ce roman est un road movie excessif, expressif, exalté.
L'écriture de
Thomas MCGUANE fait appel aux sens, tous les sens : choc visuel, plats et méplats d'un toucher, richesse des sensations appuyées par des images osées, surprenantes, inédites.
De souvenirs improbables en aventures pittoresques, il se joue du temps, est-il enfant, adulte en vadrouille ou fou interné ? Difficle d'y retrouver les temps et les lieux, une chronologie, une progression dans la narration.
Les phrases s'allongent, ouvrent vers une accumulation , succession de descriptions stoppées par des virgules, telles un ciment entre deux pavés bien distincts, remémoration de faits hétéroclites, insolites dont le rapprochement ne tiendrait qu'à l'esprit perturbé du narrateur.
Comment s'y retrouver ? Certes, il y a un certain talent fait d'imagination féconde et d'expression dense.
Mais encore ? Une logorrhée de pensées jetées pêle-mêle, comme elles viennent semble-t-il, qui pourrait s'appeler "sans repères et sans structures".
Des fulgurances sans poésie. Des aventures qui ne font pas une histoire.
Voilà pour la forme. Quant au fond... Pérégrinations d'un paumé alcoolisé, on sillonne avec Payne au volant de sa Hudson Hornet une amérique contemporaine, sous forme de voyage initiatique et expiatoire, ce poor lonesome cowboy version années 70 est tout bonnement... pathétique.