le roman et même, avouons-le, à souhaiter à Beard tout le malheur du monde ou presque.
    Avec Solaire, Ian Mc Ewan campe avec virtuosité un anti-héros qui devrait marquer cette année littéraire. du vrai et du bon roman où se mêlent enjeux de notre monde moderne et bassesse humaine et qui égratigne avec humour les Nobel qui, finalement, sont avant tout des humains.

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 26 juillet 2011

    litolff
    Encore un très bon roman d'Ian McEwan !
    Sur fond de préoccupations climatiques et recherches sur l'énergie Solaire, l'auteur brosse ici une satire très convaincante des milieux scientifiques universitaires et des débats environnementaux politiquement corrects en développant le personnage de farce de Michael Beard : gros quinquagénaire sans volonté, titulaire d'un prix Nobel de physique (il n'est donc pas idiot), dont les seuls intérêts semblent se trouver dans ce qu'il y a dans son lit, son verre et son assiette, Michael Beard surfe sur sa notoriété passée avec bonne humeur, suffisance et boulimie. Il n'a pas fait une recherche sérieuse depuis des années, il est incapable de renoncer à un verre de vin, à un bon repas ou à une aventure avec une femme (ce qui explique ses 5 mariages !) et le jour où il a l'opportunité de se poser en expert du dérèglement climatique, il n'hésite pas une seconde et saute sur l'occasion de façon tout à fait malhonnête et cynique.
    On suit avec jubilation les mésaventures de ce personnage grotesque, sceptique, cynique, égoïste et lâche, au Spitzberg, à Londres ou au Texas, car s'il parvient à se tirer d'affaires la plupart du temps, on espère bien qu'il va finir par être rattrapé par son amoralité !
    A souligner, quelques passages de pure comédie qui ôteront pour toujours au lecteur l'envie d'aller faire pipi en plein air au pôle Nord...
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Bernard Quiriny pour le Magazine Littéraire

    Avec Solaire, le dernier roman de Ian McEwan dresse le portrait d'un savant, écologiste cynique et sans scrupule. Une farce chez les Nobel. Présenter Solaire comme un roman sur le r&eac... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par zabeth55, le 05 mars 2012

    A trois ans, Catriona était déjà le genre de fillette à se soucier, en ouvrant un cadeau, des sentiments de celui qui lui avait offert. Comment un esprit si neuf pouvait-il être si à l’écoute ? Elle refusait de priver son père du plaisir qu’il espérait lui faire.. Comment un esprit si neuf pouvait-il être si à l’écoute ?
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  • Par mustango, le 28 avril 2011

    C'était toujours le moment présent qui avait raison de lui, la confrontation ponctuelle avec l'irresistible bon morceau, le plat voire le repas superflu où la faction du court terme l'emportait.
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  • Par brigittelascombe, le 22 août 2011

    Avant les grandes décisions,son esprit ressemblait à un parlement,un lieu de débats.Des factions rivales s'affrontaient;les enjeux à court et à long terme se retrouvaient otages de vieilles haines.Non seulement des motions étaient déposées,repoussées,mais certaines d'entre elles ne servaient qu'à en masquer d'autres.
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  • Par jostein, le 24 mars 2011

    Comme si l'excès dans un domaine pouvait l'immuniser dans un autre.

    Comment pouvait-il sauver la planète, tellement plus grande qu'un vestiaire?
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  • Par mustango, le 28 avril 2011

    Tout le monde, sauf lui, s'inquiétait du réchauffement climatique dans la joie; il était seul en proie à la morosité.
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